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Pour notre ami poète Henri blogueur de la communauté des croqueurs de mots qui nous a quitté fin mai dont j'appréciais beaucoup l'humanisme, l'optimisme et le franc parler. Il s'exprimait sur tout en alexandrins ce qui n'est pas facile et c'est lui qui m'a donné envie d'en écrire. Je lui dédie le poème ci-dessous que j'ai écrit il y a deux ans car je sais qu'il aimait comme moi cet océan atlantique pas très loin duquel il vivait. Pour mes lecteurs qui ne connaissent les croqueurs de mots, il faut savoir que l'emblème de notre communauté est un grand bateau dont les membres sont des matelots dirigés par le Commandant Domi. Ce poème me paraissait donc le plus adapté pour l'hommage à Henri.

Hommage à Henri : Départ des Terre Neuvier

Départ des Terre-Neuviers

 

Matin glacial d’hiver, sur l’océan plombé"

Le morutier s’éloigne, toutes voiles exhibées

Mère et femmes Sablaises (1) , courageuses et si dignes

En retenant leur larmes, de la main font un signe

Aux marins sur le pont partant à Terre-Neuve

C’est le dernier adieu, début d’une autre épreuve

Cinq très longs mois d’angoisse, oh bien cruelle absence

Éduquer les enfants, dans une heureuse ambiance

Dans la nuit solitaire, sentir la houle geindre

Dans son grand lit perdue, pleurer d’angoisse et craindre

Qu’Océan nourricier, dans ses flots meurtriers

Soudain puisse engloutir, le si frêle morutier

Pendant ce temps de chien, sur l’usine flottante

Dans la houle glaciale, et la pluie drue battante

Chaque nuit, chaque jour, Capitaine et marins

Travaillent réunis, brûlés par les embruns

Tirer les lourds filets, trier les morues vertes

Les laver et saler après qu’elles soient ouvertes

Relancer les filets, dans la sueur et le stress

Et puis Recommencer, Recommencer sans cesse

Pendant les courts repos, sur la dure couchette

Se reposer enfin, Dormir sans sa Mariette

Bercé par le roulis, rêver au quai Chaumois (2)

Au retour espéré, dans la joie et l’émoi

Pouvoir étreindre enfin, Femme, mère et enfants

Sur Terre Vendéenne, tout près de l’océan

Oh vivre réunis, chaque jour de la vie

Ne jamais repartir, espoir inassouvi

 

Martine (juin 2015) - Pour les jeudis en poésie du défi 188 des croqueurs de mots

(1) Habitante des Sables d'Olonne

(2) Chaumois qui vient de la Chaume, village des pêcheurs des Sables d'Olonne

Tag(s) : #Poèmes, #Alexandrins

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