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Publié le 5 Février 2018

Photo Pixabay

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Comme chaque matin, j’arrive devant la porte de l’immeuble de mon entreprise,  Mon bureau est au 3ème étage. Je pourrai emprunter l’escalier pour suivre les conseils de mon médecin qui me trouve trop sédentaire et soutient mordicus qu’il faut que je fasse de l’exercice. Si tu penses que je vais te croire mon cher Docteur.  Je me dirige vers l’ascenseur au fond du couloir.

Il est là à m’attendre la porte grande ouverte. J’appuie machinalement sur le chiffre 3.  Les portes se referment.  Je suis seule dans la cabine.  N’aimant pas trop les espaces clos,  une légère angoisse monte en moi.  Je crains que l’ascenseur s’arrête entre deux étages et l’idée de rester coincée dans cette boîte de fer est insupportable. Je regarde les chiffres défiler :  1, 2, 3.   Je me rapproche des portes coulissantes pensant qu’elles vont s’ouvrir. Elles ne s’ouvrent pas et  je sens que l’ascenseur continue à monter…. Je lève les yeux sur le panneau lumineux indiquant les étages, les chiffres continuent à défiler très vite 4, 5, 6 . Je me dis que peut être quelqu’un a appelé l’ascenseur, ce n’est pas grave, je redescendrai au 3ème avec lui.  

L’ascenseur a pris de la vitesse. Il va de plus en plus vite, trop vite : 7, 8, 9, 10. Angoisse totale l’immeuble n’a que 10 étages…. L’ascension vertigineuse continue  …La cabine est devenue transparente,  je suis maintenant dans le ciel de Paris que je vois  tout petit à mes pieds….  Curieusement  j’angoisse moins, je me sens libérée de la cage de fer,  mais il faut stopper cette ascension, je ne crois pas en Dieu.

Dans un bref éclair de clairvoyance,  je me dirige vers le clavier et j’appuie sur le RC espérant que l’ascenseur se mette à  descendre…. C’est ce qui  se produit. soudain la cabine s’obscurcit à nouveau et les chiffres réapparaissent sur le cadran :  8, 7, 6, 5. J’émets l’espoir soudain qu’il s’arrêtera  bien au 3ème  mais il continue sa chute inexorable :  2, 1, RC, - 1, - 2..…. Vite appuyer sur une touche, je ne veux absolument pas m’enfoncer dans les entrailles de la terre s’il dépassait le 3ème sous-sol.

Je suppose soudain que la touche 3 ne fonctionne pas.   J’appuie sur le 4 et s’il voulait bien s’arrêter et ouvrir ses portes au 4ème je redescendrai à pieds par l’escalier  L’ascenseur stoppe aussitôt sa descente et se remet à monter  doucement d’abord puis très vite il dépasse le 4ème, de nouveau le ciel et Paris à mes pieds.  Non ne pas monter plus haut, allez du cran Martine si tu veux te sauver de cette cage infernale !  J’appuie sur RC de nouveau.

L’ascenseur stoppe aussitôt son ascension vertigineuse et se met à redescendre à très grande vitesse, c’est certain je vais m’écraser au sol. Je transpire à grosses gouttes, ma vie défile très vite dans ma tête.

Soudain freinage violent de la cabine qui atteint le RC et s’arrête. Soulagement les portes vont s’ouvrir et je vais pouvoir sortir de ma prison. Les portes ne s’ouvrent pas. Je sonne pour appeler les services de maintenance. Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? J’appuie sur la petite cloche et au même moment l’ascenseur repart mais il ne monte plus, il ne descend plus non plus.

C’est étrange il se déplace au niveau du sol, il est parti sur la gauche et  emprunte le trottoir de la rue de Clichy. Les portes sont devenues transparentes, la circulation est intense à cette heure, je vois les voitures défiler, les bus, les «Vélibs», la brasserie du casino de Paris où je déjeune le midi. Aucun passant ne semble voir cette cabine motorisée….

La sonnerie du téléphone retentit soudain dans ma boîte, ce doit être le service de maintenance. Je décroche le téléphone mais il continue curieusement à sonner….

Je me retrouve soudain dans mon lit. Le réveil sonne insistant et je prends conscience que j’ai encore fait ce stupide rêve de l’ascenseur que je fais très souvent mais nouveauté aujourd’hui, la cage infernale s’est déplacée horizontalement dans mon rêve…. A deux ans de la retraite, aurais- je enfin trouvé avec l’âge la sagesse en comprenant qu’à force d’avoir voulu monter trop haut dans l’entreprise, j’étais en train de chuter sans corde pour me retenir ni filet pour amortir la chute.

Martine / Pour le défi 53 de Ghislaine .

Les mots en gras et la phrase en rouge sont imposés par Ghislaine

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Rédigé par Martine.

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Publié le 29 Janvier 2018

Pour le défi 199 des croqueurs de mots François et Marie nous demandent, à la manière de Clémentine Mélois dans son livre "sinon j'oublie", de faire parler la personne qui a laissé dans son chariot la liste de courses ci-dessous en photo. J'ai lu  un extrait de ce livre et j'ai beaucoup aimé. Cela me donne envie de le l'acheter.

Pour écrire mon texte, j'ai imaginé quel était le caractère de la personne qui avait écrit cette liste de courses. Cela m'a été facilité par le fait que je me suis intéressée de près à la graphologie quand je faisais du recrutement sans néanmoins me fier complètement à mes analyses qui étaient faites toujours après avoir rencontré les candidats pour me conforter dans mon opinion. J'ai donc imaginé l'auteur de la liste comme une personne, équilibrée, extravertie, mature, idéaliste, organisée, dynamique impatiente qui va de l'avant  entière  et sensible. Je peux me tromper sur certains points mais il fallait bien que je parte d'une base pour écrire mon texte

La liste de courses

La liste de courses

Je déteste faire les courses à l’hyper-marché Avant de partir il faut que je fasse l’inventaire du réfrigérateur et des placards pour compléter la liste où j'ai déjà écrit au fur et à mesure les aliments et produits de toilette et d’entretien qui manquaient.

Aujourd’hui, avec mon  époux nous avions invité à dîner nos voisins et amis, un couple d’octogénaires. La liste de course était plus compliquée à faire. il fallait lire attentivement les recettes choisies et écrire sur la liste les aliments dont j'avais besoin. Ensuite, pour éviter de stocker inutilement, vérifier que je n'avais pas déjà dans mes réserves certains ingrédients. L’important était de ne rien oublier pour ne pas être obligée d’y retourner et j'oubliais toujours quelque-chose !

J'ai eu du mal à trouver le menu. Les personnes âgées ont peu d’appétit et la digestion difficile !  Il fallait que ce soit à la fois pas commun pour les surprendre un peu (j'aime bien étonner) , léger et esthétique dans l'assiette. A l’apéritif, qui servirait aussi d’entrée, J'ai prévu des toasts de rillettes de sardines à la tomate, comme plat principal des quiches individuelles au poulet et courgettes accompagnée d’une salade verte du jardin et pour terminer un bavarois aux marrons.

