Publié le 28 Janvier 2016

Vous ne verrez jamais 

 

Un diplodocus assis dans un mini bus

Des Sinus et cosinus peints sur papyrus

Un eucalyptus dans le pré d’un papi russe

Un  Laïus d’un olibrius sans un lapsus

Un strato-cumulus en forme de phallus

Un stradivarius au milieu des détritus

 

Un économe avare épousant la bégum

Un gentilhomme qui mâche du chewing-gum

Un ballon à d’hélium flottant dans un aquarium

Un agronome cultivant l’aluminium

Le minimum qui dégomme le maximum

Un thé sans arôme avec plein de  rhum à Rome

 

Un imman faisant du tamtam à Notre-Dame

Un vieux bigame jouant au Trou-Madame

Un gros hippopotame qui à Rennes Brame

Un  hammam et un jacuzzi dans tous les trams

Un ramdam d’une dame sur le macadam

Un quidam qui déclame en latin des réclames

 

Vous ne verrez jamais

Ce que vous ne verrez jamais, vous l’avez imaginé

Et je suis ravie, si mes délires vous avez aimés

 

Martine / Janvier 2015 pour les jeudis en poésie 158 des croqueurs de mots animés par Lilou (avec des rimes à consonance latine pour respecter le thème de la quinzaine)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 27 Janvier 2016

Hervé est né le neuvième jour du neuvième mois de l’année 1999 dans le département 09. C’est le seul garçon, le cinquième enfant et le cadet d’une famille d’agriculteurs de la Plaine Ariégeoise.

C’est un enfant à la fois rêveur, hyperactif et casse-cou. Il n’a peur de rien même pas des  loups sortis des contes que sa mère lui raconte chaque soir pour l’endormir. Il aime les loups parce qu’on les déteste et qu’il prend toujours la défense de ceux qu’on n’aime pas.  A défaut d’avoir un loup comme doudou (personne n’oserait offrir un loup en peluche à un enfant), il reprend sa maman quand elle dit le grand méchant loup

  • Non Maman c’est le grand doux
  • Si tu veux mon chéri c’est « le grand méchant doux » lui répond-elle en souriant

Vivant dans une ferme, il aime tous les animaux. Il sort le soir dans la grande cour observer les étoiles, repérer la grande ourse. Parfois il entend le grand-duc hululer et il guette le cri de la chouette. Il essaye d’imaginer ce que peuvent se raconter ces oiseaux de nuit. Peut-être que ce grand-duc, prince des noctambules ailés, se demande: Qui est le prince des hommes ? Peut-être qu'il croit que c’est son papa, le seul homme adulte dans cette ferme, mais lui Hervé sait que son père n’est pas un prince mais un simple agriculteur. Il se demande si Le prince des hommes pourrait être Jésus à qui sa maman parle souvent et qu’il ne voit jamais. Les princes sont invisibles. Chaque dimanche elle se rend dans l’église verte du village qui aurait bien besoin d’une toilette pour la débarrasser de la mousse qui la recouvre. Elle prie en chœur avec les autres fidèles et répète toujours les mêmes litanies en faisant le signe de croix de sa main droite : « Au nom du père, au nom du fils et du Saint-Esprit. Qui est ce Saint-Esprit ? Quand Hervé a posé la question à son papa.  Il lui a répondu, la cigarette coincée au coin des lèvres :

  • Je ne sais pas mon fils qui est ce Saint-Esprit dont ta maman parle souvent et qu’elle aime tant. Je ne vais pas à la messe, je ne l’ai jamais rencontré. Ce que je crois, c’est que chacun a le droit de chérir et vénérer les saints qu’il veut.
  • Quels sont les Saints que tu aimes et pries Papa ?
  • Tu me demandes Hervé parmi les saints qui j’ose aimer et prier ? Je n’en prie aucun mais chapeau bas pour  le Saint Nectaire et un second que tu ne connais pas et que tu aimeras peut être plus tard le Saint-Emilion dont il ne faut surtout pas abuser.

Les grandes personnes sont parfois étranges se dit Hervé qui n’a pas bien compris, un saint pouvait-il être un fromage ? Et qui était ce Saint-Emilion qu'on peut aimer, mais pas trop tout de même ?

Il aime monter sur les poneys et les chevaux. Il eut beaucoup de chagrin à la mort du petit cheval que son père lui avait offert à Noël et qui serait son premier et dernier cheval. Il le gardera dans un petit coin de son cœur toute sa vie.

Il rentra un  jour des champs en brandissant une vipère au poing ce qui avait effrayé sa mère qui l’avait puni en le privant une semaine de télévision.

Il ne supporte pas qu’on puisse tuer les lapins du clapier et les volailles pour déjeuner et refuse d’en manger. Il proteste auprès de sa mère quand elle prononce la phrase magique de rassemblement « plumons l’oiseau » pour qu’il l’aide avec ses sœurs à plumer et vider les poules qu’elle vient de tuer et qu’elle vendra au marché.

Curieusement, il aime aider sa maman à les cuisiner. Mettre le beurre ou l’huile sur le feu,  ajouter des oignons et les morceaux de viande dans la poêle, écouter le crépitement, humer l’odeur aigre-douce qui envahit la cuisine et réjouit ses sens. Plus tard, il souhaite être cuisinier ou écrivain. Cuisiner les mots est aussi un vrai plaisir pour lui. Il écrit de petits poèmes pour sa maman,  son papa et ses sœurs qu’il aime bien même s’il est souvent leur bouc émissaire.

