ecrits divers

Publié le 11 Novembre 2019

C’est un scoop que je vous confie aujourd’hui. Je suis la fille cachée du Dieu Poséidon Ma mère la Gorgone Méduse , dès qu’elle vit mon père armé d’un trident avec lequel il combattait les flots déchainés de l’océan tout en menant triomphalement son embarcation, elle en tomba follement amoureuse.

Mariage de Poséïdon et d'Amphitrite par Félice Gianni

Mariage de Poséïdon et d'Amphitrite par Félice Gianni

De leur union extraconjugale naquit des faux jumeaux : Pégase un superbe cheval blanc ailé et Chrysaor un beau jeune homme.

Mais ce que Mon père n’a jamais avoué, c’est qu’en fait ma mère a engendré des triplés car je suis née également de cette union un matin de février sous le signe du poisson.

Hélas maman est morte en nous mettant au monde et j’ai bien failli trépasser aussi. La mer m’avait engendrée. J’aurais dû crier en naissant mais je restais muette, le gosier encombré de cette eau qui m’étouffait et qui ferait que je vivrais les premières secondes de ma vie en apnée n’osant pas respirer complètement et profiter de cette jolie vie. Mon père le comprit et me sauvât en plongeant et me récupérant dans ses bras. Il me fit un bouche à bouche, souffla très fort mes poumons se gonflèrent et au lieu de sombrer dans les abysses de l’océan, je flottais comme un bateau.
 

J’étais de sexe féminin et je ne ressemblais pas à mes deux frères, je n’étais pas un être humain comme Chrysaor, ni un cheval comme Pégase.

Pégase chevauché par Bellérophon d'après Mary Hamilton Frye,

Pégase chevauché par Bellérophon d'après Mary Hamilton Frye,

Comme ce dernier j’étais blanche et j’avais une crinière et des ailes qui n’étaient pas blêmes mais multicolores. Ces dernières me permettaient de m’envoler comme les oiseaux et me poser sur les toits. Pourvue de flotteurs j’avais aussi l’avantage de pouvoir voguer sur les flots comme mon père. J’étais très fière aussi d’avoir en plus une petite coquetterie qui me plaisait beaucoup : sur mon visage j’avais une corne d’or. J’étais la première hydro-licorne de la terre.

Mon père refusa toujours de me reconnaître, ma mère l’avait trompé.  il n’admettait pas l’idée qu’il était mon père. Le Dieu suprême des océans ne pouvait engendrer cette chose toute molle comme une méduse : une bouée.

Photo Martine Martin

Photo Martine Martin

Martine / Novembre 2019 pour le Défi 226 des croqueurs de mots animé par Josette

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

Repost0

Publié le 14 Octobre 2019

Ce matin dans ma messagerie, j’ai reçu un email d’une lectrice de mon blog qui m’écrit

De: Flore

à : Martine

Bonjour Martine,

Fidèle lectrice de votre blog, je voulais vous dire que j’ai beaucoup  aimé votre texte «Pauvre Lisa » ci-dessous en lien

Permettez-moi de vous citer :

« Tu a du poser pendant de longues heures, immobile devant Léonardo avec ce sourire figé, forcé avec un soupçon de satisfaction malicieuse et d'admiration amoureuse pour le Maître ».

Je crois sincèrement que vous vous trompez sur Mona Lisa. Derrière la jeune femme qui a l’air si douce et rangée ce cache en vérité une sorcière perverse  qui veut séduire Léonardo pour le mettre sous son emprise et lui jeter des sorts. Je crois que vous l’avez inconsciemment ressenti quand vous écrivez « 

«Je suis venue te saluer aujourd'hui en espérant inconsciemment que tu me confies ton Mystère. Je ne t'aime pas, tu l'as senti et tu ne m'as pas parlé. Je suis déçue mais c'est mieux ainsi ».

Elle ne vous a pas parlé parce qu’elle a senti votre rejet et compris qu’elle ne pourrait vous séduire.

J’avais un ami peintre qui m’a donné ce tableau qui semble  parodier la Joconde  (photo ci-dessous) mais  je  crois qu'en vérité elle montre la vraie Mona Lisa.

Il se trouve que souffrant d’un cancer généralisé, je n’ai plus que quelques jours à vivre et je vous lègue ce tableau. J’ai donné vos coordonnées à mon notaire qui vous contactera après mon décès.

Si vous ne l’aimez pas (la beauté est subjective) vous pourrez le donner ou même le vendre. Vu le nombre croissant de gothiques il trouvera preneur.

