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Publié le 25 Janvier 2021

Chambre à louer

Depuis que je loue cette chambre à des hôtes charmants, un couple de dejantés et leur chien fou, tout va à vau l'eau :

  • je leur ai donnés mon adresse.  je suis devenu maladroit.
  • Je n'avais plus de chambre avec vue sur baie, ils ont exigé d'avoir sur le mur un tableau avec  des baies rouges.
  • À marée haute ils n'ont pas pu voir la grève, ils font maintenant la grève de loyers jusqu'à ce que la mer arrête de monter.
  • leur chien a mordu mon index, mon doigt bouffé a été mis à l'index
  • Ils ont percé un immense jour dans les double-rideaux, depuis ils peuvent, sans se lever, voir le jour poindre.


Depuis j'ai changé d'adresse, me suis fait greffer un index, Remplacer les double-rideaux par des rideaux en plastique transparent, j'ai peint l'encadrement et les vitres de la baie de leur chambre en rouge (à défaut de tableau avec des baies rouges). 

Finalement j'ai pété les plombs. J'ai chargé la chambre de ma carabine avec des plombs et j'ai fait des jours dans leur thorax. Depuis ils sont dans une chambre mortuaire en attendant d'être mis en terre et moi en prison.

 

Martine Martin / Pour le défi 244 des croqueurs de mots animé par Josette. Voir lien ci-dessous pour en connaître le thème.

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

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Publié le 13 Janvier 2021

JUDA

Je m’appelle JUDA. Je vis chez papi et mamie que j’aime beaucoup.  

Je n’ai jamais connu mon papa.  Maman m’a abandonnée brutalement pour partir vivre très loin là-haut. Mamie me dit que Dieu l’a appelée pour qu’elle vienne habiter avec lui dans son pays au-dessus des nuages. Quand je lui ai demandé pourquoi maman est partie sans moi, elle me répond que le roi du ciel n’a pas voulu de moi et que Maman est partie seule car on ne peut  s’opposer à la volonté de Dieu. Parce que je m’appelle JUDA on me surnomme « le traite » à l’école mais ce n’est pas moi le traite, c’est dieu qui a trahi la confiance que je lui accordais en me prenant ma maman.

La maman de mon copain Arsène l’a quitté aussi mais pas pour le ciel, juste dans la ville voisine pour rejoindre un Monsieur qui travaille avec elle dans la fabrique de chaussures. Arsène a de la chance il peut voir sa maman. Quand je lui ai demandé si le nouveau mari de sa mère était le roi de l’usine et s’il portait une couronne.  Arsène a rigolé en me répondant que, même si c’était le roi des cons laid comme un crapaud,  il ne portait pas de couronne sur son crâne complètement chauve.

Quand je lui ai répondu, fier comme un coq, que ma maman était partie  pour rejoindre un vrai Roi, celui du Ciel et qu’elle était reine désormais.il m’a rétorqué que j’étais un gros nigaud qui croyait tout ce qu’on me racontait. Ma grand-mère m’avait menti. Ma maman était morte et n’avait pu rejoindre Dieu parce qu’il n’existait pas. Comme je ne le croyais pas le soir en sortant de l’école,  il m’a emmené sur la tombe de maman au cimetière du village où j’ai pu lire son  nom sur une pierre surmontée d’une croix. J’avais encore espoir que ma maman divorce avec Dieu et qu’elle rentre sur terre mais j’ai compris à ce moment-là que je ne la reverrai plus jamais. J’ai pleuré, j’étais si triste mais aussi heureux que ma maman n’ait pas préféré Dieu à moi et qu’elle soit partie sans le vouloir.

En rentrant à la maison le soir, j’ai traité ma mamie de menteuse, de traite. Je lui ai dit que je savais que maman était morte et qu’elle n’était pas au ciel avec Dieu mais en pleine terre dans le cimetière du village. je ne les croirai et ne leur parlerai plus jamais. Mamie m’a répondu en pleurant que, quand Maman est partie, j’étais trop petit et qu’ils n’avaient pas osé me dire la vérité trop douloureuse à supporter. Ils sont si tristes que je ne suis pas fier de les avoir peinés ainsi. Je comprends et je les aime bien. Je boude ce soir assis sur ma chaise en caressant le pull de maman que j’ai mis sur mes genoux  et demain je leur reparle et leur fait un gros bisou pour me faire pardonner. J’irai aussi au cimetière porter une couronne en papier doré sur la tombe de maman : ma reine à moi.

Martine Martin / Novembre 2020 pour les prénoms du mercredi de Jill Bill (Aujourd'hui Judas)

 

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Rédigé par Martine.

