Publié le 28 Novembre 2012

Cendrine, dont le blog sur Paris me comble de plaisir à chaque lecture, m'a taguée. Taguer en langage blog cela signifie que celui qui nous tague nous demande de répondre à une consigne.

Je ne veux pas contraindre mes amis blogueurs à répondre à des tags .

 

J'y réponds rarement mais ce tag à inspiration légèrement culinaire  m'a vraiment inspirée et je te remercie Cendrine. C'est à toi que je dois ce que j'écris aujourd'hui et qui me plait bien.

 

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1. Quelle est ta couleur préférée?


Bleu comme l’océan

Où se noie l’arc-en-ciel

Bleu comme le ciel

Ô Azur envoûtant

Songes de brumes en bleues

La vie  bleue camaïeu

 

 

2. Quel est ton premier souvenir culinaire?

 

Je n’avais jamais cuisiné

J’ai débuté par un soufflé

Avouez que c’était osé

Lui aussi était bien gonflé

Et j’en ai été tant soufflée

Que j’ai osé continuer

 

3. Quelle était ta matière favorite à l'école?

 

Ma langue est la plus belle des matières

Français enjoliveur d’imaginaire

Depuis toujours je t’adore et vénère

Permets moi de te dédier ces quelques vers

J’associe tes mots les plus ordinaires

J’en joue souvent avec art et manière

Pour séduire de façon éphémère

L’écriture est comme l’art culinaire

 

 

4. Si tu étais un animal imaginaire, lequel serais-tu?

 

Ordinaire

Extraordinaire

Imaginaire

Non surtout pas être un animal

 

5. Quel poème as-tu le plus aimé dans l'enfance?

 

 

Rappelle-toi Barbara 

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert, "Paroles",

 

Pour toi ce poème de Prévert Papi (mon grand-père paternel né à Brest) et pour toi Mamie (ma grand-mère paternelle Née à Quimper) vous qui m'avez éduquée avec amour et qui m'avez appris à aimer la mer, les côtes sauvages. Vous qui m'avez raconté la vie des pêcheurs sur les chalutiers,  les histoires inquiétantes des naufrageurs de l'ïle de Sein ; Vous qui avez connu la grande guerre et la suivante.  En m'installant aujourd'hui en Vendée auprès de cet océan que vous aimiez tant (mais désolée ce ne sera pas en Bretagne, vous m'avez aussi appris à me distinguer) , c'est à vous que je pense. C'est grâce à vous que je suis celle que je suis aujourd'hui et j'en suis fière.

6. Si tu pouvais remonter le temps, quelle époque voudrais-tu explorer?

 

Ma devise de chaque instant

Ne jamais remonter le temps

A l’histoire être indifférent

Vivre intensément au présent

 

7. Quelle est ta gourmandise préférée?

 

Un baiser amoureux

 

8. Quel roman as-tu lu récemment?

 

« Dernière nuit à Twisted River » de John Irving mon écrivain préféré

Un livre sur l’histoire d’un cuisinier et de son fils écrivain. Un roman très profond qui aborde des sujets graves comme la mort d’un enfant :  un road- moovie sous fond de vengeance.

Ce livre ne pouvait que me plaire. J'ai toujours pensé qu’un écrivain était un cuisinier des mots et John Irving est un grand chef en ce domaine.

 

9. Aimes-tu le thé et si oui, quel est ton thé favori?

 

Une parodie des petits papiers de Régine

 

Laisser baigner
Les bons petits thés

A l'occasion
Thé du japon
Puissent-ils une nuit
Thé de turquie
me réveiller

Laisser poser
Les bons petits thés
thé de Ceylan
ou thé bien blanc
Qu'un soir ils puissent
thés délices
me régaler

Un peu de choix
thé du kénia
Et de musique
thé exotique

C’est un quatrain
Thé au jasmin
qui grimpe haut

S’laisser griser
par thé earl grey
Les sentiments
Thé bien brûlant
C’est qu'ils nous mentent

Thé à la menthe
Mais c'est de l’eau

Péquin, Péquine
Thé de chine
C’est une misère
Thé trop vert
Celui qu'y en boit
Thé du Sri Lanka
A gueule de bois

