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Publié le 6 Avril 2015

Où vas tu ? .... Où es tu ?

LA SUPPLIQUE DE CLAIRE
 

Où Vas-tu ?

Le sais-tu ?

Retourne-toi ?

Jean je suis là ,

l’ombre après toi

Ne m’oublie pas ?

 

Peu importe le destin

Seul compte notre chemin

Même avec quelques ornières.

Méfie-toi de la lumière,

Un Miroir aux alouettes

Qui te fait perdre la tête.

Vers elle je n’irai point

Je prends un autre chemin

 

Où Vas-tu ?

Le sais-tu ?

Oh Jean Ne m’oublie pas

Vite Retourne-toi ?

Je suis encore là

Prenons nous par la main

Pour un nouveau départ

Sur un autre chemin

Demain il sera trop tard

 

LE MONOLOGUE DE JEAN

 

Le ciel a tant pleuré sur notre passé,  qu’aujourd’hui  j’ai décidé d’avancer tout droit sans me retourner jusqu’à l’astre lumineux de l’horizon.

J’entends Claire derrière moi me supplier de ne pas y aller. Surtout ne pas l’écouter, ne pas penser, avancer aveuglé  par la lumière, marcher vite atteindre l’horizon,  l’inaccessible étoile.

Encore quelques pas,  j’y suis presque.  Le ciel s’assombrit soudain et se zèbre d’éclairs, le tonnerre retentit. La terre vibre sous mes pas. Je tremble de froid, de peur. Ne pas m’arrêter. Je continue à progresser.

Soudain l’horizon est atteint,  je ne peux aller plus loin. Une force incroyable me projette  dans le vide,  je bascule de l’autre côté la tête en avant. Chute vertigineuse dans une cascade de lumière, chute interminable qui me terrifie.  

Soudain une sonnerie stridente retentit,  elle ne s’arrête pas …. C’est le réveil de mon téléphone portable qui met fin à cet affreux cauchemar….

Je me réveille couché en chien de fusil cramponné à mon oreiller que je sers dans mes bras comme un doudou.  J’ai froid, je n’ai plus de couette sur mon corps. Encore terrifié je ne veux pas lâcher l’oreiller…. Mais il est tout rugueux, Ce n’est pas mon oreiller que je serre. J’ouvre les yeux et je m’aperçois  que je suis cramponnée à un tronc d’arbre la tête à l’envers dans une futaie inconnue à quelques centimètres du plancher des vaches…. 

Mais où es-tu Claire,  m’as-tu suivi ? Claire, Claire où es-tu ?

Où vas tu ? .... Où es tu ?

Martine / Avril 2015

pour   défi N° 142 des Croqueurs de mots    

 

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Rédigé par Martine.

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Publié le 30 Mars 2015

Le dernier défi mené par Enriqueta nous demandait de choisir parmi différents thèmes dont un était sur le grenier. Je n'ai pas eu le temps d'écrire de nouveaux textes étant très prise par le déménagement de ma fille. J'ai donc ressorti du grenier de quai des rimes un texte écrit en mai 2012 sur la découverte d'une lettre dans un grenier (lien ci-dessous)

Très chère maman

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Rédigé par Martine.

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Publié le 18 Février 2015

Toussine

John était à Cuba  quand il y rencontra  Irina  une jeune touriste moscovite. Un anglais sous les tropiques ne pouvait que séduire la jolie Russe rousse aux yeux couleur turquoise. Pendant cinq jours ce printemps là,  au son de la musique latino, ils dansèrent des tangos  à un train d’enfer même si John préférait le rock acrobatique exercice de haute voltige.  Chaque matin après une chaude nuit d’amour où ils s’étaient faits de tendres et drôles confidences, ils allaient admirer au bout de la jetée de Havana  le soleil levant sur l’archipel des Keys en  Floride cette route pont qui rejoint Miami à Key West, un  pont trop loin. Ils faisaient des projets d’avenir.  Irina revint à Moscou à la fin de son séjour. Ils étaient tristes de se quitter et promirent de s’écrire.

 

De retour Chez elle, Irina envoya une carte à John représentant la place rouge sur laquelle elle avait écrit à l’encre de sa jolie écriture ronde « Bon baisers de Russie, je t’aime John ».  John était retourné à Paris où il vivait.  Il lui écrit une carte d’amour, la carte du cœur qu’il avait choisie pour elle et sur laquelle à l’encre de ses larmes il avait écrit « je pleure mon amour . Tu me manques, on ne vit que deux fois au pire  peut être même qu’une seule fois, viens ma chérie  me rejoindre à Paris ».

 

Irina arriva tôt un beau matin à l’aéroport. John vint la chercher. Ce fut le jour le plus long de leur vie, le plus beau jour aussi.  Ils se promirent que Jamais, plus jamais ils ne se quitteraient. Il lui offrit une bague avec un diamant entouré d’une couronne de turquoises à la couleur de ses yeux.  Les diamants sont éternels et leur amour le serait aussi.

Ils se marièrent par une belle journée de Juin. Le soir dans le parc du château, ils organisèrent une grande garden-party et reçurent leurs amis et famille dans une grande tente  rouge symbolisant la maison Russie sur laquelle  un cœur de dragon couleur or était représenté, en hommage à un ami chinois qui venait de quitter ce monde en cette année du Dragon.  Ils partirent le lendemain en voyage de noce en Sicile et, dans leur hôtel  sous la bénédiction du Dieu Etna, presque au bord du volcan ils s’unirent.

 

John et Irina, le lion et le vent comme les appelait leur ami chinois, conçurent cette nuit-là  une jolie petite fille rouquine aux yeux bleus qui  naquit à Paris 9 mois plus tard. Irina aurait aimé donner à sa petite-fille le prénom Fiona comme le nom de la rose qu’elle aimait tant mais John  Connery n’aimait pas ce prénom.  Leur fille s’appellerait Toussine CONNERY en hommage à l’acteur que John aimait tant Sean Connery et qui avait influencé leur vie

 

Martine / Février 2015 pour prénoms du mercredi de Jill bill  (Toussine) de Jill Bill

Ce texte comporte une particularité. Réponse ICI

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Rédigé par Martine.