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Publié le 3 Juillet 2020

Rencontre (défi 272 d'Evy)

Alors qu'il avance d'un pas décidé dans le couloir de la station Les Sablons à Neuilly, Vincent entend le métro approcher. Il est pressé, il a un rendez-vous important et il n’est pas en avance. Il accélère sa marche. Quand il arrive sur le quai il entend la sonnerie stridente de fermeture des portes retentir, il se met à courir mais les portes se referment devant lui. Il devra attendre la prochaine rame. Il s’en veut. S’il avait couru dans le couloir comme il en a eu envie, il n’aurait pas maintenant à attendre désœuvré sur ce quai bondé. Il pense à son rendez-vous qu’il a attendu avec impatience comptant les jours qui l’en séparaient. Une pensée soudaine  l’envahit. Y Tient-il vraiment? Depuis ce matin on dirait que tous les obstacles se mettent sur son chemin pour l’empêcher d’honorer cette entrevue et si c’était lui qui, inconsciemment, dans sa tête, freinait, avançait à reculons vers son avenir. Il est sorti de ses réflexions par une annonce RATP. « Le Trafic est interrompu sur la ligne 1 en raison d’un incident technique». Non ce n’est pas lui qui freine pense-t-il, peut être son ange-gardien qui fait tout pour réduire à néant son envie de métamorphose, de dévier la route que, depuis sa naissance, le destin lui a tracée.

Sur le quai, il est surpris par le regard d’une jeune femme aux cheveux très courts aux traits du visage si fins qui contrastent avec son allure masculine et son corps très musclé. Ému, Il la regarde et lui sourit. Son visage gracieux s’éclaire soudain d’un soupçon d’amusement comme si elle éclatait de rire au plus profond d’elle-même tout en essayant de le masquer.

Pour résister au trouble qui l’envahit dans cette confrontation silencieuse, il lui dit les premiers mots qui lui viennent spontanément

  •  « Je m’appelle Vincent et toi ? ».

Il s’en veut aussitôt. C’est stupide comme début d’une histoire il en convient mais que pouvait-t-il lui dire d’autre. Elle n’a pas l’air de lui en vouloir au contraire et l’ironie de son premier sourire fait place à une grande douceur.

  • "Vincent" : alliance de vingt et de cent, Serais-tu un matheux ? Je m’appelle "Ella" alliance du « L » et du « A », je suis une littéraire ».
  • J’ai toujours été nul en maths. Je suis plutôt un artiste qui a perdu le sens des réalités à force de rêver. Je suis coiffeur et toi ?
  • Coiffeur, est-ce pour cela que tu as un cheveu sur la langue ?

Vincent rougit, elle avait remarqué son léger bégaiement qui s’accentue quand il est ému.

  • Tu as de l’humour Ella, oui je zozote un peu parfois quand je suis stressé. Et toi que fais-tu comme métier ?
  • Je suis jardinière.
  • Tu crées des paysages.
  • Non, j’aimerais bien imaginer et réaliser un nombre infini de jardins, j’ai appris et cela me motiverait beaucoup mais pour le moment je suis élagueuse pour la ville de Paris. Je n’ai rien trouvé d’autre dans mon domaine de compétences et puis je suis sportive, j’aime me dépenser physiquement et aussi parler aux arbres quand je leur fais une beauté ou quand, hélas, je suis obligée de les abattre.
  • Enchantée de te connaître Ella l’élagueuse. Ce n’est pas trop difficile comme métier pour une femme ?
  • Non, en fin de compte on fait le même métier : je taille les arbres comme tu tailles les cheveux. Et toi coiffeur ce n’est pas trop difficile pour un homme de côtoyer toutes ces femmes et de recevoir leurs confidences ?

Vincent rougit encore plus de la stupidité machiste de sa question. mais cette jolie jeune femme à la force douce et si vive d’esprit lui fait perdre tous ses moyens. Étant attiré par les hommes, c’est la première fois que cela lui arrive de ressentir un tel attrait pour une femme et cela le trouble d’autant plus.

La voix d’une hôtesse RATP interrompt quelques instants leur dialogue « le trafic est interrompu sur la ligne 1 entre Charles de Gaulle étoile et la Défense pour une durée d’au moins une heure. Merci de sortir du métro pour prendre le bus 73 afin de rejoindre Étoile ou La Défense.

Ella semble contrariée un moment puis sourit en se tournant vers Vincent et lui dit

  • Au revoir Vincent, J’avais envie, en ce samedi ensoleillé, de faire du shopping sur les Champs Élysées. J’y renonce, je rentre chez moi. Merci la RATP je vais faire des économies aujourd’hui.
  • Je vais regagner mon domicile également. Je renonce à mon rendez-vous. Cela n’a plus d’importance, je n’avais pas vraiment envie d’y aller. Mais avant puis-je t’offrir un verre Ella au Sequoia café ? J’ai envie de mieux te connaître
  • D'accord Vincent mais s’il te plait ne me drague pas, je déteste cela.
  • Tu me fais rire Ella, tu ne risques rien, je suis gay.
  • Merci pour ta confidence Vincent, Bienvenue au club, je suis lesbienne !