Quand il était petit, il aimait feuilleter le bel abécédaire des animaux que sa grand-mère lui avait offert. Il admirait ses jolies lettres aux traits si fins enluminés. Il le regarde encore aujourd’hui en pensant à sa mamie qui a déménagé au ciel. Aujourd’hui il  lit chaque soir dans son lit les aventures du club des cinq, de Tom Sayer ou des quatre filles du Docteur March. Ayant quatre sœurs, il  plaint le pauvre Docteur March vivant,  comme lui  et son père, le matrimoine et ses affres au quotidien sans y être préparé. L’ école des pères, des maris et des frères n’existe pas pour former les hommes aux bonnes attitudes à avoir face aux réactions féminines aussi insolites qu’inattendues. Préférant les hommes,  il ne se mariera pas avec une femme, il n’ira pas déposer les bans dans le bureau des mariages du village. Il n’ira pas non plus consulter un médecin, le conseiller du cœur pour savoir pourquoi il n’est pas tout à fait comme les autres. Il taira ces choses. Il a compris qu’on ne les dit pas quitte à finir sa vie, caché en ville, dans une mansarde à louer pour consumer dans l’anonymat l’amour interdit.   

Il serait très heureux s’il n'avait pas souvent des crises de migraines qui le font beaucoup souffrir. C’était comme si son crâne était écrasé, brûlé dans un étau au point d’avoir envie se taper la tête contre les murs pour qu’un feu dévore un autre feu à quel point ce mal le fait devenir fou. Heureusement que c’est la fin des asiles, sinon il aurait des chances d’y finir sa vie.

Quand il a ses humeurs, il a beau implorer le Jésus de sa maman celui qui, contre vents et marées, dit « lève-toi et marche » à une personne paralytique et ô miracle celle-ci se met à marcher, lui continue à garder ses horribles migraines ! C’est la malédiction du neuf…. Il a une tête fragile en forme de  « nœunœuf » quoi de plus naturel pour le fils d’un éleveur de volailles qui rêve d’une tête neuve pour lui dans la hotte du père Noël auquel il ne croit plus. Mais il se plait à rêver qu’un jour il remplacera sa tête cassée et qu’il ne souffrira plus. S'il avait une tête neuve, il est fort probable qu’il ne se souviendrait plus de rien. Il écrit donc ce journal pour conserver les souvenirs d’un amnésique en quête d'avenir qui ne veut surtout pas devenir un des bienheureux de la désolation , ces hommes à qui il ne reste plus que le démon de minuit ou de midi pour leur donner une illusion fugace de renaissance et de bonheur.

 

Martine pour les prénoms du mercredi de Jill bill (aujourd’hui Hervé)

Texte écrit avec 31 titres de la bibliographie d’Hervé Bazin (romans, nouvelles, essais…) marqués en gras dans le même texte à voir ici

 

Les souvenirs d'Hervé amnésique en devenir

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

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Publié le 25 Janvier 2016

Un CRS, les jumelles rivées sur les yeux

  • Mazette luxum une mazerati

 

Esther et son homme Ben Hur

  • Ben Hur les poulagas, trop appuyare sur le champignum

 

Le CRS arrête la voiture et s’adresse à Ben Hur :

  • Ave ben hur arretare véhiculum, explosare boitum à imagum

 

Ben Hur d’un ton désolé et affolé :

  • Ave flicum, Désolus urgencum polichinelus de ma meufum volare illico presto sortare du tiroirus

 

Le CRS hilare

  • Ah, ah, Polichinelus et toi Guignolus

 

Ben Hur se met à chanter en parodiant Chantal Goya

  • Guignolus, Guignolus, Qui cogne les gendarmes avec son compagnon Gnaffrum. Guignolus, Guignolus qui nous fait rire aux larmes avec sa natte et son nœud papillon

 

Le CRS outré, d’un ton autoritaire

  • Pericolo, Pericolo Moquare flicum méritare prisonam

 

Ben Hur d’un ton assuré

  • Non Moquare flicum, mezigue moquare gendarmum

 

Le CRS tape dans la main de Ben hur en s’exclamant

  • Amigo, Moquare gendarmus meritare paradisiam

 

Puis il s’adresse à Esther

  • En cloquas Donzelas ?

 

Esther assurée

  • Oui flicum, en cloquas

 

Le CRS moqueur :

  • vidéo kaputo : Ouceques ton polichinelle ?

 

Esther montrant son ventre :

  • Dans mon balonas

 

Le CRS hilare

  • dans ton balonas, balonas dégonflum,

 

Esther d’un ton contrarié

  • Non pas dégonflum, platum

 

Le CRS en éclatant de rire

  • Platum !! Maxima malice ta donzellas Ben Hur ! Steuplaisus souflare fortissimo dans mon platum balonas, fortissimo, FOR TIS SI MO, mézigue volare magnum balonas

 

Ben Hur chantant en parodiant Renaud

Quand j' promène mes mains
D' l'autre côté d' son dos
J' sens comme des coups de poings
Ça bouge
J' lui dis "t'es un jardin"
"Une fleur, un ruisseau"
Alors elle devient
Toute rouge
Parfois c' qu'y m' désole
C' qu'y fait du chagrin
Quand j' regarde son ventre
Puis l' mien
C'est qu' même si j' devenais
Pédé comme un phoque
Moi j' serai ja
mais
En cloque

 

Le CRS

  • Cessare Ben Hur ou j’vé chialaré. Maxima malice, Steuplaisus Souflare FOR TIS SI MO dans le BA LO NAS Guignolo

 

Ben hur

  • Excuso flicum, impossiblum souflare, meufum anorexicas : mini balonas dissimulare sous tchador avec minus mignonus polichinelle volaram sortare

 

LE CRS en tendant l’alcootest à Ben Hur d’un ton énervé

  • steuplaisus souflare guignolo dans balonas pas dans ta donzellas, imbecilum

 

Ben Hur se remettant à chanter d’un ton moins assuré

  • Guignolus, Guignolo qui cogne les gendarmes
    Avec son compagnon Gnaffrum. Guignolus ; guigno….

 

Le CRS l’interrompt soudain

  • Ouceques amigo Gnaffrum ?


