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Publié le 8 Septembre 2014

40 ans au Québec

Je rêvais depuis longtemps d'aller en Amérique du Nord et particulièrement au Canada, voir le pays de l'hiver de Gilles Vigneault.

En Février 1993, nous sommes partis réaliser notre rêve avec nos enfants. C'était notre premier voyage en Amérique du Nord.

 

Nous avons en premier découvert Montréal, ville américaine où la vie est en sous- sol dans de grandes galeries commerciales vu la rudesse de l'hiver. Il faisait - 35° quand nous y sommes arrivés. C'est un froid sec qui se supporte facilement si l'on prend la précaution de bien se vêtir de plusieurs couches et de bien se protéger mains, têtes et visage.

 

Puis nous sommes partis quelques jours dans les Laurentides. Ce fut une Joie de pêcher avec les trappeurs dans un trou sur la glace, de faire du ski de fond et de conduire (avec beaucoup de difficultés) un traineau à chiens. Le soir nous étions logés dans des petits bungalows sympathiques. C'est là que j'ai fêté mes 40 ans. Ce fut une joyeuse soirée dont je me souviens encore. J'étais à cette époque, très épanouie heureuse de vivre entourée de ceux que j'aimais, Jeff et mes deux enfants qui m'apportaient beaucoup d'amour. J'étais en pleine ascension professionnelle ce qui comptait beaucoup (trop !)  pour moi à l'époque.

 

Nous sommes ensuite partis vers Québec après une soirée passé chez un couple de canadiens retraités qui nous accueillis comme des amis de longue date. Nous avons découvert ainsi la vie aisée des canadiens qui se déplacent beaucoup en motoneige sur de larges pistes.

 

En route vers Québec, nous avons fait une courte halte aux chutes de Montmorency qu'il vaut mieux voir l'été car elles sont gelées tout l'hiver. Nous sommes allés déjeuner dans une cabane à sucre pour écouter des chansons canadiennes. Quel plaisir de tourner dans la neige un bâtonnet recouvert de sirop d'érable pour le faire durcir et de déguster ainsi cette sucette.

 

Enfin nous avons découvert Québec et ses vieilles rues, l'étonnant et imposant château Frontenac avec sa vue superbe sur le Saint-Laurent Gelé que nous avons traversé en bâteau brise-glace  pour aller sur l'autre rive.

 

Il fallait hélas rentrer la tête pleine de souvenirs qui, 21 ans après, m'animent toujours

 

Je débutais très bien cette nouvelle décennie qui a été mouvementée, pleine de changements, et a passé si vite tant elle fut active.

 

Martine Septembre 2014 pour le défi 129 des croqueurs de mots

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Rédigé par Martine.

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Publié le 12 Juillet 2013

 

"C'est en allant vers la mer qu'un fleuve reste fidèle à sa source"

Jean Jaurès

 

 

Nous avons tous des lieux qui sont chers à notre coeur, où nous avons vécu enfant.

 

Plus nous nous en éloignons, plus ils s'ancrent en nous même si nous n'y revenons pas.

 

Ce n'est pas facile de revenir en arrière, de revoir des lieux dans lesquels on n'est pas revenu depuis des dizaines d'années. Je m'étais jurée de ne jamais revenir à Paris dans le quartier Pernety, j'avais peur d'être submergée par les émotions car ce lieu reste profondément liée à ma grand-mère paternelle avec qui j'y ai vécu mon enfance et qui me manque tant aujourd'hui

Ma fille habite le 15ème (arrondissement où je suis née) à côté de la porte de Vanves. En ce beau mardi de juillet,   je promenais ma petite fille Agathe  (6 mois) et je ne sais pas ce qui m'a pris, une impulsion soudaine, j'ai emprunté la rue Raymond losserand et je l'ai remontée jusqu'au métro pernety.Il n'avait pas changé mais c'est normal, les stations de métro font partie de notre patrimoine et on n'y touche pas.

 

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Agathe dormait toujours dans son landeau alors j'ai poursuivi ma promenade avec en tête un souvenir de mes promenades au square avec ma grand mère. Nous nous installions toujours sur le même banc. Je voulais revoir ce square et notre banc

 

mamie et moi

 

 

Il y avait toujours un banc à cet endroit, il était occupé par une nounou et la petite fille qu'elle gardait.

 

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Cela m'a fait plaisir de le voir occupé même si à la place de la nounou j'aurais préféré voir une grand mère ou un grand père avec sa petite fille . La vie continue. 

 

J'ai eu envie de demander à cette dame, quand elle aurait terminé sa conversation téléphonique, si elle pouvait me prendre en photo avec ma petite Agathe dans les bras sur ce banc en lui expliquant pourquoi.

Elle était au téléphone (je hais le téléphone mobile). Agathe dormait encore. J'aurais pu attendre. Je suis maladivement timide, alors je me suis éloignée, j'ai fait un tour de parc. Il n'avait pas beaucoup changé. Seuls des immeubles assez hauts avaient poussé comme des champignons autour de cet îlot de verdure. Etrangement je n'étais pas émue, c'était une impression étrange, comme si je ne vivais pas vraiment cet instant. 

 

Je me suis demandée si la Cité Bauer, un petit paradis au coeur de la ville, existait toujours.

J'ai traversé la rue, Elle était encore là avec ses petits jardins "qui sentaient bons le métropolitain" autour de leur jolies petites maisons aux volets colorés. Je n'étais plus à Paris, je ne savais plus où j'étais, c'était comme dans un rêve.

 

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Soudain au bout de la Cité Bauer, J'ai aperçu la rue Boyer Barret (au fond sur la photo ci-dessous), j'ai progressé lentement en poussant le Landau. Agathe dormait toujours. J'ai ralenti mon allure comme pour repousser la promesse d'une émotion intense

 

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C'était inexorable, à moins de faire demi-tour, je ne pouvais qu'y arriver, revoir ce lieu où j'ai vécu heureuse avec ma grand-mère, mon oasis au sein d'une vie familiale tourmentée.

 

Je n'ai pas de photo de la rue BB comme je l'ai toujours appelé mais j'ai trouvé une année à la Foire de Paris une carte postale datant du début du 20ème siècle

 

rue boyer barret-copie-1

 

La voici aujourd'hui. Elle n'a pas changé depuis mon enfance. Seuls les commerces ont changé et il ya beaucoup plus de voitures.

 

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J'étais triste de voir que beaucoup de commerces étaient fermés. Cette rue est peu passante et les petits commerces de bouche n'ont pas résisté à l'expansion des super-marchés et hyper-marchés.

 

Dans les années soixante, soixante-dix il y a vait un crémier, un marchand de journaux, une marchande de couleurs ce qui donnait de la vie à cette rue dortoir aujourd'hui. il y reste le boulanger à l'intersection avec la rue Raymond Losserand. Je me rappelle chaque jour j'y allais et je demandais à la vendeuse en lui tendant mes pièces un "petit fendu" bien cuit. Elle me faisait un grand sourire et je ramenais fièrement à ma mamie le pain tout chaud.

 

P1120996.jpgL'ancienne boutique de la Marchande de couleurs

 

Je me suis arrêtée longtemps devant le 3 bis de cette rue. Ma grand mère en était la concierge et j'ai vécu mon enfance dans la minuscule loge au fond de la grande entrée qui donnait sur une cour où il y avait les toilettes. Nous n'avions pas non plus de lavabo, d'eau chaude mais j'étais heureuse. Quand ma grand-mère a pris sa retraite, elle a continué à vivre dans cet immeuble au second, les fenêtres avec les stores au 2ème étage. J'étais émue. J'aurais aimé pouvoir rentrer, voir s'il y a vait toujours un gardien ou une gardienne. Je n'ai pas osé et je n'ai vu personne rentrer ou sortir de l'immeuble

 

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A droite de l'entrée la boutique est à louer, c'était auparavant un café tenu par un couple auvergnat qui vendait également du charbon qu'on mettait dans la cuisinière. Le bougnat et sa femme étaient charmants. Je les aimais beaucoup.