Je vous remercie pour les petites joies de lecture que vous m’avez apportées et vous souhaite beaucoup de bonheur dans la vie avec ou sans Mona Lisa.

Amicalement

Flore

Quelques semaines après avoir reçu cette lettre, j’ai été convoquée par le Notaire qui m’a remis le tableau de Mona Lisa avec un air un peu narquois.

De retour à la maison, j’ai déballé le tableau et je l’ai regardé. A la vue de la photo dans le mail je l’avais trouvé morbide mais le voir en vrai était insoutenable et cauchemardesque. Quelle horreur ! Si je gardais ce tableau, c'était certain cette sorcière allait m'emberlucoter. Il fallait que je m'en débarrasse sur le champ.

Mon amie Jill Bill à qui j’écrivais sur son blog que je ne supportais pas ce tableau et que j’aurais dû mal à le vendre, me répondait que le vendre était le meilleur moyen de m’en débarrasser.

C’est certain mais un bon vendeur serait capable de vendre n’importe quoi, à n’importe qui…. Pas moi !

Alors je me suis dirigée vers le fond de mon jardin en friche. J’ai constitué avec du bois entassé et du papier journal un grand bûcher auquel j’ai mis le feu. J’ai jeté le tableau au milieu et il a disparu très rapidement. Au moyen âge on brûlait les sorcières.

Néanmoins Merci à Flore elle m’a permis de me réconcilier avec la Joconde et je trouve maintenant son sourire plus plaisant .Je la plains beaucoup d’être par de nombreux peintres parodiée ainsi. C’est se moquer d’elle et  en même temps du génie qui l’a sortie de l’ombre.  Je vais retourner la voir au Louvre et je suis certaine que je la verrai autrement

Les deux visages de Mona Lisa

Martine Martin / Octobre 2019 pour le défi 224 des croqueurs de mots animé par Jill BIll  

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

Repost0

Publié le 11 Octobre 2019

Comme chaque matin, je rentrais chez moi après mon travail. Conducteur de ligne de production dans une usine agroalimentaire,   la nuit avait été particulièrement longue et fatigante. Au-delà du bruit assourdissant des machines, de la station debout qui m’était de plus en plus pénible à cause d’une mauvaise circulation sanguine, mon travail avait été rendu encore plus pénible par un arrêt soudain et inexpliqué de la ligne de production. Heureusement j’avais déjà eu cette panne et j’ai pu remettre en route rapidement la production.

 

En sortant de l’usine, il pleuvait des cordes, le vent était violent. Je courais vers ma voiture pour être à l’abri rapidement et rentrer chez moi retrouver ma femme et ma fille dans notre jolie maison.  Je mis la radio pour me tenir compagnie pendant le quart d’heure de route. Aux actualités de 7 H 30, le journaliste annonçait que la tempête annoncée la veille avait bien traversé notre ville en fin de nuit et que les pompiers étaient débordés. Ils annonçaient quelques victimes mais craignaient que le bilan soit plus lourd. Je regardais autour de moi dans la semi obscurité précédant l’aurore. Sur les trottoirs des poubelles étaient renversées, des tuiles étaient tombées parfois même sur la chaussée. Au carrefour le grand sapin penchait dangereusement. J’avais hâte de rentrer.

 

Il faisait presque jour quand j’arrivais devant chez moi et ce que je vis me stupéfia : mes trois arbres, de vieux bouleaux, avaient sauté et gisaient à terre déracinés. Ils étaient pleins de nids. Quelle tristesse ! Où allaient pouvoir nicher les petits oiseaux que j’aimais tant ? Cette pensée me bouleversa tant que je ne pus retenir quelques larmes.

Tempête

Je tournais mon regard vers la maison. Vision d’horreur un arbre du voisin était tombé sur notre maison où dormaient ma femme et ma fille. Je m’évanouis. Je me réveillais à l’hôpital ou l’on m’apprit que mon épouse et ma fille étaient mortes.

 

C’était il y a dix ans, je ne me suis jamais remis de la perte de ma famille et la culpabilité me tenaille. Je m’en voudrais toute ma vie d’avoir pensé aux petits oiseaux avant de me préoccuper du sort de ma femme et de ma fille.

 

Martine Martin / Septembre 2019 pour le Nid de mots d’ABC     

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

Repost0

Publié le 30 Septembre 2019

Photo Pixabay

Photo Pixabay

Chez moi vivait un immigré clandestin.