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Publié le 14 Février 2015

Je suis facteur. En semaine j’aime parcourir à vélo ma verte campagne normande, m’arrêter à chaque maison ou ferme, échanger avec les agriculteurs, les commerçants. Je m’attarde chez  les personnes âgées pour rompre quelques instant leur solitude, je leur rends parfois quelques services. Je connais tout le monde et tout le monde me connait. Certains sont heureux de me voir, je leur apporte des nouvelles de proches, l’annonce d’un heureux évènement. Pour d’autres je suis synonyme de factures, de relances, de lettre d’huissier mais ils continuent à m’accueillir avec chaleur

Je hais les dimanches. L’ennui me gagne. Je suis célibataire, je n’ai pas encore trouvé la femme idéale mais existe-t-elle ?  N’allant pas à la messe, je ne vois presque personne ce jour-là. Je m’efforce de sortir et de passer au café du village pour discuter  avec le patron et les habitués, toujours les mêmes. Nous noyons notre ennui en jouant à la belote et en buvant un verre. Mais aujourd’hui n’est pas un dimanche comme les autres, c’est la foire agricole dans une petite ville voisine. Chaque année c’est pour moi un plaisir d’aller dans cette ferme géante en plein air, d’admirer les chevaux et les bovins et goûter aux produits de notre terroir.

Je me précipite donc dès l’ouverture dans l’espace des bovins, chez les éleveurs de vaches laitières normandes. Je suis chauvin, ce sont mes préférées et mes amies que et peux observer lors de mes tournées dans la campagne normande. Un éleveur est en train de préparer une de ses vaches, Valentine, pour le concours agricole qui aura lieu en fin de matinée. Elle est superbe avec sa robe luisante noire  comme l’ébène,  ses pattes blanches et son pis énorme gonflé comme une baudruche. C’est plus fort que moi lorsque je vois des animaux, j’ai envie de les toucher. Je demande à l’éleveur que je connais si je peux la caresser. Il pose la brosse avec laquelle il la frottait vigoureusement me sourit et accepte. J'effleure lentement le flanc droite de la vache. Son pelage est très doux. Elle tourne la tête et me regarde fixement avec ce regard à la fois insistant et vide qu’ont les vaches curieuses de tout.

Saint Valentin à la foire Agricole

Pour répondre à ma question l’éleveur me précise que le concours aura lieu en fin d’après-midi juste avant que sa fille Anna qui est chanteuse amateur le week-end dans  les Karaokés de la région monte sur scène. Je la connais aussi. Je ris au fond de moi-même en pensant que sa vache et sa fille, les deux êtres que l’éleveur chérit le plus, vont monter sur scène.  Anna,  que je n’ai jamais entendu chanter,  a une quarantaine d’années et vit encore chez ses parents. Elle est aussi brune que la vache de son père. Ses grands yeux verts illuminent son teint porcelaine. Elle a beaucoup de charme et je n’y suis pas insensible.. Je n’ai jamais entendu Anna chanter.

Je quitte l’espace bovin pour visiter les  chevaux,  moutons, chèvres et termine par les stands de produits régionaux et d’artisanat ou ma gourmandise va être satisfaite. Je rencontre beaucoup de personnes que je connais qui me racontent les derniers potins du bled.

Au  concours des vaches normandes, Valentine remporte le premier prix.  Je suis heureuse pour l’éleveur que je félicite.  

 

 

Saint Valentin à la foire Agricole

Le temps passe très vite. La fatigue commence à me peser.  J’ai beaucoup marché, il y a beaucoup de bruits. Le brouhaha de la foule, les beuglements, hennissements et le pire l’animateur de la foire qui prend beaucoup de plaisir à crier dans son micro des annonces qui en deviennent parfois inaudibles. Je rentrerai bien chez moi mais j’ai tant envie d’entendre la jolie Anna chanter.

Je  me dirige vers l’estrade et m’installe sur une chaise juste devant la scène. Anna commence son répertoire en chantant quelques chansons françaises parmi les plus populaires de Piaf, Brel, Lama. Elle a une voix sensuelle à la fois chaude et haute qui me donne des frissons. Je suis conquis. J’oublie ma fatigue et ne voit plus le temps passer et ne quitte plus Anna du regard. Elle fait monter parfois des spectateurs sur scène pour chanter avec elle. Elle termine son tour de chant dans un tonnerre d’applaudissements. Je ne suis pas démonstratif et je me mets à hurler « une autre » aussitôt repris par la foule. Anna me regarde me sourit et me demande au micro de monter sur scène à ses côtés. Me voyant hésiter elle insiste. Je la rejoins timidement. Je me sens rougir. Elle me présente à la foule en disant « c’est mon facteur et certainement pour beaucoup ici le vôtre ». Il affronte avec le sourire les pluies, le vent, la chaleur l’été pour vous apporter de jolies lettres et parfois des bonnes nouvelles. Même quand il nous en apporte de mauvaises on est heureux de le voir, sa venue est réconfortante. Pour le remercier je Vais lui chanter une vieille chanson de Bourvil qui ne se démodera jamais….

En me regardant avec un sourire plein de tendresse, elle se met à chanter

 

Dans chaque village, on connaît l'facteur.

C'est un personnage qu'on porte dans son cœur
Recevoir une lettre, vous met en émoi
Chacun s'dit, peut-être y'en a une pour moi

Voilà pourquoi quoi quoi quoi quoi
Quand l'chien aboie boie boie boie boie
Tout le monde se dit avec joie

{refrain:}
Tiens! voilà l'facteur
Son p'tit air est affranchi
Comme ses lettres et ses colis

Tiens! voilà l'facteur
Il apporte le journal
Et son bonjour matinal

L'été quand il fait beau, il vous dit il fait chaud
Mais quand on veut la pluie, il vous dit ça pleut aujourd'hui
{rires: Ah! Ah!...}

Tiens! voilà l'facteur
Pour garder son amitié, soyez complètement
{rires: Ah! Ah!...}

Le printemps fait naître les lettres d'amour
Et pour les connaître, on attend toujours
Mais par la fenêtre, un jour le facteur
Vous remet une lettre
Zut, c'est l'percepteur

Voilà pourquoi quoi quoi quoi quoi
Quand l'chien aboie boie boie boie boie
Tout le monde se dit avec joie

Tiens! voilà facteur
A cheval sur son vélo
A côté quand ça monte trop

Tiens! Voilà l'facteur
Et pour les plis très urgents
En courant il prend son temps

Quand il roule rapidement ce n'est pas pour un urgent
Mais c'est tout simplement parce qu'il est poussé par le vent

Tiens! Voilà l'facteur
Quand il roule un peu penché, c'est qu'il a une lettre chargée
{parlé: Ah! Sacré facteur}

Et lorsque vous restez quelques jours sans courrier
Chez vous quand même il vient pour vous dire aujourd'hui y'a rien


Tiens! Voilà l'facteur
Venez boire à ma santé, vous l'avez bien mérité

Merci bien facteur et à demain

 

 

Elle me prend la main et se tourne vers la foule qu’elle salue en se baissant.