Avant de me mettre aux fourneaux, Je dois faire ce matin la corvée des courses. Je sors la voiture du garage et me dirige vers l’hypermarché proche. On est vendredi, j'ai du mal à trouver une place de parking pas trop éloignée des caddies. Pourquoi invitons-nous toujours le vendredi ou samedi soir alors que nous sommes à la retraite et nos amis aussi ? Par habitude certainement ; c’est stupide les habitudes. Ne supportant pas l'incivilité, je peste une fois de plus contre ceux qui, pour ne pas qu’on raye leur voiture, prennent deux places au lieu d’une. 

Je dois maintenant trouver un caddie pas trop vieux pour qu’il roule droit et vite sans se bloquer. Une fois le chariot trouvé, j' introduis mon jeton dans la fente prévue à cet usage. Il ne rentre pas. Ce n’est pas mon jour de chance. Il me faut en dénicher un autre. Enfin, caddie en mains, je suis prête à déambuler dans les allées du supermarché.

Je connais bien les rayons et cela va aller  vite. Je peste néanmoins contre moi-même. Très organisée, d’habitude Je fais ma liste sur l’ordinateur par type de produits avec des rubriques et des produits préenregistrés ce qui me permet de gagner du temps en parcourant moins de distance dans la grande surface et de vérifier plus facilement au fur et à mesure des rayons que j'ai bien tout pris. En plus j'ai oublié mon stylo et je ne peux pas, sur sa liste, rayer au fur et à mesure ce que j'ai déjà collecté. Je perds du temps. Il y a la queue au rayon boucherie. Tant pis je choisis du poulet préemballé en promotion en tête de gondole en vérifiant la date limite d'achat que je mets du temps à trouver comme d'habitude.

Au passage devant le rayon vêtement, je craque pour un très joli  pyjama en solde à 6,99 euros ! C’est le deuxième que j'achète ce moi ci. Certaines sont addict aux chaussures, moi j'ai la folie des pyjamas. On pourrait croire que je suis pantouflarde ; pas du tout bien au contraire, je suis  hyperactive dans la journée, je ne tiens  pas en place et fais beaucoup de sport. Après l’effort j'aime le réconfort d’un joli vêtement confortable que je retire avant de me coucher puisque j'ai l’habitude de dormir nue comme un ver.  Ce n’est pas vraiment logique mais l’être humain est fait de paradoxes et moi particulièrement ce qui déroute parfois ceux qui m’aiment et croyaient bien me connaître.

Je me dirige vers la caisse en jaugeant le nombre de clients attendant à chaque caisse, scrutant leurs caddies pour voir s’ils n’étaient pas trop pleins et je choisis la caisse où je pense le moins attendre mais, comme presque à chaque fois, je n’ai pas prévu l’incident : le prix manquant par exemple. Cette fois ci c’est un client qui a oublié de peser ses poireaux et qui retourne le faire sans se presser et en se moquant éperdument que les autres pendant ce temps  poireautent. Je rage en scrutant les caisses sans caissière pour voir si ils n’allaient pas, vue l’affluence, en ouvrir une autre.  Beaucoup de personnes âgées payent par chèque qu’elles rédigent le plus lentement possible puis le vérifient avant de le tendre d'une main tremblante à la caissière qui prend tout son temps pour le contrôler  et écrire les coordonnées de la carte d’identité. Je pense qu’on devrait interdire les chèques et je m'en  veux aussitôt de cette idée saugrenue.

Enfin je dépose mes produits sur le tapis et passe à la caisse. La caissière est aimable mais ce n’est pas une rapide. Ici en Province on prend son temps, on parle avec les clients. Ce n’est pas ainsi en Ile de France où j'ai passé ma vie d'avant la retraite.

Je luis tends  mon bon de réduction 10 euros pour 60 euros d'achat aujourd'hui seulement vendredi 13 janvier. Que va t'il m'arriver encore on est le vendredi 13 ! C'est intéressant mais ce que je n'avais pas vu écrit en tout petit caractères  c'est qu'elle n'est valable uniquement aujourd'hui  entre 18 H et 20 H30 et il est 11 heures. Je fulmine et exprime mon mécontentement à la caissière en faisant un effort énorme pour rester aimable car elle n'y est pour rien. Si je n'étais pas si pressée, comme je n'avais pas payé, j'aurais abandonné les produits en lui disant qu'elles les  garde jusqu'à 18 H que je repasserai à la caisse dans le bon créneau horaire !  Je hais les hypermarchés !  je remets rapidement tous mes achats dans les sacs que j'ai mis dans mon caddie et paye. Dommage que je n'ai pas eu de chèque sur moi sinon j'aurais payé en prenant tout mon temps pour faire fulminer la jeune femme qui derrière moi m’avait bousculée sans s’excuser tant elle m'avait collée de près pressée elle aussi de passer à la caisse.

Ouf les courses sont terminées. Je suis heureuse et j'ai hâte de me mettre à cuisiner pour mes amis ce que j'adore. La musique de l'hymne à la joie retentit, c'est mon téléphone. C’est mon époux qui m'annonce dépité qu’il est inutile de faire les courses : leur voisine est venue l'informer que, son époux souffre d'une gastro et qu'ils ne pourront venir ce soir ce qui les désole tant ils se réjouissaient de cette soirée.  Si mon chéri avait appelé deux minutes avant j'aurais pu  laisser mon caddie et mes achats sur place et si ma voisine était venue plutôt, je n'aurais pas eu à faire les courses.... mais avec des si ....

Je me dirige vers ma voiture,  dépose les sacs dans le coffre. Rageusement chiffonne la liste des courses et la jette dans le caddie ce que je ne fais jamais. Les autres fois je les abandonne dans les poubelles prévues à cet effet. 

La colère et la déception passées, je me console en me disant que je passerai une belle soirée en amoureux avec mon chéri,  Je cocoonerai avec lui  devant la télévision dans mon nouveau pyjama en savourant des crêpes flambées au rhum qui devait parfumer la crème de marrons du bavarois. J'ai acheté des œufs, du beurre et j'ai de la farine et du lait à la maison.  Il faut toujours positiver dans la vie. Ce que je n’ai pas encore réalisé c’est que  je l’aurai  dans le baba… sans rhum puisque j'ai oublié de l'inscrire dans ma liste de courses. Nous devrons nous contenter de crêpes natures 

Martine (janvier 2018) pour le défi 199 des croqueurs de mots animé par François et Marie

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Publié le 16 Janvier 2018

Pour me faire pardonner de n'avoir pas participé au défi d'hier des croqueurs de mots animé par ABC, je réédite ici une nouvelle que j'ai écrite il y a deux ans pour les prénoms du mercredi qui convient bien au thème surprise et dont je me suis souvenue cette nuit tant j'étais perturbée par ma non participation au défi des croqueurs de mots. Désolée Écureuil bleu je ne peux te l'envoyer pour ton défi de janvier car c'est une réédition ce qui pourrait fausser le classement de tes lecteurs qui s'en souviendraient.