Au début de notre cohabitation, j’appréciais sa présence.  Malgré nos différences nous nous complétions bien. En effet je suis rationnelle et il m’incitait à mieux anticiper, à voir au-delà de mon quotidien.  J’appréciais mais petit à petit, mon naturel a repris le dessus. Il  s’en est rendu compte et bien qu’il ait essayé de se manifester de manière plus discrète, je ne le supportais plus. Il me créait des besoins inutiles, me faisait rêver à d’enchanteurs lendemains. Je n’arrivais même plus à apprécier ma vie quotidienne qui, loin d’être idyllique, n’était pas pour autant déplaisante, bien au contraire si je me comparais à certaines de mes amies. J’étais plutôt chanceuse.

De plus en plus je me méfiais et craignais ce clandestin un peu cabotin. Je ne le supportais plus. N’ayant aucun don de divination, je ne pouvais savoir ce qu’il me préparait mais j’avais l’intuition qu’il me trompait et qu’en croyant à ses balivernes, j’allais fatalement à ma perte.

Ce ne serait pas facile mais il fallait que je m’en débarrasse. Ce fut long et Je n’y suis pas arrivée seule.

Deux êtres m’y ont aidé :

  • Un vilain crabe qui en m’envahissant  m’a montré à quel point ce mauvais lutin m’avait trompé et qu’il était inutile de faire des plans sur la Comète sans savoir si on pourrait les réaliser un jour. On n’échappe pas à son destin
  • Mon meilleur ami qui m’a ensuite montré à quel point je pouvais compter sur lui et profiter de chaque instant à ses côtés comme si c’était le dernier. Avant je vivais avec lui mais sans m’en rendre compte c’était comme s’il n’était pas vraiment là car je voulais toujours mieux et était en quête permanente d’un bonheur irréel. Cet  ami s’appelle « aujourd’hui » et il m’a aidé à chasser définitivement « demain » qui agissait en moi en sous-main alors qu’il ne pouvait jamais exister réellement : Demain devient automatiquement « aujourd’hui » dès lors qu’on le vit

Martine (septembre 2019) "demain en sous main" pour les jeudis en poésie du défi 224 des croqueurs de mots que j'ai le plaisir d'animer (Thème : hier)

N.B. : Pour conserver à mon texte un certain suspens, je n'ai pas donné à mon texte le titre "demain en sous-main" mais c'est ce titre qui m'a inspiré l'écrit que vous venez de lire

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

Repost0

Publié le 23 Septembre 2019

Pour le défi du lundi 30 septembre des croqueurs de mots, je vous propose dans le tableau ci-dessous trois thèmes au choix et pour chacun des thèmes deux titres pour vos écrits 

THEMES TITRE 1  TITRE 2
Passé Hier à Hyères ou ailleurs Poussière d'hier
Présent Sauf-conduit pour aujourd'hui  Aujourd'hui inédit
Futur Demain à deux mains Demain en sous-main

A vous de choisir un thème et un des deux titres proposés et d'imaginer le texte adapté au titre retenu. Si aucun des titres ne vous inspirait vous pouvez juste écrire sur le thème de votre choix. 

Photo pixabay

Photo pixabay

Pour les jeudis en poésie des 26 septembre et 3 octobre, vous pouvez au choix

  • écrire un poème en vers ou en prose sur les deux autres thèmes en tenant compte ou pas des titres proposés

ou

  • partager un poème ou une chanson que vous aimez bien sur les trois thèmes proposés ou sur d'autres thèmes

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

Repost0

Publié le 16 Septembre 2019

Ta Zézette

Ma Jade Chérie, 

Qu’elle est belle ta Zézette aux poils noirs ébènes si doux, si touffus. J’aime la caresser, l’embrasser, poser délicatement ma tête sur son hirsute duvet exquis. Sa petite bouche rose si fine attire mon doigt comme un aimant. Quand je l’approche elle s’ouvre et j’introduis le bout de mon index avec une infinie délicatesse entre ses lèvres humides qui se referment. sur lui, l’enserrent comme une proie  sans l’écraser ou le mordre. Je le retire, le remets. Elle aime ce jeu et en redemande. Je la caresse et l’embrasse à nouveau.

Je voulais te dire ma Jeanne Chérie, je suis amoureuse de ta Zézette ta chatte angora. Sois  rassurée je ne te quitterai jamais tant qu’elle sera avec toi  car je ne peux me passer d’elle. Zézette ne peut non plus se passer de moi. Si un jour tu me quittais,  pars sans elle,  et offre  la moi en souvenir de toi.

