Bribes d'adolescence (2) - Les années CET

Publié le 17 Avril 2010

Après :

Voici la suite de ma biographie :

 


Mes parents n’ayant pas les moyens de me payer des études secondaires dans un lycée privé, il me fallait continuer mes études de nouveau dans le public. Je dus donc passer un concours d’entrée en 6ème concours exclusivement réservé aux élèves du privé souhaitant passer dans le public. Bien qu’étant bonne élève et ayant obtenu facilement mon BEPC, je fus recalée.


Mon rêve étant de devenir journaliste pour valoriser ma passion pour l’écriture mais je savais que mes parents ne pouvaient pas me payer ses études.

 

Alors je voulais devenir sage-femme. Pour moi aider à donner la vie était le plus beau métier du monde. Mes parents s’y opposèrent. Il ne faut pas oublier qu’ils avaient perdu leur fils mort né à cause d’une erreur d’accouchement. Il leur en était resté une rancœur importante contre le corps médical et alors qu’ils n’étaient jamais d’accord en ce qui me concerne, cette fois ci,  ils firent front contre moi. Ils prétextèrent que ce n’était pas un métier pour une femme à cause des horaires qui empêchaient d’être disponible pour les siens. Je leur en ai beaucoup voulu.


Je décidais donc de faire les études les plus courtes possibles et je décidais de rentrer dans un collège d'enseignement technique (CET) à Asnières pour préparer un BEP de secrétariat. Je pourrais ainsi en deux ans avoir un métier, trouver du travail et enfin prendre ma liberté et les quitter enfin.


C’est ainsi qu’un beau jour de septembre, je fis ma rentrée dans ce collège public d’enseignement technique tout près de la Gare d’Asnières. Venant du privé et sachant comment on considérait dans le public les élèves venant du privé, j’étais au début très méfiante et sur mes gardes. Je redoutais le pire.
Je fus surprise de constater que tous les profs semblaient ignorer cela et je fus très bien accueillie.

 

 

 

AAA-asnieres--640x480-.jpg

 

Photo google map

 

 

La plupart de mes collègues avaient de sérieuses difficultés scolaires ce qui n’était pas mon cas. 

 

J’appris la dactylographie sur de vieilles machines underwood. Il fallait apprendre à taper sans regarder ses doigts avec un cache clavier pour résister à la tentation de regarder. J’appris aussi la sténographie aisément mais ces matières techniques après m’avoir amusé quelques semaines pour leur aspect nouveau  m’ennuyèrent vite à terme. Je détestais la comptabilité et le droit.


Nous avions un professeur de français extraordinaire, Madame Bellevue,  une dame, la cinquantaine blonde, avec de jolis yeux turquoise pétillants d’intelligence, toujours souriante. Bien qu'avenante, elle imposait par sa présence et son autorité naturelle. Je fus conquise. Passionnée par son métier, le français et l’histoire,  Ses cours étaient d’une grande qualité.. J’attendais avec impatience ses cours. 


Elle organisa plusieurs promenades à Paris. Je me souviens encore de la visite de la conciergerie et de la Sainte-Chapelle.


Ecrire a toujours été naturel chez moi, je crois être née avec un stylo dans la main. Je n’avais jusqu’à présent jamais soigné mes rédactions.  Dans le désir de plaire à Madame Bellevue, je me surpris à soigner mon style, à réfléchir beaucoup plus. Mes textes gagnèrent en maturité. J’étais fière quand elle les lisait à toute la classe.

 

Elle nous appris l’histoire contemporaine. Je buvais ses paroles. Le soir après la classe, je prenais beaucoup de plaisir à feuilleter des magasines, à les découper pour illustrer ses cours dans mon cahier d’histoire / géographie.

 

C’était un exercice que j’aimais beaucoup. Je crois que je garde de cette période la le goût pour illustrer des écrits par des images. Mon cahier était en quelque sorte un blog avant l’heure et il y avait même les commentaires élogieux de mon professeur sur mon cahier comme sur mon blog. 

 

Je n’avais jamais eu auparavant d’aussi bonnes notes en Français et en histoire. Je discutais souvent avec Madame Bellevue après la classe. Elle me disait que c’était dommage que je ne poursuive pas d’études plus loin mais qu’elle était sûre que j’allais réussir. Je me confiais beaucoup à elle.

Par contre, je n’aimais pas la prof principale qui nous enseignait les matières professionnelles et c’était logique vu le peu d’intérêt que je portais à ses matières. Il m’arrivait parfois d’échanger quelques mots avec elle en cours et me retrouver dans le bureau de la surveillante générale.