 

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Aujourd'hui la boutique est innoccupée et c'est triste

 

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Agathe dormait toujours quand j'ai quitté le quartier pour revenir à pieds dans le 15ème. Je suis passée par le parc où je la promène habituellement, elle s'est réveillée en pleine forme toujours souriante comme à son habitude.

 

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Serais-je revenue seule dans ce quartier que j'aime tant ? je ne pense pas. Cette visite spontanée, impulsive était simplement pour moi une façon, en retournant à mes origines avec une de mes petites filles de perpétuer le lien familial. J'espère que j'aurais la force un jour de revenir avec mes trois petites filles ici et de leur raconter ma vie et celle de leur arrière grands parents.

 

J'espère aussi pouvoir y emmener mes petits fils un jour même si aujourd'hui cela parait fort compromis.... J'ai beaucoup changé, je pensais avant que la famille avait peu d'importance, que c'était une notion un peu dépassée. Je pense qu'inconsciemment, j'ai transmis cela.

 

C'est quand on devient soi-même grand parent qu'on comprend combien il est important de préserver le lien familial inter-générations pas pour soi-même mais pour nos enfants, petits enfants et les générations à venir.

Peut être aussi pour ceux qui nous ont quitté si, de la haut, ils nous voyaient.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 15 Août 2012

Il y a un peu plus d’un an et demi elle pesait 89 kilos. Aujourd’hui elle pèse 50 kilos.

 

 

Pourquoi a-t’elle, en ce premier janvier 2011, décidé de maigrir. Certes c’est toujours en début d’année que l'on prend de bonnes résolutions mais ce qui l’a décidé réellement à le faire c’est un regard de dégoût à l’été 2010 qu'elle a surpris, lors de leurs retrouvailles annuelles, chez quelqu'un de sa famille qui lui  est très cher. Ce regard qui l’a blessée profondément, peut-être plus que des paroles prononcées ajoutés aux nombreux « tu devrais maigrir » ou « si tu essayais Dukan » prononcés par certains de ses amis, membres de sa famille, collègues de travail », responsable hiérarchiques qui ne l’emmenaient plus en rendez-vous commerciaux, paroles accompagnées d’un regard désapprobateur.

 


1840136471_f336dccb8d.jpgPhoto flickr mise à disposition par OB que je dédie à mon amie simone : upsalla


Il lui a fallu six mois avant de prendre une décision et au premier janvier, elle a commencé ce régime (sans suivre : Dukan, Montignac, Cohen, Weight Watcher .... gourous de la minceur qui s’enrichissent au fur et a mesure que nous maigrissons) juste celui du bon sens alimentaire : manger de tout en plus petites quantités et préférer le poisson ou les viandes blanches aux viandes rouges, les légumes aux féculents, les yaourts aux fromages, manger des fruits. Elle a juste supprimé le pain, le vin, la charcuterie (pas bon pour son hypertension et son cholestérol) et tout en continuant à se faire plaisir, à cuisiner en s’autorisant à manger de tout une fois par semaine quand elle invitait ou allait chez des amis.


Elle n’a eu faim que la première semaine et ensuite, elle a pris beaucoup de plaisir avec cette nouvelle alimentation saine et de qualité. Elle a maigri progressivement et a retrouvé en plus de la ligne (passage du 48 au 38) une forme physique qu’elle n’avait plus. elle monte les escaliers en courant, ne prend plus les escaliers mécaniques. Elle est capable de marcher plus de 15 Kilomètres maintenant sans ressentir aucune douleur, aucun essoufflement et améliore petit à petit ses limites. Elle n’a jamais eu de malaise.

 

Depuis début juillet elle est stabilisée. Elle a réintroduit dans son alimentation un peu de charcuterie, du pain, du vin (avec modération) et son poids varie autour de 50 kilos. Elle se sent en pleine forme.

 

Elle n’aurait jamais réussi cela sans le soutien de son mari qui a fait ce régime avec la même volonté qu’elle et qui a perdu 20 kilos. Il sait ce que cela peut représenter comme efforts pour ne pas céder aux tentations nombreuses de notre société de surconsommation.



Aujourd’hui elle se porte bien mais est très en colère. Elle dit à tous ceux qui lui répétaient qu'il fallait maigrir et qui lui assènent  aujourd’hui qu'il faut regrossir ! « tu devrais  reprendre au moins 3 ou 4 kilos, même un peu plus », « tu es trop maigre, tu en as fait trop ». Certains osent même prononcer le mot d’anorexie, ou de le supposer en lui répondant quand elle les assure qu'elle ne l'est pas et qu'elle est en pleine forme : « les anorexiques se sentent toujours en pleine forme ».


Savent-ils, Savent-elles ce que c’est réellement que l’anorexie, certainement pas autant qu'elle,  parce que sa maman a été anorexique et qu’elle en est morte indirectement. Elle ne l'a jamais dit à ses amis et à ses proches. 

 

Son époux qui vit chaque jour à ses côtés et qui mange comme elle ne s’inquiète pas du tout. Il mange exactement comme elle et on ne le traite pas d’anorexique car sa baisse de poids a été moins spectaculaire. 

Heureusement qu'elle a eu en plus de son époux quelques un de ses amis pour la soutenir, la féliciter. Ils ne l’ont pas houspillée en la considérant comme une enfant irresponsable qui avait raison perdue. Ils ne l'ont pas mise dans cette relation parent enfant qu'elle ne supporte pas (ceux qui ont fait de l'analyse transactionnelle comprendront mieux). Ils l'ont traité en adulte responsable.


Ce qu'elle prend pour un manque de confiance la peine beaucoup et l’énerve profondément. Eux lui rétorqueront qu'ils s'inquiètent pour elle parce qu'ils l'aiment. 


  

Une des idées les plus répandues est qu'après avoir maigri on regrossit forcément, et bien elle est la preuve que pas toujours .Ceci est dit par ceux qui ne veulent pas maigrir pour se donner bonne conscience ou par les gourous de la minceur ci-dessus cités pour critiquer les régimes concurrents.

 

Elle ne se sent pas stabilisée pour autant et devra, sans se priver, toujours faire attention à ce qu'elle mange pour ne pas regrossir. Cela lui demandera encore beaucoup de volonté.

 

Si vous deviez tirer une morale de cette histoire : Ne faites jamais rien avec comme motivation unique le regard des autres même s’il vous dérange et vous fait souffrir. De toute façon vous les décevrez. Faites le pour vous-même, pour revaloriser à vos propres yeux votre image. Ceci pour dire aussi que dans cette société très normative, nous évaluons les autres selon nos propres normes, notre propre vécu, et surtout nos préjugés et idées reçues. Vous ne serez jamais comme il faut mais toujours trop ou pas assez, à vous de voir où vous souhaitez mettre le curseur.

 

Eglantine / Août 2012

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Rédigé par eglantine

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Publié le 19 Mai 2012

Ce matin, je vais chez un client à Rueil-Malmaison pour le compte-rendu d'un bilan de compétences. J’aime faire des bilans et la restitution du salarié à sa Responsable Ressources Humaines est un moment qui permet au salarié de s’approprier son travail de bilan et "vendre" son projet d’évolution interne. J'interviens peu, la déontologie du métier m’interdit de restituer sans le salarié, mais ma présence à ses côtés est un soutien. Je peux l'aider parfois à répondre à certaines questions.
Aujourd'hui, ce n’est pas une restitution comme une autre, je suis extrêmement émue pendant le voyage en RER. Je suis partie bien plus tôt. Lorsque l’on vit en Île de France, il faut toujours anticiper un retard de train ou de RER. Ce matin, tout fonctionne parfaitement, un miracle. J’arrive à la gare de Rueil-Malmaison. L’entreprise est toute proche. J’ai une heure à tuer et je me réjouis d'avoir le temps de me promener. Je n’ai pas emporté la sacoche lourde avec mon PC portable comme de coutume. J’avais l’intention d'effectuer cette promenade avant de me rendre à mon rendez-vous professionnel, mais je ne savais pas si j'en aurai la force !