 

Un homme dans la foule crie « Facteur une chanson » que toute l’assistance se met à scander « Facteur une chanson, facteur une chanson….. ». Jean une Chanson me dit-elle doucement avec une certaine tendresse. Je ne peux que chanter et j’entonne ma chanson préféré de Ronan Luce en regardant Anna dans les yeux et en serrant plus fort sa main dans la mienne :


J'ai reçu une lettre
Il y a un mois peut-être
Arrivée par erreur
Maladresse de facteur
Aspergée de parfum
Rouge à lèvres carmin
J'aurais dû cette lettre
Ne pas l'ouvrir peut-être
Mais moi je suis un homme
Qui aime bien ce genre de jeu
(Je) veux bien qu'elle me nomme
Alphonse ou Fred, c'est comme elle veut
Des jolies marguerites

Sur le haut de ses « i »
Des courbes manuscrites
Comme dans les abbayes
Quelques fautes d'orthographe
Une légère dyslexie
Et en guise de paraphe
« Ta petite
brune sexy »
Et moi je suis un homme
Qui aime bien ce genre de jeu
(Je) n'aime pas les nonnes
Et j'en suis tombé amoureux

 

 

L’émotion me submerge et je ne peux finir la chanson, je pleure devant tout le canton. C’est la honte. La foule m’applaudit, Anna aussi et soudain elle me prend dans ses bras et une pulsion commune incontrôlable nous pousse à nous embrasser. Les applaudissements redoublent.
 

J’ai trouvé à la foire agricole ma "Valentine" le jour de la Saint Valentin mais rassurez-vous ce n’est pas une vache normande.

 

Martine / Janvier 2015 pour le défi d’ABC (Le nid des mots).
La consigne : écrire un texte en utilisant les mots en gras dans mon texte.

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Rédigé par Martine.

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Publié le 22 Décembre 2014

Pour vous souhaiter un joyeux Noël et de beaux cadeaux un texte écrit en septembre 2013 pour un défi d'écriture qui va bien avec le thème de lundi dernier des croqueurs de mots

 

Mamie MADELEINE

 

Extrait du journal de Madeleine / 6 juin 2012

 

Par ce bel après-midi de juin, assise au jardin, je lis cette phrase du livre de Stefan ZWEIG "24 heures de la vie d’une femme" que j’ai relu de nombreuses fois tant je l’aime…... Je relis une nouvelle fois cette phrase qui ne m’avait pas marquée à une lecture précédente. Je pose le livre et lève les yeux et je me souviens il y a longtemps, il y a plus de quarante ans de ce tsunami qui m’a envahi brusquement en croisant un regard, souvenir agréable mais douloureux aussi. Je sors de ma rêverie et je vois Jean, mon petit-fils, m’observer avec tendresse et tristesse à la fois.

Que peut-il penser de moi à ce moment précis, j’espère qu’il n’a pas percé mes pensées les plus profondes. Soudain il sort son appareil photo numérique et immortalise ce moment de complicité entre nous. Je n’aime pas être prise en photo, Jean ne l’ignore pas mais il sait aussi qu’il peut tout se permettre tant je l’aime et l’admire. Avec lui je ne suis jamais la vieille grincheuse que je suis depuis longtemps et cela ne s’arrange pas avec les années. Je râle après le chat quand il me réveille la nuit alors qu’il dort toute la journée. Je râle après les voisins quand ils font du bruit les soirées d’été. Je râle après les commerçants quand ils n’ouvrent pas à l’heure, je râle après Max mon époux quand il se plaint de ses douleurs. Je râle après ma fille qui m’infantilise et qui s’adresse à moi comme à une gamine « A ton âge maman, il ne faut pas ceci, il ne faut plus cela …» et pire je râle même après moi-même, après ce corps qui ne me permet plus toutes les folies de ma jeunesse et notamment celles de ce fameux jour ….

 

Extrait du journal de Madeleine / 20 septembre 2012

 

Pour mon anniversaire, 89 ans déjà, Jean m’a offert hier un cadeau, le plus beau que je n’ai jamais reçu.
Il est arrivé avec un très beau et grand paquet emballé de papier vert pomme avec un ruban en soie violet. Que cela pouvait-il être ?
J’ai retiré le papier avec précaution. Je ne pouvais déchirer un si beau papier et j’ai découvert un tableau, un portrait d’une vieille bourgeoise assise dans le jardin avec un regard à la fois pensif et malicieux, une vieille à la peau burinée par le soleil et les ans un livre ouvert posé sur ses genoux avec un grand chapeau de paille. C’est en reconnaissant mon chapeau que je me suis aperçue que c’était moi avec mes seins encore très fermes qui ne tombent pas comme mes joues. Il y avait même pacha le chat entrain de dormir comme d’habitude qui ressemblait plutôt à un chien.

Mamie Madeleine
J’ai serré Jean dans mes bras. Les larmes aux yeux je l’ai embrassé et je lui ai murmuré à l’oreille un secret... Je me suis tournée vers Max et je lui ai demandé de l’accrocher tout de suite dans l’entrée. Max très étonné par ma demande me répond moqueur : « ce portrait te ressemble tant, c’est comme un miroir tu sais, toi qui ne les supportes pas et qui les as tous retirés du mas ».  