Ils continuèrent leur conversation en se dirigeant vers la sortie du métro

  • Tu avais rendez-vous avec ton compagnon Vincent ?
  • Non pas du tout, je n’en ai pas en ce moment. Je suis dans une période de remise en question.
  • Je suis curieuse. Est-ce que ce rendez-vous avait un rapport avec ton état actuel ?
  • Oui Ella. J’ai l’impression d’être sur une balançoire qui ne s’arrête plus et qui oscille entre « je vais le faire » et « non je ne peux pas »
  • Tu allais chez un psy.
  • Non mais tu brûles.
  • Tu allais chez un médecin ?
  • Oui.
  • Ton généraliste ?
  • Non un spécialiste à l’hôpital Saint-Louis qui ne soigne pas mais change ton image.
  • Un chirurgien esthétique ?
  • En quelque sorte !
  • Je ne devine pas dis-moi.
  • Normal c’est impossible à trouver et même si tu le trouvais oserais-tu me l’avouer ?
  • Allez dis-moi Vincent !
  • Si je te le dis tu ne viendras plus jamais boire un verre avec moi.
  • Mais si je te le promets.
  • J’allais voir un chirurgien qui allait me transformer en femme ? Je suis coiffeur pour transsexuels. A force de les côtoyer j’avais envie de changer de sexe. Maintenant finalement je crois qu’inconsciemment, je ne le souhaite plus. Je me réjouis que cette panne m’ait empêché d’y aller. Je crois aux signes du destin. Ella si tu reviens sur ta promesse et que tu prends tes jambes à ton cou, je comprendrais car les gens bien ne peuvent admettre cela
  • Sauve qui peut ! Non je plaisante, je reste. Te rencontrer Vincent m’a comblée de joie et je me réjouis de cette panne dans le métro qui m’a permis de faire ta connaissance. Je crois qu’une belle amitié est née.

Sur ce, Ella lui fait un petit baiser furtif sur la joue, le prend par le bras et ils sortent ensemble sur l’avenue Charles de Gaulle. Elle le regarde en souriant et lui dit

  • Tu sais Vincent Je n’aime pas les gens biens et comme dirait Emile ZOLA dont j’ai lu tous les livres et que j’adore « quels gredins les honnêtes gens »

Martine Martin / Pour le défi 272 d’Evy sur le thème « rencontre ». Les mots imposés sont en gras

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers, #Nouvelles

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Publié le 13 Avril 2020

Anne Roumanoff et Victor Hugo sont au comptoir d'un bistrot :

  • Mais c’est ce cher Victor,  ça fait une paye…  Je te paye un coup
  • "Veni, Vidi…"
  • Qu’est-ce que tu racontes Totor,
  • Je suis venu, j’ai vu  et assez vu  demain à l’aube je partirai  Madame Roumanoff
  • Appelle moi Anne. Qu’est-ce que je t’ai fait ?
  • « Fier jadis, dominant les lointains horizons,
    Aujourd'hui n'ayant plus que de hideux tronçons,
    Épars, couchés, perdus dans l'obscure vallée ;
    C'est l'épopée humaine, âpre, immense — écroulée ».
  • Qu’est ce tu racontes encore Totor, c’est puissant, on dirait du Fabrice Luchini
  • La légende des siècles, les siècles passent et tout se dégrade : des femmes dans les cafés qui boivent du vin rouge.. Mais qui est ce Fabrice ?
  • Un acteur … bobo comme on dit aujourd’hui
  • Bobo, il a bobo partout, il est  hypocondriaque !
  • Qu’est ce tu as dit « hypocon… » Il n’est pas con même pas hypo, c’est un intello comme toi et pas con au contraire, juste un petit peu déjanté. Quand il commence à  parler, c’est un vrai moulin à paroles, mais moi ,dès la première phrase, je ne capte pas alors je réfléchis à ce qu’il a voulu dire mais lui continue sans s’arrêter. On ne nous dit pas tout mais lui est le seul à tout dire mais je ne comprends rien.
  • Anne, citez moi un exemple ou vous n’avez pas compris
  • Oh que oui ! souvent il te cite Totor, il a répété par exemple une de tes phrases : "La forme, c'est le fond qui revient à la surface." Et pour nous épater encore plus,  il ajoute…. Puissant Hugo,  « Cela va mille fois plus vite et ça prouve un esprit assez humble qui a, en plus,  un sens aigu de la hiérarchie ».
  • C’est bien vu : Je suis modeste et conformiste . Quant à la forme et le fond je vais t’expliquer Anne ce que j’ai écrit… la forme en dit long sur…
  • Arrête Totor, ne perds pas ton temps…. Les formes je les ai en surface quant au fond je vais bientôt l’atteindre sans qu’il remonte, il tombera encore plus bas  et moi avec lui.
  • Tu m’appelles Totor, cela me touche, Juliette me surnommait Toto.
  • Pourquoi ? Tu n’es pas un zéro même si tu as une tête Toto, et quelle tête ! Chapeau Totor

 

  • C’est que me disait Juliette.
  • On ne nous dit pas tout et cela ne me regarde pas mais on dit que tu la trompais ta Juliette. Si les temps ont changé Totor, les hommes  sont toujours les mêmes. Demain à l’aube, tu resteras Totor.
  • Non je partirai Anne.
  • Non restes Totor ! Tu aimes les femmes, Attends, Il y a un cœur à prendre et à consoler. Une femme de lettres vient d’être larguée par son mec, un politique illustre, ancien député comme toi. Il lui a préféré une actrice Julie Gayet comme ta Juliette Drouet ! Julie, juliette… Drouet, Gayet... Que de coïncidences !
  • Les coïncidences sont les facéties du destin ! C’est étonnant en effet, Anne, mais qui est cet homme politique ? 
  • Le commandant du pédalo France. Il risque de toucher le fond avec nous sans y mettre les formes.
  • La misère existe donc toujours moi qui voulait la voir supprimée et non secourue.
  • Des Cosette, Gavroche, il y en a toujours plein Totor et de plus en plus et ils ne sont même pas secourus
  • Tant pis pour la première dame à consoler, Demain à l’aube je partirai. je ne veux pas voir la France sombrer :