Esther d’une petite voix fluette peu assurée

  • Dans le coffio flicum avec la farinas

 

Ben Hur troublé s’adressant au CRS

  • Delirium tremens… euh… Delirium maximo grosso … squiuze la flicum. Ma gonzesos soufrare maxima

 

Puis se tournant vers Esther énervé en lui donnant discrètement des coups de pieds

  • «Arretas délilare esther »

 

Esther Sous le coup du choc

  • Aie…. Aie, ben hur…

 

Ben Hur l’interrompant se tournant vers le CRS

  • Ma Meuff soufrare maxima, steuplait flicum urgencum hospitalus

 

Ester continuant en chantant

  • Eh Ben Hur porquare percutare mezigue ? Guignolo, guignolo qui cogne sa gonzesse. Bis repetitas : Guignolo, guignolo qui cogne sa gonzesse Jaloux de son copain Gnaffrum enfermé Dans le coffio de farinas

 

Le CRS applaudit puis se reprend et hurle

  • Sam suffi, sam suffi, cassare mes couilloms, arretare chantaes et jactares, Silencium svouplait. Arretare Roulare mezigue dans la farinas

 

Le CRS ouvre la porte de la mazerati, sort avec force Ben Hur de son véhicule, l’emmène jusqu’à l’arrière de son véhicule et d’un ton péremptoire lui dit

  • Ouvrare coffio BEN HUR ou morticus es

 

BEN HUR en riant ouvre lentement son coffre en se retournant vers le CRS, il attrape son revolver qui était dans le coffre et se retourne brutalement en hurlant et en tirant sur le CRS et sur son collègue qui était à ses côtés

  • Morticus mezigue ah ah ah…. Alah ac barus, keufs morticus ad vita aeternam

 

Puis il ouvre le coffre en grand et libère son copain gnaffrum

  • Gnaffrum sortare, Mezigue refrigerare imbecilus flicum et attentionnum pas touchas ad Esther

 

Gnaffrum sort du coffre en empoignant son parabellum et tire sur Ben Hur stupéfait qui n’a pas le temps de réagir. Il a juste le temps d’entendre avant de mourir

  • Imbecilus, jalousus, cocus et dindonus de la farcas. Mazeratti, canabis , Bellissima Esther et mon fillus polichinellus papourtapom pour Mezigue . Ad revoyure Ben Hur. Acta est fabula (la pièce est finie)

 

Il pose le parabellum dans le coffre se retourne et voit Esther qui est sortie de la voiture et s’est positionnée derrière lui et qui le tient en joug tout en s'exclamant

  • La pièce est finie pour toi aussi GNAFFRUM assez bête pour te laisser enfermer dans le coffre par Ben Hur qui voulait être seul avec moi. J’en ai assez de porter ce tchador, marre de vos tueries, je ne veux plus aller en Syrie. La vie n’est pas un jeu vidéo. Je vais te tuer, je suis obligée pour survivre et offrir une belle vie à notre fils et en faire une belle personne pas un voyou comme toi.

 

Et elle tire en criant : Game over 

Puis elle pose son revolver, retire son chador sous lequel elle est habillée à l'européenne et ses gants que son tyran Ben Hur l'obligeait à porter pour qu'aucun autre homme ne puisse voir ses mains. met le tout dans son sac et se sauve en courant. Elle se débarassera du tout en les jetant dans la Seine. Elle laisse la mazeratti et la drogue mais aucune trace qui permette de l'identifier. Elle sourit en pensant à ces deux idiots qui l'ont sous estimée Quel soulagement de ne plus avoir à parler le « latinfrançargot » le nouveau langage qui a succédé au verlan dans les cités. Comme dit le poète, "la femme est vraiment l'avenir de l'homme

 

Martine (Janvier 2015) pour le défi 158 des croqueurs de mots animé par Lilousoleil 

Dindonus de la farças chez les poulagas

N.B. :

 

Message pour Lilou

Chère Lilou, Je tenais à te remercier. Grace à toi depuis lundi dernier j'ai été obsédée par ce nouveau langage que tu appelles "le macaronisme" au point d'en perdre le rien de  vrai latin qui me reste (je détestais cette matière). Je suis tellement prise  que maintenant je parle à Jeff mon époux en francais latinisé. Il ne sait pas pourquoi et croit peut être que j'ai mes neurones qui ramollissent avec l'âge. Je l'ai rassuré en lui disant que c'était un signe au contraire de ma grande capacité d'adaptation. Il n'a pas vraiment compris !

 

Message pour mes lecteurs :

J'espère que j'ai été claire et que vous avez tout compris. Le cas échéant, N'hésitez pas à me demander des éclaircissements en commentaires.

C'est très difficile d'écrire un texte avec la volonté d'être comprise dans une nouvelle langue que personne ne connait !!

 

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Rédigé par Martine.

Publié dans #PIECES THEATRE

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Publié le 22 Janvier 2016

J'ai été deux fois taguée en l'espace d'une semaine. Même si c'est agréable que des amies de blog souhaitent mieux vous connaitre en vous taguant, je ne sais pas pourquoi, je n'aime pas trop y répondre, peut être parce que je me sens forcée de m'exprimer sur des sujets sur lesquels je n'ai pas forcément envie..... Je suis trop indépendante.

Je réponds néanmoins parfois quand ces tags émanent de véritables amies de blog pour leur faire plaisir tout simplement.

Premier  tag :

Celui de Clara du blog claramicalement (une belle écriture, de superbes photos)

 

1. L’important dans le vie c’est quoi ?

Les petits bonheurs de l’instant. Profiter des plaisirs  affectifs (aimer, être aimé) et sensitifs de la vie :  S’émerveiller de tout, ressentir profondément ce qui nous entoure

 

2. Quelle est ta couleur préférée ?

Le bleu couleur de l’océan et du ciel surtout le bleu turquoise

 

3. Quelle acteur t’a le plus marquée ?

Jean-Louis Trintignant dans ma nuit chez Maud de Rohmer ou dans un homme et une femme de Lelouch

 

4. Qui représente le mieux  pour toi  la chanson française ?

Ils sont nombreux :

Jacques Brel, Charles Aznavour, Jean-Ferrat, Georges Brassens, Edith Piaf, Maxime Le Forestier, Serge Lama, Marie-Paule Belle  ...