Max qui ne perd jamais l’occasion de se taire me fait réfléchir néanmoins : « En effet pourquoi accrocher ce tableau ? Simplement pour faire plaisir à Jean mais pourquoi dans l’entrée ou je me verrai plusieurs fois dans la journée. Je crois que c’est aussi pour pouvoir le montrer à tous mes visiteurs de moins en moins nombreux tant je deviens grincheuse. Je suis si fière de Jean, de son intelligence, de sa sensibilité, de son talent, de sa douceur. Ce petit fils est un trésor et je veux que tout le monde le sache. C’est un artiste ce que j’aurais voulu être mais je suis beaucoup trop pragmatique et conventionnelle. Il n’est jamais tard pour réveiller l’artiste qui dort en moi. Peut-être que jean pourrait m’y aider.
C’est vrai que je suis ressemblante hélas. Ce chapeau de paille ridicule me donne un air de vieille propriétaire terrienne moi la citadine qui n’a jamais su retenir le nom des fleurs et reconnaître les arbres. Je suis une vieille « bobo » comme on dit maintenant.

 

En fait, Je m’aime bien  vu à travers le regard de Jean et je prendrai plaisir à me regarder. Je vais faire remettre des miroirs dans le mas en commençant par celui de la salle de bain ce qui évitera à Max de se couper en se rasant et de me râler dessus.

 

BLOG DE JEAN

 

Mamie Madeleine / 20 Septembre 2012

 

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de ma grand-mère maternelle dont je ne vous ai jamais parlé. Mamie Madeleine est une vieille dame. Elle vient d’entrer dans sa quatre-vingt-dixième année et ne les fait pas tant elle est vive, toujours à s’activer et à booster Papi Max qui, bien que plus jeune s'encroûte à force de savourer l’oisiveté avec délectation ce qui énerve Mamie.

 

Mamie Madeleine ne sait pas marcher lentement et quand je me promène dans la rue à ses côtés, je dois marcher plus vite que je ne le fais d’habitude. Elle a encore une grande vivacité d’esprit et dépense une énergie considérable à râler après tout le monde sauf après moi et pourtant je m’amuse parfois à la taquiner pour la faire réagir mais en vain.

 

Cet été elle était en train de lire au jardin 24 heures de la vie d’une femme de Stefan ZWEIG, son roman préféré dont elle ne se lasse pas. Je l’ai lu c’est l’histoire d’une passion entre une jeune femme veuve et un joueur invétéré. Une de ces passions fulgurantes déclenchées par les visions de deux élégantes mains s'agitant sur un tapis jeu. Une passion dévastatrice très courte qui marque une vie pour toujours. Je me suis toujours demandé ce que Mamie pouvait aimer dans ce livre. Je ne l’imaginais pas avoir une telle passion, elle est trop raisonnable, réfléchie. Elle ne se laisse pas prendre par l’émotion d’un instant, tout chez elle est bordé, contrôlé. C’est aussi pour cela que je l’aime aussi car elle sait cadrer ma fougue et me ramener parfois à la raison quand j’idéalise trop. Peut-être avait-elle besoin de vivre ce qu'elle n'avait pas vécu et qu'à son âge elle ne vivrait sans doute pas. Je reviens à cet après-midi d’été, elle était entrain de lire ce roman quand elle a soudain levé la tête après avoir souligné une phrase au crayon dans son livre. Son regard fixe avec ses yeux bleus comme l'azur du ciel provençal s’est perdu au loin devenant à la fois rêveur avec une joie comme contenue. Je l’ai trouvé très belle à cet instant, ce n’était plus la même.  J’ai sorti mon APN impulsivement et je l’ai prise en photo bien que je sais parfaitement qu’elle a horreur de cela. Je n’ai pas pu m’en empêcher.  Je me suis promis d’aller voir discrètement quelle était la phrase qui avait pu la sortir de sa lecture.

J’ai regardé en rentrant la photo sur mon écran et c’est là que j’ai eu l’idée d’en faire une peinture et de lui offrir pour son anniversaire. Une fois la peinture terminée et sèche. Je l’ai enveloppé d’un beau papier et noué le paquet avec un très long ruban en soie mauve acheté pour l’occasion.

 

Je lui ai offert hier. Elle l’a ouvert avec beaucoup de soin pour une fois sans se précipiter et quand elle a découvert son portrait, des larmes ont doucement coulé sur son visage je ne l’avais jamais vu pleurer et j’en ai été tout ému. Elle m’a serré dans ces bras et embrassé en murmurant tout bas « Tu ne sais pas à quel point tu me fais plaisir Jean, ce tableau me rappellera toujours un souvenir très ancien d’un grand bonheur fugace ».

 

Je lui ai répondu « Excuse-moi  Mamie de te faire pleurer comme une Madeleine et en plus d'avoir transformé PACHA en chien mais  avec son nom je ne pouvais pas en faire un chat ». J'ai réussi à la faire rire à travers ses larmes.

 

Je me suis soudain  rappelé que je n’avais pas encore pris le temps de regarder quelle était la phrase qui avait donné à Mamie ce si beau regard.

 

Pendant que Papi Max accrochait le tableau, je suis allée discrètement dans la bibliothèque de la chambre de mamie et j’ai trouvé bien en évidence le livre culte.  J'ai recherché la phrase soulignée, il n'y en avait qu'une seule.

Je l'ai lue à haute voix :

 

« Seuls des êtres absolument étrangers à la passion connaissent en des moments tout à fait exceptionnels, ces explosions soudaines d’une passion semblable à une avalanche ou à un ouragan : alors des années entières de force non utilisées se précipitent et roulent dans les profondeurs d’une poitrine humaine »

Stefan ZWEIG.

 

 

 Martine /Septembre 2013

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Rédigé par Martine.