J’ai quitté Rueil-Malmaison pour Saint-Ouen l’Aumône en mai 1981, la veille de la victoire de François Mitterrand, que nous avons fêtée dans notre nouvelle maison toute neuve le dimanche soir.

Nous sommes aujourd’hui le 3 mai 2012, trois jours avant le second tour décisif des élections présidentielles. Je ne suis pas retournée dans ce quartier de la gare où j’ai vécu, pendant vingt-deux ans, les plus difficiles et les plus belles années de ma vie. J’y perçois un signe du destin et je me dis que cela ne peut que porter chance à François Hollande.

Je traverse la grande avenue de Colmar, je me souviens encore de son nom ; elle reliait, à l'époque, le Pont de Chatou à Nanterre. À cette heure de pointe, le flot des véhicules est incessant et fort bruyant. Je dois guetter, bien sagement le feu pour traverser. Il y a infiniment plus de circulation qu’à Cergy. Je traverse prudemment. Face à moi, une fontaine qui, avant, n'était pas là.

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Je prends quelques photos pour les montrer à mon Jeff avec qui j’ai vécu ici les plus belles années de ma vie. 

Je n’aime pas trop aller seule dans les cafés, mais je suis attirée par la brasserie « le Napoléon » et ne peux qu’y pénétrer même si, au dernier moment, j’hésite de peur que l'émotion me submerge.

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Cela n’a pas beaucoup changé excepté les serveurs. Je m’assois sur la terrasse couverte, au même endroit exactement où je me suis installée, il y a 41 ans, par un bel après-midi de juin, face à un jeune garçon aux cheveux longs et auburn que je n’avais jamais vu auparavant, mais avec qui j’échangeais régulièrement sur la CB, l'ancêtre du blog (voir mon article précédent).

Je ne me l’imaginais pas ainsi. J’avais déjà été séduite par sa voix, à la fois douce et profonde qui m'avait subjuguée. J’ai rougi et très timide, je me suis fermée comme une huître. J’avais mis, je me souviens, une robe short bleu marine à fleurs. Aujourd’hui, j’ai aussi une robe bleu marine très habillée qui m’arrive aux genoux avec un foulard à pois oranges pour l’égayer.

L’adolescente fragile, timide, mal dans sa peau est devenue une vieille bourgeoise, catégorie que je haïssais à l’époque où je me plaisais à chanter la chanson de Brel "les bourgeois, c'est comme les cochons, plus ca devient vieux, plus ca devient bête". Suis-je plus bête qu'avant ?

Mon Jeff me manque, je me promets de revenir ici avec lui. Je pense aussi à ce café où mon père passait tout son temps à jouer à la bellotte et boire des bières. De nombreuses fois, ma mère a été obligée de venir l’y chercher, quand il était trop ivre pour rentrer seul. L’émotion me prend à la gorge et les larmes me montent aux yeux. Je paye rapidement mon café et je sors de la brasserie. Je vais être dans un bel état pour la restitution du bilan de compétences.

J’ai encore une petite demi-heure pour continuer ma promenade souvenir. Je prends le boulevard des coteaux, passe devant la boulangerie où petite, en rentrant de l'école, j’achetais des cocos boer, des roudoudous et des rouleaux de réglisse. Plus tard, j’allais y chercher le pain.

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Je sais où je vais, rien n’a beaucoup changé ; je reconnais tout. Au fond d'un parking, très en retrait de la route, la  chapelle Sainte Thérèse surgit soudain. J'y ai fait ma communion, nous nous y sommes mariés et nos enfants y ont été baptisés. Elle n’avait pas de cloches avant, ni de fresque sur le devant, le mur était tout blanc. C’est bien la même, toujours aussi belle dans sa simplicité. Je ne suis plus croyante, mais je ne pouvais pas revenir à Rueil sans passer voir cette chapelle.

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Les larmes me montent aux yeux. Je pense à ce bel après-midi de juin 1973 où, sur ce Parvis, avec Jeff, nous sortions souriants de l'église, entourés de nos familles et amis. Nous avions même réussi à faire rentrer mon père dans une église

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38 ans de mariage dans un mois déjà. Il est temps de rebrousser chemin et de me diriger vers l’entreprise dans ce Rueil 2000. Je passe sous le pont de chemin de fer et remonte l’avenue Albert 1er (entre l'immeuble ancien et le nouveau sur la photo ci-dessous) qui se termine en cul-de-sac.

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Notre maison était la dernière à gauche dans l'avenue se terminant en impasse. Elle a disparu, ayant été détruite avec une bonne partie de la rue.

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Notre petite maison que nous louons et où nous avons vécu de 1973 à 198.  Nous y avons eu nos deux enfants

J’emprunte la rue des deux gares jusqu’à l’entreprise où je me rends. À la place, il y avait  un vaste terrain vague où nous jouions enfants et où je cueillais des boutons d’or. L'immeuble, avenue de chatou, où mes parents avaient un deux pièces, au cinquième étage sans ascenseur, a disparu ainsi que la tour Corosa où je travaillais qui a été détruite. L'entreprise où je vais se trouve presque au même endroit.

Je suis toute émue. Je reconnais sur le parvis de l’entreprise, au milieu des fumeurs, la salariée avec qui j’ai fait ce bilan. Elle m’accueille avec un grand sourire et me demande si j’ai trouvé facilement. Comment pourrais-je me perdre ici, j'y ai laissé une partie de moi-même. Je m'y sens chez moi.

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Après m’être penchée sur mon passé, je vais tenter de me concentrer de nouveau et penser à l'avenir professionnel de cette jeune femme que j'aime bien...  Le mien étant derrière moi. Dans un an, je prendrai une retraite bien méritée.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 31 Décembre 2011

En janvier j'abordais 2011 avec beaucoup d'inquiétude et peu confiante mais avec un objectif principal : MAIGRIR.

 

La banquise y arrivait bien hélas, il n'y avait pas de raison que je n'y arrive pas aussi.

 

Je souhaitais perdre 20 kilos, mais je savais que c'était très ambitieux, certainement trop ambitieux.  Je m'armais de volonté et attaquais le régime à ma facçon celui du bon sens alimentaire : manger moins, supprimer tout ce qui fait grossir (fromage, charcuterie, pain, féculents) et conserver une alimentation  variée (poissons, viandes blanches, légumes, fruits et laitages (lait et yaourt).

Je devais aussi faire de l'exercice. J'allais travailler à pieds chaque fois que je pouvais ce qui me faisait 1 heure par jour de marche à pied en comptant le trajet pour aller déjeuner. Le week-end nous faisions de longues promenades (2 à 3 heures de marche ou de vélo). Ce régime occupait tout mon esprit ce qui m'évitait aussi de penser au reste.

J'ai perdu très rapidement comme je le disais dans l'article la fonte. Où en suis-je après une année, ai-je encore perdu, n'ai je pas repris.... je vous le dirais en fin d'article.

D'autres bons souvenirs de 2011 :

En Mars j'ai découvert les promenades en raquette à la Clusaz. J'ai aimé marcher pendant des heures dans des paysages immaculés où le silence règne, traverser des forêts de sapins ou de mélèzes, autour du lac des confins.
Le ski m'angoissait et me stressait, j'avais peur de tomber et de me briser.  En vieillissant après une journée de ski, je ne pouvais plus en faire tant j'avais mal dans les jambes, dans le dos, dans les bras. La raquette au contraire m'apaise, je reviens d'une randonnée détendue et sereine. J'ai le temps de m'arrêter, de prendre des photos, de goûter à l'ivresse des cimes. Le soir plus de régime, j'ai mangé de la raclette, de la fondue. Ce fut une très bonne semaine en famille avec ma fille, mes petites filles et leur papa.