 

5. Quels sont tes auteurs préférés    ?

Les français : Emile Zola (j’ai lu toute la série des Rougon Macquart), Albert Cohen, Colette et découverte Récente de Michel BUSSI dont j’ai lu tous les livres

Les américains : John Irving, John fante, Stephen King

Le suédois :  Henning Mankell……

 

6. Rougnou / bonne humeur le matin  au réveil ? 

Je suis du matin. Je me lève aux aurores. Toujours de bonne humeur le matin (cela peut changer dans la journée)

 

7. En vacances pieds en éventails  / découverte de la région ?

Mon plus grand défaut : ne pas savoir me reposer, mettre les pieds en éventail : être toujours dans l’action. Je marche pour découvrir, je vais à la plage ou à la piscine où je nage et en séchant je lis

 

8. Quelle est ta saison préférée ? 

J’aime toutes les saisons mais je préfère le printemps et surtout l’été quand je peux profiter de mon jardin.

 

9. quelle année a le plus marqué ta  jeunesse ?

Trois années m'ont beaucoup marquée

1959 : l'année de la naissance de ma petite sœur (un grand bonheur) et celle aussi du déchirement  de quitter ma grand-mère chez qui je vivais en permanence (sauf certains week-ends) et d'aller vivre avec mes parents et cette adorable petite soeur que j'ai tout de suite aimée 

1971 : la rencontre à 18 ans de Jeff  ; 1973 notre mariage (j’avais 20 ans) et 43 ans après nous sommes toujours ensemble

 

10. Au réveil douche / petit dej en premier ?

5h 30 je me lève, fais un tour des blogs et de facebook, ensuite 7H30 douche froide (un grand plaisir), 8 H : je me recouche jusqu’à plus de neuf heures cocoone sous la couette. Je me lève et prends mon petit déjeuner

 

11. Sur un quotidien  que lis-tu en premier ? 

Avant d’être à la retraite j’en recevais plusieurs à mon bureau et je commençais la matinée en les parcourant rapidement  : "Les Echos". J'y lisais tout ce qui concernait les entreprises en difficulté (important pour trouver des clients à conseiller pour la gestion de leurs plans sociaux) et celles qui avaient des projets pouvant être générateurs d’emploi pour les licenciés des entreprises que j’accompagnais dans leur recherche d’emploi. Je parcourais aussi le parisien, le figaro, la presse locale en m’attardant sur les petites annonces pour repérer celles qui pouvaient intéresser les salariés que j'accompagnais. J’appelais ensuite ses entreprises pour leur vanter les savoir-faire et savoir-être de mes protégés afin qu’ils soient reçus et.... embauchés.

Depuis que je suis à la retraite, je ne lis plus que la presse locale. La vie des territoires dans lesquels je vis m'intéresse beaucoup. Pour les actualités nationales je préfère la radio (RTL chaque matin) et la télévision.

1971 : Jeff et moi

1971 : Jeff et moi

En vacances avec ma petite soeur en Vendée

En vacances avec ma petite soeur en Vendée

Second tag :

celui de Claire Cerise du blog le Baluchon (de très belles photos de son Finistère, celui de mes racines et de voyages en France en camping car). J'ai eu le plaisir de dépasser le virtuel en la rencontrant avec son époux cet été en Vendée (une belle rencontre)

 

1. Es-tu addict à ton blog ?

J’ai 3 blogs : Le plus ancien Cergyrama, Le plus récent : la gazette des olonnes, mon préféré : Quai des rimes même si j’y écris moins souvent et c’est aussi le moins lu : la poésie, l’écriture cela intéresse moins de monde.

J’ai été addict au début mais plus maintenant.  Je préfère facebook où je passe de plus en plus de temps.

 

2. La raison de sa création a-t-elle changé en cours de route ?

Chacun de mes blogs à un but différent :

Cergyrama est un blog citoyen engagé, tellement engagé que la presse locale l’appelait à son début « le poil à gratter de Cergy ».  Il est devenu, depuis que je ne vis plus à Cergy et que je ne suis plus engagée dans ma ville, un blog d’information touristique et culturelle, sportive et politique

la gazette des olonnes est un blog d’information touristique, culturelle, sportive

Quai des rimes  (mon chouchou même si c'est celui qui a le moins d'audience parmi la plupart de mes amis blogueurs, c'est dommage) est un blog d’écriture en prose ou en vers

 

3. As-tu plusieurs blogs et quels sont leurs liens ?

Voir réponses aux questions 1 et 2.

 

4. Aimes-tu rencontrer des blogueurs ?

Oui j’aime bien mais je ne rencontre pas n’importe qui, il faut que je ressente une certaine sympathie, voire amitié pour la personne même si « me faire des amis » n’est pas du tout le but de mes blogs. Les nombreuses rencontres que j’ai faites m’ont engagé à poursuivre. J’ai rarement été déçue.

 

5. À quoi servent les « coms » pour toi, ont-ils un rôle important ?

Ce que je n’aime pas  c’est faire des commentaires quand je n'ai rien de particulier à dire. Je me sens obligée de le faire systématiquemente même si bien souvent, j’ai aimé mais je n’ai rien de spécial d’autre à dire. La fonction "j’aime" qu’il y a sur facebook devrait exister sur les blogs.

Sur deux de mes blogs la Gazette des olonnes et Cergyrama, les commentaires sont souvent sans intérêt. J’ai même pensé à un moment à en supprimer la fonction "commentaires.  C'est normal, j'y montre beaucoup de photos, on les aime ou on ne les aime pas mais beaucoup comme moi se sentent obligés de déposer un commentaire pour dire qu'ils sont passés.

