Publié le 10 Avril 2019

Je suis la fille d’un couple de  poissonniers .

Ils m’ont appelé lotte pourtant Je ne ressemble pas à une grosse lotte, je suis plutôt agréable à regarder et loin d’être boulotte.

Photo Pixabay

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Mon frère s’appelle Colin. Nous aidons nos parents à la poissonnerie.

Certains clients hommes quand je leur demande ce qu’ils veulent se font un plaisir de me répondre avec un air grivois et ironique : « une belle lotte comme toi ». Qu’on se le dise : Je ne suis pas à vendre !

Je passe les compliments de certains comme « joli cul lotte »

Un jour un client m’a même maté de la tête aux pieds en me disant je mate Lotte alors donne-moi des anguilles.  Je n’ai pas trouvé sa blague rigolote. Saperlotte, J’en sanglote encore.

Il y avait des jours où j’avais envie d’en finir et de me jeter dans la flotte, quoi de plus normal pour une lotte.

Je parle à l’imparfait car ma vie a beaucoup changé depuis que j’ai rencontré l’amour sur un marché.

Je me suis mariée ;  J’ai quitté la poissonnerie familiale pour vendre des gâteaux.  Mon charmant époux Paul est pâtissier. Son nom de famille étant CHARLES, je m’appelle maintenant CHARLES Lotte et sa spécialité est la charlotte à la framboise !

Martine / Février 2019 pour les prénoms du mercredi de Jill Bill

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Ecrits divers

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Publié le 5 Avril 2019

Estelle survit à Vittel

Escort  girl dans un hôtel

Esquive vaine en bagatelles

Escarpin en soie et  dentelles

Esclave en  cuir et jarretelle

Esbroufe en rose minitel

Estivants riches industriels

Escrocs vicieux en clientèle

Escalade triste et sexuelle

Esses de vie : virages mortel

 

Espoir de travail officiel

Esthéticienne à  Neuchâtel

Estelle speakerine à RTL

Esquisse d’une vie irréelle

Espoir insensé d’Arc en ciel

Escapades donnant des ailes

Espagne : aller à Compostelle

Este et sa villa si belle

Espuma sur tagliatelles

 

Esses de vie  et vertes ailes

Essentiel d’espérer Estelle

Essentiel de lutter Estelle

Esses de vie et vertes ailes

Martine /  pour l'Atelier 91 de Ghislaine de Ghislaine.

Excuse moi chère Ghislaine. : en raison du débarras et de la vente de notre maison qui me perturbe je n'avais ni le temps, ni l'envie d'écrire. J'ai donc ressorti ce poème écrit en 2015 pour les prénoms du mercredi

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 4 Avril 2019

Arbre
Guillaume Apollinaire

A Frédéric Boutet.

Tu chantes avec les autres tandis que les phonographes galopent
Où sont les aveugles où sont-ils allés
La seule feuille que j’aie cueillie s’est changé en plusieurs mirage
Ne m’abandonnez pas parmi cette foule de femmes au marché
Ispahan s’est fait un ciel de carreaux émaillés de bleu
Et je remonte avec vous une route aux environs de Lyon

Je n’ai pas oublié le son de la clochette d’un marchand de coco
d’autrefois
J’entends déjà le son aigre de cette voix à venir
Du camarade qui se promène avec toi en Europe
Tout en restant en Amérique

Un enfant
Un veau dépouillé pendu à l’étal
Un enfant
Et cette banlieue de sable autour d’une pauvre ville au fond de l’est
Un douanier se tenait là comme un ange
À la porte d’un misérable paradis
Et ce voyageur épileptique écumait dans la salle d’attente des premières

Engoulevent Blaireau
Et la Taupe-Ariane

Nous avions loué deux coupés dans le transsibérien
Tour à tour nous dormions le voyageur en bijouterie et moi
Mais celui qui veillait ne cachait point un revolver armé

Tu t’es promené à Leipzig avec une femme mince déguisé en homme
Intelligence car voilà ce que c’est qu’une femme intelligente
Et il ne faudrait pas oublier les légendes
Dame-Abonde dans un tramway la nuit au fond d’un quartier désert
Je voyais une chasse tandis que je montais
Et l’ascenseur s’arrêtait à chaque étage

Entre les pierres
Entre les vêtements multicolores de la vitrine
Entre les charbons ardents du marchand de marrons
Entre deux vaisseaux norvégiens amarrés à Rouen
Il y a ton image

Elle pousse entre les bouleaux de la Finlande

Photo Pixabay

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Ce beau nègre en acier

La plus grande tristesse
C’est quand tu reçus une carte postale de La Corogne

Le vent vient du couchant
Le métal des caroubiers
Tout est plus triste qu’autrefois
Tous les dieux terrestres vieillissent
L’univers se plaint par ta voix
Et des êtres nouveaux surgissent
Trois par trois

Guillaume Apollinaire, Ondes, Calligrammes 1918

Pour les jeudis en poésie du défi 210 des croqueurs de mots animé par Durgalola  

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 3 Avril 2019

Photo Pixabay

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Je suis un petit cochon différent. En effet je ne suis pas rose comme tous les autres mais, de couleur or,  je brille au soleil ce qui fait que je dois en permanence porter des lunettes noires. Je suis né un Vendredi 13. Cela aurait pu me porter malheur mais je suis plutôt chanceux dans la vie et je suis riche. Ma couleur et ma date de naissance on fait que mes propriétaires m’ont appelé Trésor (treize or).