« Charme l'Europe et plaît au monde... - Ah ! je voudrais,
Je voudrais n'être pas Français pour pouvoir dire
Que je te choisis, France, et que, dans ton martyre,
Je te proclame, toi que ronge le vautour,
Ma patrie et ma gloire et mon unique amour
! » 

  • Tu ne pourras pas partir Totor c’est "le" grève SNCF, à moins que tu veuilles aller à Rocamadour, le seul train maintenu, désolée ce ne sera pas à l’aube il part ce soir !
  • Mais qu’est-ce que j’irai faire à Rocamadour
  • Manger du foie gras et du fromage de biquette avant de repartir 
  • C’est une bonne idée Anne, je suis un bon vivant, je vais à Rocamadour mais avant de repartir promettez moi  de ne plus boire autant, vous allez vraiment tomber au fond et ce n'est pas bon pour votre forme.
  • Je ne promets jamais rien mais, parce que je t’aime bien, je te chante une de tes chansons revisitée à ma sauce

Comme dirait mon beau frère

Si je tombe par terre

Pas la faute à Voltaire

C’est la faute au Jaja

Dont je suis si fada

 

Martine Martin-Cosquer/ Rediffusion d'un article de Février 2014 pour le défi 235 des croqueurs de mots animé par Dominique du blog les antidotes

Toutes mes excuses à Fabrice Luchini, Anne Roumanoff (qui ne boit que dans ses sketches Radio Bistrot) ; je les aime beaucoup tous les deux mais c'était pour les besoins du texte.

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Humour, #Ecrits divers

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Publié le 30 Mars 2020

Je viens de lire ces quelques vers sur Venise extraits de "Verrerie" de Marie de Hérédia-Régnier

Tour à tout orangée, ou rouge, ou rose, ou grise,
Découpée ou cassante au soleil qui l’irise,
Comme le reflétaient les détours des canaux
Je la revois, changeante en ses légers cristaux,
Voluptueuse, triste et fardée, et fragile.
Le verre bleuissant mire toute la ville
Matinale et riante, au fond du vase aimé,
Ou me la rends nocturne en son cristal fumé ;
Le dôme de Saint-Marc s’arrondit dans sa panse
Et le col des pigeons en a recourbé l’anse,
Tandis qu’en carillons tintent les pendentifs,
Liquides et gelés, des lustres aux feux vifs.

Je ne connais pas Venise cela me donne envie d'y aller et comme j'ai quelques jours de vacances, demain à l'aube je partirai. Hélas faute de trouver un billet de train ou d'avion, je pars à Bruges.

Cela m’apprendra à réserver à la dernière minute. Je vais voir tout de même Venise mais celle du Nord, celle du plat pays de Jacques Brel. Non Jacques je n'ai  voulu voir ni Vesoul, ni Vierzon et Honfleur je connais.

J'ai voulu voir Venise mais j'ai vu Bruges

Alors pour faire illusion jusqu’au bout et rechercher un peu de fraîcheur sur l’eau, faute de gondole,  je décide  de me faire mener en Bateau. Après une demi-heure de queue, je me retrouve enfin dans une longue barque avec une quinzaine de personnes. Ce n’est pas une promenade en amoureux avec le gondolier, il y a beaucoup moins d’intimité mais comme j'étais seule, je serai au moins accompagnée et peut-être trouverais je l'amour dans cette barque ! J’essaye de passer le temps en regardant le paysage : que des vieilles pierres, des ponts anciens, des clochers. Sur les berges des pêcheurs  taquinent je ne sais quel poisson.  Je crains fort qu’ils rentrent bredouilles avec tout ce trafic sur les canaux. Tu as voulu voir Venise et tu as vu Bruges". Quelle idée saugrenue d’aller à Bruges en plein été, il y fait chaud, il y a trop de touristes qui envahissent la ville.  J’étouffe à Bruges. En Belgique, je pense à Jacques BREL et je chantonne en moi.

Les barques en  font le tour et se suivent de si près qu’elles pourraient presque se toucher.  J’ai l’impression d’être sur la rivière enchantée du jardin d’acclimatation ou dans un grand manège.  J’aimais, quand j’étais enfant, monter sur les éléphants ou dans les barques qui décollaient et qui me permettaient d’attraper la queue du singe. J’y arrivais souvent. La compétition m’a toujours stimulée. "Il faut  toujours que tu te fasses remarquer" me reprochait sans cesse ma mère qui n’avait qu’un seul objectif être invisible,  complètement transparente.

