Publié le 18 Février 2021

Mille bourgeons poindront

Sous les soubresauts du vent

Et les frimas du levant,

Ossatures élancées

Aux ramures ciselées,

Les arbres de l'avenue

Sont désormais dévêtus

 

Leurs branches noires embrassent

Le plafond bleu de glace,

Dans l'azur ainsi cherchant

L'astre divin flamboyant

Pour réveiller en douceur

Leur hivernale torpeur

 

Aux derniers jours de l'hiver,

Un infime espoir vert

Pointera son nez, serein

Dans la brume du matin.

Mille autres bourgeons poindront

Gages de résurrection

 

Martine Martin / Pour les jeudis en poésie du défi 245 des croqueurs de mots animé par ABC (thème bourgeon)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 17 Février 2021

Camélia la cigogne exiléeCamélia la cigogne exilée
Camélia la cigogne exiléeCamélia la cigogne exilée

Je suis une cigogne,  je vivais en Afrique

Jadis tous les hivers, au nord du Mozambique

Dans le joli delta, du grand fleuve Zambèze

A cette époque-là, je n’étais pas obèse

Pour manger je chassais,  reptiles coléoptères

Un hiver j’ai migré, avec mes congénères

Dès lors à bourg en Bresse, toute l’année j’habite

Elégante je plane dans des valses fortuites

Au-dessus de la ville,  l’hiver comme  l’été

Sous le regard heureux, de passants épatés

Je me plais bien ici,  j’y ai emménagé

Plus besoin de chasser, j’ai un garde-manger

Une grande décharge,  nourriture variée

Déchets de toutes sortes, aliments avariés

Sous mes hautes pattes, gracieuse et conquérante

En princesse je trône, sur les tours flamboyantes

Du Royal Monastère, un chef d’œuvre gothique

Prolongeant ainsi, les statues drolatiques

Je suis la camélia, cigogne exilée

 

Martine Martin / Janvier 2020 pour Prénoms du mercredi chez jill bill  (aujourd'hui Camélia)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Poèmes

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Publié le 16 Février 2021

Pour scène de rue chez Covix : au jardin des plantes à Paris

Scène de rue : en mauvaise posture
Scène de rue : en mauvaise posture

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Scène de rue

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Publié le 12 Février 2021

La cage est vide, Colombe s'est envolée

Je m’appelle Colombe. J’aime bien mon prénom. C’est un nom d’oiseau blanc comme celui de ma sœur Swan, de ma jumelle Palombe et de mon frère Corneille. Tout s’explique : notre mère était ornithologue. Difficile tous les jours ce métier qui vous écarte des réalités de la vie. Pour moi le plus pénible est d’être Colombe née à Colomb-Béchar en Algérie. Les gens s’imaginent que je suis blancheur et perfection personnifiées et ne me pardonnent rien, encore moins la couleur de ma peau. Ni blanche, ni noire, ni grise, je suis métisse, enfin marron et blanche. Ma mère est colombienne et mon père péruvien ! Avez-vous déjà vu une colombe une vraie (pas un pigeon) couleur café crème. Un jour, j’irai goûter un café crème à Colombes.

Ce qui ne vous tue pas vous rend plus forte. J’ai gagné en volonté et en combativité. Ma sensibilité se cache sous une indifférence apparente. Éprise de paix et de justice, je défends souvent les causes dites perdues. Aider les autres, les conseiller quand ils sont dans la difficulté ou la peine sont mes moteurs dans la vie. Je fais tout pour me faire aimer, mais peut-on aimer une icône sans la jalouser ? La bave du crapaud n’atteint pas la blanche Colombe. Claustrophobe, j’ai besoin de grands espaces et de liberté. J’aimerais tant voler comme l’oiseau et j’y arrive en faisant pendant les vacances du deltaplane dans mes Pyrénées à Sainte-Colombe.

J’aurais aimé faire des études, mais petit oiseau tombé du nid trop vite, je n’ai pas pu. J’ai dû trouver rapidement du travail. Factrice, je suis ainsi fidèle à mon image de messagère. J’apporte parfois l’amour, le bonheur, mais bien souvent aussi le malheur et les difficultés. Surtout être libre dans la journée sans personne derrière mon dos à me contrôler est une chance. J’aimerais néanmoins me libérer complètement du joug de l’entreprise.