Cette surveillante générale était redoutée, elle ressemblait un peu à la Folcoche de  «Vipères au poing d’Hervé Bazin par son autoritarisme et son aspect rigide, impitoyable.

 

A force d’aller dans son bureau, j’appris à la connaître et à l’apprécier. Elle me grondait pour le principe quand je me retrouvais dans son bureau mais je sentis qu’elle était en fin de compte contente d’échanger avec moi.  En plus elle n’avait pas l’air d’apprécier vraiment la prof d’enseignement technique et cela nous rapprochait.


J’avais d’excellentes notes dans toutes les matières générales et des notes assez médiocres dans les matières techniques ce qui faisait écrire à la prof principale sur mon bulletin de notes « Capable du meilleur comme du pire, mais devrait réussir ». Cela m’est resté parce que je pense que le début de cette appréciation est tout à fait véridique encore aujourd'hui : Je suis capable du meilleur comme du pire car je suis entière j’aime ou je n’aime pas et quand je n’aime pas, je le fais savoir avec impertinence.

 

A suivre.....

 

Rédigé par eglantine

Publié dans #Vécu

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

ecureuilbleu 18/07/2021 14:44

C'est vrai qu'il y a des profs qui vous boostent et d'autres qui vous freinent. Bisous

Alrisha 17/05/2010 23:36


Comme quoi on se sent avoir des ailes quand on est en phase avec un prof !
Je rattrape les articles; je savais que je viendrais te lire.
Je continue.


Dany 02/05/2010 07:42


encore un beau chapitre a ajouter au livre de ta vie
bon dimanche


Kelly 25/04/2010 08:00


sage femme c'est pas un métier facile , je te souhaite une excellente journée de dimanche


Quichottine 24/04/2010 10:21


Juste un "coucou" par ici ce matin. Passe une belle journée, Eglantine. Bisous.


framboise 23/04/2010 16:14


Je me régale de tes souvenirs, qui font remonter les miens à la surface,l'époque des flirts avec les copains, les ballades derrières les mobylettes ou motos.
Et ces fameux cache claviers... le mien était un calendrier des postes ou j'avais fait des trous et mis des rubans un pour derrière le cou et un derrière la machine....
Mes rapports avec les profs , comme celle de math en terminale n'étaient pas bons, mes notes non plus 9 ; 8, 7, pour le dernier trimestre... "peut mieux faire". elle ne pouvait pas me voir et quand
elle est venue a l'affichage des résultats je crois que si elle avait pu ses yeux m'auraient fusillé!!!


jean-philippe 23/04/2010 10:55


je crois que c'est ta force de caractère qui fait la différence Martine ! et çà : c'est un atout majeur dans la vie !


reinette 23/04/2010 07:29


ton histoire s'enchaine bien, et il me plait de découvrir la suite à chaque fois.
cette fois encore je l'ai lue avec plaisir


Arielle 21/04/2010 22:29


superbe ! j'aime ton caractère.
bonne soirée
arielle


Enriqueta 21/04/2010 20:43


Les enseignants ne savent pas d'où viennent leurs élèves et cela ne les intéresse pas de le savoir; en revanche ils aiment être mis au courant quand il y a des difficultés scolaires ou familiales
de façon à en tenir compte. Etre orienté à 11 ans! De nos jours les enfants peuvent l'être à 13 ans mais c'est rare ou a 15 ans et je trouve que c'est déjà beaucopup trop tôt.


Philoplume 21/04/2010 14:03


Je revis mon ado en lisant tes lignes et aussi les interdits des parents. C'est bien d'écrire ses souvenirs. Pour moi, çà m'est assez dur, peut-être un jour. Bises


Quichottine 21/04/2010 09:40


Choisir n'est pas toujours facile... et je comprends mieux quand tu dis que la vie t'a empêché de faire les études que tu désirais...

Aujourd'hui, tu écris, et c'est une belle réussite, j'en suis sûre, pour toi et pour ceux qui ont cru en toi à un moment ou à un autre.

"Capable du meilleur comme du pire"... une appréciation pas toujours facile à comprendre, à accepter. Je suis contente de voir que tu as pris le meilleur.

Bonne journée, Eglantine. Bisous


Djemaa Pascal 20/04/2010 22:49


Merci de ces lignes de partage ! Continuez ! Pascal.


Armide 20/04/2010 22:39


Comme il est dommage que l'avenir de quelqu'un se joue à quelques centième de points près...
A l'époque, les ségrégations et discriminations de toutes sortes faisaient légion partout. C'était affreux !


