vecu

Publié le 12 Juin 2010

Après :

Voici la suite de ma biographie (le début de cette biographie est écrit au passé, j'ai décidé d'utiliser désormais le présent narratif. Je modifierai les précédents chapitres quand j'aurai un moment)

 

 

 

Je n’ai jamais imaginé auparavant que la vie de mère de famille qui travaille soit à ce point fatigante et frustrante. 

 

Le matin je me lève à l’aube, j’avale le petit déjeuner en vitesse, réveille doucement notre petite laurence que nous appelons "lolo", la change, l’habille, je la mets dans le landau, je vais à pieds  jusqu’au garage que nous louons pour la voiture. Me voila partie avec le bébé. J’ai une conduite très sportive que j’essaye de tempérer pour ne pas brusquer Lolo. Après un quart d’heure nous voici arrivées chez la nourrice.  Lolo ne pleure pas mais je suis toute triste de la laisser et j’envie la nourrice de pouvoir en profiter toute la journée.

 

Je reprends la voiture : 5 minutes de route et je retrouve mon bureau. Enfin le calme et la tranquillité. En effet en dehors des périodes de stage de formation, il est vrai que je n’ai pas grand-chose à faire de la journée. Je peux rêver à loisir, penser à Lolo, à Jeff qui lui a trouvé un travail passionnant et très prenant puisqu’il est technicien itinérant et qu’il est bien souvent sur la route en Ile de France et Picardie. Il lui arrive même de ne pas rentrer le soir.  La journée est très longue. Quand mon patron n’est pas la je m’ennuie dans ces grands locaux vides. J’attends avec impatience l’heure du déjeuner pour retrouver mes collègues de l’entreprise au restaurant.

 

L’après-midi est encore plus long. Je n’attends qu’une chose, qu’il soit 18 heures pour pouvoir partir. La course après la temps va reprendre mais j’aime courir même si c’est épuisant. Le grand sourire de Lolo quand elle me retrouve le soir me touche à chaque fois et compense la frustration de n’avoir pu m’occuper d’elle dans la journée. Je prends congé de la nourrice, remets Lolo dans la voiture et reprends le chemin de la maison. Un soir en arrivant au garage, plus de lolo dans le siège auto..... Je deviens livide. L’angoisse me prend soudain, l’aurais je oublié chez la nounou. Non elle était simplement tombée entre les sièges avant et arrière sans pleurer ni crier. Les sièges auto à cette époque n’étaient pas aussi sécurisés qu’aujourd’hui. Elle ne s’est pas fait mal et je suis soulagée.


Une fois rentrée à la maison, je fais le bain à Laurence, lolo aime l'eau, un autre moment agréable mais que je ne peux prolonger à loisir tant j’ai de choses à faire.  Je l'habille pour la nuit. Je dois maintenant  préparer sa soupe du soir. Je regrette l’époque où je n’avais qu’à lui donner le sein.  Un soir sur deux J’épluche les légumes, je les fais cuire, les passe au mixer. Je la fais manger et je joue avec elle en attendant le retour de Jeff.  Il joue un peu avec Laurence, nous la couchons et lui chantons et mimons « les petites marionnettes » nos mimiques la font beaucoup rire.


Nous pouvons maintenant préparer le dîner en espérant qu’elle va dormir et dîner. Nous apprécions ces moments où nous nous retrouvons seuls et pouvons échanger sur nos journées respectives.  Après le dîner, nous regardons la télé puis nous couchons rapidement et je m’endors épuisée par ce rythme infernal.  Demain est un autre jour certes mais ce sera la même course……


Le samedi nous faisons les courses au supermarché où nous allons en voiture. Je fais le ménage, le repassage et j’ai peu de temps pour profiter de Laurence et j'ai beaucoup de chance car Jeff m'aide vraiment. Le samedi après midi nous prenons néanmoins le temps d'emmener Lolo aux bébés nageurs. Quelle joie d'évoluer avec elle dans la piscine, elle est si heureuse. La première fois que je dois complètement l'immerger sous l'eau, j'ai peur mais le moniteur me dit qu'un bébé coupe automatiquement sa respiration, alors je lui fais confiance, je la plonge et la remonte aussitôt très vite.... Ouf il avait raison, elle n'a pas bu la tasse.

  

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Autre havre de paix, de tranquillité et de joie : le dimanche où nous nous retrouvons et pouvons profiter de Lolo  l’esprit tranquille. Comme Barbara, j'ai longtemps haï les dimanches mais ce temps est révolu et je les apprécie vraiment.

 

Les premières vacances avec notre fille arrivent. L'été 1976, Je me souviens.... Nous étions partis faire du camping à Aytré près de la rochelle. Il faisait très chaud. Nous aspergions Laurence régulièrement avec de l’eau  minérale en bombe  pour la rafraîchir pendant le long trajet en voiture, sur la plage et pendant les siestes. Il n’y avait pas de climatisation à cette époque la. Mais quelle joie de nous retrouver sans avoir rien à faire d’autre que des promenades dans la Rochelle en bord de mer et profiter le matin ou le soir en fin de journée de la plage. Nous passions les dimanche avecma tante Germaine et ma tatie Jo qui habitaient la Rochelle et qui étaient toutes deux en admiration devant notre bébé.

 

La rentrée arrive. Je reprends le rythme effréné de mes journées mais curieusement je trouve que les journées sont longues, très longues. Aujourd’hui 34 ans plus tard, alors que j’ai plus de temps libre,  je trouve que les journées passent vite, trop vite et plus je vieillis, plus les jours, les mois les années défilent, hélas.....

 

Noël arrive : le premier Noël de Lolo.  elle a 10 mois et tient bien debout et va bientôt marcher. Elle est très gâtée par toute la famille nombreuse. Nous ne savons plus où mettre les jouets. Heureusement la maison est grande.


Nous avons envie d’un second enfant et voulons donner un petit frère à Lolo. Même si cela va me donner encore plus de travail,   je me dis que si je ne le fais pas maintenant, je n’aurais pa le courage de le faire dans 2 ou 3 ans et puis je pourrais prendre  prendre un congé parental d’un an. Un trève qui je n'en doute pas sera appréciée.


Je lis beaucoup de livres et me renseigne sur les conditions pour faire un garçon….. Je choisis la bonne période du cycle, les conditions idéales du rapport. Ne riez pas chers lecteurs, j'étais bien jeune et candide à l'époque. Aujourd’hui, je ris de moi en y pensant mais à l’époque j’y croyais fermement.