J’ai épousé il y a dix ans Pierre et, depuis, je suis depuis la colombine de mon Pierrot. Le reste de l’année, nous vivons tout près de Paris dans un pavillon à Colombage à Colombes, rue de la paix : une adresse prédestinée. !  Je ne l’ai pas fait exprès. Le pur hasard existe-t-il ? Peut-être ai-je voulu goûter au café-crème des bistrots de Colombes ? Le doute m’habite, c’est ma philosophie contrairement à ma jumelle palombe que je surnomme « pas l’ombre d’un doute » tant elle est assurée d’avoir toujours raison. Quant à Corneille, mon frère, il passe son temps à bayer aux corneilles en regardant le ciel dans la journée et la lune la nuit comme mon Pierrot.

J’écris des poèmes, mais je ne suis pas poète. Ces derniers sont des musiciens qui savent nous enchanter et nous émouvoir juste par la magie de l’association des mots. Ils n’ont pas grand-chose à nous raconter et nous font jouir de la beauté d’un instant, d’une sensation fugace, de leurs émotions. Les poèmes qui ne racontent rien m’ennuient. Je pense que c’est pour cela que la poésie ne se vend pas bien. C’est ludique de faire chanter les mots avec le fol espoir d’amuser et surprendre. Je suis bavarde comme une pie, j’ai toujours quelque chose à écrire, une cause à défendre, des histoires simples fleurant bon la vie à narrer où chacun peut se reconnaître ou à défaut rêver.

J’ai toujours appris de manière empirique. Pour pouvoir monter les échelons à la Poste, il faudrait que je retourne à l’école comme me l’a fait comprendre la conseillère carrière de la DRH  DIR (direction inhumaine des ressources).

Non, je ne retournerai pas à l’école, il y a longtemps que la cage est vide et que l’oiseau s’est envolé. Après celles de l'école, puissent bientôt les portes de ma prison entreprise s’ouvrir pour créer ma propre activité.

Cette pensée me fait chantonner à voix basse le refrain de la chanson de Pierre Perret :

 « Ouvrez, ouvrez la cage aux Oiseaux,

Regardez les s’envoler, c’est beau »

Martine Martin  pour le nid de mots d’ABC de Février 2020 (Thème : la cage est vide, l’oiseau s’est envolé).

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

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Publié le 11 Février 2021

Je voudrais vous promettre maman

Je voudrais vous promettre maman

D’être toujours bien sage comme une image

Mais toutes les images sont elles si sages ?

 

Je voudrais vous promettre maman

de ne jamais parler à un inconnu

Mais de père inconnu ne suis-je pas issue ?

 

Je voudrais vous promettre maman

De ne rien demander sans dire « s’il-vous-plait »

Mais avez vous pensé que cela me plairait ?

 

Je voudrais vous promettre maman

De bien réussir ce que vous avez raté

Mais est ce vraiment cela que vous souhaitez ?

 

Je voudrais vous promettre maman

De chagrin de ne pas vous faire mourir

Mais s’il-vous-plait pourrais je vous désobéir ?

 

Je promets maman de ne rien vous promettre

Je ne veux ni mentir, ni me compromettre

Comprenez que je ne veuille pas paraître

Acceptez que je sois celle que je veux être

Ainsi un jour nous nous aimerons peut-être

 

Martine Martin / Réédition d'un de mes poèmes de 2009 pour les jeudis en poésie du défi 245 des croqueurs de mots animé par Fanfan

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Rédigé par Martine.

Publié dans #poème

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Publié le 9 Février 2021

Pour Scène de rue de Covix : Le pont d'Austerlitz (sur la Seine à Paris)

Scène de rue : Paris, le pont d'Austerlitz

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Scène de rue

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Publié le 8 Février 2021

Papa, Maman, Mamie, et moi
Papa, Maman, Mamie, et moi

Papa, Maman, Mamie, et moi

Encore dans le ventre de sa mère, elle fait déjà de la résistance. Trop confortablement nichée dans son cocon douillet, son souhait le plus cher est d’y rester. Hélas, la sage-femme la sort de force avec une grande pince qui la marque au visage et la blesse à jamais au plus profond de son être. Tous les autres bébés en naissant crient, pas elle. On la secoue dans tous les sens, un cri perçant, regretté aussitôt, lui échappe. C’est à ce moment précis qu’elle entre en résilience.