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Publié le 15 Décembre 2014

Cher inconnu

Emma, après avoir entendu la mobylette du facteur, se précipite comme chaque matin ouvrir sa boîte aux lettres. Que va-t-elle recevoir aujourd’hui ?  Chaque jour elle espère une surprise agréable : l’annonce d’une naissance, d’un mariage, la lettre d’une amie perdue de vue.  Une enveloppe blanche ordinaire vierge de toute écriture attire son attention. Que peut-elle contenir ? Elle décolle le rabat de l’enveloppe et en sort une feuille de papier recouverte d’une petite écriture régulière et penchée :

 

Cher(e) inconnu(e),

 

Veuillez m’excuser de prendre la liberté de vous écrire de façon anonyme. Cette lettre que vous recevez, je l’adresse aujourd’hui à de nombreuses personnes que je ne fréquente pas, peut-être même ne les ai-je pour la plupart jamais croisées dans la rue.  J’ai eu l’idée d’écrire la lettre que vous lisez et de la glisser dans les boîtes à lettres de certaines maisons de ce quartier, celles dont les jardins fleuris ont égayé mes promenades l’été et où  j’ai pu voir des chats ou des chiens heureux. Je veux croire que les gens qui aiment les fleurs et les animaux ne pourront être que sensibles à la demande que je vais vous faire

 

Je suis bientôt nonagénaire. Toutes mes amies ont quitté cette vie trop tôt. J’ai encore des enfants mais ils me délaissent depuis que je suis vieille et que je ne suis plus d’aussi bonne compagnie. Je leur fais peut-être peur aussi en leur renvoyant l'’mage de ce qu’ils seront dans une trentaine d’année. Je vous souhaite de ne jamais connaître cette solitude totale, profonde, ce silence dans votre maison qui vous est tellement insupportable que vous pensez et vous vous parlez à voix haute pour le briser.

Je ne supporte plus cette solitude surtout en ce moment à l’approche de Noël et des fêtes de fin d’année que je vais encore passer seule dans mon petit appartement avec la musique et les rires de mes voisins qui font la fête. J’aurais, comme seule compagnie,  la photo de mon époux qui m’a quitté il y a quelques années. J’ai rangé dans mon armoire les photos de mes enfants et petits-enfants que je ne vois plus. C’est trop douloureux pour moi de les regarder et de penser aux bons moments que nous avons passé ensemble et qu’ils semblent avoir oubliés.  Je suis obligée de ne plus y penser aussi.  Résilience quand tu nous tiens !

Alors que beaucoup reçoivent en ce moment des cartes de vœux de leurs proches et amis, les seuls courriers que je trouve dans ma boîte aux lettres sont des factures et des relances de paiement. Rassurez-vous, je ne viens pas vous demander de l’argent. La vie est difficile avec ma petite retraite mais j’arrive néanmoins à m’en sortir.

Ne tardons plus ;  J’en viens au but de cette lettre. Je rêve de  recevoir cette année des lettres,  cartes,  dessins  de ceux à qui j’ai écrit cette missive et qui me raconteront ainsi un peu de leur quotidien.

Ce serait un très beau cadeau de Noël cher(e) inconnu(e)  que vous me feriez si vous acceptiez de répondre à ma demande. J’en prendrai connaissance pendant la nuit de Noël. Ce serait  pour moi magique de ne plus me sentir si seule et de savoir que des gens qui ne me connaissent pas ont pris un peu de leur temps pour me témoigner attention et amitié.

 

Il vous suffira de déposer votre message à la boulangerie Bonpain, place de la république tout près de chez vous en spécifiant que c’est pour Mamie Jacqueline. C’est un pseudo, je tiens à rester anonyme pour vous prouver que je n’attends rien d’autre qu’un peu d’attention ponctuelle.  J’ai confiance en la boulangère, la seule personne avec qui j’ai échangé un peu ces derniers temps, elle m’a promis de respecter mon anonymat.

En vous remerciant Cher(e) inconnu(e),  je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année et tous mes vœux pour 2015.

 

Mamie Jacqueline

 

Emma repose la lettre sur son bureau émue par la demande singulière de cette vieille dame.  Elle devrait se méfier, sa mère lui disait souvent quand elle était petite qu’on ne devait pas parler aux inconnus. Emma a confiance et c’est la sincérité, qui émane des propos de la vieille dame, qui l’a particulièrement touchée. Elle répondra à cette mamie mais que lui dira t-elle ?  C’est déjà difficile pour elle d’écrire à ses amies, elle a toujours eu du mal à exprimer ses sentiment alors témoigner de l’affection à une inconnue Elle réfléchit un peu, s’installe devant son ordinateur allumé et ses doigts agiles s’agitent très vite sur les touches. Elle écrit spontanément, se reprend parfois, corrige quelques mots, se relit. Finalement elle réalise que c’est plus simple d’écrire à une inconnue car on craint moins le regard de l’autre.  Elle imprime sa lettre, plie la feuille de papier et l’insère dans une enveloppe avec  une jolie carte de vœux faite par l’une de ses amies artiste. Elle sort ensuite et se dirige vers la boulangerie.

Avant de remettre sa lettre, prudente, Elle demande à la boulangère si elle connait bien Mamie Jacqueline.

Celle-ci lui répond qu’effectivement cette cliente vient souvent chercher son pain et que c’est une gentille grand-mère souriante avec qui elle a sympathisé.  Elle ajoute avec un grand sourire que si elle a un courrier à lui remettre, elle se fera un plaisir de lui transmettre et lui ainsi un peu de joie Emma sort l’enveloppe de son sac et la donne avec un grand sourire à la boulangère en la remerciant vivement et quitte la boulangerie. Elle espère secrètement que Mamie Jacqueline lui réponde et qu’elles puissent ainsi échanger.

 

Le soir de Noël Mamie Jacqueline, après avoir dégusté quelques huitres accompagné d’un verre de vin blanc, un petit luxe qu’elle s’est offert pour l’occasion, ouvre les trois réponses aux onze lettre qu’elle a écrites et  commence sa lecture installée confortablement dans son fauteuil.

Dans la première enveloppe une carte de vœux d’un jeune couple qui vient d’avoir un bébé et qui lui souhaite un joyeux Noël et une bonne année. Ils laissent leur nom et leur adresse en lui indiquant qu’elle peut leur écrire et même passer les voir si elle le souhaite. La jeune femme n’a plus ses parents, ni sa grand-mère et ils seraient heureux de pouvoir la rencontrer et échanger avec elle.  Mamie Jacqueline est heureuse. Elle espère pouvoir vaincre sa timidité et aller voir ce jeune couple sympathique et pourquoi pas prendre leur bébé dans ses bras et lui sourire.

