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Ma douce, mon ardente

Ma douce, Mon ardente,

 

Pardonne-moi mais je suis venue te dire que je te quitte. Je te quitte parce que je t'aime trop.  J’aurais pu partir en silence, te l’annoncer de vive voix mais j’ai préféré confier, sur cette feuille, ces quelques mots d’adieu à toi ma chérie ardente mais fragile comme une rose ou comme le papier de cette feuille que ma plume peut trouer.

 

Je me souviens du jour où tu m’as séduit. J’ai été attiré par ta silhouette longiligne, élégante, ta robe blanche et ton chapeau couleur paille qui me rappelait les roulades de mon enfance dans les bottes de paille de la grange de mes grands-parents. Je t’ai tenue par la main en te regardant avec attirance mais aussi avec une certaine peur de céder à la tentation dangereuse qui me poussait vers toi et qui allait m’entraîner inexorablement dans une aventure dont je ne sortirais peut être pas indemne. J’ai résisté quelques secondes qui m’ont paru interminables et puis j’ai craqué, toi aussi car tu t’es réveillée, comme embrasée soudain et nous nous sommes embrassés.

 

Il y a vingt ans ce premier baiser hésitant, maladroit, assez court m’a laissé dans la bouche un parfum étrange un peu mentholé au goût d’herbe roussie par le soleil. J’ai aimé, je t’ai de nouveau embrassée et ce fut le début d’une longue passion. Tu brûlais aussi d’amour pour moi et tu me procurais beaucoup de plaisir. Après chaque union je me sentais apaisée, détendue mais un peu triste de te quitter.

 

Depuis notre rencontre, j’ai vécu dans un nuage, embrumée, grisée par ton parfum entêtant que tu laisses sur ma peau révélant à mon entourage que j’ai encore cédé à tes charmes même si j’essaye de cacher nos unions de plus en plus fréquentes au goût d’interdit.

 

Notre liaison n’a pas été sans heurts. Je t’ai quittée une première fois quelques jours et je suis revenu à toi rapidement. Je t'ai laissée une seconde fois et, au bout de quelques semaines, j’ai craqué à nouveau ne pouvant plus supporter la souffrance du manque de toi me rendant irritable et triste.

 

Nos unions sont devenues de plus en plus fréquentes, de plus en plus intenses et il était devenu difficile, même impossible pour moi de te quitter. J’ai fini par te haïr, par me haïr aussi de ne pas pouvoir mettre un terme à une liaison dont je ne voulais plus et qui m’était nuisible. « la haine est bien proche de l’amour » mon amour, mon ardente.

 

Et puis la semaine dernière, j’étais au travail, j’ai eu un malaise cardiaque. Les pompiers sont arrivés très vite. J’ai été conduit à l’hôpital. J’ai échappé de justesse à la mort. Le cardiologue m’a vivement conseillé de te quitter car à mon âge ma liaison avec toi qui dure depuis si longtemps pourrait m’être fatale. Je le savais déjà, ce médecin me l'a confirmé.

 

Alors pour te quitter sans le faire vraiment Je t’ai trompée avec une autre sirène plus jeune qui te ressemblait étrangement. Elle était plus sûre d’elle, très élégante. Son parfum était fade, , humide, vaporeux. De plus, elle ne se donnait pas pour moi et restait la même sans se consumer pour moi. Elle n’était qu’un leurre qui ne faisait qu’amplifier le manque de toi. Je n’y prenais aucun plaisir. Alors je viens de laisser cette usurpatrice vapoteuse mais je ne reviendrai pas à toi cette fois ci. Je suis décidé : plus jamais d'herbe à Nicot pour moi même si nous formions un beau couple : Nicolas et sa Nicotine.

Je sais que j’y parviendrai car non seulement j’ai la motivation, la volonté et contrairement à mes précédentes tentatives, je crois profondément que je vais y réussir. Avec la foi en soi tout devient possible.

 

Merci pour le plaisir, la sérénité que tu m’as apportés et dont j’avais besoin. Il ne me reste que peu de temps mais place au nouveau souffle, à la vraie vie authentique sans paradis artificiel.

 

Adieu mon ardente et peut être nous retrouverons nous la haut car si notre ami Gainsbourg dit vrai « Dieu est un fumeur de Havane »…..

 

Nicolas

 

P.S.

Je dédie ce billet à tous ceux qui souhaitent arrêter de fumer. J'y suis arrivée il y a 15 ans de cela sans jamais replonger car j'ai cru profondément en ma victoire.

 

Martine

Réédition de ce texte écrit pour le défi 106 des croqueurs de mots le 9 septembre 2013 pour ce défi 165 des croqueurs animé par durgalola . Désolée de n'avoir pas pu écrire un nouveau texte. Je suis en pause à durée indéterminée pour raisons de santé.

Tag(s) : #Lettres

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