Ce n'est pas la même chose sur les blogs d'écriture comme quai des rimes, les commentaires sont plus profonds. Le texte surtout en prose engendre plus la réflexion. C'est moins le cas pour la poésie quand elle n'est pas engagée ou militante mais est le résultat d'un simple émerveillement.

 

6. As-tu d’autres activités artistiques, sportives ou/et intellectuelles ?    

J’écris, je lis, je cuisine (surtout je pâtisse même si je n'aime pas trop les sucreries mais je le fais pour les autres), je fais de la randonnée et de la natation.

 

7. Si tu étais un animal ou un végétal lequel voudrais tu être ?

Le roseau pensant donc un être humain et en aucun cas j'aimerais être un animal ou un végétal.

 

8. Aimes tu lire et si oui, quel genre de littérature

J'adore les romans policiers. Je rêve d’en écrire un alors je m’en imprègne surtout ceux de Michel BUSSI au suspens intense, à la fin inattendue. J'aime aussi lire des romans et j'en lis beaucoup notamment  ceux notamment dont j'ai lu une critique qui m'interpelle et aussi des nouvelles (un art bien difficile d'être synthétique en étant percutant)

 

9. Si un jour les écrans disparaissaient, que ferais-tu ?

Même si je ne me projette jamais dans l’avenir surtout quand il est impossible, je serais heureuse de ressortir du placard mon talkie walkie et de reprendre mon activité de cibiste et communiquer avec des inconnus (l’ancêtre du blog) sur le 27 méga. Grace à lui j’ai connu mon Jeff avec qui je vis depuis plus de 40 ans.  Pour mieux comprendre, je vous conseille de lire mon article de quai des rimes sur le sujet

Le principal est de communiquer et chaque époque en offre la possibilité. En plus au lieu de publier mes écrits sur mon blog (solution de facilité), je pourrais essayer de les publier.

 

10. Quel est le comportement de tes proches par rapport à ton blog ?

Jeff (mon époux) me soutient  et suit assidument deux de mes blogs : Cergyrama   et la gazette des olonnes. Jamais il ne m’a fait un reproche pour le temps passé. Il me dit même qu'il est fier de ce que je fais. Par contre et je le déplore, il ignore complètement mon blog plus personnel : Quai des rimes  même si j’essaye de l’y intéresser (cause perdue : est aveugle qui veut bien l’être !). Mes enfants à ma connaissance ne connaissent pas mes blogs et en tous cas s’ils les lisent jamais ils me l’ont dit. On est une famille de taiseux !

 

11. Est-ce que ton blog a changé ta vie et si oui pourquoi ?

Mes blogs n’ont pas changé ma vie et heureusement car elle me convient bien. Néanmoins ils m’ont fait évoluer. Ils ont augmenté de façon importante ma confiance en moi. Quand deux chaînes de télévision (TF1 et France 3), un grand hebdomadaire local s’intéressent à votre blog (Cergyrama) au point de vous consacrer un reportage, il y a de quoi être fière de ce que l’on fait et de dire qu’en fin de compte on est pas si nulle qu’on le pensait et que ce que l’on fait humblement mais avec passion est utile et apprécié.

 

Si je respectais les consignes, je devrais taguer 11 autres amis de blog pour qu''ils répondent aux 11 questions de Clara et poser 11 nouvelles questions à 11 amis pour le tag de Claire Cerise. Je ne le ferais pas craignant importuner. Si parmi mes amis de blogs certains veulent répondre aux questions ci-dessus, j'en serais ravie.

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Rédigé par Martine.

Publié dans #TAG

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Publié le 21 Janvier 2016

Rosa, rosa, rosam

Pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots, défi 158, une des très belles chansons de Jacques BREL (Rosa, rosa, rosam)

C'est le plus vieux tango du monde
Celui que les têtes blondes
Ânonnent comme une ronde
En apprenant leur latin
C'est le tango du collège
Qui prend les rêves au piège
Et dont il est sacrilège
De ne pas sortir malin
C'est le tango des bons pères
Qui surveillent l'?il sévère
Les Jules et les Prosper
Qui seront la France de demain


Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis


C'est le tango des forts en thème
Boutonneux jusqu'à l'extrême
Et qui recouvrent de laine
Leur c?ur qui est déjà froid
C'est le tango des forts en rien
Qui déclinent de chagrin
Et qui seront pharmaciens
Parce que papa ne l'était pas
C'est le temps où j'étais dernier
Car ce tango rosa rosae
J'inclinais à lui préférer
Déjà ma cousine Rosa


Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis


C'est le tango des promenades
Deux par seul sous les arcades
Cernés de corbeaux et d'alcades
Qui nous protégeaient des pourquoi
C'est le tango de la pluie sur la cour
Le miroir d'une flaque sans amour
Qui m'a fait comprendre un beau jour
Que je ne serais pas Vasco de Gama
Mais c'est le tango du temps béni
Où pour un baiser trop petit
Dans la clairière d'un jeudi


A rosi cousine Rosa
Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis


C'est le tango du temps des zéros
J'en avais tant des minces des gros
Que j'en faisais des tunnels pour Charlot
Des auréoles pour saint François
C'est le tango des récompenses
Qui vont à ceux qui ont la chance
D'apprendre dès leur enfance
Tout ce qui ne leur servira pas
Mais c'est le tango que l'on regrette
Une fois que le temps s'achète
Et que l'on s'aperçoit tout bête
Qu'il y a des épines aux Rosa


Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes coups de coeur

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Publié le 20 Janvier 2016

Dans la belle ville de Rosel

Vit une fort jolie damoiselle

Au délicieux prénom de Gisèle

Contrairement au moteur diesel

Elle avance tel le carrousel

Fonce et pêche par excès de Zèle

Pie jaseuse, taisez-vous Mam’zelle

Puisse-t-elle ne pas se brûler les ailes

Cette mouette, élégante oiselle

 

Martine / Janvier 2016 pour les prénoms du mercredi de Jill Bill

Taisez vous Mam'zelle Gisèle

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 18 Janvier 2016

Gisèle nous a proposé 4 citations à imager comme nous le souhaitons pour imagecitation 17

J'ai choisi de les illustrer avec 4 de mes photos qui représentent chacune un bonheur de l'instant.