Je me rappelle au printemps mon baptême de Montgolfière. Une heure de vol inoubliable. Quel bonheur de pouvoir Admirer du ciel le Patchwork des champs du Pays de Bray quand le colza est en fleurs, voir les chevaux courir dans les champs effrayés par la montgolfière et son ombre, survoler les villages et voir les cours de ferme, les jardins fermés que l'on ne peut voir.

 

Les vacances d'été sont arrivées, vite, très vite. Nous sommes partis aux Sables d'Olonne. Nous ne connaissions pas et avec Jeff nous avons une un vrai coup de coeur pour cette baie magnifique avec cette grande et large plage où l'on peut pêcher la palourde. Le front de mer est surprenant avec ses grands immeubles mais qu'ils sont beaux la lumière orangée du soleil couchant les enveloppe. J'ai aime me promener dans le vieux village de pêcheurs de la Chaume, le traverser, arriver sur la côte sauvage ou les lames se brisent sur les rochers escarpés balayés par les vents. J'ai aimé les maisons blanches vendéennes avec des toits de tuile et des volets de couleur. Nous avons passé 15 jours merveilleux à marcher et faire du vélo dans les forêts de pins, dans les marais ou le long de la côte.

 

L'automne est arrivé : un mois d'octobre particulièrement beau et chaud avec un séjour à Center Park pour se ressourcer en famille avec ma fille, mes petites puces et leur papa.

 

Novembre bien triste, je n'aime pas trop ce mois même si il restera pour moi le mois de la Naissance de mon fils le meilleur jour de ma vie avec celui de la naissance de ma fille.

 

La justice ne m'a pas donné ce que je demandais et qui m'était dû, J'irai en appel et c'est plutôt une bonne chose car cela me permettra de travailler plus longtemps. Je me vois mal arrêter de travailler, je crois que je m'ennuierai. J'ai  besoin de voir beaucoup de monde d'échanger, de conseiller, d'aider. Il faut bien positiver. Je crois que dans les premières années de ma vie j'ai vécu des choses tellement difficiles que maintenant j'arrive à relativiser dans presque toutes les situations.

 

En décembre, j'ai été grand-mère pour la cinquième fois et même si je ne verrais certainement jamais ce petit fils, je lui souhaite beaucoup de bonheur avec ses parents et ses deux petits frères.

 

Nous avons fini l'année aux sables d'Olonne. Quel plaisir de passer le jour de Noël avec ma fille, son conjoint et nos deux petites princesses qui nous ont rejoint et ont passé la semaine avec nous. Elles ont été très gâtées et nous aussi. Nous voulions voir les Sables d'Olonne l'hiver avant d'envisager d'y habiter peut être un jour. Nous sommes revenus enchantés et peut être bien que.....

 

Je me suis pesée en ce 31 décembre 2011. La balance affichait 56 kilos.  J'ai Perdu 33 kilos depuis le 1er janvier 2011 (je pesais 89 Kilos).  Rassurez vous, je suis en pleine forme et en bien meilleure forme qu'il y a un an physiquement et psychologiquement aussi.

 

 

Il est temps d'accueillir 2012 avec beaucoup d'inquiétude mais d'espoir aussi.

Que nous réserve t'elle ?


Je souhaite que la loi du plus pauvre remplace la loi du plus riche pour que chacun puisse avoir de quoi manger et se loger décemment

Je souhaite la paix retrouvée pour les pays en guerre

Je souhaite le retour des soldats français d'Afghanistan

Je souhaite plus de tolérance face à la différence

Je souhaite des entreprises plus humaines ou l'on ne jette plus les seniors trop vieux, trop chers alors que paradoxalement l'âge de la retraite a été reculée

Je souhaite un nouveau Président pour la France, un président de gauche

Je souhaite qu'on puisse enfin soigner le cancer et d'autres maladies incurables

Je souhaite plein de choses encore....

 

Suis-je idéaliste, utopique ?


En tous cas chers lecteurs et amis, je vous souhaite une bonne et heureuse année source de santé avec pleins de petits moments de joie, de rire, de plaisir, d'amour et d'amitié.

 

ET JE VOUS OFFRE EN CADEAU CE DERNIER BEAU COUCHER DE SOLEIL DE L'ANNEE 2011 SUR LES SABLES D'OLONNE

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 3 Décembre 2011

 C’est dimanche. Nous nous levons tôt ce matin pour nous rendre chez notre fille à Paris.
C’est le salon du vinet Jeff souhaite y aller avec le conjoint de ma fille. Je n’aime pas trop les salons et encore moins le salon du vin. Goûter des grands crus sans avaler et recracher ensuite, même avec distinction, en faisant semblant de s’y connaître, non ce n'est pas pour moi. Je suis heureuse de passer  la matinée seule avec ma fille et mes deux petites poupées. Je les vois souvent mais dès qu’elles ne sont plus la elles me manquent toutes les trois.

Nous décidons d’aller au marché de la rue de la convention. Nous voici parties avec la plus petite Léonore dans la poussette et avec la patinette pour la plus grande Pauline. Nous sommes sur le palier quand le téléphone de ma fille sonne. C’est l’hôpital où elle travaille qui l’appelle, elle est d’astreinte et ils ont besoin d’elle pour faire une fibroscopie d’urgence. Je ressens l’inquiétude de mes petites filles qui ont compris que Maman allait encore s’en aller. Pauline verse quelques larmes et s’accroche désespérément à sa mère ce qui me peine beaucoup.

Nous devions aller au marché à pieds. Ma fille nous y emmène en voiture, c’est sur son chemin. Me voila lâchée dans ce marché bondé de parisiens  avec des poussettes de marchés ou d’enfants, des personnes âgées avec des cannes qui se frayent un chemin difficilement entre les passants et les étalages. Tous ces gens des beaux quartiers parisiens bien éduqués mènent un combat pour se faufiler et passer quitte pour certains à pousser les autres. Je ne sais plus bien conduire une poussette. J’y arrive bien sur les trottoirs larges ou dans le parc Georges Brassens mais dans ce marché bondé où il est très difficile d’évoluer seul, imaginez avec une poussette avec la plus petite dedans, une patinette sous le bras et la plus grande à surveiller, cela relève pour moi de l’exploit. Heureusement que le charcutier où je dois acheter la choucroute n’est pas trop loin et que Pauline est très obéissante. Quand elle s’éloigne un peu, je lui dis ou plutôt crie pour qu’elle entende « attends Mamie ». Elle est à l’époque des questionnements et me dit « et pourquoi ». Je lui explique que tout simplement je ne peux avancer aussi vite qu’elle avec la poussette et que si elle me perd de vue, elle va se perdre. Elle comprend et elle fait bien attention à ce que je sois toujours derrière elle. Je fais la queue de longues minutes à la charcuterie et au moment de payer, je réalise que je n’ai pas d’argent. Heureusement ils prennent la carte bleue.

Nous revoilà repartis ; Nous traversons le marché dans l’autre sens avec les mêmes difficultés, je coince un doigt au passage, butte avec la poussette sur le talon d’une dame qui s’est arrêtée brusquement. Mes pardons ne suffisent pas à apaiser les regards chargés de colère si ce n’est de haine pour certains.  Ce marché est un enfer. Et même si je suis née rue de la Convention, je n’apprécie vraiment pas l’endroit un jour de marché. J’atteins avec soulagement la large avenue qui remonte sur le parc Georges Brassens. Pauline est heureuse le trottoir est spacieux,  il y a peu de patients, ellepeut faire de la patinette ce qui va me décharger de l’engin qui est assez lourd. Elle part à toute vitesse sur le trottoir qui monte légèrement. Je suis inquiète de la voir s’éloigner si vite. Je lui crie de m’attendre. Ouf elle s’arrête. Je la rejoins et je lui explique que, à chaque fois qu’elle voit une entrée de garage, elle doit s’arrêter et m’attendre. Elle repart et s’arrête effectivement avant chaque bateau. Il y en a souvent ce qui me permet aussi d'éviter qu'elle s'éloigne trop.