Je t’embrasse ma Jade, mon amour

Paul

 

Martine pour les jeudis en poésie du défi 223 des Croqueurs de mots  animé par Jeanne FADOSI

Merci Jeanne de nous avoir demandé d'écrire  avec la prudence* et la décence joyeuse coutumière des croqueurs de mots  c'est ce qui m'a donné l'idée d'écrire cette courte lettre de Paul à Jade. Car pour moi ce qui pourrait rendre indécent mon écrit (sans photo pour l'illustrer) c'est l'interprétation que seul le lecteur pourrait se faire en fonction de son éducation, ses propres valeurs. Pour moi décrire un acte d'amour ne pourra jamais être indécent si on ne tombe pas dans la vulgarité. J'espère que je n'ai choqué personne et si c'était le cas je m'en excuse. Comme vous le savez les mots peuvent avoir des significations tellement différentes en fonction des individus, c'est toute la difficulté de la communication. 

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Lettres, #Ecrits divers

Repost0

Publié le 11 Septembre 2019

J’habite dans un joli village au bord d’un étang. Je suis encore petite. Peut-être parce que je m’appelle Dévote, Je passe beaucoup de temps dans l’église de mon quartier. J’aime le silence feutré qui y règne troublé le dimanche par les bruits des chaises des paroissiens s’installant pour la messe, leurs jolis chants et la voix résonnante du curé.  J’aurais envie de chanter aussi mais ma voix est horrible, je ne chante pas : je craille comme un corbeau et je n’ai surtout pas envie de troubler cette si belle harmonie. 

J’aime aussi me baigner. Ne sachant pas nager j’ai peur de l’étang  alors, revêtue de mon maillot de bain rose fuchsia,  je me prélasse dans l’eau tiède d’une piscine improvisée, plus petite qu’une  baignoire ou j’ai toujours pied.  Néanmoins, J’ai encore peur de la noyade alors je préfère porter une jolie bouée aux couleurs du drapeau jaune blanc bleu des îles Canaries. Vous devez vous demander quel est cette bassine où je fais trempette. C’est un petit bassin en pierre en forme de coquille rempli d’une eau bénite des dieux.  Oh bonheur ! Il est situé à l’intérieur de l’église de mon village. J’avais oublié de vous dire que je suis une grenouille de bénitier qui adore se faire caresser par certains paroissiens quand ils viennent y tremper leur main avant de faire leur signe de croix.

Martine / Août 2019 pour Les prénoms du mercredi de Jill Bill (aujourd'hui Dévote)

Dévote

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Ecrits divers

Repost0

Publié le 12 Août 2019

J’avais à peine trois mois quand j’ai été adoptée par un couple Alphonse et Rose Bégum. C’est Alphonse qui a eu le coup de foudre quand il m’a vu. Peut-être a-t-il été attiré par ma blancheur.  J’étais aussi blanche qu’il était noir. Il m’a pris, regardé sous toutes les coutures  caressée puis  m’a reposé délicatement, il a fait de même avec mes compagnes d’infortune puis est revenue vers moi, m’a pris une nouvelle fois. Son épouse à côté piaffait d’impatience devant ses hésitations, elle était si sûre d’elle si hautaine, Une "belle gueule" un peu "bégueule" la Bégum : « Elles se ressemblent toutes alors prends celle-ci et finissons en lui a-t-elle dit ». Je savais qu’elle se désintéresserait de moi et qu’ainsi elle me laisserait tranquille sans me faire subir de sévices. Il semblait être habité par le doute et cela me plaisait.

Mystère .....  (Défi d'Evy)

