Fin d'une vie

Publié le 7 Octobre 2021

Fin d'une vie

Dans son usine désertée,
il est le premier arrivé

Tout y est vide et silence.
Soudain il sent une présence.

Sa machine vieille et digne
semble l'inviter d'un signe.

Il s'approche avec précaution,
D'un geste la met en action.

Elle pousse un long gémissement,
S'ébroue et tourne lentement.

Avant de changer de route
il la regarde, l'écoute.

Des larmes longtemps refoulées,
brusquement il laisse échapper.

Abasourdie, elle hoquette.
Sans prévenir elle s'arrête.

Ce fut leur dernier message,
Comme un mutuel hommage.

Demain, elle déménage,
Il pointera au chômage.

Tué à la tâche et trop cher
C'est inutile qu'il espère.

A cinquante-sept ans révolus
on ne l'embauchera plus
.

 

Martine Martin / pour les jeudis en poésie du défi 253 des croqueurs de mots animé par Jeanne Fadosi

Rédigé par Martine.

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Q
Dure réalité... une page très émouvante.
Merci pour le partage, Martine.
Bises et douce journée.
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L
Un magnifique hommage pour tous les chômeurs jetés à la rue avant la fin de leur mise à la retraite !!! Mon père en fut un dans sa cinquantaine... Cynisme du Patron qui donna pour raison : je veux du sang neuf ! Le Prudhomme lui donna raison... Mon père ne retrouvant pas de travail, a plongé dans la maladie grave : Trijumeau;;; maladie qui rend fou ! J'en garde un souvenir nauséeux ! Ma pauvre mère obligée de retrouver un emploi au plus bas de l'échelle dans un bureau, alors qu'elle avait été secrétaire de direction... Un petit héritage providentiel qui les empêcha de plonger plus bas encore.... Remontée des souvenirs que j'avais enfoui au plus vite, tant les années de malheur ont été graves et lourdes à porter... Merci Martine !!!
Gros bisous
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J
Une bien triste journée que celle-ci et du moins il n'est remercié qu'à 57 ans si j'ose dire, souvent c'est encore plus tôt qu'on est considéré comme as been ! (orthographe non garantie, j'implore l'indulgence )
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C
Très bel écrit !
Oh oui rester sur le carreau à cet âge n'est pas joyeux !
Chômage oui mais employeur pas forcément au rendez-vous ...
Encore que ... avec la situation actuelle ... les CDD et interim à foison .. Il serait capable de trouver mais de façon temporaire .. Jusqu'à la retraite !!
Pas une vie de passer de l'un à l'autre puis au chômage entre .. C'est peu souhaitable c'est sûr !
Bises
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A
Combien se retrouvent en fin de carrière avec les plans sociaux. Un poème qui leur rend hommage. Bises
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E
Bonsoir Martine. C'est triste et réaliste. Fin d'une usine qui a des conséquences sur les hommes. Bonne soirée et bisous
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P
J'ai beaucoup aimé la relation homme/machine. C'est vrai qu'il y a, en plus, cette part d'affection qui pèse en plus du licenciement.
57 ans, c'est l'âge où on peut former un jeune, justement, si l'envie est là.
Triste réalité.
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*
et combien de personnes sont dans ce cas .....
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J
Un tres beau poème pour une journée qu'on aimerait bien jamais ne voir arriver et qui pourtant est le lot de beaucoup de personnes . L'âge , un sérieux frein à l'embauche quand je pense qu'il va être mécaniquement reculé pour la retraite, je me pose beaucoup de questions sur le devenir des emplois des seniors.
Bonne journée
Bises
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G
Voila un poème très agréable à découvrir : merci ! Cordiales amitiés & à +
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R
Magnifique texte sur une bien trop triste réalité qui se propage. BRAVO Martine. Bisous douce journée Renée http://envie2.be/
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N
Oui 57 ans ce n'est pas vieux mais pour trouver du travail c'est autres choses trop de expérience, dommage ils ont beaucoup a montrer
bises amicales
http://lenordcotentin.eklablog.com
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E
et pourtant à 57 ans on a encore tant à donner et trasmettre ! en pein dans les réalités de la vie Martine, tout est dit ...
bises
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A
Une bien triste réalité !
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M
Bonjour Martine, elle est bien triste cette histoire mais malheureusement bien réelle. Bisous bonne journée MTH
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A
peut-être trouvera-t-elle une nouvelle vie comme objet d'art? bises et bonne journée
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R
Que c'est tirste et tellement réelles ces situations bonne journée Martine gros bisous
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M
Un peu triste mais tellement réaliste...on oublie souvent les machines dans les fermetures d'usine, elles aussi ont donné tout ce qu'elles pouvaient...Bisous
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Z
Le lot de tellement de monde en fin de carrière qui se retrouve subitement sur le carreau.
Ton poème fait remonter dans ma mémoire, quand j'ai choisi le licenciement économique en 2001 pour faute de reclassement comme acheteur dans la centrale d'achat de Carrefour (marié à Promodès), cette remarque qui m'a tellement blessée : "Mais Madame, dans nos équipes d'acheurs nous avons besoin de killers..." Je n'avais que 49 ans !
Bises et bon jeudi
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C
Bonjour Martine, ça m'fait penser à la citation de Lamartine : “Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?” Oui, en effet, que je dis. Triste et si beau, ce que tu présentes ici. J'♥ beaucoup ! Bon jeudi. Bisous♥
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C
Quelle tristesse! ???? Bises et belle journée.
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J
De nos jours on est un "vieux" avant l'heure côté boulot... Que dire... bises jill
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