Nous arrivons au Parc Georges Brassens. Léonore qui était restée toute sage et silencieuse s'agite soudainement en criant "marcher, marcher Mamie". Je suis soulagée, elle ne veut pas retourner au marché mais pouvoir courir dans le parc. Je la libère de sa poussette avec beaucoup de difficulté car je n'arrive pas à retirer l'attache des sangles. Je suis obligée de libérer les bras, de tenir la poussette avec mes pieds et de tirer la petite par le haut en décoinçant les pieds.... Des passants me regardent intrigués mais aucun ne me propose de m'aider. Non je n'ai pas volé cet enfant, je suis très maladroite tout simplement. C'est certain je n'aurais pas mon permis de poussette.

A peine libérée, Léonore se précipite sur la patinette de Pauline ce qui finit en pugilat, Pauline ne voulant pas la  lâcher sa trottinette. Je les sépare, reprend l'objet de discorde et j'ai mes deux petites princesses qui pleurent. Que faire. Soudain j'ai une idée géniale. En bonne blogueuse, j'ai toujours mon APN avec moi. Ce matin Pauline m'avait dit qu'elle souhaitait que le père Noël lui apporte un appareil photo. Je sors mon APN, je le mets dans les mains de Pauline et je lui dis que je vais lui apprendre à faire des photos. Aussitôt elle lâche la patinette que Léonore s'empresse d'attraper.

 

Je demande à Léonore de s'asseoir sur un banc et je luis dis que Pauline va la prendre en photo. Elle est toute heureuse, elle s'assoit fait de grands sourires en criant "ouistiti".  Pauline tient l'appareil, je lui demande de regarder l'écran et lui indique que quand elle verra bien Léonore au milieu, elle devra appuyer appuyer sur le bouton que je lui montre d'abord un peut puis complètement après. Elle s'applique et prend la photo. Je vérifie avec elle en lui montrant à l'écran, elle n'est pas floue.  Je lui dis que maintenant je vais m'asseoir auprès de Léonore et qu'elle va nous prendre toutes les deux . Je prends la petite sur mes genoux, la serre dans mes bras, et nous regardons toutes les deux Pauline en souriant et en criant "ouistiti". Je vérifie sur l'écran de l'APN. La photo n'est pas floue, on nous voit toutes les deux. J'ai juste le haut de mon chapeau qui est un peu coupé mais légèrement. Je félicite Pauline et je lui dis que je lui laisse l'appareil et libre à elle de prendre toutes les photos qu'elle veut sur le chemin du retour. Elle est toute fière. Elle prend d'abord des arbres,

 

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puis des fleurs (je ne lui ai pas encore appris à zoomer) ,

  

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l'affiche du guignol où elle va souvent le mercredi avec Léonore et Jeff.

 

 

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Nous sortons du Parc. Arrivé dans sa rue, elle prend un pot de fleurs sur un balcon de son immeuble

 

 

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puis  me dit "Mamie arrête toi, fais un gros câlin à Léonore et je vais vous prendre toutes les deux". J'ai l'idée de m'accroupir car Pauline est beaucoup plus petite que moi et je pense que accroupies la photo sera  beaucoup plus réussie.

 

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Nous la regardons toutes les deux en souriant. J'aime cette photo.


Arrivés dans le hall de son immeuble, nous passons devant une grande glace et elle veut nous prendre en photo....

 

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Dans l'ascenseur, elle prend le bouton de son étage  et la grille d'aération !

 

 

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Je crois que Pauline a toutes les qualités pour être blogueuse plus tard et tout photographier en donnant de l'intérêt à l'objet le plus quelconque .

 

Nous arrivons dans l'appartement et elle prend son balcon, ses jouets.

 

 

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Les hommes reviennent du salon chargés de bouteilles et sa maman de l'hôpital et elle est toute fière de leur montrer ses photos. Et elle veut nous prendre son papi et moi en photo :

 

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Je vais lui imprimer ses photos pour qu'elle puisse choisir celles qu'elle collera sur son cahier d'école pour raconter ce qu'elle fait en dehors de l'école.

Nous sommes vraiment fières de nos 2 petite filles et nous avons passé une bien agréable journée.

 

 Fin du premier reportage photo de Pauline,  photographe en herbe. J'espère pouvoir lui passer plus tard ainsi qu'à ma petite léonore ma passion de l'écriture.

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 6 Août 2011

Je me souviens du parfum frais et tenace  d’eau de Cologne avec laquelle ma grand-mère me frictionnait avec amour et dont elle s’aspergeait…. Aujourd’hui je porte « air du temps » de Nina Ricci, c’est plus chic mais cela ne vaudra jamais l’odeur de l’eau de Cologne de mon enfance. …

 

Je me souviens des grands yeux bleus toujours souriants de la marchande de couleurs et de sa boutique au parfum entêtant de lessives, aux ustensiles en tous genres suspendus au plafond ou jonchant le sol dans un joyeux bazar… Aujourd’hui je me promène dans les allées des hyper marchés aseptisés, aux linéaires et têtes de gondole parfaitement rangés et je ne prends  plus le temps de regarder les yeux des caissières …

 

Je me souviens de la crémerie ou nous achetions des yaourts en pot de verre et où nous ramenions ces pots… Aujourd’hui je jette mes pots de yaourt, je jette tout souvent sans prendre le temps de trier ... sauf le bébé avec l’eau du bain…

 

Je me souviens du petit cinéma de la rue Boyer baret à Paris où j’ai tant pleuré en silence à côté de ma grand-mère en regardant Mayerling ou autant en emporte le vent… Aujourd’hui je ne vais presque plus au cinéma, je ne supporte pas les salles obscures sans la présence rassurante de ma mamie et l’odeur de pop corn m’écœure

 

Je me souviens des romans de Dehli, ou je rêvais que, petite fille pauvre, plus tard j’épouserai un beau jeune-homme riche ou un prince avec qui je serai très heureuse… Aujourd’hui, je l’ai trouvé mon prince, il est très riche intérieurement

 

Je me souviens de l’odeur du pain chaud de la boulangerie où je déposais quelques sous sur le comptoir en demandant timidement « un petit fendu bien cuit s’il-vous-plait madame » …  Aujourd’hui je demande une baguette pas trop cuite sans rajouter s’il-vous-plait… mais je dis encore merci

 

Je me souviens  des jolies croix d’honneur ou de mérite blanches cerclées de métal jaune avec des rubans écossais de l’école Sainte-Elisabeth  que je portais fièrement sur mon tablier noir au col Claudine blanc…. Je faisais tout pour l’avoir…. Aujourd’hui, j’ai toujours l’esprit de compétition :  je me bats pour mes primes de fin d’année  mais même si je fais tout, elles ne sont plus assurées.

 

Je me souviens aussi des tours de cours avec le bonnet d’âne sur la tête de l’école publique où on m’en voulait d’avoir été à l’école privée auparavant et la honte et la rage qui m’envahissaient… Aujourd’hui je n’ai plus honte quand on m’humilie mais la combativité contre toute sorte d’humiliation pour moi mais aussi pour les autres reste ancrée en moi.

 

Je me souviens de la minuscule loge de concierge de ma grand-mère ou nous vivions à 3 dans une pièce unique ou nous dormions, mangions nous lavions à l’eau froide dans l’évier qui sentait les peaux d’orange mises sur le dessus de la cuisinière à charbon. Aujourd’hui ma maison est grande, elles sent le parfum vanillé ou floral des bougies.  je n’utilise pas toutes les pièces dont la seconde salle de bain.

 

Je me souviens des vacances à La Rochelle chez ma grand tante et ce jour de juillet 1958 où la terre a tremblé. J'avais cinq ans, le plancher vibrait sous mes pieds, la vaisselle dans l'immense armoire en bois vernis tremblait, les verres s'entrechoquaient... Ce fut très court. J'ai eu très peur mais aujourd'hui je m'en souviens encore et je ne supporte pas le bruit des verres qui s'entrechoquent quand je les range dans le lave vaisselle ou l'armoire. Mon amie Françoise à qui je racontais cela récemment l'a vécu, elle était à l'ile de ré elle jouait dans le jardin et elle est tombée en avant. Elle s'est cassée la cloison nasale

 

Je me souviens de la petite fille solitaire que j’étais qui jouait rarement avec les autres et qui les observait adossée au tronc du platane de la cour de récréation…. Aujourd’hui j’ai 137 amis sur Facebook dont certains que je ne connais même pas, mais combien de vrais amis ?