Février 1977, Laurence fait ses premiers pas et souffle sa première bougie délicatement posée sur le dessus du gâteau que j’ai confectionné pour l’occasion.

 

 

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Quelques semaines après , un test de grossesse m’annonce que je suis de nouveau enceinte.

 

C'est le bonheur, ce garçon nous allons l'avoir.......

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Publié le 29 Mai 2010

Après :

Voici  la suite de ma biographie :


 Le mercredi 18 février en fin d'après-midi, je ressentis les premières contractions et Jeff me conduisit aussitôt à l’hôpital de Saint-Germain en Laye.

On m’installât dans une chambre, les contractions continuaient mais elles n’étaient pas assez intenses mais suffisamment pour m’empêcher de dormir.

 

Le lendemain matin nous en étions au même point. Je commençais à m’impatienter. On me fit une piqûre pour augmenter les contractions. La piqûre fut efficace,  je souffrais beaucoup plus mais je trouvais cela supportable par rapport à ce que j’avais imaginé. Aucune douleur dans le ventre, tout dans les reins. On me conduisit en salle de travail, Jeff m’accompagnât. On me demandât de pousser, je m’exécutais mais les contractions n’étaient pas assez fortes et le bébé ne sortait pas. On me demandât de pousser plus mais j'étais au maximum de mes possibilités.

 

Quand la sage-femme s’aperçut que le bébé ne sortirait pas elle décidât de m’anesthésier pour le sortir aux forceps. On fit sortir Jeff de la salle,  le médecin anesthésiste arrivât de mauvaise humeur en disant que c’était toujours à l’heure du café qu’on l’appelait.  Le pédiatre arrivât aussi. J’angoissais depuis que j’avais entendu le mot forceps. C’est après un forceps que ma mère avait perdu son premier bébé à la naissance. L’histoire allait-elle se répéter. L’anesthésiste me fit la piqûre et je ne pus assister à la naissance de notre premier enfant.


Je me réveillais dans la salle de travail avec un bébé dans un berceau transparent habillé avec la petite brassière que j’avais tricotée. Je le trouvais très beau. Il y avait une infirmière dans la salle et je lui demandais si tout allait bien pour mon petit garçon. « Elle va très bien. Me dit-elle c’est une fille de 3,4 Kilos ».

 

Je fus très étonnée, un peu déçue je l’avoue mais j’étais tellement contente  d’être maman d’un très joli bébé en pleine santé Elle prit le bébé et me le mit dans les bras. Un des moments inoubliables de ma vie. Je décidais de l’appeler Laurence en souvenir de la poupée que m’avait offerte ma grand-mère et que ma mère avait donnée  quand j’avais eu quinze ans car d’après maman j’étais trop grande pour jouer à la poupée et il fallait mieux qu’une petite fille pauvre qu'elle connaissait puisse en profiter.

Maman était altruiste mais très dure avec elle et avec moi.

 

Un brancardier nous ramenât dans notre chambre. Je retrouvais Jeff qui découvrit sa petite fille. Il était très heureux. Je dormis bien la nuit d’après. L’angoisse était partie, j’étais heureuse. Une aide soignante me réveillât à l’aube le lendemain matin, très tôt et de manière très brutale. En me donnant le thermomètre elle prononçât des mots que je n’oublierai jamais. « Vilaine maman qui n’a pas su sortir toute seule son bébé ». Cela n’a l’air de rien mais je me mis à culpabiliser. J’étais incapable de faire l’amour, incapable d’accoucher sans aide…. Étais-je normale, le voulais je vraiment ce bébé. Quelques mots, juste quelques mots maladroits et le peu de confiance que j'avais dans mes capacités à être maman disparût.

La puéricultrice me montrât comment changer le bébé et moi qui suis horriblement maladroite,  j’y arrivais bien du premier coup ce qui me fit oublier quelques temps ces mots qui reviendront souvent me hanter dans ma vie dans les moments de doute.

 

Je décidais d'allaiter et c’était un plaisir de donner le sein à Laurence tout en lui parlant. Ma mère vint me voir.  Elle fut froide comme à son habitude, se penchât auprès du bébé…. Et oui maman c’est une fille, encore une fille mais c’est ta petite fille. Mon père était à l’hôpital, un séjour de plus, il dépérissait chaque jour tué par l'alcool. Aurais-je le temps de lui montrer sa petite fille.

 


Le 24 février ce fut mon anniversaire, j’avais 23 ans. J’était une bien jeune maman. Jeff vint avec ses parents et il amenèrent une bouteille de champagne et des coupes qu’ils avaient dissimulées. Il était interdit de boire de l’alcool à l’hôpital mais ce champagne bu en cachette pour fêter la naissance de Laurence et mon anniversaire avait un goût exquis.

Mes grand-mères vinrent me voir aussi et furent en admiration devant leur première arrière petite fille. Mes amies vinrent aussi, je reçus des cartes, des fleurs. J’étais comblée.


Une semaine après l’accouchement, je sortis de l’hôpital. Jeff vint me chercher en voiture. Nous avions acheté une vieille R10 et nous rentrâmes avec Laurence à la maison… Notre vie de parents commençait. Que nous réservait-elle ?

 

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Les premières semaines, premiers mois furent très difficiles pour moi. J'étais très fatiguée. Laurence était un bébé qui dormait très peu et pleurait beaucoup. J'étais angoissée de la voir ainsi. De ne rien pouvoir faire pour la calmer et ceci m'énervait. Les seuls moments joyeux dont je me souviens ce sont les tétées. Je regardais Laurence dans les yeux avec amour et j'avais l'impression qu'on se comprenait. J'aimais aussi le moment du bain que Laurence appréciait mais c'était aussi angoissant, j'avais peur qu'elle tombe.  dans l'eau.

 

 

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La nuit je dormais peu même quand elle ne pleurait pas, j'avais peur qu'elle ne se réveille pas. Un bébé c'est beaucoup de joie mais beaucoup de peur. De plus à la maison, je déprimais, je m'ennuyais de ne pas travailler. Deux mois après la naissance de Laurence, mon père mourût à l'hôpital. Ce fut très difficile pour moi partagée entre l'amour que j'avais pour mon père et le dégoût qu'il m'inspirait. Je dûs l'annoncer à ma grand mère paternelle et son chagrin me fit très mal. Il ne verrait pas sa petite fille grandir. De quoi allait vivre ma mère sans le salaire de mon père ? Tout cela finit par me déprimer encore plus et je pense que Laurence dut le ressentir.