Ici à Bruges, je suis grugée, il n’y a même pas de queue de singe.  J’ose toujours espérer qu’un jour les  éléphants et les barques  pourront voler comme des soucoupes volantes et si cela arrivait  je monterais dans la première et  j'en serais chef d’escadrille pour  retourner sur Mars. Me prénommant Martine, pour avoir des idées pareilles, je suis sûre que je suis une martienne venue un jour sur terre

Au moment précis où je me vois dans l’embarcation de tête d’une escadrille composée de barques et d’éléphants roses, notre bateau se met lentement à décoller, puis accélère pour faire du rase-motte au-dessus du canal. Les autres barques derrière décollent également et nous suivent…. Les passagers affolés crient :  « Attention le pont nous allons nous écraser sur son tablier ». 

Étant chef d’escadrille je dois prendre tout de suite la bonne décision,  j’appuie sur la flèche du haut de mon téléphone mobile et la barque prend de la hauteur et passe au-dessus du pont, j’attrape au passage une queue de singe sortie de je ne sais où qui volait.

J’ai gagné un tour gratuit mais pour en bénéficier, il faut que je redescende. J’appuie sur la flèche du bas de mon mobile, et la  barque redescend et suit le cours du canal à petite vitesse.  A chaque pont je fais prendre de l’altitude à la barque puis l’obstacle passé, je redescends. C’est angoissant mais grisant de voir ainsi Bruges en apesanteur.

Et si notre barque arrêtait de suivre le cours de sa vie normale, celle du canal, pour s’évader enfin, emprunter d’autres voies, sortir de son destin. Je prends de l’altitude pour dépasser les toits des maisons et des clochers. Ensuite j’hésite une seconde : appuyer sur la flèche de gauche de mon téléphone ou celle de droite et  j’enfonce la touche gauche (j’ai toujours été à gauche), la barque volante vire à gauche et prend de la vitesse. Nous arrivons sur la place centrale. Le beffroi  se met à sonner midi. Je crois que c’est la sonnerie de mon téléphone portable. J’appuie sur la touche pour répondre à cet appel et soudain la barque tombe à pic à toute vitesse. « Téléphoner ou conduire il faut choisir ». Nous nous écrasons juste au milieu de la place  et  nous passons à travers le dallage.

Je me réveille horrifiée.  Dans mon rêve je suis encore tombée brusquement dans un trou sans savoir comment j’y étais parvenue, je ne me souviens de rien.

Martine / Réédition d'un texte de Novembre 2012 le défi 234 des croqueurs de mots animé par Durgalola 

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

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Publié le 12 Mars 2020

LA SUPPLIQUE DE CLAIRE

Où Vas-tu ?

Le sais-tu ?

Retourne-toi ?

Jean je suis là ,

l’ombre après toi

Ne m’oublie pas ?

 

Peu importe le destin

Seul compte notre chemin

Même avec quelques ornières.

Méfie-toi de la lumière,

Un Miroir aux alouettes

Qui te fait perdre la tête.

Vers elle je n’irai point

Je prends un autre chemin

 

Où Vas-tu ?

Le sais-tu ?

Oh Jean Ne m’oublie pas

Vite Retourne-toi ?

Je suis encore là

Prenons nous par la main

Pour un nouveau départ

Sur un autre chemin

Demain il sera trop tard

Supplique et monologue

LE MONOLOGUE DE JEAN

Le ciel a tant pleuré sur notre passé,  qu’aujourd’hui  j’ai décidé d’avancer tout droit sans me retourner jusqu’à l’astre lumineux de l’horizon.

J’entends Claire derrière moi me supplier de ne pas y aller. Surtout ne pas l’écouter, ne pas penser, avancer aveuglé  par la lumière, marcher vite atteindre l’horizon,  l’inaccessible étoile.

Encore quelques pas,  j’y suis presque.  Le ciel s’assombrit soudain et se zèbre d’éclairs, le tonnerre retentit. La terre vibre sous mes pas. Je tremble de froid, de peur. Ne pas m’arrêter. Je continue à progresser.

Soudain l’horizon est atteint,  je ne peux aller plus loin. Une force incroyable me projette  dans le vide,  je bascule de l’autre côté la tête en avant. Chute vertigineuse dans une cascade de lumière, chute interminable qui me terrifie.  

Soudain une sonnerie stridente retentit,  elle ne s’arrête pas ... C’est le réveil de mon téléphone portable qui met fin à cet affreux cauchemar….

Je me réveille couché en chien de fusil cramponné à mon oreiller que je sers dans mes bras comme un doudou.  J’ai froid, je n’ai plus de couette sur mon corps. Encore terrifié je ne veux pas lâcher l’oreiller…. Mais il est tout rugueux, Ce n’est pas mon oreiller que je serre. J’ouvre les yeux et je m’aperçois  que je suis cramponnée à un tronc d’arbre la tête à l’envers dans une futaie inconnue à quelques centimètres du plancher des vaches…. 

Mais où es-tu Claire,  m’as-tu suivi ? Claire, Claire où es-tu ?

Martine Martin / Réédition d'avril 2015 pour les jeudis en poésie du défi 233 des croqueurs de mots animé par Marie Chevalier.