Je m’appelle Abraham. J’aime bien mon prénom avec ces trois A. Ce matin de septembre  devant la glace de la salle de bain je fais des vocalises :  

  • « Abraham do ré mi…. Abraham fa sol la …. « 

Ce qui excède mon épouse, ma petite biche  Sarah  qui s’est réveillée  de mauvaise humeur et qui ne supporte pas la musique. Elle interrompt mes exercices vocaux en me criant.

  • « Arrête Abraham, tu ne chantes pas, tu brames  comme un cerf en rut».

Je souris  en continuant  mes vocalises en montant d’un ton  

  • « do ré mi fa sol la : Abraham il  brame »  

Je sors de la salle de bain, je suis mal réveillé ce matin, je suis en retard. Dans une semi-obscurité, J’enfile en vitesse une chemise blanche et mon complet noir corbeau.  Pour touche finale une cravate rouge pour exprimer discrètement mon anticonformisme et ne pas ressembler à un croque-mort comme mes collègues de la banque de la City de Londres où je travaille. J’attrape machinalement mon chapeau melon comme je le fais chaque jour et je m’apprête à bien l’enfoncer sur ma tête pour éviter qu’il ne s’envole au vent. Curieuse sensation, j’ai l’impression que mon chapeau s’est trop enfoncé,  m’a recouvert le visage et va m’étouffer.  Non, Je ne suis pas complètement  dans le noir, j’aperçois l’armoire en merisier de notre chambre et la grande psyché. Je m’approche d’elle pour me contempler.  Oh stupéfaction pas de chapeau. A la place des bois de cerf ont poussé sur ma tête, non pas sur ma tête, horreur ce n’est plus la mienne mais celle d’un cerf posée sur mon corps d’homme... Horrible vision je suis devenu un cervidé, un homme cerf vidé de toute vie. 

Surprise... Surprise

Je vais m’évanouir tant cette vision est insupportable. Je m’éloigne du miroir, m’assois sur mon lit. Je vis dans un rêve, peut-être est-ce un cauchemar ? Je me donne des claques pour me réveiller.  Mes joues dodues sont devenues bien maigres mais si soyeuses. Je devrais maintenant sortir prendre le métro pour aller travailler mais c’est impossible. Je vais effrayer tous ceux que je rencontrerai et je vais me faire tirer comme un lapin. Que faire ? Et ma biche comment va-t-elle réagir en voyant son cerf en rut qui brame devenu réalité ? Septembre, pleine période des amours : peut-être vais-je lui sauter dessus comme un animal. Elle sera surprise, je ne suis pas très chaud d’habitude. Justement je l’entends dans le couloir, elle arrive. Je n’ai pas le temps de me cacher.  Je crie ou plutôt je brame « attention ma biche,  je suis devenu un cerf » . Elle pousse la porte, entre dans la chambre. Elle va crier de frayeur… Non, elle éclate de rire

  • Oh Abraham tu es trop drôle avec le masque de cerf que je t’ai acheté pour la soirée déguisée prévue samedi soir….. J’ai aussi acheté le corps de cerf en fourrure. Je n’aurais pas dû c’est beaucoup mieux avec ton complet et ta cravate.
  • Oh Sarah, je croyais vraiment que j’étais devenu un cerf, rassure moi
  • Mais non Abraham, encore moins un taureau mais si tu continues à être aussi sot pauvre pomme, il pourrait t’en pousser des cornes. Retire vite ton masque tu vas être en retard à la banque

D’un geste brusque je retire ma tête de cerf. Je respire mieux d’un seul coup. Il faut que j’arrête le soir de prendre de l’alcool,  des somnifères et de lire "La métamorphose" de Kafka.  Oh oui quelle pomme je suis d’avoir mis un masque au lieu de mon chapeau et surtout pensé que j’étais devenu un homme cerf.  Soudain J’entends ma biche crier, je me tourne vers elle, Sarah est livide. Elle me regarde effarée et s’affaisse. J’ai  juste le temps de la retenir dans mes bras avant qu’elle ne tombe au sol. Je me dirige avec ma biche dans les bras. Je la pose sur le lit. Je sors mon téléphone mobile de ma poche pour appeler les secours, et à ce moment je me vois dans la  psyché,  je vacille. Une grosse pomme a poussé au milieu de mon visage.

Surprise... Surprise

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Rédigé par Martine.

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Publié le 4 Décembre 2017

Une nuit d’été

Jeanne était heureuse. Son papa l’avait emmenée avec elle en week-end.  C’était la première fois qu’elle partait seule avec lui et qu’elle dormirait à l’hôtel. Où l’avait-il emmenée ? elle ne s’en souvient plus très bien aujourd’hui.

Ils avaient pris le train, étaient arrivés dans une petite gare. Le voyage n’avait pas duré très longtemps

Dans une grande salle, elle avait assisté  à un défilé de belles  jeunes femmes  en maillot de bain sous le  curieux regard de vieux Messieurs  et de son papa. Une d’entre elles avait été élu Reine. On lui avait mis une jolie couronne sur ses longs cheveux blonds et passé une écharpe par-dessus sa tête. 

Le soir ils s’étaient dirigés vers l’hôtel. Après avoir monté un vieil escalier en bois ils s’étaient dirigés vers une chambre assez grande avec un grand lit double.  La perspective de dormir à côté de son papa qu’elle aimait tant à la place de sa maman la réjouissait. Elle se déshabilla, mis son pyjama et se coucha. 

Son papa non seulement restait habillé mais avait remis la veste de son costume. Il se pencha au-dessus d’elle,  lui fit un gros baiser sur la joue et lui dit qu’il allait s’absenter très peu de temps quand elle dormirait et qu’il reviendrait avant qu’elle ne se réveille. Ce serait un secret entre eux, il fallait surtout qu’elle ne dise rien à maman. Elle ne serait pas seule pour dormir. Il lui tendit son ourson en peluche qu’il avait pensé à emmener. A  dix ans,  Elle ne dormait plus avec son doudou mais elle le prit dans ses bras en retenant ses larmes de déception. Elle ne devait pas pleurer cela ferait du mal à Papa. Elle avait confiance en lui,  il ne pouvait pas lui mentir.  Il fallait qu’elle dorme vite et, quand elle se réveillerait demain matin,  il serait couché à ses côtés et ils passeraient la journée ensemble.