 

Je me souviens de ma mère sortant d'un grand chou qu'elle avait ramené du marché un petit baigneur en plastique et me disant "tu vois les garçons naissent dans les choux" . Je n'ai plus voulu manger de chou... Je n'en mange plus aujourd'hui... En y réfléchissant je crois que si j'en avais mangé quand j'étais petite,  j'aurais eu l'impression d'être responsable de la mort de mon frère ainé pendant que ma mère accouchait..Déjà que je me suis toujours sentie responsable d'exister à sa place...

 

 

Je me souviens du marché au timbre en bas des champs Elysées où mon père m’emmenait… J’aimais surtout les timbres avec des fleurs et des animaux …. Aujourd’hui je ne m’intéresse plus aux timbres, j’aime les gens un peu « timbrés » sortant de l'ordinaire et je collectionne  les cartes postales anciennes …

 

 

Je me souviens de ma première poupée Bella que ma grand-mère m’avait offerte quand j’ai eu la rougeole. Je l’avais surnommé Laurence…. Aujourd’hui je n’ai plus cette poupée, ma mère l’a donnée sans m’en avertir quand j’ai eu 14 ans (j’étais trop grande pour jouer à la poupée) mais j’ai deux charmantes poupées de 4 et 2 ans  à couvrir de bisous et j’aime peigner leurs cheveux bouclés..et leur maman notre fille s'appelle Laurence..

 

Je me souviens de Carmen et la Hurlette  dans l’émission radio « sur le banc » de Raymond Souplex et Jeanne Surza… Je ne comprenais pas tout mais j’aimais voir ma grand-mère et mon grand-père rire des réparties de ce couple de clochards philosophes…. Aujourd’hui, j’y pense parfois encore en écoutant les sketches « radio bistrot » d’Anne Roumanov

 

Je me souviens du journal France Soir que ma mamie achetait tous les jours, je me précipitais pour voir le feuilleton BD « Chéri Bibi » et je l’aimais bien ce bagnard antihéros malchanceux mais si sympathique … Aujourd’hui je ne lis plus le journal, je regarde les actualités à la télévision… Je ne lis plus non plus de BD.

 

Je me souviens des autobus parisiens… Je m’installais sur la plate forme arrière et regardait les passants, les voitures. Mon grand plaisir : passer sur le pont neuf et dominer la Seine …. Aujourd’hui je traverse paris dans le RER ou le métro sous terre et sous la Seine…. J’étouffe dans la grande ville.

 

Je me souviens de la Samaritaine et son plancher de bois qui craquait sous nos pas, j’aimais regarder et toucher les vêtements et ma mamie m’achetait de jolies robes  payées avec les bons de la semeuse… Aujourd’hui mes doigts effleurent les touches de mon PC plus que le tissu, j’achète beaucoup sur internet….

 

Je me souviens que lorsqu’adolescente on me demandait quel métier je voulais faire plus tard ? je répondais : je veux être sage-femme. Aujourd’hui je ne suis pas sage femme, mes parents n’ont pas voulu, mais je pense être une femme sage qui a parfois heureusement quelques moments de folie.

 

Je me souviens des timbales aux fruits de mer succulentes de ma grand-mère. Je ne l’aidais pas, je n’aimais pas faire la cuisine à l’époque… Aujourd’hui la cuisine est une passion et je regrette de ne pas avoir demandé ses recettes à ma grand-mère….

 

Je me souviens de mes premiers flirts dans le bois de Saint Cucufa à Rueil et d'avoir un dimanche après-midi malencontreusement croisé un prof de mon collège privé... Le lendemain elle m'avait placée près du radiateur en fond de classe en me disant, sous d'un air narquois, sous le regard hilare des copines,  "j'ai vu hier que vous aimiez la chaleur"... Aujourd'hui j'ai toujours trop chaud...

 

Je me souviens de l’idéal anti-communiste de mon père qui l’avait poussé à s’engager dans la guerre d’Indochine et d’en revenir meurtri à vie, de son admiration pour de Gaulle, de ses larmes, le jour de la mort du Général, de ses joutes verbales avec ma grand-mère qui avait voté Le Canuet… Aujourd’hui j’ai beaucoup de mal à me situer politiquement car cela reste ancré en moi même si mon cœur est à gauche….

 

Je me souviens avoir écouté pendant des heures les compagnons de la chanson chanter la chanson "Elle va mourir la mama"... 



Ils sont venus
Ils sont tous là
Dès qu'ils ont entendu ce cri
Elle va mourir, la mamma
Ils sont venus
Ils sont tous là
Même ceux du sud de l'Italie
Y'a même Georgio, le fils maudit
Avec des présents pleins les bras
Tous les enfants jouent en silence
Autour du lit ou sur le carreau
Mais leurs jeux n'ont pas d'importance
C'est un peu leurs derniers cadeaux
A la mamma

On la réchauffe de baisers
On lui remonte ses oreillers
Elle va mourir, la mamma
Sainte Marie pleine de grâces
Dont la statue est sur la place
Bien sûr vous lui tendez les bras
En lui chantant AveMaria
Ave Maria
Y'a tant d'amour, de souvenirs
Autour de toi, toi la mamma
Y'a tant de larmes et de sourires
A travers toi, toi la mamma

Et tous les hommes ont eu si chaud
Sur les chemins de grand soleil
Elle va mouri, la mamma
Qu'ils boivent frais le vin nouveau
Le bon vin de la bonne treille
Tandis que s'entrassent pêle-mêle
Sur les bancs, foulards et chapeaux
C'est drôle on ne se sent pas triste
Près du grand lit et de l'affection
Y'a même un oncle guitariste
Qui joue en faisant attention
A la mamma

Et les femmes se souvenant
Des chansons tristes des veillées
Elle va mourir, la mamma
Tout doucement, les yeux fermés
Chantent comme on berce un enfant
Après une bonne journée
Pour qu'il sourie en s'endormant
Ave Maria
Y'a tant d'amour, de souvenirs
Autour de toi, toi la mamma
Y'a tant de larmes et de sourires
A travers toi, toi la mamma
Que jamais, jamais, jamais
Tu nous quitteras …

Paroles: Robert Gall. Musique: Charles Aznavour

 

Ce qui me fait une belle conclusion à cette évocation de mes jeunes années car "c'est en s'éloignant de sa source qu'un fleuve lui reste fidèle"


 

mamie et moi

 

Non jamais, jamais tu m'as quittée mamie et c'est de toi dont je me souviens le mieux.

 

 Eglantine / Août 2011 pour le thème "Je me souviens" de la communauté Prête moi ta plume

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 28 Juin 2011

C’est samedi, il fait beau mais pas de ballade à vélo aujourd’hui. Nous sommes invités à l’anniversaire de mariage de mon beau frère (40 ans d’union pour le meilleur et pour le pire cela se fête). Nous n’en sommes qu'à 38 ans. Comme le temps passe vite et nous nous sentons encore plus vieux aujourd’hui.

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De plus c’est nous pour nous une corvée à laquelle nous avions décidé d’échapper. Mais notre fille nous a assénés : « Il faut que vous y alliez, c’est LA FAMILLE  tout de même ». Le tout de même nous a aussitôt culpabilisé.

- "Tu y vas lui ai-je répondu ?"

- "Non maman, je suis d’astreinte ce jour là !!! "

 

Notre fille aurait pu se faire remplacer, échanger une astreinte avec un  autre collègue médecin  comme elle le fait parfois.