Poudre à canon
Thé d’exception
C'est pas donné
Thé des anglais
Ou l'on en meurt
bouillon d’onze heure
Ou l'on s’en grise

 

 

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Laisser baigner
Les bons petits thés

A l'occasion
Thé du japon
Puissent-ils une nuit
thé de Turquie
me réveiller

 

Laisser poser
Les bons petits thés
thé de Ceylan
ou thé bien blanc
Qu'un soir ils puissent
thés délices
me régaler

 


 

10. Quelle période de l'année préfères-tu?

 

L'été

 

Ciel le plus souvent azur,

Longs lézards verts sur les murs

Tendre arome des roses,

Abeilles qui s’y posent

Fraiche rosée du matin

Dîner d’amis au jardin

Siestes sous le cerisier

Lire un roman policier

Eclairs qui zèbrent le ciel

Avant de finir arc en ciel

Transhumance vers la mer

Pour des joies éphémères

Farniente sur la plage

Danses avec les vagues

 

Chanter tout l'été quel bonheur extrême

Je voudrais être cigale bohème

Je chante faux ce serait blasphème

Fourmi l'été, j'écris des poèmes

 

 

11. As-tu des animaux?

 

Mon chat est mon complice

Surtout quand je suis triste

Ses yeux mystère jaunes anis

Me fixent avec délice

Fidèle admiratrice

Je suis à son service

Sa majesté Réglisse

me fait plein de caprices

Qui me sont tous supplices

 

 Eglantine Novembre 2012

 

 

Je devrais normalement poser 11 nouvelles questions à des blogueurs choisis. Comme je n'aime pas les consignes, je préfère écouter que de poser des questions et je ne veux désigner personne, libres à ceux et celles qui veulent répondre  aux 11 questionsposées par Cendrine et auxquelles je viens de répondre de le faire sur leur blog ou en commentaire. 

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Rédigé par eglantine

Publié dans #A vos plumes

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Publié le 23 Novembre 2012

Ci-dessous ma participation au  jeu d'écriture de la deuxième quinzaine de Novembre de Miletune sur le tableau le baiser de Carolus Duran : le baiser

 

Carolus-Duran_-_Le_Baiser.jpg

 

Vous plaît-il Madame ?

 

Dans les bras d’un ange soudain elle se pâme

Tous leurs sens en émoi ardemment s’affament

Dans un élan fougueux,  il s’exclame

« Être muse d’amour vous plaît-il Madame ? »

Avec un brin d’humour,  d’un rire elle le blâme

« Juste muse d’un jour, d’un poète à femme ! "

Un  long baiser fougueux,  leurs deux cœurs  enflamme

Désir devient plaisir,  quel fol amalgame

Ils se sépareront  sans perdre leur  âme

Pour l’amour interdit, Dieu les amants damne

Elle ne voudrait point,  prier Notre-Dame

 

Églantine / Novembre 2012

 

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

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Publié le 19 Novembre 2012

Pour la petite fabrique d'écriture ce texte sur une photo de Joëlle CHEN 

 

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Photo de Joëlle Chen

 

Quelle idée saugrenue d’aller à Bruges en plein été, il y fait chaud, il y a trop de touristes qui envahissent la ville.  J’étouffe à Bruges. En Belgique, je pense à Jacques BREL et je chantonne en moi « Tu as voulu voir Venise et tu as vu Bruges »…  Et bien Jacques Je vois tout de même Venise mais celle du Nord, celle de ton plat pays..  Alors pour faire illusion jusqu’au bout et rechercher un peu de fraîcheur sur l’eau, faute de gondole,  je décide  de me faire mener en Bateau. Après une demi-heure de queue,  je me retrouve enfin dans une longue barque avec une quinzaine de personnes,  ce n’est pas la promenade en amoureux avec le gondolier, il y a beaucoup moins d’intimité. J’essaye de passer le temps en regardant le paysage : que des vieilles pierres, des ponts anciens, des clochers. Sur les berges parfois des pêcheurs  qui taquinent je ne sais quel poisson car je crains fort qu’ils rentrent bredouilles avec tout ce trafic sur les canaux.