La journée avait été fatigante, Elle s’endormit vite. Quand elle se réveilla il faisait encore noir. Elle se rappela qu’elle n’était pas chez elle et tâtonna dans le lit pour trouver son papa. Il n’était pas à ses côtés. Elle alluma la lampe de chevet et constata effrayée qu’il n’était pas rentré.  Elle se leva, se dirigea vers la fenêtre et regarda dehors. Elle ne vit rien sinon l’obscurité qui l'effraya.

Elle se recoucha vite pour se blottir dans son lit protecteur. Où était-son papa ?  Peut-être était- il avec la jolie dame qui était assis hier soir à ses côtés au dîner de banquet et qui lui avait souri. D’habitude elle n’avait pas peur de la nuit, du noir. Au contraire, quand elle ne dormait pas,  elle  aimait écouter le silence de la maison et rêver éveillée à une vie plus belle avec une autre maman qui aurait su l’aimer.  Elle angoissait mais elle faisait confiance à son papa, il reviendrait, il ne pouvait pas l’avoir ainsi abandonnée à moins qu’il lui soit arrivé un accident. Elle pensa un moment à sortir mais elle avait trop peur et ce n’était pas raisonnable. Elle pourrait rencontrer des messieurs méchants qui lui feraient du mal et elle avait promis à sa maman qu’elle ne parlerait jamais à des inconnus. Elle devait donc attendre papa. Elle essaya de se rendormir mais n’y parvint pas.

Son papa revint au petit matin. Il commençait à faire jour. Quand elle le vit entrer dans la chambre, elle fût soulagée mais elle lui en voulait un peu et fit semblant de dormir.  Il avait l’air très fatigué. Il retira sa veste, son pantalon et sa chemise et se coucha à ses côtés. Quand ils se levèrent, elle lui demanda s’il avait été voir la jeune dame du banquet. Il acquiesça en ajoutant  qu’il ne fallait surtout pas le dire à maman. Elle jura qu’elle garderait le secret mais elle voulait savoir si, comme c'était arrivé au papa de sa petite camarade Catherine,  il allait quitter sa mère et partir avec cette dame. Il se mit à rire et lui dit que bien sûr que non. Ils allaient  ce soir rentrer tous les deux à la maison et retrouver maman qui les attendait.

Une nuit peut en cacher une autre

26 ans plus tard

Jeanne angoisse, il est 21 heures : son époux n’est pas encore rentré du salon de l’automobile où il tenait le stand de son entreprise.  Il n’a pas appelé. 22 heures, il n’est toujours pas là, ce n’est pas normal. Il a dû lui arriver un accident. Elle monte se coucher pour l’attendre dans son lit. Elle se rappelle à ce moment-là une nuit passée lorsqu’elle était enfant  à attendre son papa qui l’avait laissé seule dans une chambre d’hôtel. C’est insupportable. Elle redescend dans le salon. Pour tuer l’angoisse elle continue une tapisserie représentant une scène de la belle époque à Paris. Cela la calme, elle se plait à penser que, telle Pénélope, elle attend son Ulysse et qu’il reviendra comme son papa il y a longtemps.  

Vers minuit, il arrive dans un état d’énervement inhabituel et lui indique qu’il a rencontré une jeune femme qu’il fréquente depuis 4 ans et qu’il va la quitter. Il a eu beaucoup de mal à choisir mais elle lui a lancé un ultimatum en le menaçant de rompre leur liaison s’il ne la rejoignait pas. Il ne veut pas la perdre et partira demain matin. Quel choc brutal ! Elle lui faisait confiance, jamais elle n’aurait pu imaginer qu’il allait la quitter un jour, cela n’arrivait qu’aux autres.  Elle n’avait rien deviné de cette liaison et pourtant maintenant ... pauvre sotte, on ne voit pas ce qu’on ne veut pas voir !  Comment pouvait-il lui avoir menti ainsi pendant longtemps. Elle pleure intérieurement pour ne pas lui montrer sa souffrance. Il allait la quitter pour une autre pas l’instant d’une nuit mais pour toujours. Tout ce qu’ils avaient construit ensemble s’effondrait subitement.

Comme pour en rajouter, il lui déballe, sans précaution, tout ce qu’il a contenu pendant longtemps. Ces reproches, même si beaucoup sont justifiés, lui font beaucoup de mal. Bien sûr elle n’a pas compté ses heures au travail et l’a un peu délaissé mais c’était pour monter dans l’échelle sociale et pouvoir se payer une jolie maison et satisfaire tous leurs rêves de voyage et offrir à leurs enfant une jolie vie.

Elle passe une nuit détestable mais elle n’arrive pas à imaginer qu’il puisse ainsi la quitter brusquement pour une jeunette. Elle l’aime, il faut qu’elle arrive à le retenir. 

Le lendemain matin, comme il lui avait annoncé, il sort comme un automate, sans un mot,  prend sa voiture   Il est tellement perturbé et pressé de retrouver sa maîtresse pour lui annoncer la bonne nouvelle qu’il sort du garage très vite sans regarder autour de lui et tamponne la voiture d’une voisine qui a eu le malheur de passer à ce moment-là. : Juste de la tôle froissée. Il fait le constat et elle pense qu’il va repartir aussitôt après. Sentant qu'il n'est pas en état réellement de conduire, Il ne part pas et reste toute la journée à la maison couché certainement  pour ne pas avoir à l'affronter.

Les enfants sont perturbés. Elle leur dit que papa est malade mais elle imagine, qu’au fond d’eux-mêmes,  ils savent que quelque chose de grave vient d'arriver mais c’est à lui de leur dire ce qui se passe réellement.  

Il ne le fera pas. Il ne rejoindra pas sa maitresse et restera sans lui dire qu’il avait décidé de rester.  Ils ne reparleront plus jamais de cette nuit qui l’a marquée à jamais comme l’autre nuit de son enfance  où elle avait cru que son papa chéri  pourrait l’abandonner et lui préférer une jeune dame. 

Martine / Décembre 2017 Défi 196 des croqueurs de mots animé par Colette

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Publié le 20 Novembre 2017

Ma reine à moi

Je m’appelle Edmond. Je vis chez papi et mamie que j’aime beaucoup.  

Je n’ai jamais connu mon papa.  Maman m’a abandonnée brutalement pour partir vivre très loin là-haut. Mamie me dit que Dieu l’a appelée pour qu’elle vienne habiter avec lui dans son pays au-dessus des nuages. Quand je lui ai demandé pourquoi maman est partie sans moi, elle me répond que le roi du ciel n’a pas voulu de moi et que Maman est partie seule car on ne peut  s’opposer à la volonté de Dieu.

La maman de mon copain Arsène l’a quitté aussi mais pas pour le ciel, juste dans la ville voisine pour rejoindre un Monsieur qui travaille avec elle dans la fabrique de chaussures. Arsène a de la chance il peut voir sa maman. Quand je lui ai demandé si le nouveau mari de sa mère était le roi de l’usine et s’il portait une couronne.  Arsène a rigolé en me répondant que, même si c’était le roi des cons laid comme un crapaud,  il ne portait pas de couronne sur son crâne complètement chauve.