Dans une seconde enveloppe, juste un dessin d’enfant : un sapin de Noël avec des boules rouges et quelques cadeaux enrubannés au pied avec écrit en grosses lettres : Joyeux  Noël Mamie Jacqueline. Elle se souvient avec émotion des dessins que lui faisaient ses petits-enfants quand ils étaient petits.

Elle ouvre la dernière enveloppe en sort une carte postale, une reproduction d’aquarelle représentant un phare au bout d’une jetée au-dessus de la mer où évoluent des voiliers blancs.

Mamie Jacqueline pense à sa Bretagne natale qu’elle n’a pas revue depuis longtemps. Elle déplie ensuite la lettre qui l’accompagne et la lit :

 

Chère Mamie Jacqueline,

 

C’est la première fois que j’écris à une inconnue.  En débutant cette lettre je ne sais pas encore ce que je vais vous dire. C’est difficile pour moi d’écrire à des amis ou à des proches car, ne sachant pas exprimer mes sentiments, me confier, je n’écris que des banalités.  Au moins avec vous, ne craignant pas votre regard puisque nous ne nous connaissons pas, je vais me lâcher. Votre lettre m’a surprise, votre démarche n’est pas commune mais m’a surtout beaucoup émue. Je suis mariée, nos enfants ont quitté la maison et nos petits-enfants ont grandi et viennent peu nous voir. Nous sommes un couple fusionnel, nous ne nous quittons plus. Nous vivons, marchons, faisons nos courses  et recevons nos amis respectifs ensemble. J’ai l’impression de ne plus avoir d’amies personnelles mais d’être l’épouse du gentil mari serviable, intelligent, très adroit de ses mains que tout le monde aime parce qu’il sait se montrer attentionné, tolérant, un brin séducteur tout ce que je suis aussi au fond de moi-même mais que je ne sais pas ou ne peux pas paraître.  J’aimerais qu’il sache me communiquer son amour dont je ne doute pas mais autant il arrive à le faire à des inconnus autant il ne le peut vis-à-vis de ses proches. Qui se ressemble s’assemble ! Nous avons des enfants et des petits enfants qui nous rendent heureux et nous occupent beaucoup. Tout cela pour vous dire que,  n’étant jamais seule,  Je rêve souvent de grande solitude tout en la redoutant tellement. Nous vivons tous avec nos paradoxes.  Enfin je devrais dire je rêvais de grande solitude car après  avoir lu votre lettre, je me rends compte de ce qu’elle est vraiment et ne pourrais plus jamais y aspirer comme avant. Je vous remercie Mamie Jacqueline pour cela.

Je vous suis aussi extrêmement reconnaissante pour m’avoir permis de prendre conscience en me confiant à vous cette inconnue que je n’ai pas appelé ma maman depuis longtemps. Je ne supporte pas de la voir vieillir, diminuée. Cela me peine trop et m’est insupportable.

Ma mère m’aime j’en suis persuadée mais elle n’a jamais su me le montrer car comme moi elle n’aime pas afficher ses sentiments.  Les chiens ne faisant  pas des chats. je l’aime moi aussi mais je suis incapable de le lui montrer, je suis bloquée et je m’en veux pour cela. Je pense qu’il en est peut-être de même pour vos enfants.

Vous devez penser que je suis égoïste et vous avez raison je le suis.  C’est en vous lisant que je me suis rendue compte de la peine que je pouvais faire à ma mère qui est seule aussi.  Demain je l’appellerai, je vous le promets.

Merci Mamie Jacqueline pour toutes ces leçons de vie que vous m’avez involontairement données. J’espère que ma réponse vous apportera un peu de chaleur et permettra d’adoucir vos peines.

Vous écrivez que vous lirez les réponses des inconnus le soir de Noël. Il sera trop tard pour vous inviter à ce réveillon, mais si vous êtes libre pour la Saint-Sylvestre, je serais heureuse que vous puissiez vous joindre à nous, vous pourrez y rencontrer ma mère que je vais inviter aussi. Elle n’en reviendra pas. Peut-être deviendrez-vous amies. 

Je vous laisse ci-dessous mes coordonnées.

Permettez-moi de vous embrasser affectueusement.

Emma


Mamie Jacqueline,  les yeux noyés de larmes et la gorge serrée par l’émotion, posa sur la table près d’elle la lettre d’Emma.  Ce n’était pas à l’origine pour avoir une réponse d’Emma  sa fille  qu’elle avait écrit sa missive à des inconnus mais après avoir déposé 10 lettres au hasard, elle en avait écrit une onzième qu’elle avait déposé dans la boîte d’Emma espérant ainsi avoir de ses nouvelles.  Non seulement elle en avait eues mais elle allait bientôt la revoir. Ce serait son plus beau cadeau de Noël. Elle n’avait juste qu’un regret qu’Emma ne reçoive jamais de réponse de Mamie Jacqueline.

 

Martine/ Décembre 2014  pour le défi des croqueurs de mots de lilousoleil

 

N.B. Je vous souhaite chers amis un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d'année. Je m'en vais aujourd'hui en Sologne en famille puis ce sera notre premier Noël en famille aux Sables d'Olonne. Je ne pourrai donc vous visiter avant début janvier où j'aurais tout le plaisir de vous retrouver

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Rédigé par Martine.

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Publié le 8 Décembre 2014

Les héritieurs (Eugène Buland)

Les héritieurs (Eugène Buland)

Je suis monté la haut au ciel il y a tout juste une semaine et je peux voir de la haut tout ce qui se passe en bas chez vous les vivants.

 

Aujourd’hui en tenue noire,  tels des vautours guettant leur proie,  ils sont là tous réunis autour du notaire pour l’ouverture de mon coffre : Mon fils qui depuis plus de dix ans ne me donnait plus de nouvelles, ma sœur la vieille grenouille de bénitier qui me traitait de mécréant et mon  frère un petit rond de cuir qui me haïssait par jalousie.  Il y a même Rodolphe un ex ami qui est parti avec Alice ma femme. Il doit croire que je lui ai légué quelques uns de mes biens pour le remercier de m’avoir débarrassé de cette hystérique d’Alice. Je m’amuse de voir leur déception. Ils ont toujours cru que j’étais très riche, en fin de compte j’étais totalement fauché et j’ai déposé tous mes objets de valeur au mont de piété, ma maison est en viager.  Couvert de dettes, je ne voulais pas finir dans la rue et je me suis suicidé pour ne pas leur donner à tous ce plaisir de voir ma décadence.

