Bribes d'enfance (4) - amitiés

Publié le 20 Mars 2010

Voici la suite de ma biographie. Après :


Ci-dessous bribes d'enfance (4) - Amitiés


Après le départ de Renée, la vie reprit comme avant. Mon père buvait de plus en plus ce qui nuisait à sa santé. Il était souvent en arrêt maladie et pour tuer le temps, il s’adonnait à l’alcool.
  Progressivement, je quittais l’enfance. Je m’étais adaptée à cette école, aux professeurs, à mes camarades mais je gardais au fond de moi une rancœur tenace..  Ce n’était pas de l’adaptation mais de la résilience.. J’ai toujours fait des efforts énormes pour m’intégrer partout, j’y suis arrivée en surface seulement car j’ai toujours au fond de moi et encore aujourd’hui l’impression d’être un vilain petit canard au milieu des cygnes.


Les amitiés d’enfance sont inoubliables.  Je me souviens d’Ariane, de son beau visage, de la force de son regard, de ses cheveux blonds cendrés. Nous étions inséparables. Elle fut la seule que j’osais inviter chez moi dans cet appartement qui suintait d’humidité mais qui transpirait aussi  la pauvreté et le mal être. Je savais qu’elle ne m’en voudrait pas et qu’elle resterait mon amie. J’allais aussi chez elle dans un bel appartement cossu mais que je trouvais triste sans aucune fantaisie. Elle ressemblait beaucoup à sa maman, la même élégance, le même charisme adouci par un regard intelligent et généreux. Son père qu’Ariane craignait m’impressionnait par sa taille, sa corpulence, sa raideur militaire mais je sentais que cette carapace protectrice cachait une certaine sensibilité. Ariane avait un frère, Yves, grand, mince et très discret.  La maman d’Ariane m’aimait beaucoup et j’étais la seule de ses amies à être invitée chez elle. Nous écoutions ensemble à la radio dans sa chambre « Salut les copains » et nous nous confions nos joies et nos peines. Après les vacances, à la rentrée des classes, nous étions toujours très heureuses de nous retrouver.  


Une photo de moi à cette époque à défaut d'avoir des photos de mes amies.



J’avais une autre amie, Annie,  blonde aux yeux bleus dont je me souviens plus le prénom. Elle vivait avec sa mère qui vivait avec l’ambassadeur en France d’un pays d’Afrique. Son père un belge lui manquait beaucoup. Un jour elle me montra sa photo. C'était un très bel homme qui lui ressembait beaucoup.  Elle vivait dans une belle villa style colonial en bord de seine. Elle m’y invita une fois. J’étais impressionnée par la taille de la cuisine et la richesse des lieux. Il y avait une cuisinière et des domestiques. Sa maman m’accueillit très bien.  Annie et moi devions partir quelques jours plus tard en classe de neige par train. Elle me proposa de m’emmener à la gare de Lyon avec sa fille. Le soir du départ, je me rendis chez elle et nous partîmes dans une imposante limousine noire arborant le fanion étoilé. L'ambassadeur un africain très élégant m'accueillit avec un grand sourire s'assit  à l'avant et je m'assis derrière avec mon amie et sa maman. Le trajet passa vite, trop vite. Je pris beaucoup de plaisir à traverser Paris à bord de cette voiture.  J'étais dans un monde qui n'était pas le mien mais me faisait rêver. Annie resta peu de temps à l'école. La belle maison fut vendue quelques temps plus tard pour en faire un centre aéré de la ville. Je fus très attristée de son départ.

La Directrice de l'école autocrate et acariâtre qui me faisait toujours sentir ma différence partit à la retraite. Ce fut pour moi un vrai soulagement. Elle fut remplacée par une autre vieille demoiselle au cheveux blancs qui me parut tout de suite sympathique. Elle nous enseignait l'histoire avec enthousiasme et j'attendais chaque semaine avec impatience ses cours. Je pense sincèrement qu'elle m'aimait bien même si elle ne laissait rien paraître.  L'école y gagna en ouverture et on y vit quelques élèves arriver qui n'appartenaient pas à la bourgeoisie de la ville.

A suivre

....

Rédigé par eglantine

Publié dans #Vécu

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E
Bonjour Martine. Tes souvenirs sont intéressants à lire. Bisous et bonne pause
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P

Je n'ai pas ta facilité d'écriture, la preuve, la brièveté de mes commentaires!