 

Il était urgent pour ma santé morale et celle de ma fille que je reprenne mon travail rapidement. C'était le seul moyen d'aller mieux même si c'était très difficile de laisser Laurence à quelqu'un d'autre. Ma belle mère demandât à une de ses voisines que je connaissais, si elle pouvait prendre Laurence. Elle acceptât et je repris mon travail dans le laboratoire pharmaceutique tranquillisée car cette nourrice que je connaissais était une femme très douce qui avait élevée ses cinq enfants dont la plus jeune des filles avait été à l'école avec moi. J'étais tranquillisée, Laurence serait dans de bonnes mains.

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Publié le 22 Mai 2010

Après :

Voici  la suite de ma biographie :


Nous avions eu l’impression pendant les quelques semaines précédant le mariage et le voyage de noces de vivre entre parenthèses comme dans un rêve et que ces moments seraient éternels.
La réalité nous rattrapât vite. Je retrouvais mon travail d’assistante d’un Directeur Régional d’un laboratoire pharmaceutique. J’avais 2 bonnes heures de transport par jour et ce poste dans de luxueux locaux en plein cœur du quartier latin m’ennuyait et mes relations avec mon patron étaient de plus en plus conflictuelles. Je ne pouvais pas y rester plus et je décidais donc de partir. J’adressais des candidatures spontanées à ne nombreuses entreprises de Rueil. J’eus  plusieurs entretiens et fut embauchée pour assurer le secrétariat d’un médecin chargé du recrutement et de la formation des visiteurs médicaux.

Jeff de son côté, cherchât aussi un nouvel emploi et trouvât un poste de technicien de maintenance sur téléviseurs dans une entreprise d’électronique grand public à Paris.

Nous venions de nous marier, nous avions changé d’emploi.

Cette nouvelle vie nous convenait bien et maintenant que notre avenir était assuré, nous avions tous les deux fort envie d’avoir des enfants. Pour y arriver, je devais absolument surmonter mes angoisses et mes blocages. Je m’étais rendue compte que je n’y arriverais pas seule. Je décidais donc de consulter un médecin. Elle était à la fois gynécologue et psychothérapeute. Elle mit un nom sur ce blocage : La dyspareunie d’origine psychologique et j’acceptais la psychothérapie qu’elle me proposât. Je la rencontrais toutes les semaines et je lui racontais ma vie, elle écoutait, parlait peu. Cela me faisait beaucoup de bien de lui confier ce que je n’avais jamais confié à quiconque. Néanmoins je suis de nature impatiente et j’avais vraiment cru, qu’après quelques entretiens, le miracle se produirait et il ne se produisit pas.  Mais après un an d’entretiens réguliers, je sentais vraiment que mes blocages, à défaut de s’en aller, s’estompaient. Ils finirent par disparaître au bout d’un an et demi.  Nous pûmes enfin faire l’amour sans crainte. Chaque mois j’espérais ne pas avoir mes règles et quand je les avais c’était la déception enfin fin juin 1975, j’avais trois semaines de retard pour mes règles. J’achetais à la pharmacie le test de grossesse que je fis aussitôt en rentrant chez moi. Quelle joie de voir  l’anneau de couleur se former dans le petit tube : j’étais enceinte.  Nous exultions de joie. Les premiers mois de ma grossesse furent difficile à cause des nausées. En septembre 1975 nous partîmes en vacances en Roumanie au bord de la mer Noire. C’était la première fois de ma vie que je prenais l’avion. J’exultais de joie en décollant d’Orly avec l’avion d’Air France.  Arrivés à Bucarest, nous prîmes un avion de la compagnie russe Tarom pour Constanza. L’avion était en très mauvais état à l’intérieur. Mon siège était cassé. J’avais peur et j’étais assez mal. Jeff voulut me mettre l’aération et au lieu de recevoir de l’air je fus douchée ! Néanmoins l’hôtesse qui avait vu mon malaise et à qui j’avais dit que j’étais enceinte fut aux petits soins pour moi pendant tout le voyage très court heureusement. Arrivés à la Station, nous nous installâmes dans notre hôtel : une tour au bord de la mer noir au 11ème étage. L’eau chaude n’arrivait pas souvent jusqu’à ces étages élevés mais nous étions jeunes, habitués au camping, alors. Les repas étaient faits de viande plus ou moins bouillie, jamais grillée et de légumes que je n’aimais pas à l’époque : poivrons, aubergines, courgettes….

Notre bon vieux camembert était remplacé par un horrible fromage blanc en faisselle.

Nous passions notre temps sur la plage et en excursion. Nous visitâmes le delta du Danube en bateau à aube. Quand nous sortions en ville, nous étions souvent abordés par des roumains nous prenant pour des anglais. Jeff était roux et nous avions tous les deux la peau très clair et des tâches de rousseur. Ils voulaient de l’argent : des dollars ou nous acheter nos effets : jeans, collants. Un commerçant un jour me proposât en échange du souvenir que je lui avais acheté de me donner mon porte-monnaie (vide) à la place de l’argent. Nous nous rendîmes compte alors de la misère des habitants des pays de l’est victimes du communisme.

La semaine passât vite et nous étions contents de retrouver la France. Il n’y a qu’en la quittant, qu’on s’aperçoit on y vit bien. J’étais enceinte et j’avais maigri de 2 kilos.  Je les repris vite. Les nausées s’estompèrent et j’étais vraiment en pleine santé et épanouie d’être enceinte. L’automne arrivât. Je m’inscris aux cours d’accouchement sans douleur. J’avais grossi et je pris plaisir à m’acheter des pantalons, des robes et des tuniques de grossesse. Noël arrivât vite notre dernier noël à deux, l’année prochaine nous aurions un enfant et plus ma grossesse avançait plus j’avais l’intime conviction que je portais un garçon. J’avais envie de ce garçon et je ne  l’imaginais pas avec une petite fille. J’étais peut être inconsciemment entrain de reproduire le schéma maternel mais à l’époque je ne m’en rendais pas compte. C’était peut être aussi une façon d’offrir à ma mère , à défaut d’un fils, un petit fils et de me racheter à ses yeux. Le mercredi 18 février, je ressentis les premières contractions et Jeff me conduisit aussitôt à l’hôpital de Saint-Germain en Laye.

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Publié le 15 Mai 2010

Après :

Voici la suite de ma biographie :

 

Le lendemain du mariage, nous avions invité mon Amie Ariane dans notre petit pavillon de banlieue et après avoir cueilli des cerises nous fîmes tous les trois la sieste au soleil dans le jardin pour nous remettre de la fatigue accumulée la veille.