Les barques en  font le tour et se suivent de si près qu’elles pourraient presque se toucher.  J’ai l’impression d’être sur la rivière enchantée du jardin d’acclimatation ou dans un grand manège ou j’adorais quand j’étais petite monter dans les éléphants ou les barques qui décollaient et attraper le ballon et j’y arrivais souvent. J’ai toujours eu l’esprit de compétition. "Il faut  toujours que tu fasses remarquer" me reprochait sans cesse ma mère qui n’avait qu’un seul objectif être invisible,  complètement invisible.

 

Ici à Bruges, je suis grugée, il n’y a même pas de ballon.  Je suis sûre que je suis une martienne venue un jour sur terre,  d’ailleurs  je m’appelle Martine. J’ose toujours espérer qu’un jour les  éléphants et les barques  pourront voler comme des soucoupes volantes  et si cela arrivait je monterai dans la première et  je serais chef d’escadrille et je retournerai sur Mars.


Au moment précis où je me vois dans l’embarcation de tête d’une escadrille composée de barques et d’éléphants roses, notre barque se met lentement à décoller, puis accélère pour faire du rase-motte au-dessus du canal. Les autres barques derrière décollent également et nous suivent…. Les passagers affolés crient.  Attention le pont nous allons nous écraser sur son tablier. Etant chef d’escadrille je dois prendre tout de suite la bonne décision,  j’appuie sur la flèche du haut de mon téléphone mobile et la barque prend de la hauteur et passe au-dessus du pont, j’attrape au passage un ballon qui volait au-dessus du pont. J’ai gagné un tour gratuit mais pour en bénéficier, il faut que je redescende. J’appuie sur la flèche du bas de mon mobile, et la  barque redescend et suit le cour du canal à petite vitesse. 

 

A chaque pont je fais prendre de l’altitude à la barque puis l’obstacle passé, je redescends. C’est angoissant mais grisant de voir ainsi Bruges en apesanteur.

 

Et si notre barque arrêtait de suivre le cours de sa vie normale, celle du canal pour s’évader enfin, emprunter d’autres voies, sortir de son destin. Je prends de l’altitude pour dépasser les toits des maisons et des clochers. Ensuite j’hésite une seconde : appuyer sur la flèche de gauche de mon téléphone ou celle de droite et  j’enfonce la touche gauche (j’ai toujours été à gauche), la barque volante prend de la vitesse. Nous arrivons sur la place centrale. Le beffroi  se met à sonner midi. Je crois que c’est la sonnerie de mon téléphone portable. J’appuie sur la touche pour répondre à cet appel et soudain la barque tombe à pic à toute vitesse. Je n'ai jamais voulu être chef. Nous nous écrasons juste au milieu de la place  et  nous passons à travers le dallage.


Je me réveille horrifiée,  dans mon rêve je suis encore tombée brusquement dans un trou sans savoir comment j’y étais parvenue, je ne me souviens de rien.

 

Eglantine / Novembre 2012

 

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Nouvelles

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Publié le 7 Novembre 2012

Un poème aujourd'hui pour répondre au défi de la première quinzaine de Novembre de MILETUNE sur une photo de Doisneau que j'aime particulièrement et que j'ai eu au dessus de mon bureau pendant plusieurs années :

 

doisneau-ecole02.jpg

 

 

L'horloge  tourne au ralenti

Qu'est ce que je m'ennuie ici

 

Je sais tout sans avoir appris

Serais-je un vrai petit génie ?

C'est ce que tout le monde dit

Non ce n'est pas ce que je suis

Dis Mamie qu'est-ce qu'un génie ?

Y en t il dans ton paradis  ?

Le linge à maman n'a pas bouilli

car elle a toujours son génie

Une lessive non je ne suis

Seule mon ardoise je blanchis

Le maître jamais me punit

Tous les élèves me copient

mais je ne suis pas leur ami

car ils n'aiment pas les génies

Jamais je ne suis puni

Différent toujours je le suis


L'horloge  tourne au ralenti

Qu'est ce que je m'ennuie ici


Eglantine / Novembre 2012

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Publié dans #Poèmes

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Publié le 4 Novembre 2012

Voila le poème que je t'avais promis Françoise en cadeau d'anniversaire avec 4 jours de retard pour me faire pardonner d'avoir oublié la date,

 

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Francoise

 

C’était à Saint-Quentin, amie te souviens tu ?

