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Nous sommes deux vieilles sœurs jumelles.  Jusqu’à ce jour, ni la vie, ni personne n’a réussi à nous séparer mais aujourd’hui nous nous sentons menacées et nous sommes en pleine déprime.

 

Jolies, à la fois réservées et accueillantes nous avons su nous faire aimer de la plupart de ceux et celles qui nous ont côtoyées ; enfin nous le pensions jusqu’à ce jour.  En échange de leur estime et attention, nous les avons tous écoutés, soutenus  sans rien dire. Nous étions là pour eux tout simplement même pour ceux qui nous en avaient fait voir de toutes les couleurs sans nous ménager. C’était parfois difficile surtout en vieillissant mais nous supportions sans nous plaindre.  

 

Aujourd’hui nous nous sentons de plus en plus délaissées, nous angoissons et nous n’arrêtons pas de nous remettre en cause en nous posant des questions inutiles et parasites : Cette vie-là vaut-elle encore la peine d’être vécue ? Sommes-nous réellement utiles à nos proches ? Nous craignons de vieillir encore, de physiquement nous délabrer et de mourir oubliées de tous ?

 

Il faut dire que nos conditions de vie ont changé dernièrement. Auparavant nous vivions en ville dans une maison avec un petit jardin où nous aimions nous dorer au soleil, observer les roses que les abeilles aimaient butiner et les cétoines dorés sur les arums, écouter le chant matinal des oiseaux dans les arbres avant que les bruits de la ville viennent le couvrir. Il y avait de la vie, des couleurs autour de nous et nous aimions.

Les vieilles jumelles

A la retraite depuis peu, nous avons déménagé en zone rurale. C’est triste la campagne.  Les immenses champs aux herbes hautes ont remplacé le jardin fleuri, coloré au parfum de rose et au gazon bien entretenu ;  Les rumeurs de la ville ont fait place au silence.


Nous sommes désormais installées en plein milieu d’un pré avec notre amie la table. Nous avons entendu notre propriétaire dire qu’il allait nous brader dans une brocante, peut-être... S'il le fait, nous risquons ainsi d’être séparées. S’il  nous conserve nous allons pourrir sur place. Ce n'est pas l’amour mais l'ennui qui est dans le pré pour nous. Triste vie que la vie de chaise mieux vaut une vie de bâton de chaise !

 

Martine Juin 2014 pour le défi N° 126 des croqueurs de mots

Tag(s) : #Nouvelles

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