Jeff et moi nous avions pris une semaine de vacances. Nous n'avions pas d'argent pour nous payer un voyage de noces. Jeff passait son permis le lendemain et, si il l'obtenait, son papa nous prêtait sa vieille fiat pour partir en France voir sa grand-mère à Gap et ensuite retour via Mazinien dans le Morvan.


C'était la première fois que Jeff passait son permis. Notre  voyage était conditionné à l'obtention de son permis de conduire ce qui lui mit une pression très importante le jour de l'examen. Malgré cette pression, il revint à la maison avec le petit papier rose. Je lui sautais au cou. Nous pouvions partir.

 

Le lendemain nous prîmes la route des Alpes avec une voiture qui n'avait pas de 3ème vitesse. Jeff s'en sortit comme un conducteur chevronné.

Sa grand-mère très âgée fut heureuse de nous voir, elle n'avait pu venir au mariage. Gap est une très belle ville et nous étions heureux de lui rendre cette visite et de visiter les environs. Jeff me fit découvrir le barrage de Serres Ponçon, grand miroir d'eau dans un écrin de verdure.

 

 

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Nous montâmes à la vieille citadelle de Sistéron. Nous restâmes 2 jours chez sa grand-mère puis nous reprîmes la voiture pour remonter vers le nord et la Nièvre.

 

A Mazinien, nous eûmes la maison pour nous. Micheline, une villageoise riveraine qui s'occupait de l'entretien de la maison et du jardin et qui nous aimait beaucoup nous choyât. Elle mit un point d'honneur à ce que nous n'ayons rien à faire. Pour lui faire plaisir  et la remercier nous l'emmenâmes avec nous à Vezelay.

 

 

 

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Je ne connaissais pas mais je fus séduite par la beauté majestueuse de cette basilique qui domine la vallée. Il faisait beau, la vue sur la campagne environnante était superbe. Nous nous aimions. Nous ressentîmes à ce moment là un sentiment de liberté et de bonheur comme j'en ai peu connu dans ma vie.


Le soir nous nous couchions dans la chambre tapissée de papier peint toile de Jouy avec des motifs ruraux bleus sur fond blanc. J'aimais beaucoup ce papier et il me fascinait. Je me concentrais sur les dessins du papier pour ne pas penser que nous n'avions pas encore réussi à faire l'amour et que c'était de ma faute. Je n'en souffrais pas en soi, les caresses tendres me comblaient  je n'avais pas besoin de plus. Néanmoins, je m'en voulais de ne pas y arriver, de ne pas procurer à Jeff ce plaisir supplémentaire.  Je pensais bien que c'était anormal tout en essayant de me persuader que c'était nouveau pour moi et que j'arriverai bien à y parvenir.


Notre voyage de noces touchait à sa fin et nous prîmes la route du retour vers Rueil et nos travails respectifs. J'allais retrouver mon névrosé de patron et cela ne me réjouissait guère et Jeff reprendrait le chemin de sa société de maintenance qu'il cherchait lui aussi à quitter.

 

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Publié le 8 Mai 2010

 

Après :


 

Voici la suite de ma biographie

 

Après les fiançailles nous souhaitions nous marier rapidement mais pour pouvoir nous marier il fallait trouver un logement.

 

Ma mère qui connaissait beaucoup de monde dans le quartier apprit qu'un couple et ses enfants qui habitaient un pavillon en location allaient le quitter. Nous visitâmes cette petite maison au fond d'une avenue en impasse à proximité de la gare du RER. Elle avait besoin d'un bon ravalement et n'avait vraiment aucun charme au premier regard. Elle avait été la maison des gardiens d'une grande propriété bourgeoise. Il y avait une cuisine et une salle de séjour en rez-de-chaussée et à l'étage une très grande chambre, une plus petite et une salle de bain. Il y avait une cave. Le seul inconvénient c'était que la maison était chauffée par une chaudière au charbon qu'il fallait recharger matin et soir.  Le grand jardin avec un cerisier et un mirabellier était très agréable et finit de nous convaincre. L'agence acceptât de nous louer cette maison qui nous convenait beaucoup mieux qu'un appartement HLM.  Nous imaginions déjà nos enfants jouer dans ce jardin.

 

Une fois la maison trouvée, nous nous occupâmes des préparatifs du mariage. Mes parents n'ayant pas d'argent, il fallait juste compter sur nos salaires qui n'étaient pas élevés à l'époque et sur les parents à Jeff qui contribuèrent à la réussite de cette cérémonie.


Un samedi nous nous rendîmes chez Pronuptia choisir ma robe de mariée.  La vendeuse me montrât de superbes robes qui me firent rêver mais je n'avais qu'un budget très limité et ne put m'acheter la robe que je souhaitais ce qui me fit fondre en larmes dans la boutique. Jeff me consola et finalement je trouvais une robe beaucoup moins onéreuse mais qui me plaisait.

 

Nous allâmes chez le bijoutier choisir des alliances en or blanc dont nous fîmes graver l'intérieur avec nos prénoms, deux coeurs et la date du mariage.

 

Nous déposâmes une liste de mariage au Printemps.

 

Le papa à Jeff s'occupât de faire imprimer des faire-part. Il connaissait un imprimeur. Il trouvât aussi un restaurant dans les hauts de Suresnes qu'il connaissait et qui était très agréable : La ferme du Mont Valérien.

 

Pour faire plaisir à ma grand-mère paternelle et aux parents de Jeff, il fallut nous marier à l'église ce qui ne nous réjouissait pas, Jeff étant aussi athée que moi. Nous dûmes aller voir le curé, faire semblant d'être croyants. Nous fûmes tout de suite crédibles puisque nous dîmes au curé que nous souhaitions que ce soit mon grand oncle Arsène père dominicain (le frère de ma grand mère) qui célèbre la messe de mariage. Nous dûmes néanmoins comme les autres assister aux séances de préparation au mariage ou on nous assenait de conseils à l'eau de rose que nous trouvions débiles. Nous choisîmes des textes et la musique pour la cérémonie.

 

Le grand jour,  le samedi 23 juin 1973 arrivât bien vite. Il faisait beau, très chaud, quelle chance mais la journée débuta par les voeux de ma mère pour mon mariage qui me blessèrent profondément et mirent une ombre sur cette belle journée  "Je te souhaite d'être aussi malheureuse avec Jeff que je l'ai été et que je le suis encore avec ton père afin que tu puisses mieux me comprendre".  Mots poignards qui ouvrent des blessures en vous qui même si elles s'atténuent avec le temps ne cicatriseront jamais complètement.