Quand je lui ai répondu, fier comme un coq, que ma maman était partie  pour rejoindre un vrai Roi, celui du Ciel et qu’elle était reine désormais.il m’a rétorqué que j’étais un gros nigaud qui croyait tout ce qu’on me racontait. Ma grand-mère m’avait menti. Ma maman était morte et n’avait pu rejoindre Dieu parce qu’il n’existait pas. Comme je ne le croyais pas le soir en sortant de l’école,  il m’a emmené sur la tombe de maman au cimetière du village où j’ai pu lire son  nom sur une pierre surmontée d’une croix. J’avais encore espoir que ma maman divorce avec Dieu et qu’elle rentre sur terre mais j’ai compris à ce moment-là que je ne la reverrai plus jamais. J’ai pleuré, j’étais si triste mais aussi heureux que ma maman n’ait pas préféré Dieu à moi et qu’elle soit partie sans le vouloir.

En rentrant à la maison le soir, j’ai traité ma mamie de menteuse. Je lui ai dit que je savais que maman était morte et qu’elle n’était pas au ciel avec Dieu mais en pleine terre dans le cimetière du village. Je leur ai dit que je ne les croirai et ne leur parlerai plus jamais. Mamie m’a répondu en pleurant que, quand Maman est partie, j’étais trop petit et qu’ils n’avaient pas osé me dire la vérité trop douloureuse à supporter. Ils sont si tristes que je ne suis pas fier de les avoir peinés ainsi. Je comprends et je les aime bien. Je boude ce soir assis sur ma chaise en caressant le pull de maman que j’ai mis sur mes genoux  et demain je leur reparle et leur fait un gros bisou pour me faire pardonner. J’irai aussi au cimetière porter une couronne en papier doré sur la tombe de maman : ma reine à moi.

Martine / Décembre 2017 pour le (Défi 195 des croqueurs de mots) animé par Josette

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Publié le 6 Novembre 2017

Pierre sait que pour lui aujourd'hui, comme le dit si bien  Marcel Pagnol dans le Spountz,  « les difficultés commencent : c’est le signe de la réussite ». Il vient de prendre pendant cette nuit d'Halloween de se lancer un défi délicat qu'il allait réussir.

Malgré qu’il ait peu dormi,  il se lève ce matin joyeux. Il déjeune rapidement de quelques muffins accompagné d’un grand bol de thé en écoutant distraitement les mauvaises nouvelles du Monde à la radio qui aujourd’hui ne l’atteignent pas. Il  se douche. Il ne portera pas son jogging habituel mais choisit dans son dressing un jean, un pull blanc en cachemire et un blouson gris en laine  tout juste sorti du pressing sur  lequel rutile l’insigne des pompiers. Il aurait aimé être pompier mais avec son handicap il n'a pas osé se présenter de peur d'être rejeté . Il s’habille, attrape son sac à dos et y glisse un cahier après y avoir écrit quelques mots. Il sort  de chez lui, presse le pas et se dirige vers les étangs. Le trajet lui semble plus long que d’habitude. Une pensée l’obsède et l’angoisse : Sera-t-elle là au rendez-vous qu’il ne lui a pas fixé? 

Enfin apparaît Le miroir d’eau rutilant sur lequel se reflète l’azur moutonneux du ciel et l’or pourpré des feuillages d’automne. Il tourne son regard sur la droite : la demoiselle est bien là comme chaque matin assise sur son banc à regarder les cygnes glisser sur l’étang. Les caprices d’Éole font virevolter sa longue et soyeuse chevelure d’ébène.

D’habitude il se contente de la regarder furtivement en faisant son jogging matinal et en rêvant qu’un jour il osera dépasser sa timidité et son d'assurance pour s’assoir à côté d’elle sur ce banc, la regarder et communiquer avec elle à sa façon très particulière.  Il sort son cahier de son sac, se dirige vers le banc et s’assoit doucement à ses côtés. Surprise et quelque peu apeurée, elle tourne son regard vers lui. Comme elle est belle cette jeune chinoise avec ses yeux noirs en amande et sa peau couleur miel.

Il lui présente son cahier ouvert sur la première page. Étonnée elle lit  les quelques mots écrits  : « Bonjour mademoiselle je m’appelle Paul, n’ayez pas peur, je ne peux vous parler, je suis muet mais je ne suis pas sourd et peut vous entendre. Quel est votre prénom ? »  

  • Je m’appelle Shing répond-t’elle .

Paul se saisit de son stylo et écrit : C’est un joli prénom qui vous va bien : La charmante Shing  qui aime les cygnes. 

  • Vous êtes muet mais poète. Cela doit être difficile et long d’écrire et cela vous empêche peut-être de tout exprimer.

Paul écrit : C'est une chance qui me force à être concis et à privilégier l’écoute de mes amis  et comme écrivait Kipling dans la lumière qui s’éteint  « À quoi bon avoir un ami, s'il faut lui faire signe pour qu'il regarde et tout lui dire pour qu'il comprenne"

  • Je n'ai pas lu ce roman mais comme c'est vrai Paul

Paul écrit : "Regardez Shing un couple d’oiseaux blanc nous adresse un signe en langage des cygnes"

Shin tourne son regard vers l’étang et vit les deux cygnes former un cœur avec leurs cous graciles, c'est beau !

    Un petit signe en langage des cygnes

    Elle se retourne vers Paul qui la regarde en souriant. Il forme un cœur avec ses deux pouces et index réunis et écrit sur son cahier "cela veut dire je t'aime". S'il te plait Shing fais-moi ce petit signe en langage des cygnes

    Shing à son tour l’imita et forma un cœur avec ses mains

    Un petit signe en langage des cygnes

    Paul rougit lui prit la main et lui dit :

    • Mer...mer.. ci, je, je je t’ai..t’ai ..me...me. Shin..shing..

    et quand il s'aperçut avec effroi qu'il avait parlé, il écrivit sur son cahier "je ne suis pas muet mais bègue, je préfère écrire, je n'ose pas parler de peur qu'on se moque"

    Shin sourit,  lui prit la main et lui murmura à l'oreille

    • Je préfère que tu parles Paul même en bégayant, tu es charmant !

    Martine / Novembre 2017 pour le défi 194 des croqueurs de mots animé par Lénaïg

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    Rédigé par Martine.

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    Publié le 14 Octobre 2017

    J'ai été très occupée et n'ai pu écrire un texte pour le nid des mots d'octobre sur le thème Gourmandise. Pour ne pas rendre une page blanche vous trouverez, ci-dessous en lien, un texte écrit en 2015 "BOF CHEF".