Elle est un bébé sage qui pleure peu. Curieuse, ses grands yeux noirs observent ceux qui l’entourent. Elle apprend vite à Marcher et apprécie ce début d’autonomie. « Non » est son premier mot prononcé, prononce, elle en abuse. Ses parents s’amusent à la supplier de formuler un « oui ». Sa réponse est toujours un « non » catégorique. Ils éclatent de rire. Elle a l’impression d’être un animal de cirque qu’on essaye de dresser. Sa grand-mère qui l’élève et qui la connaît bien lui dit « allez fais plaisir à mamie, dis-moi non ». Elle profère enfin un « oui ». Adorant sa mamie, elle ne peut s’empêcher de lui sourire, mais pour la première fois, on l’a piégée. Elle comprend alors inconsciemment qu’on peut obtenir beaucoup de choses par l’intelligence et la ruse. À cinq ans, elle sait lire, mais sa grand-mère continue à lui raconter des histoires en la hissant sur ses genoux ce qui la comble de bonheur. C’est la seule personne qui peut lui prodiguer des câlins et bisous. Sa maman ne le fait par manque d’envie probablement. Elle préfère croire que c’est par crainte d’être rejetée et c’est vrai que ses bisous ne seraient pas acceptés. Sa grand-mère l’excuse toujours et répète à tous que sa petite fille est gentille avec ceux qui la connaissent et savent l’aborder.

 

Ses débuts à l’école sont difficiles, contrairement aux autres enfants, elle sait lire, les autres enfants la regardent comme un singe savant, un extra-terrestre.

Alors, elle se tait, reste seule au pied d’un arbre de la cour de récréation à les observer jouer, crier, rire. Curieusement, au lieu de les envier, elle les plaint d’être aussi insouciants. Discrète en classe, ne s’exprimant jamais sans y avoir été invitée, elle écoute avec beaucoup d’attention tout ce que l’institutrice leur apprend  et mémorise. Sa maîtresse ne la punit jamais et lui remet souvent des croix blanches et bleues aux jolis rubans dont elle est fière, mais qu’elle garde dans la poche de son tablier ce qui lui permet de les sentir, les caresser discrètement sans les exhiber. Ses distinctions et honneurs qu’elle ne pense pas mériter la gênent. À 7 ans, ses parents la reprennent chez eux. Elle fait connaissance avec sa petite sœur un gros bébé joufflu qui pleure souvent mais qu’elle aime et se promet de protéger toute sa vie. Elle va à l’école publique où, venant d’un établissement privé (crime de lèse-majesté à cette époque), on ne l’accepte pas. Aucune brimade ne lui sera épargnée : tours de cour, punitions en tous genres. N’acceptant pas cette injustice, la petite fille discrète devient très dissipée et rebelle. Un jour une de ses camarades la gifle en classe, elle lui en administre une en retour. L’institutrice donne à elle seule une punition, alors qu’elle avait vu sa camarade la gifler en premier. Elle est condamnée à conjuguer à tous les temps la phrase « je ne dois pas taper mes camarades ». Elle exécute la punition, mais en transformant la phrase en « je dois rendre quand on me tape » que son père signe en se réjouissant d’avoir une fille qui ne se laisse pas faire. Ceci lui vaudra d’être renvoyée de l’école ce qui curieusement la réjouit, car elle ne supportait pas d’être harcelée tout simplement parce que ses parents avaient osé préférer l’école des curés à celle de la République dite Laïque. Elle réintègre l’école privée où on la tolère plus qu’on ne l’accepte. Chez les curés, on n’aime pas les fortes têtes, surtout quand leurs parents n’ont pas les moyens de payer la scolarité. Si son père n’avait pas été un ancien combattant mutilé de guerre, engagé volontaire dans la guerre d’Indochine pour aller combattre le communisme, on ne l’aurait pas acceptée. Révoltée par les représentants de Dieu, qui agissent en contradiction avec la charité chrétienne qu’ils prônent pourtant en permanence, elle cesse de croire en Dieu, mais y a-t-elle réellement cru un jour. Elle ne sent aucune affinité avec ses camarades, pour la plupart des filles de bourgeois qu’elle trouve superficielles, mais qui ne l’ennuient aucunement. En effet, son attitude leur a vite fait comprendre qu’elles n’auraient aucune prise sur elle. Elle retombe en résilience et ne répond pas aux injustices et humiliations en tous genres que certains professeurs lui font subir en classe. Un jour, on lui reproche devant ses camarades de mentir. Puisque ses parents, ne payent pas sa scolarité, il est impossible qu’ils aient pu lui offrir un microscope à Noël comme elle l’écrit dans sa rédaction. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que son père a un salaire suffisant, mais aussitôt reçu, il le dilapide. Elle refuse d’emmener ce microscope à l’école pour prouver qu’elle dit la vérité, comme on le lui demande. Non seulement, ce serait humiliant, mais surtout elle sait que son père devrait ensuite payer sa scolarité. Quand un vol est commis dans l’école, on l’accuse. Les enfants des riches ne peuvent pas voler. Elle ne répond rien et reste stoïque devant l’injustice et les humiliations. Ils veulent la pousser à bout, la forcer à réagir, elle ne leur donnera pas ce plaisir.