Plume 20/04/2010 21:40


Ahhhh!!! l'adolescence!!


mamylilou 20/04/2010 20:59


On ne faisait pas le choix de nos études à une certaine époque Je voulais êter aussi sage-femme ou professeur de français, à l'époque j'écrivais beaucoup et excellente élève ...mais non, ni l'un ,
ni l'autre de ces métiers ne convenaient à mes parents ( je t'ai raconté un jour sur ton blog )...mais je crois que la suite de ton récit laisse quelques espérances malgré tout ..bisous du soir


françoise 20/04/2010 07:47


C'est une qualité que de pouvoir dire spontanément qu'on aime ou pas
bises
françoise


Jackline :0059: 20/04/2010 00:16


C'est amusant, ce que tu écris, parce que moi aussi j'ai passé un concours pour entrer dans un collège, et j'ai suivi le même cursus que toi..sauf que moi j'adorais les matières techniques, et par
contre, comme toi, j'étais très bonne en français et rédiger était pour moi un vrai plaisir..j'avais moi aussi une prof avec laquelle je m'étais beaucoup liée, ma prof principale, français et
anglais..et aussi par la suite, une prof de français que j'eus en seconde, avec qui je suis devenue rééllement amie, et qui devint par la suite la marraine de mon fils...ce qui est amusant, c'est
que certains profs sont restées des amies après mes études, et que nous nous sommes fréquentées par la suite..elles étaient jeunes, et nous n'avions qu'environ 5 ou 6 ans d'écart..Les
mathématiques, algèbre,géométrie, je détestais, et je ne faisais aucun effort..c'était presque la guerre avec ces profs là...par contre, physique et chimie j'aimais bien et j'avais des notes très
correctes..pourquoi, alors là je ne sais pas..cela devait avoir un côté mystérieux qui me fascinait..en droit, législation commerciale, et économie politique, j'étais aussi bien notée.. nous avons
quelques points communs on dirait bien..je te fais plein de bises, à bientôt


:0014:dom 19/04/2010 07:59


Tiens, j'ai eu, moi aussi, cette réflexion "Capable du meilleur comme du pire" ! comme quoi ...
Bon début de semaine ! Bisoux


Christian 19/04/2010 03:45


Merci pour ce commentaire sur une note qui date de février.
Me voila revenu du voyage en Ethiopie, avec
ensuite des visites à faire aux enfants et petits enfants, beaucoup de travail en retard au jardin, des courses à faire, la préparation de la réunion et pour couronner le tout, la garde pendant 10
jours d'un bout de chou de 8 mois sans ses parents.

Le nombre de blogs avec lesquelq je corresponds dépasse maintenant largement le temps libre dont je dispose et en toute honnêteté, je ne peux en rajouter, bien qu'il en existe une foule de
passionnant, comme le tien.

J'ai parcouru juste tes trois dernières notes personnelles et toi aussi, tu sais conter et tenir le lecteur accroché.

Bonne continuation

Bises d'un grillon de passage


Corinne 18/04/2010 23:16


et oui c'est important je trouve de choisir les études que l'on veut faire
Moi je voulais être prof de sport, mais je devais partir en sport études et pour maman, ce n'était pas des études, j'ai toujours regretté, alors je sais que je laisserai choisir ma fille enfin bien
sûr en espérant que ça ne soit pas trop coûteux

Bisous


Valentine :0056: 18/04/2010 21:57


J'ai pas lu le début, mais pourquoi étais-tu dans le privé ? J'ai toujours été élève du public et malgré mes excellents résultats mes parents ont également refusé de m'offrir une école de
journalisme. Je me suis débrouillée pour obtenir un salaire d'élève-professeur alors que je détestais l'enseignement, car en plus je n'avais pas le droit à une bourse. Une fois dans l'enseignement
j'espérais reprendre mes études et ce n'a jamais été possible ; car j'avais un temps de transport important et des emplois du temps impossibles.


Solange 18/04/2010 15:47


C'est incroyable ce qu'un bon professeur peut marquer un élève et parfois influencer son choix de carrière.Je crois que nous sommes plusieurs à n'avoir pas fait les études voulues.Bonne fin de
dimanche.