Je pourrais ainsi vivre à ses côtés, l’observer, Je voulais le meilleur pour lui, l’aider à se débarrasser de ses mauvaises pensées ou idées. Il divaguait à longueur de journée. Il notait tout ce qui lui venait  à l’esprit dans des carnets à spirales et se réveillait même la nuit pour y noter quelques idées subites afin de les fixer avant qu’elles ne s’échappent ; Je compris qu’il était écrivain. Il passait des heures entières à écrire un nouveau livre autobiographique «Le jardin des doutes »  J’espérais secrètement qu’il y parlerait de moi. Parfois il me prenait, me tenait fermement par la main et me promenait dans les allées rectilignes de son jardin, ensemble nous cheminions rapidement dans un sens, puis revenions sur nos pas. C’était sa façon à lui de faire le vide dans son esprit, d’y voir plus clair pour magnifier son inspiration et pourvoir aussitôt se remettre  à écrire. J’avais usé combien du caoutchouc de mes semelles dans ces virées.  Je finis par me lasser de ces promenades rapides et très fréquentes où je n’avais même pas le temps de voir autour de moi mais n’était-ce pas ma destinée d’obéir à mon père d’adoption, de le suivre la où il me mènerait sans dire mot et me rebeller. Ma peau n’était plus aussi blanche, elle était devenue un peu grise, j’avais aussi mauvaise mine que celle du crayon de mon père Alphonse qui courait sur le papier infatigable mais qui  se rapetissait après chaque blessure de la lame du taille crayon.  Je m’étais tassée, j’étais devenue informe. Lui aussi s’était tassé, était devenu dépressif, alcoolique. Alphonse s’enfonce petit à petit depuis le suicide de Rose son épouse.

Un jour il  arriva avec un gros paquet en carton et en sortit un ordinateur portable aussi noir que lui. Soudain son écran s’alluma. Ses doigts effleurèrent les touches du clavier d’abord lentement, puis ils prirent de l’assurance. Il n’écrivait plus à la main mais ce qu’il écrivait défilait sur l’écran. Souvent il prenait la souris la déplaçait délicatement. Le texte qu’il venait d’écrire se noircissait et disparaissait. Je rêvais de me transformer en souris pour être au chaud au creux de sa main. Dans l’espace resté vierge de nouveaux mots apparaissaient sur son écran. Peu de temps  après  l’acquisition de son ordinateur, je le vis prendre son crayon qui était devenu tout petit et  le jeter au loin en visant la corbeille à papier que la femme de ménage n’avait pas remis à sa place.  Il n’eut aucun regard pour lui,  aucun regret, aucune reconnaissance pour le travail fourni.  Il était trop vieux,  trop usé "has been" et "out" le crayon. Il en est des crayons comme des travailleurs dans les entreprises. Je savais que j’allais subir le même sort.. Après cette pensée je me dis que comme sa Rose,  j’avais vécu ce que vivent les gommes l’espace d’un matin. Il se tourna ensuite vers moi, m’attrapa et me lança en direction de la corbeille. J’aurais rejoint mon ami crayon si Boule le chat ne m’avait pas saisi au vol dans sa gueule et ramené à mon père son maître croyant à un jeu. Il me déposa dans le creux de sa main et mon père me relança avec beaucoup plus de force à l’autre bout de la pièce mais Boule n’arriva pas à m’attraper et ne voulant pas devenir la gomme de Boule, je disparus par la fenêtre ouverte en laissant à Boule la souris du PC.  Après avoir passé ma vie à effacer, je me suis effacée moi-même.

Que suis-je devenue  réellement?  Répondez à ceux qui vous le demanderont « Mystère et boule de gomme » pour  ne pas gommer la part de rêve dans ce monde impitoyable ou tout finit par s’effacer.

 

Martine / Rediffusion d'un texte de 2012 pour le défi d'Evy (thème le mystère)

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

Repost0

Publié le 17 Juin 2019

Il existe encore des instructrices qui perpétuent le devoir de mémoire auprès des enfants et même des plus petits. En faisant cela elles développent chez eux l’esprit de corps et beaucoup de valeurs dont celles de notre République : notamment la liberté, la fraternité, l’amour de la France et la fierté d’être français.

Je vais vous raconter une anecdote personnelle. Pendant les vacances de Noël ma petite fille Agathe 6 ans, qui attend que la pluie cesse pour aller jouer dans le jardin,  dessine l’arc de triomphe (voir ci-dessous) illuminé par le feu d’artifice du 1er janvier qu’elle avait vu la veille à la télévision. Elle me donne son dessin en me disant c’est pour toi.