 

 

DEVANT LA MAIRIE DE RUEIL. De gauche à droite : la maman de jeff, mon amie ariane, maman papa, la tête de ma petite soeur entre nous deux , mon amie Brigitte, Marc l'ami de Jeff., le papa de Jeff. Ma grand mère paternelle qui m'a élevée est derrière ma tête et à ses côtés ma grand mère maternelle.

 

Mon père aurait souhaité que ce mariage soit célébré par le Maire qu'il connaissait en tant que militant gaulliste. Jeff et moi nous n'aimions pas ce maire et heureusement nous y échappâmes. C'est le premier adjoint qui nous était plus sympathique qui nous unit devant un nombre restreint d'invités.

 

La grande cérémonie avec la famille, tous les amis et voisins était pour l'après-midi à la Chapelle Sainte Thérèse. Nous étions désormais unis officiellement pour le meilleur et pour le pire comme on dit.

L'après midi à la chapelle c'est au bras de mon père que je rentrais dans l'église, papa s'était fait violence pour m'y conduire et avait dû renier une promesse qu'il s'était faite celle de ne plus jamais entrer dans une église.

Jeff y entrât au bras de sa maman.


Nous échangeâmes les alliances devant mon oncle Arsène qui célébrât la messe toujours aussi sérieux sans aucun sourire. Personnellement j'aurais préféré le curé de la paroisse mais j'avais accepté qu'il célèbre la messe pour ne pas décevoir ma grand-mère dont c'était l'idée.

 

 

 

 

 

Nos témoins mon amie Brigitte signant et à droite Marc l'ami de Jeff


Nous signâmes les registres avec nos deux témoins mon amie Brigitte et Marc un copain à Jeff. Nous sortîmes de l'église main dans la main.

 

Devant le parvis de la chapelle, les invités nous attendaient. Je fus étonnée de voir qu'il y avait une enseignante de l'école Notre-Dame qui était là invitée par les parents de Jeff, celle qui justement s'inquiétait il y a quelques temps de mes mauvaises fréquentations et du fait que je puisse mal tourner.

Inutile de vous dire que ce n'était pas moi qui l'avait invitée.  Elle vint me féliciter. Je compris à la remarque qu'elle me fit sa surprise de me voir moi la fille d'une famille pauvre au père mécréant  épouser un fils d'une bonne famille catholique de la ville et leur stupéfaction qu'il puisse y avoir un curé dans ma famille. Elle n'avait certainement pas compris cette demoiselle que si on est en grande partie responsables de ce que deviennent nos enfants, on ne l'est aucunement de ce que sont nos ascendants, dommage car parfois on les changerait.

J'étais très pudique à l'époque mais aussi très provocatrice et aussi pour la choquer, je fis un gros bisou sur la bouche à Jeff devant ses yeux et celui du photographe qui le saisit pour l'éternité.

 

Après l'église, mes beaux-parents avaient prévu une "garden-party" dans leur jardin pour tous les invités. Ce fut un moment très agréable.

Nous rejoignîmes le restaurant et dans ce décor fermier d'une  auberge cossue, nous reçûmes nos invités juste la famille et nos amis les plus proches autour d'un grand buffet dansant. Jeff qui savait être disc jockey pour des amis avait choisi la musique. Peu m'importait la musique puisque je ne l'avais jamais aimé et mon esprit était ailleurs, je commençais à angoisser pour l'après fête.

 

En effet, je n'avais jamais auparavant fait l'amour et je redoutais plus que je désirais ce premier rapport sexuel qui devait traditionnellement clôturer la journée.

 

Des amis nous raccompagnèrent tard dans la nuit dans notre petite maison et nous nous endormirent tendrement dans les bras l'un de l'autre mais sans respecter la tradition. J'attendais que Jeff prenne l'initiative, il ne la prit pas et cela enfin de compte m'arrangeait et retirait mes angoisses pour la journée au moins.

 

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Publié le 24 Avril 2010

Après :

 

 

 

Voici la suite de ma biographie (partie d'un écrit déjà diffusé sur quai des rimes avant que je me lance dans ma biographie mais pour que ceux qui ne l'ont pas lue puisse comprendre la suite de mon histoire, il était essentiel de la diffuser de nouveau ici car c'est une partie essentielle et charnière de ma vie)

 

Mon père avait acheté un talkie-walkie (pour les connaisseurs un Tokaï 500). C'était un gros talkie-walkie assez puisant qui avait une bonne portée qui sortait des limites d'un appartement. Il s'était vite lassé de son jouet que j'avais récupéré.

 

Mes débuts de cibiste on été discrets. Le soir après le collège et le week-end, je tournais le gros bouton et j'écoutais les cibistes échanger entre eux...... Pour la plupart c'étaient des hommes d'un certain âge (OM : old man veut dire homme dans le langage cibiste pas forcément vieux) qui tenaient des discours très techniques auxquels je ne comprenais rien. Chaque cibiste à un pseudonyme. J'avais choisi Barbara (j'étais dans ma pleine période Prévert : « Souviens toi Barbara, il pleuvait sur Brest ce jour là ». C'était un peu stupide quand j'y pense, Barbara cela fait quelque peu séductrice et cela ne me ressemblait pas du tout.

 

Un jour enfin j'ai osé sortir de l'ombre, presser le bouton et prononcer quelques mots du bout des lèvres avec ma voix d'adolescente mal assurée « Appel général, appel général de Barbara ». Il y avait très peu à l'époque de femmes cibistes (YL : young ladie qui veut dire femme pas forcément jeune) à l'époque, Imaginez chers lecteurs l'effet que cela a pu avoir chez ces « OM » un peu machos, il faut l'avouer.

 

 Candide comme je l'étais à l'époque, j'ai été très surprise du résultat et très ennuyée. Tout le monde souhaitait parler avec Barbara et je n'avais rien à leur dire.

 

De plus, je ne comprenais pas la moitié de ce que l'on me disait en langage cibiste « quel est ton QRA, quel est ton QRA me répétait t'on ». Certains de ces messieurs plus futés que les autres ont bien compris que je ne connaissais pas du tout le vocabulaire et que j'étais arrivé sur le canal 27 par le plus grand des hasards et que si ils voulaient m'entendre à nouveau ils fallait qu'ils traduisent.  Je les en remercie.  QRA veut dire domicile (ville).  Mais pourquoi voulaient-ils tous savoir où j'habitais.  Je leur ai répondu que j'habitais Rueil-Malmaison, heureusement pour ma tranquillité, ce n'était pas un village où je ne serais pas restée très longtemps anonyme  !