Nettoue 18/04/2010 15:17


Pourquoi, ne savait-on pas donner une note riante aux établissements scolaires, il y a encore seulement quinze ans ?
Bises Eglantine
Nettoue


liedich 18/04/2010 13:00


Bonjour, j'ai connu le mal vu des élèves venant du privé, non pour moi mais en général. Une mauvaise image.
J'ai bien aimé ton attachement à cette prof et il est évident que cela motive un maximum.
Quant à la surgé, cela me rappelle un directeur qui était pareil sauf qu'il cognait.... Une autre époque mais d'autres résultats sans oublier la seconde taloche de ma Maman quand j'en avais déjà
pris une.
Je regrette quand même cette époque quand je vois ce qui se passe aujourd'hui. Et nos enfants actuels le paieront longtemps et cher.
Un vieux parlait....
Merci à plus plus.. jolie fleur.


angelique-27 18/04/2010 11:56


bonjour, me suis bien amusée à te lire. En effet j'ai appris la dactylographie de la même façon ... sur de vieilles machines en 1959 - 1960. La sténo aussi, là aucun problème question vitesse ....
mais ce sont de bons souvenirs et les souvenirs agréables on en a bien peu dans cette vie !!!!
bon dimanche.


Betty 18/04/2010 10:09


Ces souvenirs nous ramènent tout droit dans la cour pendant l'intercours, en perme, en heure de colle et à cette porte en bois que je détestais plus que tout : les heures de maths en 1ère, le lundi
matin de 8H à 10H et c'était mon pire cauchemar de devoir passer au tableau. Ce tableau noir qui m'effrayait tant.. Toujours autant de plaisir à lire tes Brides, un vrai plaisir.
Bise Eglantine & bon dimanche ensoleillé


dany85 18/04/2010 08:08


parfois difficile de réaliser ses rêves, bonne journée


lylytop 18/04/2010 07:59


moi je me suis arrété avec mon certificat d'étude, j'avais 14ans 1/2, un jour je suis rentrée du collège mes parents m'on dit on t'as trouvé un apprentissage les papier sont fait tu prend lundi,
fini mes rêves de collégienne, commis à l'épicier je suis devenue.moi aussi j'adorais et j'aime toujours autant écrire. mais voilà nous étions 8 et pas un de nous n'a été plus loin a l'école, alors
m'a fierté quand ma fille magalie a eu son bac.
a bientôt
lylytop


Annick 18/04/2010 04:38


ça me fait penser à mes années lycée...quelques années avant toi...mais les mêmes souvenirs.
bisous....


clementine 17/04/2010 19:59


bien ça alors.. n'aie pas de regrets de ne pas avoir travaillé dans le monde médico social plus inhumain que ce monde là, ça n'existe pas..
Puis, je vais te dire quand on apprend, il faut apprendre à aimer les matières qu'on n'aime pas. Non mais ! les machines à écrire, je connais bien. je m'en souviens aussi. Je faisais bac G1 plus
tard que toi, puisque reprise d'études, mais dans le privé.. les machines à écrire qui "sautent" comme je disais. Tu mets un doigt sur une touche et hop tu as toute la ligne remplie.. et le prof te
fout zéro.. moi ce que je n'aimais pas, c'était les notes en dessous de zéro et pour avoir des notes bien au dessus de la moyenne, j'aurais appris n'importe quoi.. même la sténo et la dactylo et le
droit et je ne sais plus quoi..
Je te fais un gros bisous, après que tu m'aies fait revivre ces années de lycée ailleurs bien sûr... Ta petite camarade qui était trop sage.. non..
bisous
clem


eglantine 18/04/2010 10:02



Bien sûr Clem on est bien obligés d'apprendre mais quand on aime pas les matières qui vont être celles de son métier et bien il vaut mieux changer d'orientation...... J'ai appris mon nouveau
métier sur le terrain avec passion.


Quand à Sage femme avec le recul je ne regrette pas du tout.... J'osais exprimer ce souhait d'être femme qui était réaliste mais j'aurais bien aimé être journaliste ou médecin mais c'était de
trop longues études et mes parents n'auraient pas pu. Médecin ma fille a réalisé mon rêve, elle est gastro-hépatologue hospitalière à Paris et elle aime bien ce milieu médical et préfère cela à
avoir son cabinet. Comme quoi Clem les ressentis peuvent être différents suivant les individus.



Patrick 17/04/2010 18:29


Ma fille et mon gendre sont sages femme, beau métier, mais il est vrai très astreignant.
Ton parcours scolaire est passionnant.
Asnières, une ville chère à mon coeur.
Bonne soirée Martine.


:0091: :0010: :0085: 17/04/2010 18:22


excellent.....souvenirs souvenirs...par contre j'aimais la compta.....très bonne soirée Martine...nous avons enterré ma belle soeur cet après midi....


Francois Lagane 17/04/2010 17:30


C'est "amusant".....avec de bons profs même les plus "cancres" travaillent.J'en sais quelque chose :-)


marlou 17/04/2010 15:50


Toute l'histoire de l'experience scolaire ici
avec le pire et le meilleur...Je savoure.