1. Merveilleuse petite chute d'eau à Poiroux sur le lac de Finfarine

Souvenirs de bonheurs de l'instant

2. A la bambouberaie d'Anduze : coeur de lotus sans ses graines (triste mais si beau !)

Souvenirs de bonheurs de l'instant

3. Eclipse de lune de Septembre 2015

Souvenirs de bonheurs de l'instant

4. En 2011 : Vol en Montgolfière au dessus du pays de Bray

Souvenirs de bonheurs de l'instant

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Citations

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Publié le 16 Janvier 2016

Depuis des semaines, une idée fixe la harcèle nuit et jour. Elle se lève en ce vendredi matin en sachant qu’aujourd’hui est un autre jour : elle va enfin passer à l’acte. Ne plus se laisser envahir par les obsessions : Agir

Elle avale son thé et son jus d’orange en vitesse, grignote quelques céréales. Elle chausse ses mocassins, enfile sa marinière bleue au col rayé de blanc. Elle embrasse son Paul hâtivement. Elle a le temps de remarquer qu’il semble perturbé. Peut-être a-t-il une mauvaise intuition. Non il ne peut deviner qu’il ne la verra plus.  Ne pas s’apitoyer,  se dégager de l’affectif comme n’arrête pas de lui répéter le type coincé qui lui sert de patron.

Ce matin elle se rend à pieds au travail, il fait beau et elle n’a plus besoin de voiture. Elle arrive tôt au bureau. Elle met en route son PC portable et ouvre sa messagerie par habitude mais aujourd’hui elle ne lit pas ses mails, c’est désormais inutile. A la place, elle se met en position d’observation, d’écoute, de réflexion.  Elle aime être la première arrivée pour goûter au calme des bureaux vides.  Ne pas stresser pour débuter la journée : Ressentir, penser, prendre du recul.

Ses collègues arrivent un à un et quand ils sont tous fidèles au poste, elle les accompagne dans la pièce où trône la machine à café, appareil  indispensable à la vie de bureau. C’est le moment privilégié d’échanger les banalités quotidiennes, de commenter l’actualité avec un brin, voir même une tige, un tronc d’humour populiste. Elle est la plus âgée « la vieille » comme l’appelle « le vieux » son manager  qui n’aime que les jeunes consultantes ou secrétaires affriolantes.

Ses collègues racontent les péripéties de leur progéniture en pleine crise d’adolescence, c’est à celui ou celle qui racontera l’anecdote la plus saisissante. Si elle voulait, elle pourrait participer et gagnerait certainement la compétition car son fils à elle est en pleine crise d’adolescence aussi mais il la fait avec quinze ans de retard  et avec toute la violence d’un adulte ! Elle les écoute, elle se tait, elle a trop honte du  rejet agressif de son fils tant aimé et adoré pour pouvoir en parler.  Ne pas culpabiliser, ne rien regretter. Avec Paul ils ont fait le mieux possible avec un réel amour qu’ils n’ont pas su hélas montrer. Fuir comme son fils. Après ce café avalé, chacun reprend son activité de conseil en recherche d’emploi.

Elle reçoit un salarié qui vient de signer un CDI après qu’elle l’ait chaleureusement recommandé au dirigeant qu’elle connait bien d’une petite entreprise. Il lui a apporté des chocolats. Elle le remercie, s’efforce d’être conviviale mais son esprit est ailleurs. Ce sera son dernier succès professionnel, son dernier entretien de conseil. Elle offre les chocolats à la secrétaire.

La matinée lui parait interminable. Elle prend le temps d’écrire une lettre d’adieu à son patron avec la même jubilation que l’heureux du gagnant du loto qui, dénudé, clame « au revoir président » dans la publicité à la télévision.

A midi, elle ferme son PC, range ses affaires comme chaque midi. Sa collègue souhaite déjeuner avec elle, elle lui répond qu’elle ne peut pas aujourd’hui.  Elle ouvre son sac, sort sa carte bleue et la coupe en mille morceaux qu’elle jette dans la corbeille. Elle laisse sur le bureau son portable professionnel. . Si elle avait un téléphone mobile personnel elle le jetterait aussi mais elle n’en a pas, elle n’a jamais aimé le téléphone. Ne laisser aucune trace, se volatiliser

Elle jette un dernier regard à son bureau qu’elle occupe depuis sept ans puis se dirige vers la sortie. Heureusement elle ne croise personne. Ne pas regarder en arrière, ne pas s’attacher. Quitter cette vie trop monotone.

Avant elle veut voir l’Oise  une dernière fois. Elle se dirige vers le pont qu’elle emprunte à pieds. Elle descend sur l’ancien chemin de halage. Elle s’assoit sur un banc, mange une pomme qu’elle sort de son sac à main, contemple le large ruban argenté qui court vers une autre vie, celle du fleuve qu’il va rejoindre au confluent tout proche.  Ne plus penser à rien. Confluer, changer de route. Pour le moment, se lever, marcher, beaucoup marcher, se laver l’esprit

Un homme l’attend à 15 heures devant la gare RER de Conflans fin d’Oise.. Fin d’oise, Fin de vie…. départ vers la mer, vers l’inconnu…