 

Devant leur empressement et leur afflux de questions, je me suis très rapidement mise en  QRT  (on cesse d'émettre... temporairement).

 

Et puis j'ai repris, et j'ai noué des contacts privilégiés avec certains cibistes qui habitaient dans la région, la portée de mon Tokaï 500 n'était pas très grande, certains avaient connus mon père lors de son passage éclair sur la fréquence. Il y avait pratiquement que des vieux cibistes, peu de jeunes mais je venais souvent échanger avec eux pour  lutter contre l'ennui et la solitude qui me rongeaient.

 

Il y avait bien un  jeune que j'entendais souvent, ce n'était pas réellement un cibiste. Tout le monde pensait que c'était un radio-amateur, un pro. En fait c'était un petit génie de la technique,  qui conversait avec le monde entier . Il m'énervait passablement car lorsqu'il parlait, sa puissance était telle qu'il couvrait tous les autres et qu'on ne pouvait plus échanger. On aurait dit qu'il prenait un malin plaisir à étaler sa puissance et montrer à tous qu'il était en communication avec des radios amateurs du monde entier.

 

 Cela m'énervait mais  m'intriguait à la fois.... Je me faisais un plaisir de l'écouter, sa voix était plaisante.  Il me snobait vraiment ce qui n'était pas pour me déplaire bien au contraire.

Son pseudo ou plutôt ses pseudos : « Juliet Mike » pour les échanges internationaux et pour les cibistes avoisinants c'était tout simplement ou impérialement Titus. Ce nom d'empereur romain qui disait tout et son contraire : Titan (géant) ou titi (petit) me plaisait bien car il entretenait le mystère et j'ai toujours aimé les paradoxes.

 


 

 

Mais j'aimais bien aussi «Juliet Mike »  pour  le côté made in USA de ce double prénom et l'aspect féminin et romantique de Juliet qui me faisait penser à Roméo (autre prénom de la CB) et Juliette. Et si ce Juliet  devenait mon Roméo.

 

Barbara décidément ne me plaisait plus cela n'allait pas dans le contexte et Dutronc remplaca Prévert dans mon coeur : « le monde entier est un cactus », Du jour au lendemain Barbara devint « cactus » ..... Cela rimait bien avec Titus et c'était comme un avertissement : « N'approche pas, qui s'y frotte s'y pique ».

Savais-je à cette époque la consciemment ou inconsciemment que le danger attire les jeunes audacieux..... Cela eut son effet sur le 27 méga et sa Majesté de la CB, Titus 1er, voulut connaître cette jeune Barbara (j'avais 17 ans) qui de jeune fille extravertie légère, séductrice comme pouvait le laisser penser son prénom sortait soudain tous ses piquants. Il y avait dans cette mutation matière à en émoustiller plus d'un....

 

La rencontre eut lieu dans une brasserie près de la gare de Rueil une belle journée de printemps . Je m'en souviendrai toute ma vie, je portais une robe short légère et fleurie choisie pour l'occasion.

Titus apparut alors et tout de suite je fus séduite par ces cheveux longs auburn, son regard appuyé intelligent et doux. 

 

Je compris tout de suite qu'il n'était pas déçu par la jeune fille brune aux cheveux longs qui n'était pas du tout à son aise dans cette rencontre improvisée.

 

Mon côté militant (toujours défendre les plus faibles) que j'ai toujours gardé  prit le dessus. Je lui fis part de mes revendications lui faisant le reproche d'émettre quand je parlais avec les autres et de nous couvrir.

Il s'excusa en souriant (quel sourire) et me proposa de venir émettre chez lui ou plutôt chez ses parents ce qui me permettrait d'échanger et de dépasser les limites de Rueil et d'échanger sans frontière.

 

 

 

Je revis Jean-François (son vrai prénom dans la vie) souvent chez lui.

Je l'ai aussitôt appelé Jeff certainement pour conserver ce côté U.S. qui me plaisait dans son indicatif radio (aujourd'hui on dirait pseudo).

 

J'étais impressionnée par le matériel qu'il avait dans sa cave et par cette antenne géante motorisée qui tournait sur son toit. Nous échangions ainsi avec le monde entier et particulièrement avec le Québec. J'étais très heureuse ensuite de recevoir des QSL (cartes postales qui témoignaient de ces échanges internationaux sur les ondes).

 

Il venait parfois chez mes parents. Je me souviens de son grand éclat de rire quand je lui montrais mes jardinières sur mon balcon et qu'il vit chaque brin de muguet soutenu par un tuteur que j'avais confectionné avec une allumette !! Il n'y avait pas de cactus..... Je crois vraiment que j'ai fini de le séduire ce jour là.

 

 

 

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Publié le 17 Avril 2010

Après :

Voici la suite de ma biographie :

 


Mes parents n’ayant pas les moyens de me payer des études secondaires dans un lycée privé, il me fallait continuer mes études de nouveau dans le public. Je dus donc passer un concours d’entrée en 6ème concours exclusivement réservé aux élèves du privé souhaitant passer dans le public. Bien qu’étant bonne élève et ayant obtenu facilement mon BEPC, je fus recalée.


Mon rêve étant de devenir journaliste pour valoriser ma passion pour l’écriture mais je savais que mes parents ne pouvaient pas me payer ses études.

 

Alors je voulais devenir sage-femme. Pour moi aider à donner la vie était le plus beau métier du monde. Mes parents s’y opposèrent. Il ne faut pas oublier qu’ils avaient perdu leur fils mort né à cause d’une erreur d’accouchement. Il leur en était resté une rancœur importante contre le corps médical et alors qu’ils n’étaient jamais d’accord en ce qui me concerne, cette fois ci,  ils firent front contre moi. Ils prétextèrent que ce n’était pas un métier pour une femme à cause des horaires qui empêchaient d’être disponible pour les siens. Je leur en ai beaucoup voulu.


Je décidais donc de faire les études les plus courtes possibles et je décidais de rentrer dans un collège d'enseignement technique (CET) à Asnières pour préparer un BEP de secrétariat. Je pourrais ainsi en deux ans avoir un métier, trouver du travail et enfin prendre ma liberté et les quitter enfin.