 

Nous serons tous d’astreinte finalement : elle d’astreinte médicale, nous d’astreinte familiale parce que, en  plus, nous n’aurons pas le plaisir de voir notre fille, notre fils qui a rayé une croix sur toute sa famille,  et tous nos petits enfants réunis.

 

Pour nous avant la famille se réduisait à nos enfants et c’est d’ailleurs ce que nous leur avons involontairement inculqué.  Nous en subissons les conséquences directement aujourd’hui ou paradoxalement nous trouvons que la famille : frères, sœurs, cousins, cousines c’est important même si nous n’avons pas les mêmes intérêts, les mêmes idées, la même façon de vivre. Est-ce un besoin en vieillissant, après avoir beaucoup volé en toute liberté de se rattacher à nos racines ?


Avant de nous rendre dans le lieu des agapes familiales, un charmant village bourgeois au sud de paris aux limites extrêmes de l’île de France, nous devons faire une détour de 30 Km au nord ouest de chez nous pour aller chercher ma  belle-mère qui a 85 ans.


Mon beau frère ayant ordonné à son petit frère, mon époux, d’aller chercher leur mère ce que nous allions faire mais nous n’avions pas prévu de la ramener car mon chéri a un autre frère plus âgé qui participera à la fête et qui habite plus près de chez elle.

 

Mais c’est ainsi ma belle famille cultive le culte de l’aîné, c’est au petit frère que les grand frères et la grande soeur ordonnent toutes les corvées. En l’occurrence son grand frère lui avait demandé également d’aller en plus chercher et ramener une vieille cousine lointaine qu'il ne connaît pas à l’est de Paris. Mon chéri ne s’est pas laissé faire et a refusé catégoriquement en lui répondant qu'il n’était pas taxi et que sur les 60 invités il y en avait bien un qui habitait Paris, ce qui lui a valu la réprobation de son aîné.


Pendant le trajet, dans les embouteillages, à l’arrière de la voiture, je pense à cette journée. Que vont-ils encore nous réserver aujourd’hui pour nous punir de la rébellion de mon chéri. La dernière fois nous avions déjeuné dans le garage avec les enfants et les jeunes et nous avions eu le droit comme eux au menu enfant "rillettes, chipolatas, chips"  !

 

Mes pensées sont interrompues par la mamie qui nous demande si nous avons des nouvelles de notre fils. Elle souffre également de son silence et se l’explique encore moins que nous. Elle a toujours été une grand-mère aimante pour ses petits enfants. Nous lui répondons que nous n’en avons pas. Les larmes me montent aux yeux que j’essaye de contenir. La journée s’annonce mal. Si j'étais seule, je ferais demi-tour.


Après plus de deux heures nous arrivons enfin dans les derniers. Je n’ai pas revu les  les cousins de mon chéri depuis longtemps. Je les trouve forcément vieillis, certains se sont empâtés. Je pense qu'ils nous trouvent également ridés et cette idée me déplaît. Ses frères et soeurs  que j’ai vus à Noël avec vingt kilos de plus semblent ne rien voir et ne me félicitent pas pour avoir autant maigri. Pourtant pendant la période où je grossissais, ils me le faisaient remarquer. Je ne suis pas étonnée mais néanmoins déçue.

 

Par contre les « avez-vous des nouvelles de votre fils »  prononcés avec un air d’enterrement inquisiteur fusent de partout alors que nous n’avons dit à personne que notre fils tant aimé avait décidé de nous rayer de sa vie.

Certains ajoutent mais vous avez des nouvelles de vos petits enfants au moins. Le au moins est terrible et assez pervers parce que nous n'avons aucune nouvelle et n'en aurons pas.

 

 Non on en a pas leur rétorque t'on rapidement avec un ton qui leur laisse comprendre qu'il est inutile d'insister sur le sujet.

En effet  nos petits ne répondent pas encore tout seuls au téléphone, leurs parents ne répondant jamais ni à nos appels ni à nos messages,  on a cessé de téléphoner aussi, ce rejet étant insupportable. Certains parents dans la même situation que nous se battent pour voir leur petits enfants et vont même jusqu’en justice, nous ne le ferons pas car voir nos petits enfants, sans voir notre fils ne nous intéresse pas et il est hors de question d'ester contre notre fils.  Nous leur envoyons des cartes, des cadeaux. Ils ne savent pas lire. Savent-ils qu’ils sont de nous ?

 

Les larmes remontent, je les contiens tant bien que mal. J’ai envie de partir. Après l’apéritif, kir et petits gâteaux que je  boude, régime oblige, vient le moment des discours des vieux mariés.


Nous commençons par la "patriarche" : ma belle sœur soeur, aînée d'une famille nombreuse : une femme de caractère qui dirige tout comme une maîtresse femme d’une manière très directive, assez rigide. J’ai arrêté d’échanger avec elle car ce n’est pas possible : elle a toujours raison et nous avons toujours tort. Elle est la fille d’un des grands fonctionnaires d’état d’outre mer de notre république et a vécu toute son enfance dans les palais dorés sur d’autres continents entourés de gens pour la servir. Nous sommes d’ailleurs dans la maison de campagne de ses parents dont ils ont hérité, une jolie maison qui aurait besoin d’un ravalement et d’un rajeunissement sur un terrain immense bien aménagé en lisière de forêt. Le portrait du patriarche avec toutes ses médailles sur son costume est affiché avec celle des vieux mariés et de la famille le jour du mariage. Qu'ils étaient jeunes et mon chéri aussi. Qu'il avait l'air de s'ennuyer ce jour la. Nous étions des gamins.... Nostalgie quand tu nous tiens.


Elle rappelle dans son discours qu’ils fêtent leur 40 ans de mariage mais également, leur anniversaire, leur retraite qu’ils viennent de prendre, retraite qui ne pourra qu’être active.  Elle ajoute qu'ils fêtent aussi ses palmes académiques qui lui ont été remises par le président de son université…. Dommage aux lieux de chaises de jardin nous aurions dû lui offrir un masque et un tuba.

 

Tout le monde applaudit même nous pris dans l’enthousiasme collectif .

En pensant au masque et au tuba, je passe des larmes au fou rire que je j'intériorise aussi. Elle rend hommage à son père qui a fait construire cette maison, aménagé son parc, à tous ceux qui les ont aidé à entretenir cet immense espace ce qui leur a évité de payer un jardinier.

 

Elle termine son discours. Elle n’aura pas eu un mot pour son époux avec qui elle a partagé 40 ans de vie, ni pour leur fils adopté présent à cette fête. Je suis pourtant certaine qu’elle les aime tous deux mais on ne montre pas ses sentiments quand on est une femme de caractère, on les intériorise. Je ne peux pas la critiquer sur ce point, j’ai aussi beaucoup de mal à dire à ceux que j’aime que je les aime. J'en paye aujourd'hui les conséquences. Néanmoins en pareille circonstance j’aurais parlé de mon époux et de mes enfants qui sont ma raison de vivre.

 

Je repense à mon fils, les larmes me montent de nouveau aux yeux.


Mon beau-frère prend à son tour la parole. C’est un hommage très particulier à son épouse un inventaire à la Prévert fait sous forme d’alphabet :

 

A comme autoritaire…. E comme énergique….. .. T comme têtue…. V comme voix (elle a la voix qui porte précise-t-il avec raison car elle ne parle pas elle hurle)… Z comme zodiaque, elle est scorpion, ce n'est pas pour rien rajoute t'il….

 

Ce n’était pas vraiment un hommage mais c’était touchant

On sent dans cette longue litanie l’homme qui a été « écrasé » toute sa vie par une épouse dominatrice qu’il aime néanmoins ainsi. Il ne prononce pas non plus un mot sur leur fils. Cela me choque vraiment.

 

 

Nous passons à table : méchoui et salades à volonté, vin de bourgogne d’excellente qualité.
Pour le dessert : petits fours et fruits (framboises et myrtilles)  que nous cueillons directement dans le jardin.

Nous nous sommes régalés.