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    Rédigé par Martine.

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    Publié le 29 Mai 2017

    En ce beau dimanche de mai, je me promène à Londres au bord du canal. C’est le début de l’après-midi, l’heure de la sieste après le repas de famille. Le quai est désert. Soudain au loin une masse qui brille au soleil attire mon attention. Je ne sais pas d’ici ce que cela peut être. Je m’approche et j’ai du mal à croire ce que je vois : un tas de pièces de 2 pence. Il y en a des milliers.

    De l'argent tombé du ciel

    Je me demande un moment si je ne rêve pas mais non. Elles sont bien là devant moi et ne demandent qu’à être ramassées. Curieusement je ne le fais pas. Je me dis que cet argent doit être à quelqu’un mais comment a-t-il atterri ici ? On ne peut pas perdre autant de pièces à la fois sans s’en rendre compte ? Le quai est désert. Et si c’était un piège. Il se trouve qu’en ce moment j’ai quelques problèmes d’argent. Mon compte en banque est vide, normal l’argent court trop vite sur un compte courant. Cette somme est la bienvenue mais je ne peux pas venir déposer ces milliers de pièces à mon agence bancaire, j’imagine la tête de l’employée qui devra les compter. Je ne me vois pas non plus payer à l’hypermarché mes courses avec ces pièces, je provoquerai une émeute à la caisse. Je pourrais aussi aller au centre des impôts solder mon impayé mais l’employé prendrait cela pour une provocation et ce n’est même pas certain qu’il les accepte

    Alors que faire. Je me baisse touche les pièces. Exposées au soleil, elles sont chaudes. On ne peut pas dire que ce soit de l’argent frais. Ce sont de vieilles pièces certainement car elles sont poussiéreuses. Si je les garde je vais devoir les laver pour blanchir cet argent sale. Je les renifle mais c’est bien connu « l’argent n’a pas d’odeur ». Que faire ? Je regarde autour de moi personne. J’ai bien envie de les ramasser, je pourrais toujours les distribuer aux SDF en ville et ferai des heureux mais ils pourraient croire que je me moque d’eux en me débarrassant de ma petite monnaie. J’ai un sac à dos et dedans un sac à commission pliable. Je vais pouvoir toutes les ramasser mais il faut faire vite avant qu’un promeneur arrive et me voit. Je ramasse les pièces et les met dans mes sacs. Celles qui sont dans mon sac à dos ne sont pas dépaysées : de l'argent liquide avec ma gourde de randonnée remplie d'eau. 

    Toujours personne. Je me relève, met mon sac à dos sur mon dos et porte le pochon en plastique contenant le reste des pièces. C’est si lourd que j'abrège ma promenade dominicale et rentre chez moi dans un petit logement deux pièces que je partage avec Pascal mon futur ex qui travaille aujourd’hui. Je le surnomme ainsi car je suis bien décidée à le quitter bientôt. Notre appartement donne sur une avenue habituellement bruyante mais si calme en ce début d’après-midi. Je m’installe dans mon canapé pour réfléchir. Que vais-je faire de cet argent ? Je n'ai pas envie le garder. Je suis trop honnête et je m’en veux déjà de l’avoir ramassé.

    Soudain une idée farfelue me vient, elle me fait même sourire. Je me dirige vers la fenêtre du séjour, l’ouvre en grand. Je me penche pour regarder le trottoir de l’avenue en dessous, je regarde à droite, à gauche. Il n’y a personne. J’attrape mon sac à dos, l’ouvre retire le bidon d'eau, me penche par dessus la rambarde et  le retourne. Les pièces tombent sur le trottoir en faisant un bruit métallique. Je ferme la fenêtre, Je me dirige vers la chambre avec le sac plastique et le renverse aussi sur le trottoir. Je prends une photo des pièces qui jonchent le trottoir. Je referme la fenêtre et, dissimulée derrière le rideau je vais maintenant pouvoir observer discrètement la réaction des passants quand ils vont découvrir tout cet argent. Je vais bien m’amuser cet après-midi. Je les prendrai en photo à leur insu pour les publier sur mon blog pour les scènes de rue chez COVIX. Quand Pascal rentrera du travail ce soir et qu’il me demandera comme il le fait à chaque fois, plus par habitude que par réel intérêt pour ma personne, ce que j’ai fait aujourd’hui, je lui répondrai : J’ai jeté l’argent par les fenêtres ce qu’il me reproche en permanence. Pour une fois ce sera vrai !

    En fin d’après-midi Pascal en rentrant de son travail est passé devant le tas de pièces que personne n'avait encore ramassé. Les gens passaient, marchaient sur les pièces, parfois en en ramassant quelques unes et les mettaient discrètement dans leurs poches, Un Monsieur s'est couché sur les pièces et a fait un selfie. Un autre a ramassé plusieurs poignées de pièces et les a lancées en l'air. Pascal a paru surpris en voyant toutes ses pièces mais   s'est dirigé très rapidement vers la porte de notre immeuble en souriant et sifflotant. Quand il est rentré dans l'appartement Il ne m’a rien demandé mais c’est écrié . Devine ce que j'ai fait aujourd'hui. Je ne sais pas lui ai-je répondu. Je suis allé voir mon Directeur et je lui ai donné ma démission. Mais chéri tu es fou me suis-je écriée on a déjà plein de dettes. Ne t'inquiète pas mon amour, plus jamais nous n'aurons à travailler. Nous sommes riches Je suis le grand gagnant du tirage du Millionnaire d’hier, à nous la vie de château. Il a dû me montrer son ticket et les chiffres du tirage gagnant pour que je puisse le croire. Il a rajouté en souriant. et tu sais en plus sous nos fenêtres en rentrant j'ai trouvé des milliers de pièces de 2 pences sur le trottoir qui ont du comme la pluie tomber du ciel  ! Donnes mois un sac, je vais aller les ramasser. Je lui ai tendu le pochon plastique et il a dévalé les escaliers. Je J'ai vu par la fenêtre ramasser les pièces qui restaient. Il est remonté, a déposé le sac sur la table. Il m'a regardé en souriant. Si je n'avais pas confiance en toi je dirais que j'ai une chance de cocu. J'ai ri car il ne savait pas à quel point il avait raison. Mais je ne  le tromperai plus et je vais quitter mon amant pour partir avec lui sous les tropiques. J'aurais tellement d'argent que je pourrais le jeter par les fenêtres en dépensant sans compter et  sans gêne.

    Martine / Mai 2017 pour le défi 187 des croqueurs de mots animé par Florence

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    Rédigé par Martine.