Avec une semaine d'avance, je ne pourrais pas ensuite, je devrais être à Paris

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes, #Ecrits divers

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Publié le 11 Mars 2020

Je m’appelle Kléber. Ce prénom m’a été donné par mon père passionné par l’Empire en souvenir du général  qui  combattit courageusement pendant la campagne d’Egypte. Je l’ai échappé belle, il aurait pu m’appeler Bonaparte. Ce nom aurait été beaucoup plus difficile à porter pour quelqu’un qu’Austerlitz ne fait pas vibrer et qui a tout fait tout pour éviter de remplir son obligation nationale. J’ai quitté les Pyrénées (mes pyramides à moi) pour vivre dans une jolie cité au bord du Danube quelque part au nord de l’Europe.

En ce début de matinée,  je m’y promène sur le chemin vert, un sentier de randonnée qui débute dans la plaine au hameau du bel air au milieu des champs maraîchers, se poursuit jusqu’au port de plaisance sur le fleuve et monte ensuite jusqu’à la chapelle du château rouge

Tu apparais soudain sur mon chemin  Ta peau si blanche fait ressortir tes grands yeux noirs. Tu me souris en humant une fleur de jasmin que tu viens de cueillir. Cette image de gaieté et de liberté ressortira toujours du  monceau de souvenirs flous qui s’estompera au fil du temps. Je me plais à penser que tu t'appelles Jasmine. Je m’approche de toi, tu me tends ta  fleur en restant muette. Je m’imprègne de son parfum délicat puis je range ce précieux cadeau religieusement dans ma bourse en cuir. Je prends  ta main dans la mienne et nous continuons à marcher.

Face au château d'eau, à la fourche des chemins,  je coupe une ou deux de ses frondes de fougères luisantes pour en faire des couronnes. J'en pose une délicatement sur tes cheveux d'ébène. Je te donne l'autre dont tu me coiffes. Tu ressembles ainsi Jasmine  à une reine grecque ou de la Rome antique qui pourrait être l’héroïne d’un opéra du châtelet. Je suis ton chevalier décoré de la légion d'honneur de la cité dont j'arbore fièrement l'insigne à ma boutonnière. Ne me demandez pas comment je l'ai obtenue. On décore n'importe qui avec n'importe quoi.

Nous nous arrêtons  devant une petite maison blanche  curieusement appelée « les boulets de Liège ». Tu es arrivée Jasmine. Nous avons du mal à nous séparer. Je ne suis pas encore un boulet pour toi et j’espère que je ne le serai jamais (même de liège).

Tu pousses une porte dorée, nous pénétrons dans un grand couloir. La défense d’éléphant, que fièrement tu me montres en me chuchotant à l’oreille que tu l’as obtenue au Venezuela pour quelques bolivars,  semble tout à fait anachronique. Où peut-on trouver des éléphants au Venezuela ? Je ne connais que les éléphants de mer d’Argentine sans  défense (à tous les sens du terme). Je n’ai pas le temps d’y réfléchir Tu m’invites à entrer avec toi dans ta petite république, ton temple, ta petite chambre peinte en bleu nuit avec une grande étoile lumineuse au-dessus du lit. J'ai froid , Il fait sombre, on se croirait soudain dans une glacière. Que tu es étrange Jasmine presque irréelle. Je te prends dans mes bras.

Au moment où Je m’apprête à t’embrasser je sursaute quand une voie tonitruante annonce « Mairie d’Issy, terminus. Tout le monde descend »

Je me réveille soudain à Paris dans le métro, Je m’étais endormi. Le mot de Cambronne m’échappe…  mais bonne nouvelle : Jasmine tu es en face de moi mais sans couronne. Tu te lèves et tu te diriges vers la porte… Je crie en chantant Jasmine, Jasmine… Tu ne te retournes pas, tu sors de la rame… Cela ne doit pas être ton prénom. Jasmine. Peut être que tu t’appelles Madeleine. Je crie Madeleine, Madeleine ! mais comme chante Jacques Brel « Tu n'viendras pas »  même si je t’apporte du jasmin à la station Jasmin ou à la porte des lilas.

Jasmine

Martine / Pour les prénoms du mercredi animé par Jill Bill (Aujourd'hui Jasmine). 

Les mots en bleu dans le texte sont ceux de  stations de métro parisiennes

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Ecrits divers

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Publié le 9 Mars 2020

Assise dans le bus elle lit et butte sur cette phrase  de l'écrivaine parlant de son père :

« peut être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence, que j’appartienne au monde qui l’avait dédaigné »

Un discret parfum de lavande la surprend. Elle abandonne sa lecture, lève les yeux. Un homme, assis en face d’elle dans le bus, fait des mots croisés. 
La blancheur de son visage contraste avec ses cheveux très bruns, brillants, lissés en arrière. Ses yeux vifs et noirs sont cerclés de lunettes rondes aux épaisses montures d’écaille.
La bouche fine affiche une moue perplexe pendant que sa longue main aux ongles courts et soignés s’agite et remplit, hésitante, avec un crayon à papier quelques cases blanches.