 

Nous partons les premiers vers 18 heures. 


Nous raccompagnons la mamie chez elle et enfin seuls dans la voiture nous échangeons nos impressions sur la soirée.

Fêterons nous nos 40 ans de mariage dans deux ans,  nous le pensions, ce soir  nous ne savons plus ....

 

La seule chose que je sais c'est que lorsque l'on épouse quelqu'un on épouse aussi sa famille pour le meilleur.... et pour le rire car mieux vaut en rire qu'en pleurer.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 1 Juin 2011

M…. avait 50 ans. Il venait d’être victime d’un plan social d’une grande entreprise. Je le conseillais dans sa reconversion professionnelle. Il avait un beau projet M…., pouvoir sillonner la France, l’Europe au   volant d’un car de tourisme. Il était célibataire ce qui lui laissait une grande disponibilité. Il avait son permis transport en commun, n’avait pas conduit depuis longtemps mais prenait des cours de conduite et avait entrepris la formation sécurité indispensable pour exercer le métier. Il savait que pour pouvoir conduire des cars en dehors de sa région, il devrait conduire au moins un an des bus en banlieue mais il était prêt à le faire tant son projet le motivait. Conduire le motivait plus que rester derrière un bureau comme il le faisait auparavant.
Quand il venait à nos entretiens, il était toujours souriant, plaisantait. Il était énergique, volontaire, extraverti.

Il en voulait beaucoup à l’entreprise qui l’avait jeté après tant d’années de service mais c'était pour lui une opportunité : l’occasion de faire un métier qu’il rêvait de faire depuis longtemps.

Je l’avais appelé récemment pour lui demander si ses cours de conduite lui permettaient de se sentir à l’aise dans la conduite. Il m’avait indiqué qu'il avait terminé les cours et qu’il était maintenant tout à fait apte à conduire. Il venait de débuter sa formation sécurité FIMO.

Nous étions convenus de nous revoir fin juin pour débuter sa recherche d’emploi. Je connaissais déjà des entreprises à qui le recommander.

Pourquoi je parle de M…. au passé parce que M., dimanche dernier en fin de soirée, s’est jeté de la fenêtre de son immeuble.

 

 

Ce n’était pas un geste impulsif, mais un geste prémédité.

Il a pris le soin d’appeler ses amis, collègues d’infortune victimes du même plan social  pour échanger avec chacun d’entre eux avant de les quitter. Aucun n’a senti sa détresse.

Il a passé la journée du dimanche avec ses parents qui n’ont rien vu de particulier. Il leur a laissé une lettre pour fixer les modalités de ses obsèques avant de faire le grand saut pour l’au-delà. Il souhaite être incinéré et que ses cendres soint jetées du haut des falaises d'Etretat.

 

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Habituée à la relation individuelle avec des publics parfois en difficulté, je ressens beaucoup de choses, de non dits et je me pensais assez psychologue. Mais pour M….je n’ai rien vu, rien senti de sa détresse. Je m’en veux.

Ses proches, ses amis s'en veulent aussi, ne comprennent pas.

Je ne comprends pas non plus mais à quoi servirait-il maintenant de comprendre ? :

 

« les grandes douleurs sont muettes ».

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Rédigé par eglantine

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Publié le 13 Avril 2011

Après avoir vu à la télévision en janvier 2011 un reportage sur la fonte de la banquise, la nuit suivante je rêve que je suis un iceberg et que je fonds, fonds désespérément jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Je vois dans ce rêve un signe du destin.

   

 

 

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Le lendemain matin, avant ma douche, je monte sur ma balance électronique que je n’ai pas utilisée depuis des mois, je scrute l’écran, les secondes me semblent interminables tant je suis inquiète du verdict et le chiffre s’affiche soudain. Non ce n’est pas possible je n’y crois pas. Rassurez vous je n’ai pas fondu, je ne me suis pas liquéfiée comme l’iceberg de mon rêve. Je monte de nouveau sur la balance et stupidement je retire les lunettes, la bague pour perdre quelques grammes mais rien ne change, le même résultat s’affiche : 88,7 kilos … Une idée surgit soudain comme un éclair et si je m’épilais…. Stupide pensée qui s’évanouit aussi vite qu’elle est apparue.

 

Et bien, c’est décidé, je vais fondre comme glace ou plutôt comme graisse au soleil. Objectif : 75 Kilos.

 

Comment faire ? Je suis tentée de consulter sur internet les différents régimes. J’en ai déjà essayé quelques uns qui m’ont transformée en Yoyo mais pas en ficelle, je descends, je remonte, je fonds, je fonds, je grossis et pour me consoler je mange encore plus.

 

Au diable, les Weight Watchers, Montignac, Cohen, Dukan : les grands prêtres de la perte de poids et des régimes dont la fortune grossit au fur et à mesure que nous maigrissons et que nous reprenons du poids. Ils ont d’ailleurs intérêt à ce que nous grossissions après leur régime pour avoir à maigrir à nouveau !!!

 

Au diable les régimes hyper protéinés, hypo protéinés, hyposodés, hypocaloriques, dissociés, associés, macrobiotiques, crudivores, « détox » dont les noms sont à eux seuls repoussants…. Les diététiciens, à l’instar des politiciens, aiment polémiquer et il suffit qu’un préconise un type d’alimentation, pour que l’autre prône le contraire…Au secours nous sommes perdus.

 

Je décide de me fier à mon bon sens et à mon intuition et de supprimer les graisses (fromages gras, charcuterie…), de manger plus de légumes, de fruits, de poissons, de diminuer la viande, le pain, les sucres rapides, le vin et surtout de ne jamais me resservir. Il faut aussi c’est important que je n’ai jamais faim et que je continue à me faire plaisir en mangeant. Je dois aussi m’autoriser un repas de famille, entre amis ou d’affaires, l’occasion de déguster aussi du bon vin et sans restriction sinon celle de la quantité.

 

Je persuade Jeff de s’y mettre aussi car seule je n’y arriverai pas et c’est ensemble que nous commençons non pas un régime mais une révolution alimentaire.

 

La première semaine est difficile, nous nous contentons le soir d’un poisson ou d’une viande et de légumes, d’un yaourt et d’un fruit. Le dimanche nous faisons un repas normal : une entrée, une viande cuisinée, yaourt et fruit.

Le soir pour compenser nous dînons d'une soupe et d'un morceau de fromage

 

Le midi, je mange au restaurant, je prends une grande salade, ou un carpaccio de bœuf ou de poissons et un fromage blanc. Quand je travaille à Paris je fréquente les bars à soupes et à jus de fruits. J'y prends une salade au poulet, une soupe et un cocktail de jus de fruits aux subtils mélanges. C'est délicieux. Je ressors heureuse et légère sans avoir faim.

 

Chaque matin, je monte sur la balance et les premiers résultats affichés me rendent heureuse et m'incitent à continuer, en janvier je perds 5 kilos, en février 5 autres. Après la descente est plus lente mais je continue à perdre petit à petit et aujourd'hui à mi avril j'ai dépassé mon objectif : 74,5 kilos. Jeff a perdu aussi 11 kilos.

 

J'ai décidé aussi de marcher à pieds et chaque jour je marche au minimum une demie-heure et quand je n'ai pas de rendez-vous extérieur je vais à pieds au travail ce qui représente une heure de marche quotidienne en comptant les 20 minutes le midi pour aller déjeuner et revenir.

 

Je me sens beaucoup mieux, plus légère.  je n'ai plus de maux d'estomac et de mots qui restent coincés en moi, je suis plus créative à l'écrit, je suis plus enthousiaste, je dors mieux.

Je reprends plaisir à me regarder dans une glace. Je me demande si les autres me regardent puisque jusqu'à ce jour personne ne m'a pas encore fait la remarque que j'avais maigri.

Peut être en fin de compte ai-je tellement fondu que je me suis liquéfiée comme l'iceberg, évaporée et devenue invisible et si nous étions tous devenus invisibles aux yeux des autres ....

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Vécu

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