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Aujourd'hui je vous propose une nouvelle que j'ai écrite avec une contrainte particulière que vous pouvez essayez de deviner si vous le souhaitez mais ce n'est pas indispensable.



 

Je m’appelle Kléber. Ce prénom m’a été donné par mon père passionné par l’Empire en souvenir du général  qui  combattit courageusement pendant la campagne d’Egypte. Je l’ai échappé belle, il aurait pu m’appeler Bonaparte. Ce nom aurait été beaucoup plus difficile à porter pour quelqu’un qu’Austerlitz ne fait pas vibrer et qui a tout fait tout pour éviter de remplir son obligation nationale. J’ai quitté les Pyrénées (mes pyramides à moi) pour vivre dans une jolie cité au bord du Danube quelque part au nord de l’Europe.


En ce début de matinée,  je m’y promène sur le chemin vert, un sentier de randonnée qui débute dans la plaine au hameau du bel air au milieu des champs maraîchers, se poursuit jusqu’au port de plaisance sur le fleuve et monte ensuite jusqu’à la chapelle du château rouge . 


Tu apparais soudain sur mon chemin  Ta peau si blanche fait ressortir tes grands yeux noirs. Tu me souris en humant une fleur de jasmin que tu viens de cueillir. Cette image de gaieté et de liberté ressortira toujours du  monceau de souvenirs flous qui s’estompera  au fil du temps. Je m’approche de toi, tu me tends ta  fleur en restant muette. Je m’imprègne de son parfum délicat puis je range ce précieux cadeau religieusement dans ma bourse en cuir. Je prends  ta main dans la mienne et nous continuons à marcher.


Face au chateau d'eau, à la fourche des chemins,  je coupe une ou deux de ses frondes de fougères luisantes pour en faire des couronnes. J'en pose une délicatement sur tes cheveux d'ébène. Je te donne l'autre dont tu me coiffes. Tu ressembles ainsi Madeleine  à une reine grecque ou de la Rome antique qui pourrait être l’héroïne d’un opéra du châtelet.Je suis ton chevalier décoré de la légion d'honneur de la cité dont j'arbore fièrement l'insigne à ma boutonnière. Ne me demandez pas comment je l'ai obtenue. On décore n'importe qui avec n'importe quoi.

 

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Nous nous arrêtons  devant une petite maison blanche  curieusement appelée « les boulets de Liège ». Tu es arrivée Madeleine. Nous avons du mal à nous séparer. Je ne suis pas encore un boulet pour toi et j’espère que je ne le serai jamais (même de liège).


Tu pousses une porte dorée, nous pénétrons dans un grand couloir. La défense d’éléphant, que fièrement tu me montres en me chuchotant à l’oreille que tu l’as obtenue au Venezuela pour quelques bolivars,  semble tout à fait anachronique. Où peut-on trouver des éléphants au Venezuela ? Je ne connais que les élephants de mer d’Argentine sans  défense (à tous les sens du terme). Je n’ai pas le temps d’y réfléchir Tu m’invites à entrer avec toi dans ta petite république, ton temple, ta petite chambre peinte en bleu nuit avec une grande étoile lumineuse au dessus du lit. J'ai froid , Il fait sombre, on se croirait soudain dans une glacière. Que tu es étrange Madeleine presque irréelle. Je te prends dans mes bras.


Au moment où Je m’apprête à t’embrasser je sursaute quand une voie tonitruante annonce « Mairie d’Issy, terminus. Tout le monde descend »


Je me réveille soudain à Paris dans le métro, Je m’étais endormi. le mot de Cambronne m’échappe…..  mais bonne nouvelle : Madeleine tu es en face de moi mais sans couronne. Tu te lèves et tu te diriges vers la porte…… Je crie en chantant Madeleine, Madeleine… tu ne te retournes pas, tu sors de la rame…. Cela ne doit pas être ton prénom. Madeleine. Comme dit Jacques Brel « Tu n'viendras pas »  même si je t’apporte du jasmin à la porte des lilas


Eglantine

 

 


Alors avez-vous deviné la caractéristique de cette nouvelle ?

Réponse ici

Tag(s) : #Nouvelles

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