Conflans Sainte Honorine : Confluent entre la Seine et l'Oise

Conflans Sainte Honorine : Confluent entre la Seine et l'Oise

Elle presse le pas et arrive dans le parking de la gare de Conflans, Comme toujours il est en avance. Son prince est là. Tout va bien, il ne l’attend pas dans un carrosse mais tout simplement dans sa citrouille grise, une Twingo neuve…. Il descend, lui ouvre la portière avec classe, elle s’assied sur le siège en cuir, signe de luxe qui contraste avec l’apparente sobriété du véhicule. Sa voiture est à son image : fière et modeste. Il reprend sa place au volant. Il la regarde, ils se regardent intensément. Le désir comme un aimant les pousse à se rejoindre dans une très longue étreinte. Ils s’embrassent longuement avec fougue. Ils ont du mal à revenir à la réalité. Au bout de très longues minutes qui ont passé très vite, il démarre. Ils se dirigent vers la mer. Elle aime l’observer quand il conduit. Concentré sur la route, il semble rêveur. A quoi pense-t-il ? S’il savait que sa vie d’avant de célibataire est terminée, qu’elle va confluer avec la sienne et prendre dès aujourd’hui une autre route. Ne pas lui faire part trop vite de sa décision, agir, le surprendre…

La route défile dans les champs…  il est silencieux, il ne parle pas. De temps en temps il lui jette un regard plein de désir, lui caresse le genou avec douceur. Elle lui rend ses caresses. Il continue à conduire imperturbable.

Des éoliennes dans un champ brassent du vent. Brasser du vent ce qu’elle a fait jusqu’à présent.  Arrêter de brasser du vent pour embrasser la vie…. une autre vie…..

Soudain à l’horizon, derrière les falaises de craie, la mer se confond avec le ciel….. La route se met à descendre en tournant pour venir mourir en bord de plage.  Il se gare sur le parking. Ils sortent. L’air iodé et le vent frais les sort de la torpeur du voyage qui les avait mis dans un état second. Et là, face à la Manche, ils s’étreignent et s’embrassent.  Ils sont seuls en cette fin d’après-midi, seuls face à la mer, seuls au monde. Plus rien d’autre n’a d’importance.

Ils descendent sur le sable jusqu’à la mer qui prend une teinte dorée au couchant. Elle retire ses mocassins et marche dans l’eau qui est très froide. Il la regarde mais ne la suit pas. Ils remontent vers la promenade du bord de plage. Elle remet ses chaussures. Ils se dirigent vers l’hôtel qu’elle a choisi. La chambre que la patronne lui montre est petite mais elle donne sur la mer. Il ferme les volets pour cacher cet amour interdit qu’on ne saurait voir alors qu’elle a envie de l’exposer au grand jour sans culpabilité. Ils sont si différents. La vie au quotidien avec lui est-elle possible. N’est-ce pas une utopie ? Ne pas raisonner, ne pas douter. Se laisser comme lui porter par ses instincts. Ils font l’amour avec fougue comme si c’était la dernière fois et qu’ils devaient en garder le souvenir tout le reste de leur vie.

Ils prennent ensuite un bain ensemble dans l’étroite baignoire. Elle n’aime pas comme lui se prélasser dans une baignoire mais préfère les douches. Aujourd’hui c’est différent, elle apprécie ce moment d’intimité et de tendresse en sa compagnie. Ils s’essuient mutuellement frissonnant de  désir toujours présent et s’habillent. Ils sortent de l’hôtel et vont dîner au restaurant qu’il a réservé. Tout est planifié chez lui. Il angoisse s’il ne maîtrise pas. Même si elle a horreur de prévoir à l’avance, elle s’en amuse, le taquine, lui demande s’il a prévu ce qu’ils allaient manger également. Le serveur leur apporte un cocktail maison. Il cherche à savoir ce qu’il contient. Il est délicieux, c’est le principal, elle se moque bien d’en connaître la recette. Il insiste et dit qu’il va demander au serveur. « C’est un philtre d’amour et on ne demande pas la composition d’une potion magique » lui répond-t-elle. Il rit et renonce à savoir. Ils choisissent ensuite un immense plateau de fruits de mer qu’ils savourent lentement tout en échangeant des souvenirs personnels du temps où ils ne se connaissaient pas. Ils ont trop mangé, n’ont plus faim et ne prennent pas de dessert.

Il veut payer mais elle insiste pour le faire car il a payé l’hôtel. Elle ouvre son sac à main et sort discrètement d’une grande enveloppe en kraft des billets pour payer l’addition.  Il ne s’étonne pas car lorsqu’ils sont ensemble elle paye toujours en liquide pour ne pas laisser de trace de leur liaison. Ils ressortent. Ce qu’il n’a pas vu c’est qu’aujourd’hui, l’enveloppe contient beaucoup plus de billets que d’habitude.

Ils rentrent à l’hôtel et se couchent et font de nouveau l’amour pour évacuer ce trop-plein de désir qui ne les a pas quittés.  Epuisés ils s’endorment enlacés.

Le lendemain matin, après le petit déjeuner copieux, ils quittent l’hôtel et vont se promener sur la plage de sable. Il s’assoient, Il lui parle de la lutte de la mer contre la terre. Elle se moque de la force des éléments et ne voit dans ce paysage qui s’offre à eux  que la beauté pure qui inspire le rêve d’autres rivages, d’autres continents.

Soudain, elle rompt son explication technique pour lui dire, sans aucune précaution, qu’elle a décidé de quitter Paul définitivement et ses enfants, de gommer son ancienne vie pour tout recommencer avec lui. Elle ajoute qu’ils vont pouvoir se l’offrir ce chalet dans la chaîne des Aravis où il rêve de vivre avec elle et qu’au moins personne ne viendra la chercher à la montagne parce que tout le monde sait qu’elle y étouffe et qu’elle la déteste. Il l’écoute d’abord médusé sans réaction, puis peu à peu l’énervement et la colère remplacent la stupeur. Il lui crie qu’elle est complètement folle, qu’il ne veut pas vivre avec elle, peut-être plus tard mais pas si vite. Elle le regarde abasourdie par cette révélation, ce violent rejet et éclate en sanglots. Il se lève, l’aide à se relever. Elle le repousse Ils marchent vers la voiture l’un derrière l’autre. Il lui dit  qu’il n’a plus envie de prolonger ce week-end et qu’il est plus raisonnable de rentrer. Elle refuse de pénétrer dans la voiture. Des promeneurs les regardent, Ne pas se donner en spectacle.