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    Publié le 17 Avril 2017

    Rencontre

    "Alors qu'il avance d'un pas décidé dans le couloir de la station Les Sablons à Neuilly, Vincent entend le métro approcher ». il est pressé, il a un rendez-vous important et il n’est pas en avance. Il accélère sa marche. Quand il arrive sur le quai il entend la sonnerie stridente de fermeture des portes retentir, il se met à courir mais les portes se referment devant lui. Il devra attendre la prochaine rame. Il s’en veut. S’il avait couru dans le couloir comme il en a eu envie, il n’aurait pas maintenant à attendre désœuvré sur ce quai bondé. Il pense à son rendez-vous qu’il a attendu avec impatience comptant les jours qui l’en séparaient. Une pensée soudaine  l’envahit. Y Tient-il vraiment? Depuis ce matin on dirait que tous les obstacles se mettent sur son chemin pour l’empêcher d’honorer cette entrevue et si c’était lui qui, inconsciemment, freinait, avançait à reculons vers son avenir. Il est sorti de ses réflexions par une annonce RATP. « Le Trafic est interrompu sur la ligne 1 en raison d’un incident technique». Non ce n’est pas lui qui freine pense-t-il, peut être son ange-gardien qui fait tout pour réduire à néant son envie de métamorphose.

    Sur le quai, il est surpris par le regard d’une jeune femme aux cheveux très courts aux traits du visage si fins qui contrastent avec son allure masculine et son corps très musclé. Ému, Il la regarde et lui sourit. Son visage gracieux s’éclaire soudain d’un soupçon d’amusement comme si elle éclatait de rire au plus profond d’elle-même tout en essayant de le masquer.

    Pour résister au trouble qui l’envahit dans cette confrontation silencieuse, il lui dit les premiers mots qui lui viennent spontanément

    • « Je m’appelle Vincent et toi ? ».

    Il s’en veut aussitôt. C’est stupide comme début d’une histoire il en convient mais que pouvait-t-il lui dire d’autre. Elle n’a pas l’air de lui en vouloir au contraire et l’ironie de son premier sourire fait place à une grande douceur.

    • "Vincent" : alliance de vingt et de cent, Serais-tu un matheux ? Je m’appelle "Ella" alliance du « L » et du « A », je suis une littéraire ».
    • J’ai toujours été nul en maths. je suis plutôt un artiste perdu dans ses rêves. Je suis coiffeur et toi ?
    • Coiffeur, est-ce pour cela que tu as un cheveu sur la langue ?

    Vincent rougit, elle avait remarqué son léger bégaiement qui s’accentue quand il est ému.

    • Tu as de l’humour Ella, oui je zozote un peu parfois quand je suis stressé. Et toi que fais-tu comme métier ?
    • J’ai une passion pour les arbres. Je suis jardinière plus précisément élagueuse pour la ville de Paris.
    • Enchantée de te connaître Ella l’élagueuse. Ce n’est pas trop difficile comme métier pour une femme ?
    • Et toi coiffeur ce n’est pas trop difficile pour un homme de côtoyer toutes ces femmes et de recevoir leurs confidences ?

    Vincent rougit encore plus de la stupidité machiste de sa question. mais cette jolie jeune femme à la force douce et si vive d’esprit lui faisait perdre tous ses moyens. Étant attiré par les hommes, c’était la première fois que cela lui arrivait de ressentir un tel attrait pour une femme et cela le troublait d’autant plus.

    La voix d’une hôtesse RATP interrompit quelques instants leur dialogue « le trafic est interrompu sur la ligne 1 entre Charles de Gaulle étoile et la Défense pour une durée d’au moins une heure. Merci de sortir du métro pour prendre le bus 73 afin de rejoindre Étoile ou La Défense.

    Ella sembla contrariée un moment puis sourit en se tournant vers Vincent et lui dit

    • Au revoir Vincent, J’avais envie, en ce samedi ensoleillé, de faire du shopping sur les Champs Élysées. J’y renonce, je rentre chez moi. Merci la RATP je vais faire des économies aujourd’hui.
    • Je vais rentrer chez moi aussi et je renonce à mon rendez-vous. Cela n’a plus d’importance, je n’avais pas vraiment envie d’y aller. Mais avant puis-je t’offrir un verre Ella au Sequoia Café. J’ai envie de mieux te connaître
    • D'accord Vincent mais s’il te plait ne me drague pas, je déteste cela.
    • Tu me fais rire Ella, tu ne risques rien, je suis gay
    • Merci pour ta confidence Vincent, Bienvenue au club : je suis lesbienne !

    Ils continuèrent leur conversation en se dirigeant vers la sortie du métro

    • Tu avais rendez-vous avec ton compagnon Vincent ?
    • Non pas du tout, je n’en ai pas en ce moment. Je suis dans une période de remise en question
    • Je suis curieuse. Est-ce que ce rendez-vous avait un rapport avec ton état actuel ?.
    • Oui Ella.
    • Tu allais chez un psy.
    • Non mais tu brûles.
    • Tu allais chez un médecin ?
    • Oui.
    • Ton généraliste ?
    • Non un spécialiste à l’hôpital Saint-Louis qui ne soigne pas mais change ton image.
    • Un chirurgien esthétique ?
    • En quelque sorte !
    • Je ne devine pas dis moi.
    • Normal c’est impossible à trouver et même si tu le trouvais oserais-tu le dire ?
    • Allez dis moi Vincent !
    • Si je te le dis tu ne viendras plus boire un verre avec moi après.
    • Mais si je te le promets.
    • J’allais voir un chirurgien qui allait me transformer en femme ? Je suis coiffeur pour transsexuels. A force de les côtoyer j’avais envie de changer de sexe. Maintenant finalement je crois qu’inconsciemment je ne le veux pas. Je me réjouis que cette panne m’ait empêché d’y aller. Je crois aux signes du destin. Ella tu peux revenir sur ta promesse. je comprendrai que tu te sauves rapidement car les gens bien ne peuvent admettre cela
    • Sauve qui peut ! Non je plaisante, je reste. Je suis très heureuse de t’avoir rencontré et me réjouis de cette panne dans le métro qui m’a permis de faire ta connaissance. Je crois qu’une belle amitié est née.

    Sur ce Ella lui fit un petit baiser furtif sur la joue, le prit par le bras et ils sortirent ensemble sur l’avenue Charles de Gaulle. Elle le regarda en souriant et lui dit

    • Tu sais Vincent Je n’aime pas les gens biens et comme dirait Emile ZOLA dont j’ai lu tous les livres et que j’adore « quels gredins les honnêtes gens »

    Martine / Avril 2017 pour le défi 184 des croqueurs de mots que j'ai le plaisir d'animer

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    Rédigé par Martine.

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    Publié le 6 Mars 2017

    Je n’aime pas jouer aux jeux de société. C’est trop statique pour moi qui aime bouger en permanence. Je le fais néanmoins de temps en temps avec mes petites filles pour les occuper quand le temps n’est pas clément. Quand Josette nous a demandé de lancer les dés et d’entrer dans le jeu, j’ai failli renoncer car je n’ai à la maison ni jeu de Monopoly, ni dés. J’ai trouvé chez mon ami Google la photo du jeu et même des dés virtuels. Je suis donc prête à jouer.
     