L'homme soudain met son crayon dans la poche interne de sa veste bleue marine, referme sa revue de mots croisés et la range dans une serviette plate en cuir noir. Il lève les yeux, l’aperçoit, la contemple avec un regard surpris exprimant à la fois fierté et fragilité. Le bus ralentit, il lui sourit tout en se levant et murmure à son attention : « je t’ai aimé, crois moi »

Elle le suit du regard. Des larmes, qu’elle ne peut retenir, coulent sur son visage. Le bus s’arrête, l’homme descend allume une cigarette. « Papa » crie t’elle sans pouvoir se lever et le suivre. Elle le regarde attendrie disparaître dans la rue.

Une sonnerie stridente vient interrompre le bonheur fugace de l’instant. Elle se réveille, son oreiller est trempé de larmes.  Elle se lève laissant derrière elle son passé pour songer à la journée qui débute.  Elle aime la magie de l’aube , ce moment unique où tout est encore possible.

Mon papa et moi dans le landeau

Mon papa et moi dans le landeau

Martine Martin/ Réédition d'un texte de 2008 pour le défi 233 des croqueurs de mots animé par Marie Chevalier (thème : parler d'un rêve). Avec une semaine d'avance mais mieux vaut plus tôt que jamais, après je serais vraisemblablement à Paris et je ne pourrais plus. 

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes, #Ecrits divers

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Publié le 10 Février 2020

La montagne ça se gagne

Notre amie ABC a décidé de quitter son nid et la goélette des croqueurs de mots pour aller randonner en Montagne avec le Capitaine Domi et tout l’équipage de la goélette dont je fais partie.  Elle nous promet une surprise un message crypté nous sera envoyé du haut du plateau.  

Je suis bretonne de Naissance et Vendéenne de cœur, la montagne ne m’a jamais gagnée. Je me sens enfermée, oppressée dans les vallées. J’adore les cimes mais il faut monter et surtout après en redescendre et le vertige me gagne alors.

Nous sommes en mai. Nous nous retrouvons sur le parking d’où part un des sentiers de randonnée du mont Canigou. ABC nous rassure nous ne monterons pas jusqu’au sommet, ascension réservée aux montagnards entraînés. L’objectif est de marcher ensemble, à notre rythme, jusqu’au pied du pic tout en admirant la beauté du paysage. Pourquoi avoir choisi le Mont Canigou cette montagne au nom de pâtée pour chien, je ne lui ai même pas demandé. Cela ne nous a pas porté chance il fait un temps de chien et je n’aime pas les chiens.

Certaines de mes amies qui pensaient monter jusqu’au pic avaient emmené avec elle un drapeau pour le planter au sommet : qui le breton,  qui le corse, qui la France insoumise. J’avais moi-même emmené celui de la Vendée au double cœur rouge sur fond blanc surmonté d’une croix qui ressemble un peu au logo (le Phi) du parti de Jean-Luc Melenchon. C’est amusant le drapeau des royalistes catholiques chouans ressemblant à celui d’un parti d’extrême gauche. Dommage que la république en marche n’ait pas vraiment de drapeau, je l’aurais emmené, il aurait été de circonstance pour accompagner les marcheurs.

J’avais aussi emmené dans mon sac à dos une bouteille de vin, pas un fief Vendéen peu connu mais qui mérite de l’être, mais un excellent vin de bourgogne, du Montrachet.

Nous débutons l’ascension avec à la tête de notre groupe ABC, notre capitaine Domi et Jeanne FADOSI.  Avec tous nos drapeaux, nous ne passons pas inaperçus, on ressemble à des manifestants déambulant joyeusement.  

Je suis sportive, j’ai l’habitude de marcher, de courir mais le matin de bonne heure à la fraîche et sur du terrain plat ou presque au bord de l’océan. Ici cela monte sec, il fait frais et humide mais j’ai chaud. Je me suis trop couverte. Heureusement je n’ai pas que du vin dans mon sac à dos mais aussi une grande bouteille d’eau que je consomme sans modération. Je ne regarde que mes pieds et surtout pas le sommet pour ne pas voir la dénivellation et le chemin qui reste à faire.  Mes amies des croqueurs, pour la plupart très heureuses de faire connaissance après plusieurs années de relations virtuelles, n’arrêtent pas de papoter sur la beauté du paysage, les élections municipales, le corona virus et tous les malheurs du monde.

Les randonnées en groupe ce n’est pas pour moi.  Je préfère partir seule, cela me permet de penser, méditer et c’est en marchant que toutes mes idées d’écriture viennent. J’essaye de faire un effort pour observer le cadre qui m’entoure, m’en imprégner, écouter le chant des oiseaux, les cris des insectes mais je n’y arrive pas tant il y a du bruit. Au risque de passer pour une enquiquineuse, je demande à mes compagnes de marche au minimum de baisser le ton, voire de se taire. Elles continuent de plus belle. Je peste intérieurement. Soudain j’aperçois un chamois au loin sur un rocher. Personne ne semble l’avoir vu, on ne peut pas parler et observer en même temps. Je ne garde pas cette belle découverte pour moi et je leur signale la présence de l’animal. Enfin les bavardages s’arrêtent et tout le monde admire, sort son appareil photo ou son téléphone portable pour conserver le souvenir de cette rencontre. François Cardabouche sort son carnet et se met  à dessiner.  Je ne connais pas la faune montagnarde et je me suis trompée. On me fait remarquer que ce n’est pas un chamois, mais un bouquetin. Il y en a toujours qui aiment ramener leur science. J’en ai assez, je commence à être fatiguée. Je propose de faire une halte mais ABC me dit que si l’on veut revenir avant la nuit on ne peut pas s’arrêter tout le temps. Je fais remarquer qu’on n’a pas encore fait de pause.