En patrie tournesol, dans un morne bureau

Nos regards se croisent, très vite s’évaluent

Dans un grand silence, se détournent aussitôt

 

Dans ton regard  profond,  de me perdre j’eus peur

Ne plus te regarder,  plonger dans mes dossiers

Tu me rappelles  trop,  un souvenir d’ailleurs

Une amitié perdue que je veux oublier

 

Fausse indifférence,  qui soudain t’attire

Avec moi à Cergy, tu viendras  travailler

Peut-être le meilleur,  Peut être le pire

Ce regard te prouve qu’il te faut essayer

 

Comme tu as eu raison, malgré moi d’insister

Toi moi étions liées, avant de nous chérir

Même idée de la vie, même vue du métier

En parfaite harmonie, sur même navire

 

La tempête arriva, nous fîmes ensemble front

Notre amitié s’accrut, aux premiers soubresauts

Chaque soir ensemble,  Monde nous refaisions

Le bateau chavire, tu le quittes aussitôt

 

Au cœur de ce chaos, je veux rester à bord

Jamais je n’abandonne, ce en quoi j’ai la foi

Nouveau capitaine, lui fait crédit à tort

J’aurais dû t’écouter, et fuir ce maudit roi

 

Il me fait confiance,  j’en suis subjuguée

Éprise je tombe, dans les bras d’un quidam

Pour cet amour soudain, je faillis tout quitter

Que de chamboulements, dans ses bras me pâme

 

Je voudrais ton soutien, tu ne me l’offres plus

N’étant pas sure de moi, tu me fais un affront

De ton acquiescement,  je n’en veux surtout plus

Échange d’injures, Notre amitié voit le fond

 

Moment de silence, mais pourtant pas d’oubli

Souvent je pense à toi, notre grande amitié

Y renoncer toujours, oh non je ne le puis

Certaine j’en étais,  que j'allais pardonner

 

Ce n’est plus comme avant, mais c’est mieux encore

Chacune avons mûri, beaucoup moins  fougueuses

Notre amitié passion qui devenant trésor

Au fil des jours passant, nous rend plus heureuses

 

Je suis restée ici, rêvant d’un autre nid

Tu es partie au sud : quête de lumière

Quand chez toi tu reviens, pour revoir tes amis

Court instants ensemble, qui ma vie éclairent

 

Martienne je me crois,  dans la lune je suis

En vraie  apesanteur,  je vis d’ordinaire

Amie excuse-moi,  si hélas j’ai omis

De te souhaiter, bon anniversaire

 

Accepte ces bisous, venus des bords d’Oise

Ils sont mouillés de pluie, mais si pleins de chaleur

Ton prénom te vas bien,  ma chère Françoise

J’aime la France et l’Oise, de tout mon coeur


 

Martine (je ne signe pas de mon pseudo aujourd'hui car la fleur se veut sans épine) Novembre 2012

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

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Publié le 2 Novembre 2012

Il y avait longtemps chers amis que je n'avais pas eu envie de jouer avec les mots et cela m'est venu soudainement un soir après une journée de travail très chargée, je suis partie avec des rimes en "ève" car j'aime cette sonorité et ce n'est pas la première fois que je joue avec sans savoir où j'allais arriver et d'où je partais d'ailleurs et puis c'est parti tout seul : excusez ces divagations qui n'ont ni queue, ni tête mais n'est ce pas cela la créativité ?  Je dédicace ce poème à  mon patron qui me dit très souvent que je manque totalement de créativité mais je crois que nous n'avons pas la même signification du mot créativité qui pour lui rime avec rentabilité et jamais avec qualité

 

 

EVE

 

Son rêve est une brève trêve

Une sève en son corps s'éleve

Elle la relève, la souvève

Du coeur d'Eve enlève le glaive

Après avoir planté sa fève

feve de joie qui parachève

Fait la grève puis soudain crève.

 

 

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ADAM

 

En Période Ramadan

Adam à l’air persuadant

Dans la plaine gambadant

A cheval cavalcadant  

Avec  galop saccadant

Du joug d’Eve s’evadant


 

Eglantine / Novembre 2012

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

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