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Ce matin,  j’ai beaucoup de mal à me lever. Pas étonnant hier soir, j’étais angoissée j’avais les nerfs qui se croisaient sur l’estomac et  j’ai pris une overdose de camomille pour pouvoir dormir, oh oui dormir, dormir ! Je m’assois sur mon lit et doucement me relève. Que c’est pénible, Je suis aussi raide qu’un poteau de sens interdit et j’ai le cerveau qui baigne dans la confiture de coing. Pourtant il va falloir que je m’active,  J’ai décidé aujourd’hui de réaliser quelque chose de très difficile, voire impossible comme tirer les pets d’un âne mort  mais je dois y arriver. En route mauvaise troupe ! Je me dirige vers la salle de bain avec une démarche de crabe scoliotique. Je croise mon double dans la glace. Je me fais peur. Je suis hirsute, je ressemble à une serpillère agonisante avec les cheveux ébouriffés. Pourtant je n’ai pas oublié ma tête dans une prise de courant, je l’aurais plutôt oubliée sous l’oreiller.  Je n’aurais pas dû allumer la radio, les dernières nouvelles ne sont pas bonnes (guerres, Terrorisme, Ebola, dernière constipation des neurones des politiques : notre président par exemple qui veut éteindre un incendie avec une pattemouille). Les nouvelles ne sont jamais bonnes car les journalistes ne sont pas intéressés par ce qui va bien et les français non plus ; l’un expliquant l’autre.  Il faut voir par exemple comment Elise Lucet sensible comme un panaris prend à 13 heures un air de glaçon endeuillé constipé des neurones pour nous raconter tous les malheurs du monde. Comment aujourd’hui vais-je arriver à avoir l’humeur qui frise le soleil. Soudain la voix de Fabrice Luchini « Imaginez Claude Sérillon qui, suivant François, traverse la chambre à coucher, où Valérie Trierweiller en chemise de nuit trône dans le lit conjugal,  pour finir dans la salle de bain avec François». Je ris à m’en péter les bretelles que je n’ai pas.

Mais ma bonne humeur, je l’ai trouvée et je vais la garder en pensant à cette imitation toute la journée. Après avoir fait mes ablutions sous la douche pour finir de me réveiller. je m’habille rapidement maintenant il faut que j’y aille pour faire ce que j’ai décidé. Heureusement j’ai de la suite dans les idées…. Des autres. Je sors mue par un trop plein d’inertie sédentaire. Il pleut des hallebardes. Bouillant d’apathie, je ne retourne Pas chercher mon parapluie Je suis trempée mais je reste stoïque, tel François Hollande à l’île de Sein. Je me dirige au radar vers la jardinerie voisine. Je suis aussi avenante qu’une décoction de clous rouillés. La caissière me regarde curieusement.

Photo Martine MARTIN

Photo Martine MARTIN

Pourquoi de la paille ? J’y suis déjà sur la paille avec tous ces impôts à payer à tel point que j’en suis rendue à chercher la moindre pièce dans les coins de ma chambre ronde conçue par un architecte qui travaillait du chapeau.

Ne soyez pas plus impatients que l’urgence, vous n’allez pas tarder à le savoir. Je sors de la jardinerie, rentre dans l’hyper marché et achète le dernier CD de Laurent Gerra et un saladier en verre transparent. Je rentre chez moi rapidement m’installe avec mes achats sur la table de la salle à manger. Je prends le C.D. et l’emballe soigneusement avec la paille. Je pose le petit ballot sur mon buffet, le recouvre du saladier qui servira de cloche pour conserver le tout intact. « J’ai empaillé ma bonne humeur » que je conserverai coûte que coûte et je sourirai toujours jusqu’aux franges de l’âme.

Martine / Octobre 2014 pour le défi 132 des croqueurs de mots

 

Merci au site nikibar.com qui a publié les expressions inédites mises en italique dans mon texte et qui m'a autorisée à les reprendre ici. Il y en a beaucoup d'autres sur ce site à visiter. J'ai eu envie de vous les faire connaître en m'excusant auprès de Domi car la consigne était de n'expliquer qu'une seule expression. Ce sera pour jeudi avec les défis en poésie..

 

Tag(s) : #Nouvelles

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