Nous continuons à monter. Soudain une petite pluie fine se met à tomber. Chacun sort son vêtement de pluie. Après avoir enfilé ma cape imperméable, je me mets à chanter en parodiant « je suis le plombier » de Pierre Perret :

Je n’veux pas marcher, ché ché ché

J’ai très mal aux pieds

J’vis un martyr dans le canigou, gou gou gou gou

Il fait un temps d’chien

Entendez-vous le tonnerre ?

J’veux rentrer chez ma mère

C’est encore loin la mer

Ma chansonnette a l’air de plaire et beaucoup de mes camarades d’infortune la reprennent en chœur !

Cela m’aide à monter. Il n’y a rien de plus dynamisant que de râler en chantant. Seulement, Je chante faux et la pluie devient plus intense.

Je sens que j’ai fâché nos trois capitaines qui me lancent des regards courroucés. Je change de chanson et me mets à chanter en parodiant Hugues Auffray

Tiens bon le cap et tiens bon le coup

Monte plus haut, Monte dans la boue

Sous la pluie qui nous mouille le cou

Nous irons tout en haut du Canigou

Domi en tant que Capitaine des croqueurs se sent obligée d’intervenir et me lance un « MM (c’est mon surnom) arrête, il pleut déjà suffisamment »

On se rapproche de notre but, le pied du pic que l’on aperçoit, mais il reste encore de la route à faire. Mon smartphone se met à sonner, je viens de recevoir un MMS, je le consulte et clique sur l’image envoyée. Un message crypté s’affiche sur mon écran.

Si vous n'avez pas envie de le traduire ou n'y arrivez pas voir le lien ci-dessous

Si vous n'avez pas envie de le traduire ou n'y arrivez pas voir le lien ci-dessous

Je mets plusieurs minutes à le déchiffrer. 

C’est un message d’encouragement mais son côté critique ne me plait pas.

J’en ai assez de cette randonnée. Je retire mon sac à dos, je l’ouvre, je sors la bouteille de vin et en verse dans la timbale que j’avais emmenée et sous le regard médusé de mes compagnes de randonnée je le bois sans le partager et m’exclame  « Plutôt que de monter le Mont Canigou, je descends le Montrachet et j’aurais descendu le Montbazillac si j’en avais amené ». Continuez à monter sans moi, je descends seule.

Je plante mon drapeau vendéen. Je fais demi-tour et commence la descente en chantant l’hymne de la Vendée d'Alban Lepsy

« La montagne nous offre le décor, à nous d’inventer l’histoire qui va avec. Nicolas Helmbacher».

Martine Martin / Février 2020 pour le défi 231 des croqueurs de mots animé par ABC

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

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Publié le 11 Décembre 2019

Photo Pixabay

Photo Pixabay

Je m’appelle Pépin. Je suis né à Cassis dans les bouches du Rhône. Quand ma mère Clémentine annonça à mon père qu’elle était enceinte  William ne se fendit pas la poire, comme elle l’aurait cru. il n’était pas prêt à être père et elle ne le revit jamais. Même si elle se réjouissait d’être mère,  elle était mi-figue mi-raisin, elle devrait arrêter ses études et travailler pour pouvoir subvenir à nos besoins. J’étais son plus gros pépin et ne pouvant me prénommer Désiré, elle décida de m’appeler Pépin.  

Quand à la maternité, elle me vit pour la première fois : gros comme une pastèque,  rouge comme une tomate avec les yeux en amande elle fut conquise même si je ressemblais plus à un noyau qu’à un pépin.

Elle trouva un travail d’employée libre-service au rayon fruits et légumes d’un super marché où pour des queues de cerise, elle fut pressée comme un citron. Même si elle était très fatiguée le soir, elle s’occupait avec tendresse et amour de son petit bonhomme haut comme trois pommes comme elle disait auquel elle tenait comme à la prunelle de ses yeux.

A l’école  J’appris qu’il y eut un le roi des Francs qui s’appelait Pépin le Bref parce qu’il était de petite taille comme moi.  J’en avais gros sur la citrouille car on se moquait de moi à cause de mon prénom. Dès que je ramenais ma fraise certains de mes camarades entonnaient en chœur « bref comme disait pépin ». Je me sentais un peu courge

Au temps de mes premières amours, certaines filles aussi se moquaient de moi quand j’éjaculais précocement et me surnommaient «  Pépin le Bref ». Bonne pomme j’étais pris pour une poire. Néanmoins je gardais la pêche.

A Menton, à la fête du citron,  je fis la connaissance de Myrtille. Ce fut un coup de foudre mutuel. Nous nous marièrent et n’eurent pas beaucoup d’enfants. Juste une petite Cerise sur le gâteau de notre vie qui nous combla de bonheur.

Le soir au coucher nous lui chantions en choeur la chanson de Bourvil : Salade de fruits

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Ecrits divers

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