Vite s’asseoir dans la twingo.  Il démarre rapidement, Il conduit plus vite qu’à l’aller comme s’il était pressé de rentrer, de mettre fin à leur histoire. Elle se sent trompée, bafouée, honteuse d’avoir été aveuglée à ce point. Etait-ce trop tôt, Aurait-elle encore dû attendre. Non, elle est maintenant persuadée qu’il ne sera jamais prêt à renoncer à sa liberté. C’est une évidence qu’elle n’a pas vue, l’amour l’a rendue aveugle. Elle sèche ses larmes. Il ne mérite pas qu’elle pleure pour lui. Ne pas lui montrer qu’elle est profondément blessée.

Que doit-elle faire maintenant ? Débuter une nouvelle vie seule ou rentrer tout simplement et expliquer l’escapade amoureuse à Paul en espérant qu’il lui pardonne. Ne pas rester seule, elle ne supporte pas la solitude. Rentrer, expliquer, espérer le pardon.

Il la dépose au bout de sa rue. Elle marche lentement sur le trottoir craignant ce moment où elle va devoir s’expliquer, plus elle approche de sa maison, plus elle ralentit.  Rien ne sert de retarder l’échéance, Rentrer la tête haute. Expliquer qu’elle avait besoin de cette escapade, avouer le fiasco,  avaler sa honte …

Elle ouvre la grille, la repousse derrière elle, la referme. Elle monte sur le perron, pousse la poignée de la porte d’entrée. Elle est fermée à clefs ? Il s’est absenté, peut-être la cherche-t-il ? Elle rentre. Son chat l’accueille en miaulant tout heureux de la retrouver. Il se frotte sur ses jambes. Il se poste ensuite devant le réfrigérateur de la cuisine. Il a faim. Elle ouvre une boîte de pâté, en dépose le contenu dans une assiette, lui verse un peu de lait dans un bol. Il avale comme s’il n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Elle se retourne pour aller suspendre sa marinière au porte-manteau de l’entrée. Une feuille blanche sur la table en chêne de la cuisine attire son regard. Elle s’approche, s’assied sur la chaise bistrot, saisit la page qui est écrite. Elle reconnait la belle écriture ronde de Paul.


« Quand tu liras cette lettre ce soir à ton retour du bureau, je serai parti. J’ai rencontré une femme il y a 4 ans. La décision de te quitter n’a pas été facile mais aujourd’hui j’ai enfin décidé de la rejoindre et de vivre avec elle. Nous ne nous reverrons plus, ce serait trop douloureux pour nous deux. En cadeau, Je te laisse cette maison. Je sais que tu l’aimes, que tu aimes cette ville, les rives d’Oise où tu apprécies  te promener. Dans rivière, il y a vie, suis là jusqu’au bout, jusqu’à ce que tu rencontres ton fleuve celui qui saura t’aimer comme je t’ai aimé et te porter vers la mer pour y finir ensemble vos jours ».

Paul / Vendredi 13 Septembre 2013

 

En lisant la signature de Paul et la date… elle éclate intérieurement de rire : Quelle idée de vouloir débuter une autre vie un vendredi 13 et en plus de l’année 2013 ! Sa tentative était vouée à l’échec et il y a de fortes probabilités que celle de Paul aussi. N’était-ce pas de leur part un acte manqué pour ne pas regretter de n’avoir pas essayé un jour. Elle a peut-être des chances de récupérer son Paul. En attendant il va falloir qu’elle se mette à rechercher activement un autre travail.

 

Martine MARTIN / Réédition transformée pour le nid de mot d'ABC (thème : Vendredi 13)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Nouvelles

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Publié le 14 Janvier 2016

Pères et mères

C’est périlleux et téméraire

De tenter cette performance

Avec humour et pertinence

De mélanger pères et mères

Pour vous narrer cette romance

 

Les Mères LETTE et les Pères ROQUET blancs

Gais et amoureux Merlonnent en cœur

Ces Pères Siffleurs très impertinents

Persistent d’un ton péremptoire

Sous le regard du Père RUVIEN noir

Dans le jardin des Mères CURIALES

 

Le Père CEPTEUR mercantile

Pervers comme le père NICIEUX

Vient de commettre un impair sérieux

En claironnant partout en ville

Que le couscous de la Mère GUEZ

Est vraiment une infâme glaise

 

De ce conte, c'est la morale :

Quand les Pères sont immersion

Les Mères sont en perdition

 

Si à cette très folle histoire

Qui n’est pas impérissable

Vous avez été perméable

Bravo à vous c’est méritoire

 

Martine / Rediffusion d'un de mes poèmes d'Août 2008 sur une photos prise dans la volière du bioparc de Doué la Fontaine en 2012 (je n'ai pas trouvé dans ma banque personnelle de photos de couples de perroquets blancs) pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots (défi 157)

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Rédigé par Martine.

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Publié le 13 Janvier 2016

Batiste s’appelle ce garçon

Il pourrait être baptiste protestant

Mais il dit toujours oui, jamais non.

 

Détestant l’inutile éclatant,

Il a oté « P » à son prénom

 

Quand il est peiné, Il prend un R

« Batriste » l’appellent alors ses amis

 

Il n’est plus triste, twiste avec sa mie

Prend un double V, pour perdre l’R

Il Twiste, twiste avec les consonnes

Et tout le monde l’appelle « Batwiste »

Ce qui le ravit et il rayonne

 

Martine / Janvier 2016 pour les prénoms du mercredi

Batiste

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Rédigé par Martine.

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