Les petits Villages (Atelier 98 de Ghislaine)

Je remarque qu’elle a dessiné la flamme du soldat inconnu et je lui demande si elle connait l’histoire de ce soldat, quelle ne fut pas ma surprise de l’entendre dire que c’était la tombe d’un poilu de la guerre 14/18 et qu’on ne savait pas qui c’était mais que c’était juste qu’il repose en dessous de l’arc de triomphe et que chaque jour on rallume la flamme. Je la félicite pour sa réponse et elle me dit je vais te raconter mamie l’histoire de la guerre 14/18. Elle me raconte alors le déclenchement de cette guerre, Verdun, les tranchées, l’armistice dans le vieux train, la récupération des petits villages. Lorsqu’étonnée je lui demande quels sont ces petits villages elle me répond : mais Mamie : l’Alsace et la Lorraine. Je lui dis que ce ne sont pas des petits villages, pas des villes non plus mais des régions de notre Pays la France. Elle continue son récit en le concluant par «On a gagné mais la guerre a recommencé plus tard, c’est toujours comme cela, on a de nouveau gagné et conservé les petits villages ». La notion de Région a du mal à passer ou peut être lui ai-je mal expliqué ce qu’était une région.  

Je m'en veux beaucoup de ne pas l'avoir filmée, cela m'a beaucoup émue. Bravo à la maîtresse qui leur a appris cela au CP.

 

Martine / Juin 2019 pour l'atelier 98 de Ghislaine ....

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

Repost0

Publié le 15 Juin 2019

Photo Pixabay

Photo Pixabay

Quand j’étais enfant j’aimais beaucoup l’histoire. J’ai eu de la chance d’avoir une institutrice puis plus tard un Professeur qui me l’ont racontée avec passion. C’était une belle histoire que celle de notre pays racontée ainsi.

A cette époque, et particulièrement à l’adolescence en 1968, j’étais en révolte contre la Société, contre mon père qui soutenait le général de Gaulle et j’avais peur de l’avenir.

Je passais beaucoup de temps à me renseigner sur l’histoire à rechercher dans des magazines des photos pour illustrer mon cahier qu'on donnait en exemple en classe.

A un moment où la société était divisée je cherchais peut-être dans notre histoire un passé commun qui nous unirait tous dans la fraternité.

Néanmoins je pense que mon intérêt de l’époque pour l’histoire était plus une quête individualiste qu’idéaliste. En effet je me rappelle m’être passionnée pour  certaines héroïnes féminines de notre histoire et particulièrement pour Louise Michel héroïne de la Commune de Paris et Jeanne d’Arc  qui mena victorieusement le combat contre les anglais ! et je rêvais de participer plus tard à l’histoire de mon pays en combattant pour mes idées comme mon père l’avait fait en Indochine par idéal anti-communiste même si mes idées étaient à l’époque à l’opposé des siennes.

Aujourd’hui  je ne m’intéresse plus du tout à l’histoire pour plusieurs raisons :

  • Je jouis trop du présent sans me retourner et sans penser à l’avenir. « L'Histoire, c'est le passé ; or ce n'est jamais impunément qu'on s'arrête trop longtemps à regarder en arrière » Emile de Girardin.  

 

  • Il est bon de s’intéresser au passé pour préparer l’avenir « L’homme de l’avenir est celui qui aura la mémoire la plus longue » Nietzsche. J’ai toujours aimé participer aux commémorations des morts de nos guerre car cela fait du bien de voir réunis des français de toutes conditions sociales, âges  et idées réunis pour se souvenir et le transmettre aux jeunes générations pour que plus jamais…. Néanmoins j’ai  appris en mûrissant que l’histoire se répétait parce que les hommes même s’ils se souviennent ne tiennent  pas compte des erreurs du passé bien au contraire. Emile Zola l’explique si bien : « Au cours des siècles, l'histoire des peuples n'est qu'une leçon de mutuelle tolérance, si bien que le rêve final sera de les ramener tous à l'universelle fraternité, de les noyer tous dans une commune tendresse, pour les sauver tous le plus possible de la commune douleur. Et, de notre temps, se haïr et se mordre, parce qu'on n'a pas le crâne absolument construit de même, commence à être la plus monstrueuse des folies »

 

  • Le danger d’un intérêt trop important pour l’histoire de son pays peut aussi engendrer une exaltation du sentiment nationalisme qui, quand il est conduit à l’extrême;  peut entraîner le fascisme.

 

L’histoire ne serait-elle comme la langue d'Ésope la meilleure des choses quand elle, donne l’exemple, instruit,  rassemble un peuple dans une culture et des croyances communes mais la pire aussi quand les nationalisme et sectarisme qu’elle a entraînés conduisent aux pires exactions

Je laisse la conclusion de ma réflexion à Raymond Aron

« Les hommes font leur histoire, même s'ils ne savent pas l'histoire qu'ils font »

Martine Martin / Mai 2019 pour le nid de mots d'ABC (Thème l'histoire ? Pour quoi faire ?).

Voir les commentaires

Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

Repost0