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 Le défi d'écriture N° 69 de la communauté des croqueurs de mots   nous propose grace à la créativité de  Lilou Fredotte d'écrire un texte avec les consigne suivantes  

 

des personnages : un grand-père et un enfant,  Jean-Mimi

une profession :   clown

une période :       mars 1889

des lieux :            Le pont Charles à Prague et le département du  Rhône  

un objet :             un pendentif

un animal :          un  lapin  

 

montage-defi-69.jpg

 

Le texte devra contenir  la phrase  «  et pourtant, je t’avais prévenu(e) »

 

Ci-dessous ma participation

   

 

 Cher Jean-Mimi,

 

Je  suis à Prague en haut de la colline de PETRIN, au pied de la Tour Effel.  Je tiens par la main ta petite cousine Emma qui serre dans ses bras son doudou, un petit lapin en peluche.

 

Ne crois pas que j'ai abusé de la bière tchèque fort bonne. Je suis revenu dans la ville où je suis né pour montrer à Emma ma ville de naissance. Je suis au pied de  la Rohzledna , tour Praguoise construite par des architectes praguois qui ont voulu copier la tour de Monsieur Effel qu'ils avaient admiré à l'exposition universelle en mars 1889 à Paris. 

 

DSC_5457.jpg

 

 

Il fait très froid , – 10 % et une brume fumeuse monte du  long ruban gris de la Vltava  (Nom tchèque de la Moldau) vers la colline. Elle enveloppe les monuments aux toits couverts de neige cachant ainsi leur excès de couleur et de luxe baroques parfois impudiques.

 

 DSC 5353

 

 

 

J’observe le vieux Pont Charles en pierres Quelques touristes, qui ressemblent à des fourmis vus de haut,  toisent avec respect les statues des saints qui surplombent le pont et les photograhient. Est-ce cette protection divine qui a permis à Prague de se relever de tous les assauts qu’elle a connus dont le dernier en 1968 quand les chars russes ont envahi la ville.

 

Avec Ivana ta grand-mère, nous sommes arrivés en France 10 ans ,auparavant pour fuir  les communistes et nous avons culpabilisé de ne pas participer à cette révolution.  Nous nous étions installés dans le département du Rhône et des fenêtres de notre petit studio, en écoutant « la Moldau » nous pouvions apercevoir le fleuve. Cela nous rappelait notre enfance à Prague au bord de la Vltava.

 

Quand nous sommes arrivés en France en parlant mal le français, j’ai dû prendre des petits boulots alimentaire avant de réussir et avoir mon entreprise.  J'ai même été clown dans un cirque. J’aurais voulu être un clown gai mais on a trouvé, qu’étant très grand et mince, je n’avais pas le profil d'un clown triste rôle pour lequel il voulait m'embaucher. J'ai eu beau dire au Directeur du cirque qu'en étant quelqu’un de face,  je n’avais pas de profil et encore moins celui d’un clown triste puisque j’étais toujours gai et optimiste. Je ne crois pas qu’il m’ait compris. J'ai donc été, bien malgré moi, un clown triste quelques jour seulement. Quand il m’a mis à la porte peu de temps après je lui ai dit « et pourtant je t’avais prévenu"

 

 Dans la vie ne joue jamais de rôle, reste toi-même Jean-Mimi, regarde la vie en face et fais face à tous ses aléas. 

 

J’ai les larmes aux yeux en pensant à ta grand-mère Ivana qui vient de nous quitter sans jamais te connaître. Je peux t’assurer Jean-Mimi qu’elle est partie en te gardant avec ton papa bien enfouis au fond de son cœur. 

En pensant à elle et à toi, je prends dans mes mains le pendentif qu’elle gardait en permanence. Il contenait  ta photo avec ton papa. Je la caresse doucement.

 

Quand tu liras cette lettre et que tu recevras ce médaillon, j’aurais  rejoint ta mamie la haut dans l’immense jardin des cieux. Tous les deux nous serons là invisibles mais présents auprès de toi et de ton papa ce que nous n’avons pas pu faire de notre vivant.

 

Je ne peux pas t’expliquer pourquoi car je ne le sais pas. Les adultes ne sont pas toujours raisonnables et nous ne l’avons jamais été ta grand-mère et moi et ton papa a de qui tenir.

 

Au diable la raison ! Soit fou Jean-Mimi. Fais ce qu'il te plait. Vis le jour présent sans penser ni au passé, ni à l'avenir.

 

Que ta vie soit belle. 

Je t’embrasse très fort

   

Ton grand-père Borisek


Tag(s) : #Ecrits divers

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