    Photo PIXABAY

    Photo PIXABAY

    Je lance virtuellement les 2 dés et je tombe sur 3 et 2, j’avance de 5 cases mon pion. Me voici Gare Montparnasse, quelle chance la gare d’où part le TGV qui dessert Les Sables d’Olonne. C’est amusant, je viens de rentrer à Cergy et je n’ai qu’une envie repartir dans ma chère Vendée. Je ne prendrai pas le train cette fois ci. J’en profite néanmoins pour monter en haut de la tour Montparnasse pour admirer la très jolie vue sur Paris et voir toutes les lignes qui partent de la gare pour aller jusqu’à l’océan.

    Escapade dans Paris Monopoly

    Je n’irai pas jusqu’à l’océan aujourd’hui et avant de reprendre le jeu je vous propose une escapade, un voyage vers le passé. En effet à Montparnasse je suis tout près du quartier Pernety celui de mon enfance, dans ce 14ème arrondissement où j’ai passé chez ma grand-mère les premières années de ma vie. Suivez-moi nous allons prendre la ligne 13 du métro, deux stations seulement, gaité (je suis gaie comme un pinson et j’aimerais descendre y faire mon nid) mais je vais continuer jusqu’à la station suivant Pernety où nous allons descendre. La station n’a pas changé toujours le même long escalier à monter. Sa façade est toujours la même aussi.

    Escapade dans Paris Monopoly

    Dirigeons nous vers la Rue Boyer Barret toute proche.

    La boulangerie existe toujours à l’angle de la rue Raymond Losserand. Je me souviens : chaque jour je rentrais dans cette boutique et je demandais à la boulangère en lui tendant mes pièces un "petit fendu" bien cuit. Elle me faisait un grand sourire et je ramenais fièrement à ma mamie le pain tout chaud. Je suis triste de voir que beaucoup de commerces sont aujourd’hui fermés. Dans mon enfance il y avait :

    • Une crémière où nous achetions des yaourts à l’unité en pots de verre consignés,
    • Un marchand de journaux ou Mamie prenait chaque jour son «France Soir» dans lequel je suivais avec plaisir les aventures de Chéri Bibi ,
    • Une marchande de couleurs toujours souriante et pimpante comme sa boutique. j’aimais flâner chez elle au milieu d’un bazar hétéroclite fait d’ustensiles ménagers et respirer l’odeur de lessive dont je me souviens encore aujourd’hui.
    • Un café bougnat au pied de notre immeuble tenu par un couple d’auvergnats qui nous livrait le charbon dans la cave et chez qui nous recevions parfois des appels téléphoniques

    Arrêtons-nous devant le 3 bis. Ma grand-mère était la concierge de cette immeuble et j'ai vécu mon enfance dans la minuscule loge au fond de la grande entrée qui donnait sur une cour où il y avait les toilettes. Nous n'avions pas non plus de lavabo, d'eau chaude mais j'étais heureuse. Quand ma grand-mère a pris sa retraite, elle a continué à vivre dans cet immeuble au second, les fenêtres avec les stores au 2ème étage.

    Escapade dans Paris Monopoly
    Escapade dans Paris Monopoly
    Escapade dans Paris Monopoly

    Après cette escapade dans mon enfance, il me faut retourner au jeu de Monopoly.

    Je lance les dés virtuels : 2 et 1. J’avance de 3 cases Je m’arrête sur la case « Rue de Courcelles ». Qu’irais-je faire dans ce quartier bourgeois que je n’aime pas et où il n’y a pas grand-chose à voir si ce n’est au N°45 le bel immeuble haussmannien où a vécu au premier étage Marcel Proust avec ses parents et son frère. Je ne m’y arrêterai pas, je n’accroche pas au style d’écriture de Proust. Je n’ai jamais réussi à lire un de ses livres jusqu’au bout.

    Adrien_et_Robert_Proust (père et frêre de Marcel proust) sur le balcon du 45 rue de courcelles

    Adrien_et_Robert_Proust (père et frêre de Marcel proust) sur le balcon du 45 rue de courcelles

    Je relance les dés 4 et 2. J’avance de 6 cases pour me retrouver au paradis, pardon rue de Paradis qui est en prolongement de la rue bleue anciennement rue de l’enfer. On a supprimé l’enfer pour en faire un prolongement bleu du paradis. Je ne m’arrêterais pas non plus rue de Paradis pour l'acheter : Le paradis se mérite, il ne se vend pas.

    Je relance les dés 5 et 4. J’avance de 9 cases et me retrouve Boulevard Malesherbes. Cela m’apprendra de ne pas m’être arrêtée au paradis, le mal me poursuit et des mauvaises herbes j’en ai assez à désherber dans mon grand jardin.

    Relançons vite les dés : 2 et 1. Je me retrouve rue du Faubourg Saint-Honoré. Je m’arrête devant le Palais de l’Elysée. J’achèterais bien ce luxueux château, j’en ferais un hôtel d’urgence pour SDF et Migrants. Hélas à part les 20000 euros que j’ai reçu au départ je n’ai encore rien gagné dans le jeu, normal je ne travaille pas et je n’ai pas investi. Je ne serais jamais riche mais je suis heureuse de ma vie de bohème à Paris.

    Continuons le jeu et relançons les dés : 6 et 4. J’avance de 10 cases et j’arrive sur la case chance. Comme je n’ai pas le jeu, je n'ai pas les cartes associées et ne peut en tirer une.  Je sors du monopoly et je vais au bureau de tabac le plus proche miser 2 euros à l’euro million qui sera tiré ce soir. Ne voulant pas choisir de numéros, je fais un flash. Le lendemain je retourne au bureau de tabac, j’insère mon bulletin dans la machine qui m’indique que j’ai gagné……. Plus de 130 millions d’euros.

    C’est un choc. Je n’y crois pas. Je n’arrive même pas à m’en réjouir cela me fait peur. J’ai calculé que j’allais payer 9000 euros d'impôts par jour !!

    Ma vie faite de petits bonheurs tous simples me plaisait beaucoup ainsi. Néanmoins je ne renonce pas à cette somme, Je ferai des heureux autour de moi et parmi les plus démunis.

    Pour le moment je retourne dans le Monopoly placer cet argent dans l’immobilier. Je Relance les dés virtuels : 4 et 4. Je tombe sur la case impôts sur le revenu….. Mon premier don sera pour l’état. Dépitée je sors définitivement du jeu pour retrouver avec plaisir la réalité et mes nombreuses petites joies gratuites qui font mon bonheur et me donne la joie de vivre.

    Martine / Mars 2017 pour le défi 181 des croqueurs de mots animé par Josette.   

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    Rédigé par Martine.

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