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F

toujours une belle plume qu celle qui rlate la longue histoire d'une vie


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L

Bonjour, je garde cette pudeur de ne pas lire t j'ai du mal à m'y mettre mais quand j'y suis, je m'y délecte.
Je confirme qu'égoistement, tu me renvoies tant à moi.
J'ai même une grande idée qui vient de s'imposer.
Merci Jolie Fleur.
Tu vois là très vite je passe à la suite.


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S

Un soulagement qu elle soit partie en retraite!


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S

Tu es loin d'être un vilain petit canard au milieu des cygnes.
Je dirai plutôt tu es le cigne perdu au milieu de vilains canards!


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L

je te suis sur la route de nos pères l'alcool brise beaucoup de vie et gache combien d'enfance????
a bientôt
lylytop


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A

On apprend beaucoup à entrer dans des milieux qui ne sont pas les nôtres. Tu étais acceptée facilement et ton contact franc et amical devait y être pour quelque chose.
Tout comme toi, mes amies d'enfance et d'adolescence restent gravées dans ma mémoire.
J'espère que tu passes de bons moments à la montagne !
Gros bisous et à bientôt Martine !


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P

ce seront tes mémoires, avec version papier?


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M

Et la vie continue, tu nous entraîne par curiosité.Salut les copains nous aidait bien à l'époque à nous extérioriser..Bises à toi ( impossible de visiter ton autre blog ce jour) !


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M

Au plaisir de te lire, bisous, Monique


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F

Je ne vais pas lire l'article, il faut que je commence par le début...
Je vais repasser
Bonne semaine
Amitiés, Flo


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C

Je trouve que l'on s'adapte plus facilement en étant enfant à la différence du mode de vie des amis
Ensuite adulte on y prête beaucoup attention, j'aime pas me retrouver dans un milieu hautain, je ne m'y sens pas à l'aise

Bisous


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:

Je présume que ta scolarité va être plus agréable à partir de cette époque ...
Bon dimanche ! Bisoux


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:

hello...oui à suivre..........


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F

Toujours agréable de te lire, les souvenirs d'enfance sont inoubliables
bises
françoise


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A

j'attends toujours avec impatience la suite de tes textes que je dévore....
oui, les amies sont très importantes à cet âge et on en garde toujours le souvenir.
j'aime beaucoup ta photo...
bisous de Cayenne.


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S

Je n'étais pas du même coté de l'Atlantique, mais c'était pas mal la même situation ici. Même mode, même connivence avec les amies.Très intéressant de lire ta biographie.


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Q

Sourire... et merci pour cette photographie.

L'époque des tuniques et des premiers pantalons pour les filles... :)

Tu sais, en te lisant, je me dis que nous avons eu de la chance. Ces amitiés d'enfance ne seront plus les mêmes aujourd'hui.

Nous ne nous mettions pas derrière un écran pour jouer à des jeux vidéos... nous parlions, beaucoup, de choses qui nous intéressaient.

Nous découvrions les vraies amitiés, celles qui ne tiennent pas compte des différences sociales, de celles de l'argent ou de la réussite.

Je crois que ce que j'ai le plus aimé, c'est lorsque tu as écrit : "les amitiés d'enfances sont inoubliables"...

Je me souviens encore de ma première amie... j'ai donné son prénom à l'une de mes filles, alors que je ne l'ai plus vue - à cause de la vie - depuis le CE2...

Merci pour ces partages, Eglantine.


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R

c'est avec plaisir que je lis la suite de ton histoire, cette époque correspond aussi à mon enfance.
bisous


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L

Je continue à lire ton "roman de vie".Le temps de "salut les Copains je m'en souviens si bien, des souvenirs qui ne nous quitteront plus.
Je t'embrasse, bonne fin de semaine.


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D

pas facile de faire sa place parmis les bobos quand on est pauvres ...mais preuve , bise eglantine


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M

Cette enfance qui laisse son empreinte indélébile...
Merci du partage...


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A

Beaucoup d'entre nous cachent leur tragédie. Les enfants de riches gardent leurs tourments silencieux.
L'amitié permet de surmonter une situation qui serait intolérable.
Et"Salut les copains", c'était plein de "copains virtuels", déjà ...


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C

un texte qui me plonge dans ton passé avec des amies riches. J'aime beaucoup car on ne sent pas de discrimination ni de pitié. De l'amitié sincère vous unit entre jeunes filles.
L'histoire de ton père est triste. Il est triste de se détruire ainsi sans que personne n'en comprenne la raison, surtout pour les enfants.
bonne soirée
clem


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