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Pour les jeudis en poésie du défi N° 129 des croqueurs de mots , Enriqueta nous demandait de publier une poésie apprise par coeur à l'école.

"J'aime l'araignée et j'aime l'ortie" de Victor Hugo m'est venue spontanément à l'esprit. Il ne fallait pas tricher et la reporter telle qu'on la connaissait. Ma mémoire me fait défaut et je suis bien incapable de réciter une seule poésie par coeur. J'ai mis en bleu ce dont je me souvenais sans me tromper.

 

"J'aime l'araignée et j'aime l'ortie",


J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait;


Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens;


Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux;

Parce qu'elles ont (1) l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.


Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !


Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.

Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,


Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

 

Victor Hugo (Les contemplations)

        

j'ai écrit "sont" à la place de "ont"

 

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie

Ce défi m'a fait réfléchir à la raison pour laquelle cette poésie m'est venue spontanément à l'esprit en lisant le défi d'enriqueta alors que j'ai toujours détesté les araignées et les orties.

 

Elle correspondait bien à ce que je vivais à l'époque. J'étais pleine de complexes. Je me sentais rejetée par ma mère qui ne me pardonnait pas d'être une fille, je ne m'aimais pas. Mes camarades le ressentaient et me rejetaient aussi. Plus je faisais d'efforts pour être aimée, plus j'étais rejetée.

 

Cette poésie m'a marquée. J'étais comme l'araignée ou comme l'ortie qu'on rejette.

J'ai appris ensuite à m'accepter et même à m'aimer cela a été long mais j'y suis arrivée justement en défendant les plus faibles, ceux qu'on rejette et en étant aux services des autres. J'en ai même fait mon métier au service de l'insertion professionnelle des demandeurs d'emploi. Cela a revalorisé mon image personnelle bien dégradée dès le départ.

L'altruisme a finalement une motivation bien égoïste.

Tag(s) : #Poèmes coups de coeur

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