Tué à la tâche

Publié le 21 Septembre 2017

Photo Pixabay

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Dans son usine désertée,
il est le premier arrivé

Tout y est vide et silence.
Soudain il sent une présence.

Sa machine vieille et digne
semble l'inviter d'un signe.

Il s'approche avec précaution,
D'un geste la met en action.

Elle pousse un long gémissement,
S'ébroue et tourne lentement.

Avant de changer de route
il la regarde, l'écoute.

Des larmes longtemps refoulées,
brusquement il laisse échapper.

Abasourdie, elle hoquette.
Sans prévenir elle s'arrête.

Ce fut leur dernier message,
Comme un mutuel hommage.

Demain, elle déménage,
Il pointera au chômage.

Tué à la tâche et trop cher
Inutile qu'il espère.

A cinquante-sept ans révolus
on ne l'embauchera plus
.

 

Martine / Réédition d’un poème de 2008 pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots

Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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S
C'est triste et tellement véridique
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D
J'ai écrit un poème sur le même thème je le publierai jeudi. Bravo pour le tien qui hélas reste toujours d'actualité.
Bisous et bonne soirée.
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J
Un très beau poème éloquent sans grandiloquence. très émouvant et hélas si vrai depuis tant et tant d'années ...
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J
Un très beau poème éloquent sans grandiloquence. très émouvant et hélas si vrai depuis tant et tant d'années ...
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U
Les hommes sont devenus des kleenex !
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D
merci pour ta participation et comme d'hab je ferai un rappel ; j'ai particulièrement apprécié ta photo raisin, pomme, poire ... le mariage des couleurs et aussi l'envie suscitée de les déguster. Bonne soirée
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É
Bonjour Martine. Joli poème pour évoquer cette recherche continuelle du profit qui tue les hommes à petit feu... Bisous
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D
poésie bien de ce temps ; ce soir j'ouvre la porte pour promener le chien, et à 2 m, deux hommes travaillaient dans la rue ; je leur demande s'il y avait un problème (électricité, ... ) no problem me répond l'un d'entre eux ; en remontant j'ai bien regardé leur camionnette ; ils mettaient la fibre optique et étaient immatriculés en Pologne ; il était presque 20 heures ... tués à la tâche ...
bises
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M
Eh oui, on ne l'embauchera plus et pourtant on n'arrête pas d'allonger le temps de travail...
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Q
Partir, c'est souvent mourir un peu quand on n'en avait pas envie...
Merci pour ce poème émouvant.
Bises et douce soirée Martine.
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C
Magnifique choix Martine, évoquant cette triste réalité ! Bonne poursuite de ce jeudi ! Bisous♥
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J
Excellent , une façon tres émouvante de souligner ce drame qui se noue pour celui qui perd son emploi .
Bonne journée
Bisous
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E
Belle écrit bonne journée bisous
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N
Hélas, ma chère Martine, tu as parfaitement écrit la tragédie que beaucoup d'entre nous vivent. Je t'envoie mille bises. Belle journée
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L
Excellent et poignant, Martine, je ne m'en souvenais pas et merci beaucoup de rééditer ton poème. Gros bisous.
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D
Un écrit superbe, une machine s'arrête et des familles sont dans le désespoir.
bises
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M
Malheur d'aujourd'hui, horreur ordinaire! Et pourtant il faut continuer....
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I
Bouleversant.... rt qui traduit tant de drames aujourd'hui!
Bises
Dany
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M
Très émouvant ce poème encore d'actualité. Il y a tant de machines qui s'arrêtent aujourd'hui pour toujours alors qu'elles ont tant donné ! Merci pour tes mots. Ce n'était pas forcément facile de travailler de ses mains mais il y avait une satisfaction quotidienne que peu de gens trouvent aujourd'hui dans leur travail. Bises
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Z
Une réédition Martine qui est plus que jamais d'actualité. Ton écrit est superbe et émouvant !
Bises et bon jeudi
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L
ah !!!!!! la robotisation rien de tel que des petites mains, surtout pour ne plus avoir trop de chômage
bises
lyly
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J
Triste réalité d'un monde qui se robotise.... et les files d'attente à l'ANPE ! Merci Martine, bon jeudi, bises
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