 

Revenons sur terre. La partie basse du coffre n’a pas encore été ouverte, je savais bien qu’ils ouvriraient en premier le haut. Je vois qu’ils espèrent encore y trouver quelques subsides, une pluie de louis d’or, un testament caché ou quelques objets de valeur…. Le notaire a déposé sur la table le papier sur lequel j’ai écrit de ma plus belle plume « Ne faites pas cette tête, mon testament est dans la partie basse du coffre et j’ai une surprise pour chacun de vous ici présent. Mon humour ne les fait pas rire du tout, bien au contraire, l’atmosphère est grave, le silence règne, chacun me maudit en son for intérieur et le notaire tarde à ouvrir la partie basse du coffre. Il se baisse soudain dans un religieux silence, manipule la serrure codée et tire sur la lourde porte. Un vacarme assourdissant retentit dans une gerbe de fumée et une pluie métallique. Le coffre a explosé, j’y avais placé une bombe de ma composition pour me venger de leur méchanceté qui m’a pourri la vie….. 

 

Je regrette mon geste néanmoins mais trop tard. Etant athée, je n’avais pas du tout pensé que j’allais les retrouver ici au ciel et que nous irons tous en enfer. On n’échappe pas à son destin.

 

Martine MARTIN Novembre 2014

pour le café thé 55 d'Ecureuil Bleu

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Rédigé par Martine.

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Publié le 1 Décembre 2014

Chabichou, le chat du Poitou

Photo viralites.com

 

CHABICHOU, LE CHAT DU POITOU

 

Je m’appelle Chabichou et ce  nom  ridicule dont on m’a affublé va finir par me faire devenir chèvre. 

 

J’habite un bel appartement douillet à Poitiers dans le Poitou où m’a Maîtresse m’a installé après m’avoir adopté dans un élevage près d’Angoulême où  je suis né. Chat de Charente, je  vis sur mes rentes ou plutôt sur celles de ma maîtresse. Elle est belle comme une madone, la châtelaine Ségolène. C’est Royal ma vie. Elle devrait  m’appeler Pacha ou chabijou. Elle me fait plein de chatouilles et  j’adore cela enfin quand  je suis disposé. Je la remercie en chaloupant de la croupe et en me frottant sur ses jambes.

Depuis quelques mois elle est très occupée et me délaisse ce qui me chagrine et me rend d’humeur chafouine. Je suis de nature jaloux, j’espère qu’elle n’a pas trouvé ailleurs un autre chat. Quand elle revient, je la boude.

 

J’aime les stylos, tous les stylos. Dès que j’en vois un, je ne peux pas résister à la tentation. Je fais des acrobaties pour l’attraper et m’en saisir. Elle m’a pris en photo avec l’un de mes trophées en riant. C’est vrai que je suis photogénique et que j’aime bien être la vedette  mais elle n’a pas intérêt à m’approcher et à me  prendre mon Bic, mon stylo préféré, puisque comme moi il a un nom de chèvre. J’ai dû être écrivain dans une autre vie et écrire de nombreux chapitres.

 

Elle a renoncé à me prendre le  stylo. Je vais attraper le bloc de feuilles de papier. C’est décidé je vais écrire mes mémoires.  Je suis un vieux matou, j’en ai des choses à raconter. Un chat écrire ses mémoires cela ne s’est jamais vu me dites-vous ? Sur ce blog,  que suis-je en train de faire  d’après vous ? De plus un âne avant moi, Cadichon maltraité par sa maîtresse,  les a bien écrites ses mémoires (*), il devait être du  Poitou.  

 

C’est certain, mon livre aura du succès et deviendra un bestseller. Derrière le chat mot que je suis, il y a un chameau qui dort et va se réveiller. C'est une belle vengeance que je prépare à Ségolène.  J’y raconterai tous les supplices qu'elle me fait subir. Par exemple, sous prétexte que j’ai les gencives qui s’irritent en permanence, ce qui me fait souffrir, elle m'a fait retirer beaucoup de dents. Je suis maintenant un sans dent comme elle dit. Encore une humiliation  mais comme je suis un chat qui positive j’y trouve des avantages. Finies les croquettes, elle me nourrit avec de la bouillie de viande et de légumes. Avant je puais de la gueule, une vraie odeur de chabichou ou de chacal, maintenant j’ai une haleine de jeune premier. 

 

Pour soigner toutes mes petites douleurs, dans la salle de bains, elle m’ouvre la gueule, y jette des  petits cachets qu’elle me fait avaler de force : Un vrai supplice.

 

Je pourrais vous citer toutes nos chamailleries et beaucoup d’autres de ses humiliations. Je pourrais aussi vous parler de la vie de ma maîtresse et de ses amours. Vous brûlez d’impatience de les connaître, n’est-ce-pas ? Je préfère écrire avec mon Bic, quand je tape sur le clavier, la souris à mes côtés me perturbe. Alors désolé, vous allez devoir attendre que j’écrive ce livre pour les connaître.

 

Pour vous remercier de m’avoir lu aujourd’hui jusqu’au  bout,  je vous livre un scoop. Ce livre s’appellera « Merci pour ce prénom ». Surtout ne le répétez pas.

 

Chabichou / Novembre 2014 pour le défi des croqueurs de mots

 

(*) Les mémoires d’un âne de la comtesse de Ségur

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Rédigé par Martine.

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Publié le 12 Novembre 2014

Palmyre est le prénom proposé par notre amie Jill BIll pour notre défi du Mercredi dont je programme souvent à l'avance mes participations.

 

Ce week-end je n'avais pas encore trouvé l'inspiration alors il ne me restait plus qu'une solution pour participer : délirer....

 

Je vous prie d'accepter mes excuses Madame Bill pour ce "lavage de vaisselle sale en famille, un grand "n'importe quoi"...