Elle quitte avec bonheur l’école privée pour le collège d’enseignement technique pour préparer un BEP de secrétariat. S’entendant bien avec la prof de français, elles discutent ensemble souvent après la classe. Une fille de son âge, se sentant aussi perdue et étrangère à ce monde qu’elle, devient son amie. Elles unissent leur solitude.

La prise de son premier poste de secrétaire d’un directeur du personnel et son mariage peu de temps après, mettent fin à son enfance.

Martine Martin / Février 2021 pour le défi 245 des croqueurs de mots animé par Fanfan (Thème souvenir d'enfance)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Vécu

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Publié le 5 Février 2021

Ce jules qui change ma vie

En ces temps de pandémie, qu'il est exquis de s'évader en voyageant même virtuellement.

Le livre de mon amie Dgidgi LEBOUTEILLER vous le permettra. "Ce Jules qui change ma vie" est un livre de voyage et de découvertes de nombreux pays sur plusieurs continents : Amérique (Etats Unis), Afrique (Maroc, Egypte), Australie et Europe (Albanie, Autriche, Bulgarie, Coatie, Espagne, Italie, Grèce, Monténégro, Roumanie, Portugal, Suisse).

Ce livre relate surtout une aventure humaine à bord d'un camping-car surnommé Jules, celle de Dgidgi (la narratrice) et de Michel, son conjoint. Vous y découvrirez les habitants,  leurs coutumes, leur gastronomie. Vous assisterez même à trois mariage : un orthodoxe, un marocain et le troisième celui de Dgidgi avec Michel à Las Vegas lors de leur voyage.

Dgidgi nous raconte ses bonheurs et mésaventures avec beaucoup de joie de vivre, de chaleur humaine, d'ouverture sur les autres et d'humour.

Ceux qui voyagent en camping-car et ont l'intention de visiter certains de ces pays, y trouveront une multitude de renseignements précieux.

Un livre illustré de quelques photos pour rêver en attendant de voyager à la fin de la pandémie mais aussi à offrir à des proches globe-trotters ou pas.

Pour vous procurer la version papier ou numérique , cliquez sur le lien ci-dessous

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Rédigé par Martine.

Publié dans #livres

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Publié le 4 Février 2021

De : Guy Yome

À : Pauline Hair

 

Souviens-toi Pauline de ce matin d’été

L’astre se consumant, le ciel sanguinolant

Soudain tu émerges : douce brume  lactée

Tel le phénix bleu  poussant un cri d’ahan.

Avec un port de reine,  une chevelure d’or

Tu te tournes vers moi  me croyant pharaon

Je ne suis qu’un voyou, je ne suis pas matador.

Je promène mon chien, un très vieux beauceron

Cheveux en bataille, Joues rouges de honte, 

Je suis un vagabond,  dans Londres égaré

Oh ma Pauline Hair, soudain tu racontes,

Chantes une romance, pour moi le mal aimé

Une chanson d’amour,  pour pauvre Guy Yome

Qui cherche sa muse, pour écrire poème

Un bel alexandrin, de couleurs et d’arôme

Pour sa reine d’un jour, quelque peu bohème

Qui lui un offre tee-shirt, avec des mots écrits

Juste une inspiration, un code à déchiffrer

Ayant peu à dire, il s’en est bien sorti

Pour le remercier, elle  s’est mise à chanter

« Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir »

 

Martine Martin / Réédition d'un de mes poèmes de 2012. Les 5 derniers vers  sont de Guillaume Apollinaire (la chanson du mal aimé) , mon poète préféré. Pour les jeudis en poésie (thème : souvenirs) du défi 245 des croqueurs de mots animé par Fanfan 

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Rédigé par Martine.

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Publié le 3 Février 2021

Dione la Lionne et son lionceau Rodolphe

Dans un parc félin près de l’Yonne

Maman Lionne au doux nom de Dionne

Surveille son amour de lionceau

Il lui semble si maigriot

Oh combien fragile et amorphe

Son petit mâle nommé Rodolphe

Instinct maternel d’une mère

Même si la pensée amère

Qu’il ne risque rien en captivité

L’a soudainement infestée

Avec un regard tout plein de tendresse

Qui arrive à occulter sa détresse

Elle rêve pour lui de la liberté

 

Martine Martin / Janvier 2020 pour Prénoms du mercredi chez jill bill  (Aujourd'hui Dionne et mercredi prochain Rodolphe)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi

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