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Quai des rimes

Mes poèmes, nouvelles, écrits divers

Quai des rimes

Arbre

Arbre

Guillaume Apollinaire

A Frédéric Boutet.

Tu chantes avec les autres tandis que les phonographes galopent
Où sont les aveugles où sont-ils allés
La seule feuille que j’aie cueillie s’est changé en plusieurs mirage
Ne m’abandonnez pas parmi cette foule de femmes au marché
Ispahan s’est fait un ciel de carreaux émaillés de bleu
Et je remonte avec vous une route aux environs de Lyon

Je n’ai pas oublié le son de la clochette d’un marchand de coco
d’autrefois
J’entends déjà le son aigre de cette voix à venir
Du camarade qui se promène avec toi en Europe
Tout en restant en Amérique

Un enfant
Un veau dépouillé pendu à l’étal
Un enfant
Et cette banlieue de sable autour d’une pauvre ville au fond de l’est
Un douanier se tenait là comme un ange
À la porte d’un misérable paradis
Et ce voyageur épileptique écumait dans la salle d’attente des premières

Engoulevent Blaireau
Et la Taupe-Ariane

Nous avions loué deux coupés dans le transsibérien
Tour à tour nous dormions le voyageur en bijouterie et moi
Mais celui qui veillait ne cachait point un revolver armé

Tu t’es promené à Leipzig avec une femme mince déguisé en homme
Intelligence car voilà ce que c’est qu’une femme intelligente
Et il ne faudrait pas oublier les légendes
Dame-Abonde dans un tramway la nuit au fond d’un quartier désert
Je voyais une chasse tandis que je montais
Et l’ascenseur s’arrêtait à chaque étage

Entre les pierres
Entre les vêtements multicolores de la vitrine
Entre les charbons ardents du marchand de marrons
Entre deux vaisseaux norvégiens amarrés à Rouen
Il y a ton image

Elle pousse entre les bouleaux de la Finlande

Photo Pixabay

Photo Pixabay

Ce beau nègre en acier

La plus grande tristesse
C’est quand tu reçus une carte postale de La Corogne

Le vent vient du couchant
Le métal des caroubiers
Tout est plus triste qu’autrefois
Tous les dieux terrestres vieillissent
L’univers se plaint par ta voix
Et des êtres nouveaux surgissent
Trois par trois

Guillaume Apollinaire, Ondes, Calligrammes 1918

Pour les jeudis en poésie du défi 210 des croqueurs de mots animé par Durgalola  

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Jeanne Fadosi 10/04/2019 11:57

C'est drôle, avant d'opter pour une publication plus personnelle, j'étais tentée de le publier. Il demande une lecture attentive pour l'apprécier. Apollinaire était un torturé et le mettais en mots. Cet âge nous a valu bien des poètes et des poèmes. Bises

luciole 83 09/04/2019 19:50

Ouf ! je ne suis pas la seule à ne pas comprendre grand chose ! sans doute les effets anesthésiants de l'opium dans cet anti-douleur qui m'abat ! ça ira mieux dans 10 jrs, paraît il ! ouch....
Merci Martine
Je vais m'appliquer pour l'article suivant ! promis !
Bcp de bisous

Jerry OX 08/04/2019 16:55

relire ce beau poème est un ravissement. merci Martine !

Quichottine 05/04/2019 16:56

Je ne me souvenais plus de ce poème...
Merci de me donner envie de relire le recueil.
Bisous et douce soirée, merci pour tout.

Gabray 31 05/04/2019 14:44

Superbe ! Merci pour ce beau partage . Bonne fin de semaine . Cordiales amitiés & à +

écureuil bleu 05/04/2019 09:20

Bonjour Martine. J'ai relu ce poème deux fois et je dois être hermétique ce matin car je ne comprends pas de quoi parle le poète... Bisous

marlou 04/04/2019 23:13

Emouvant et triste...

Mo 04/04/2019 20:01

J'avais bien reconnu le style du poète avant d'avoir vu le nom au bas du poème!
Bonne soirée,
Mo

colettedc 04/04/2019 16:11

Magnifique choix, Martine ! Bravo !!! J'♥ beaucoup ! Bisous♥

Renée 04/04/2019 15:48

2 en 1 très réussi Martine merci c'est très beau les deux. Bisous

mansfield 04/04/2019 13:10

un double beau partage, la nostalgie d'Apollinaire, le choix de ce poème

.♥*¨*•.¸¸❤✿¸.¤*¨¨*¤.¸¸ 04/04/2019 12:04

Ne connaissais ..... Bonne journée Martine

jazzy57 04/04/2019 12:03

Un tres bon choix Martine , je viens juste de l'écouter Guillaume Apollinaire avec le podcast d l'émission boomerang de France Inter, j'aime beaucoup .
Bonne journée
Bises

Jeanne Fadosi 04/04/2019 11:43

Un très beau choix Martine bises et merci

Durgalola 04/04/2019 09:58

Quelle puissance d'évocation dans son poème ! Un regard photographique large. La poésie est nourrie par la vie. Bises et merci.

ABC 04/04/2019 09:42

C'est beau ! un poème à lire plusieurs fois pour mieux s'en imprégner...

manou 04/04/2019 09:39

Je ne me souvenais pas de ce poème pourtant j'ai dû le lire car quelques passages me parlent ! Merci pour ce matin en poésie...Bises et bon jeudi

ZAZA 04/04/2019 07:09

Un magnifique poème de ce poète que j'aime beaucoup Martine. Bises et bon jeudi