C’est ainsi qu’un beau jour de septembre, je fis ma rentrée dans ce collège public d’enseignement technique tout près de la Gare d’Asnières. Venant du privé et sachant comment on considérait dans le public les élèves venant du privé, j’étais au début très méfiante et sur mes gardes. Je redoutais le pire.
Je fus surprise de constater que tous les profs semblaient ignorer cela et je fus très bien accueillie.

 

 

 

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Photo google map

 

 

La plupart de mes collègues avaient de sérieuses difficultés scolaires ce qui n’était pas mon cas. 

 

J’appris la dactylographie sur de vieilles machines underwood. Il fallait apprendre à taper sans regarder ses doigts avec un cache clavier pour résister à la tentation de regarder. J’appris aussi la sténographie aisément mais ces matières techniques après m’avoir amusé quelques semaines pour leur aspect nouveau  m’ennuyèrent vite à terme. Je détestais la comptabilité et le droit.


Nous avions un professeur de français extraordinaire, Madame Bellevue,  une dame, la cinquantaine blonde, avec de jolis yeux turquoise pétillants d’intelligence, toujours souriante. Bien qu'avenante, elle imposait par sa présence et son autorité naturelle. Je fus conquise. Passionnée par son métier, le français et l’histoire,  Ses cours étaient d’une grande qualité.. J’attendais avec impatience ses cours. 


Elle organisa plusieurs promenades à Paris. Je me souviens encore de la visite de la conciergerie et de la Sainte-Chapelle.


Ecrire a toujours été naturel chez moi, je crois être née avec un stylo dans la main. Je n’avais jusqu’à présent jamais soigné mes rédactions.  Dans le désir de plaire à Madame Bellevue, je me surpris à soigner mon style, à réfléchir beaucoup plus. Mes textes gagnèrent en maturité. J’étais fière quand elle les lisait à toute la classe.

 

Elle nous appris l’histoire contemporaine. Je buvais ses paroles. Le soir après la classe, je prenais beaucoup de plaisir à feuilleter des magasines, à les découper pour illustrer ses cours dans mon cahier d’histoire / géographie.

 

C’était un exercice que j’aimais beaucoup. Je crois que je garde de cette période la le goût pour illustrer des écrits par des images. Mon cahier était en quelque sorte un blog avant l’heure et il y avait même les commentaires élogieux de mon professeur sur mon cahier comme sur mon blog. 

 

Je n’avais jamais eu auparavant d’aussi bonnes notes en Français et en histoire. Je discutais souvent avec Madame Bellevue après la classe. Elle me disait que c’était dommage que je ne poursuive pas d’études plus loin mais qu’elle était sûre que j’allais réussir. Je me confiais beaucoup à elle.

Par contre, je n’aimais pas la prof principale qui nous enseignait les matières professionnelles et c’était logique vu le peu d’intérêt que je portais à ses matières. Il m’arrivait parfois d’échanger quelques mots avec elle en cours et me retrouver dans le bureau de la surveillante générale.


Cette surveillante générale était redoutée, elle ressemblait un peu à la Folcoche de  «Vipères au poing d’Hervé Bazin par son autoritarisme et son aspect rigide, impitoyable.

 

A force d’aller dans son bureau, j’appris à la connaître et à l’apprécier. Elle me grondait pour le principe quand je me retrouvais dans son bureau mais je sentis qu’elle était en fin de compte contente d’échanger avec moi.  En plus elle n’avait pas l’air d’apprécier vraiment la prof d’enseignement technique et cela nous rapprochait.


J’avais d’excellentes notes dans toutes les matières générales et des notes assez médiocres dans les matières techniques ce qui faisait écrire à la prof principale sur mon bulletin de notes « Capable du meilleur comme du pire, mais devrait réussir ». Cela m’est resté parce que je pense que le début de cette appréciation est tout à fait véridique encore aujourd'hui : Je suis capable du meilleur comme du pire car je suis entière j’aime ou je n’aime pas et quand je n’aime pas, je le fais savoir avec impertinence.

 

A suivre.....

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 3 Avril 2010

Voici la suite de ma biographie. Après :

 

C’est ainsi qu’arriva dans ma classe Marie-Pierre. On aurait dit un garçon. Assez grande, forte, les cheveux courts, elle avait une belle assurance et nous toisait tous avec ses petits yeux à la fois malicieux et narquois. J’admirais son assurance et je n’eus pas trop d’efforts à faire  pour devenir son amie. Ses parents que je ne vis jamais tant elle était livrée à elle-même étaient des ouvriers. Elle se fichait comme moi de la religion et il nous arrivait d’avoir des fous-rire que nous essayons tant bien que mal de cacher pendant les prières imposées en début de journée et avant de déjeuner.

Elle vivait dans une cité HLM de notre ville qui n’avait pas bonne réputation. Elle souffrait comme moi d’un manque d’amour et d’attention. Tout ceci nous rapprocha et nous furent très vite inséparables. Je ne me sentais plus seule. Finies les récréations ou je restais adossée à un mur à observer les autres, à envier leurs vies mais sans vouloir vraiment leur ressembler. 

Cette amitié ne plaisait pas à certains professeurs qui faisaient tout pour nous séparer en classe. Le professeur d’anglais, nous reprocha un jour notre « instinct grégaire ». Il nous fallut regarder dans le dictionnaire pour bien comprendre ce qu’elle avait voulu dire.  Je pense avec du recul qu’elle avait bien compris que ce grégarisme ne nous poussait pas au meilleur bien au contraire. Il fallait que nous nous distinguions de toutes ces petites mijaurées bien polies et policées qui étaient nos compagnes de classe et dont nous nous moquions ouvertement. Nous aurions pu avoir quelques problèmes mais il se trouvait que la Nouvelle directrice avait pris Marie-Pierre en affection et qu’elle m’aimait bien aussi. Un jour que Marie-Pierre était absente pour avoir tenté de se suicider en avalant des médicaments, la Directrice m’appela dans son bureau et m’indiqua qu’elle allait revenir et qu’il fallait que je sois très gentille avec elle et que je l’environne bien.  Elle me demanda aussi de la prévenir si je voyais que cela n’allait pas. Cette confiance me toucha mais je m’en sentis indigne. Il est difficile d’aimer sans rien attendre en retour quand on est soi même en quête d’amour.