 

Palmyre et Aude Vaisselle

 

Palmyre VAISSELLE est une jolie petite fille blonde qui a une sœur Jumelle Aude. Elles vivent avec leurs parents et leur frère Casimir à Eaux-Chaudes petite station thermale des Pyrénées.

 

Palmyre et Aude VAISSELLE sont inséparables, complémentaires et si différentes.

Palmyre aime se faire mousser auprès de sa Maîtresse  tandis qu’Aude préfère jouer allègrement avec ses petits camarades et se salir ce qui l’oblige à se changer souvent.

 

Les  sœurs VAISSELLE ont un seul objectif :  Bien travailler à l’école pour avoir le BAC sans qui rien ne serait possible pour les "VAISSELLE".

 

Leur père, Vladimir VAISSELLE,  est à la tête d’une petite société  de fabrication de ...Vaisselle, bien sûr.

Il aimerait bien que ses filles reprennent  plus tard l’entreprise familiale mais jamais Palmyre ne  le fera.  Elle ne veut pas être condamnée à  licencier régulièrement comme son père que ces ouvriers surnomment « Dégraiss’boy » .

Palmyre VAISSELLE

Non elle ne sera pas une « dégraiss ‘ girl » ; elle se refuse à mettre de nombreuses familles dans la difficulté. Elle laissera à sa sœur  la reprise de l’entreprise et elle sait que Aude ne se sera pas capable de dégraisser sans elle  Palmyre VAISSELLE ?

 

En attendant, Rêveuse et poète, Palmyre se plait à chantonner une petite chanson de sa composition :

 

Je suis la belle petite Palmyre

Je Joue avec mon frère  Casimir

De peur souvent il me fait blêmir

Plus tard j’épouserai un émir

Qui de plaisir me fera gémir

Et m’emmènera au Cachemire

 

Martine / Novembre 2014

 

En attendant Maîtresse Jill Bill voudriez-vous accepter Palmyre et Aude VAISSELLE dans votre cour de récréation ?

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Rédigé par Martine.

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Publié le 20 Octobre 2014

Ce matin,  j’ai beaucoup de mal à me lever. Pas étonnant hier soir, j’étais angoissée j’avais les nerfs qui se croisaient sur l’estomac et  j’ai pris une overdose de camomille pour pouvoir dormir, oh oui dormir, dormir ! Je m’assois sur mon lit et doucement me relève. Que c’est pénible, Je suis aussi raide qu’un poteau de sens interdit et j’ai le cerveau qui baigne dans la confiture de coing. Pourtant il va falloir que je m’active,  J’ai décidé aujourd’hui de réaliser quelque chose de très difficile, voire impossible comme tirer les pets d’un âne mort  mais je dois y arriver. En route mauvaise troupe ! Je me dirige vers la salle de bain avec une démarche de crabe scoliotique. Je croise mon double dans la glace. Je me fais peur. Je suis hirsute, je ressemble à une serpillère agonisante avec les cheveux ébouriffés. Pourtant je n’ai pas oublié ma tête dans une prise de courant, je l’aurais plutôt oubliée sous l’oreiller.  Je n’aurais pas dû allumer la radio, les dernières nouvelles ne sont pas bonnes (guerres, Terrorisme, Ebola, dernière constipation des neurones des politiques : notre président par exemple qui veut éteindre un incendie avec une pattemouille). Les nouvelles ne sont jamais bonnes car les journalistes ne sont pas intéressés par ce qui va bien et les français non plus ; l’un expliquant l’autre.  Il faut voir par exemple comment Elise Lucet sensible comme un panaris prend à 13 heures un air de glaçon endeuillé constipé des neurones pour nous raconter tous les malheurs du monde. Comment aujourd’hui vais-je arriver à avoir l’humeur qui frise le soleil. Soudain la voix de Fabrice Luchini « Imaginez Claude Sérillon qui, suivant François, traverse la chambre à coucher, où Valérie Trierweiller en chemise de nuit trône dans le lit conjugal,  pour finir dans la salle de bain avec François». Je ris à m’en péter les bretelles que je n’ai pas.

Mais ma bonne humeur, je l’ai trouvée et je vais la garder en pensant à cette imitation toute la journée. Après avoir fait mes ablutions sous la douche pour finir de me réveiller. je m’habille rapidement maintenant il faut que j’y aille pour faire ce que j’ai décidé. Heureusement j’ai de la suite dans les idées…. Des autres. Je sors mue par un trop plein d’inertie sédentaire. Il pleut des hallebardes. Bouillant d’apathie, je ne retourne Pas chercher mon parapluie Je suis trempée mais je reste stoïque, tel François Hollande à l’île de Sein. Je me dirige au radar vers la jardinerie voisine. Je suis aussi avenante qu’une décoction de clous rouillés. La caissière me regarde curieusement.

Photo Martine MARTIN

Photo Martine MARTIN

Pourquoi de la paille ? J’y suis déjà sur la paille avec tous ces impôts à payer à tel point que j’en suis rendue à chercher la moindre pièce dans les coins de ma chambre ronde conçue par un architecte qui travaillait du chapeau.

Ne soyez pas plus impatients que l’urgence, vous n’allez pas tarder à le savoir. Je sors de la jardinerie, rentre dans l’hyper marché et achète le dernier CD de Laurent Gerra et un saladier en verre transparent. Je rentre chez moi rapidement m’installe avec mes achats sur la table de la salle à manger. Je prends le C.D. et l’emballe soigneusement avec la paille. Je pose le petit ballot sur mon buffet, le recouvre du saladier qui servira de cloche pour conserver le tout intact. « J’ai empaillé ma bonne humeur » que je conserverai coûte que coûte et je sourirai toujours jusqu’aux franges de l’âme.

Martine / Octobre 2014 pour le défi 132 des croqueurs de mots

 

Merci au site nikibar.com qui a publié les expressions inédites mises en italique dans mon texte et qui m'a autorisée à les reprendre ici. Il y en a beaucoup d'autres sur ce site à visiter. J'ai eu envie de vous les faire connaître en m'excusant auprès de Domi car la consigne était de n'expliquer qu'une seule expression. Ce sera pour jeudi avec les défis en poésie..

 

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Rédigé par Martine.

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