Certainement à cause de ma différence de couleur, Je ne suis aimé  de personne. Je ne sais pas pourquoi les autres essayent de m’éviter alors que je les aime vraiment, me réjouis de ce qui peut leur arriver de bien, m’attriste quand ils vont mal et vais spontanément vers eux sans en oublier aucun.  Beaucoup me critiquent se moquent de moi, me traitent de grippe sou, pire de voleur.

C’est vrai :  j’aime l’argent et l’amasser me procure un plaisir intense.  Quand on m’en doit et qu’on ne me rembourse pas, je grogne et fait tout pour récupérer ce qui m’est dû. Vous pensez que je suis avare, vous vous trompez,  je ne le suis pas car je dépense beaucoup, peut-être un peu trop, pour mes propres besoins mais aussi pour ma communauté. 

A la rentrée je rentre à l’école dans la classe de Madame Jill Bill, je m’en réjouis mais je suis très angoissé. Comment vais-je être accueilli, je n’avais jamais encore raquetté les enfants mais je suis en déficit et il faut bien trouver d’autres moyens de faire rentrer de l’argent dans mon ventre qui est un peu vide en ce moment. J’avais oublié de vous dire le principal : je m’appelle Trésor Public

Photo Pixabay

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Martine / Mars 2019 pour les prénoms du mercredi de Jill Bill 

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi

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Publié le 2 Avril 2019

Photo prise à Talmont Saint Hilaire (transformateur décoré par des enfants)

Photo prise à Talmont Saint Hilaire (transformateur décoré par des enfants)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Scène de rue

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Publié le 1 Avril 2019

« A la sainte Foy prends la nèfle si tu la vois »

Dans un grand jardin d’une résidence secondaire de Montpellier, Il y a 25 ans le 6 octobre, jour de la Sainte Foy, je fus cueillie délicatement sur mon arbre par une sympathique et attentionnée jardinière.  Elle ne me croqua point pourtant j’étais mûre à cœur et juteuse comme il se doit. Peut-être pensait-elle comme beaucoup que je n’avais aucune saveur. Ma mauvaise réputation m’a certainement sauvée la vie. Elle me déposa dans un petit sac en papier qu’elle referma avec soin et me déposa dans le coffre d’une voiture au milieu de nombreux bagages. Je fis un long voyage dans le noir. J’angoissais : Quel allait être mon sort ?  Au bout de longues heures la voiture s’arrêta et ma jardinière ouvrit le coffre et me libéra. Elle me sortit de mon emballage et je vis alors un beau jardin fleuri et arboré bien plus grand que celui où j’avais vu le jour.

Elle me déposa dans un trou qu’elle avait au préalable creusé dans le sol et me recouvrit de terre. 

Je n’étais pas encore morte encore: pourquoi m’enterrait-elle vivante ?

J’étais de nouveau dans le noir. Je fus Brusquement mouillée jusqu’au cœur. M’arrosait elle comme une fleur ou bien était-ce une grosse pluie ?Quel triste sort : J’allais mourir noyée et dans l’obscurité la plus totale.

Ce que je croyais être mon agonie fut long et douloureux. Un matin mon noyau se creva, je croyais que c’était la fin mais je sentis comme une poussée légère, je venais de donner naissance à une jolie pousse verte qui se nourrissait de ma chair. Je mourrais heureuse car en donnant la vie, je renaîtrai bientôt.

Je poussais vite, je devins un arbre : un néflier du Japon aux grandes feuilles brillantes et vertes qui faisaient le bonheur été comme hiver de ma jardinière préférée qui m’admirait sans cesse.

L’hiver je donnais de petites fleurs blanches mais pas encore de fruits. Ma jardinière se désespérait chaque année de ne pas avoir de fruits.

J’aurais aimé pouvoir lui en donner mais il faisait trop froid lors de ma floraison. Un jour elle me fit ses adieux et me présenta sa remplaçante en lui disant que son seul regret de quitter ce jardin c’était que je ne lui ai pas donné de fruits.  Ma nouvelle propriétaire m’aimait beaucoup et me bichonnait en m’arrosant dès que je m’asséchais. L’hiver suivant fut doux et il ne gela pas quand j’étais en fleurs et celles-ci devinrent de tous petits fruits verts qui prirent vite une teinte orangée et grossirent pour arriver à maturité en fin d’été. 

Néflier japonais de mon jardin de Cergy (Photos Martine)Néflier japonais de mon jardin de Cergy (Photos Martine)

Néflier japonais de mon jardin de Cergy (Photos Martine)

Elle n’arrêtait pas de m’admirer et de me photographier. Seul regret, elle non plus ne goûtât pas à mes fruits même à l’automne le jour de la Sainte Foy. 

Je vais encore changer de propriétaire, ma jardinière va me quitter et me fait admirer à de futurs remplaçants potentiels. Elle m’a promis, si mes fruits venaient à maturité avant son départ, de  cueillir un de mes fruits pour le planter dans son autre jardin.

Quel sera mon avenir ici ? j’espère que mes nouveaux propriétaires  ne me couperont pas

Martine / Mars 2019 pour le Défi 218 des croqueurs de mots animé par Durgalola

NB : Ceci est l'histoire vraie de mon néflier japonais de Cergy qui va me manquer

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

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