Les week-ends je sortais avec Marie-Pierre et ses nombreux copains de sa cité. Nous allions à Paris, nous promener dans les bois de Saint-Cucufa. Certains avaient des motos et nous montions derrière et faisions quelques promenades pétaradantes en ville. Nous flirtions. Ces sorties en ville n’étaient pas discrètes et un jour de mais 1968, époque qui nous donnait encore plus envie de nous émanciper, nous fumes vues par notre professeur d’anglais alors que nous étions entrain de flirter avec nos copains à la sortie du bois de Saint Cucufa.

Le lendemain en classe (les écoles privées étaient les seules à rester ouvertes), elle nous demanda de changer de place en disant : « Mesdemoiselles COSQUER et HENRI  puisque vous aimer la chaleur, allez vous installer au fond de la classe près du radiateur. A cette époque, il n’y avais plus de poêle ».  Ma mère fut convoquée par Mademoiselle LORIOT le professeur de sciences qui m’aimait beaucoup. En ma présence, Mademoiselle LORIOT lui dit que j’avais de mauvaises fréquentations et qu’il fallait qu’elle contrôle mes sorties. Je fus surprise d’entendre ma mère lui répondre qu’elle me faisait confiance et qu’elle faisait confiance aussi à mes amis. Je n’avais pas l’habitude de la voir prendre ma défense et celles de mes copains qu’elle ne connaissait pas. Je continuais donc à sortir avec Marie-Pierre et sa bande. Et nous flirtions avec beaucoup de garçons.  Marie-Pierre était profondément amoureuse de l’un d’entre eux, Marc un brun pas vraiment beau mais qui avait un certain charme et surtout beaucoup de maturité.  Je n’avais pas compris sa passion pour lui en particulier.  Je n’en étais pas vraiment amoureuse mais il m’attirait. Ce qui devait arriver arriva, je sortis avec lui.  Marie-Pierre ne me le pardonna pas et ce fut la fin de notre amitié, la fin du flirt avec Marc et avec les autres de la bande. Je n’en voulus pas à Marie-Pierre. Je la comprenais et je culpabilisais. Je m’isolais de nouveau encore plus qu’avant.

Je sortais de ma solitude une fois par an pour aller au rassemblement annuel de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) à Montfort-L’amaury. J’aimais échanger avec ces jeunes venus de différents horizons. Je me sentais enfin appartenir à une communauté.

 

Marie-Pierre quitta l’école quelques temps après. Je n’ai jamais cherché à savoir ce qu’elle était devenue.


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Publié le 27 Mars 2010

 

Voici la suite de ma biographie. Après :


L’ancienne Directrice enseignait le Français ce qui n’était pas le cas de la nouvelle.


Elle embaucha  une jeune femme entre 30 et 40 ans qui me plut tout de suite. Elle avait les cheveux retenus en une longue et rousse queue de cheval , un visage très pâle constellé de tâches de rousseur et éclairé par un regard clair très expressif.


J’imaginais souvent que ma mère n'était pas la mienne. J'imaginais que ce nouveau prof aurait pu être ma mère ou en tout cas que c'est comme cela que j'aurais aimé qu'elle soit. J’ai toujours eu l’écriture facile et je redoublais d’effort de créativité et d’expression dans mes rédactions pour lui plaire, la surprendre par ma maturité acquise par les difficultés de la vie.


J’y réussis facilement. Je me souviens m’être passionnée pour Chateaubriand et ses mémoires d’outre tombe et d’avoir fait avec Ariane un exposé sur cet écrivain et sa vie à Combourg dans son donjon qui lui servait de Chambre. Nous étions dans notre pleine époque romantique et nous imaginions le petit François René les nuits d'orage dans son donjon.

Je lus aussi sur ses conseils l’Emile de Jean-Jacques Rousseau.



Souvent après la classe, nous échangions. Elle s’intéressait à moi, cherchait à savoir comment je vivais, ce que je lisais. Je lui parlais de ma grand-mère qui m’avait appris à lire et surtout m’avait donné le goût de la lecture, même si c’était des romans un peu à l’eau de rose qu’elle me faisait lire comme les Dehli qu’on pourrait aujourd’hui comparer aux romans des Éditions Arlequin.


Je lui parlais des films que mamie qui venait de perdre papie m’emmenait voir au cinéma : Sissi impératrice, les Hauts des Hurle vents, Mayerling…


Moi et mammie à cette époque à Paris 14ème


Je lui disais aussi ma passion pour Jules Vernes que mon père m’avait fait découvrir en m’achetant à crédit (qu’il ne payait pas) toute une collection.


 

Je ne luis parlais pas de l’indifférence de ma mère, de sa dépression, de l’alcoolisme de mon père. Cela m’aurait certes soulagée mais de ces choses là je ne pouvais en parler aisément.


Je me souviens d’une fête de l’école. Elle y acheta un petit sachet père noël fait main en  papier crépon rouge et blanc décoré et qui contenait un chocolat. Elle me l’offrit. Je dégustais le chocolat et je gardais précieusement l’emballage que je collais le soir même dans mon journal intime, journal que j’ai hélas détruit par la suite  pour que personne d’autre que moi puisse en prendre connaissance. Je le regrette encore aujourd’hui


Je grandissais et quittait progressivement l’enfance pour l’adolescence, la période où les garçons commencent à vous regarder d’une façon déplaisante, la période des premiers émois amoureux, des premiers baisers timides car on ne sait pas trop comment s’y prendre. On s’est dit entre filles qu’il faut embrasser avec la langue mais sans vraiment avoir un mode d’emploi

précis !! On ne veut pas avoir l’air bête et empruntée mais on l’est forcément.


Lors d’un séjour de vacances en Italie à Massa dans un camp de jeunes  avec le Comité d’entreprise de la banque où travaillait mon père, Je rencontrais Antonio  un italien beaucoup plus âgé que moi qui n’arrêtait pas de me tourner autour, qui m’amusait beaucoup en me disant avec un sourire de cinéma « Tou es la plou belle fille du monde », il me faisait beaucoup rire et ce fut mon premier flirt juste pour essayer et faire comme tout le monde.


L’été suivant j’ai rencontré dans un autre camp  à Dubrovnik dans l'ex  Yougoslavie (à l’époque) un jeune étudiant journaliste. Ce fut mon premier amour. Il était brun, la peau mate avait de grands yeux noirs pleins de douceur. Il était romantique et tendre à souhait et j’étais follement amoureuse. Hélas les vacances ne durèrent que quelques jours, je  suis revenue en France, nous nous sommes écrits quelques temps.  Il promettait de venir me voir. Il ne vint jamais et nous sommes perdus de vus. Je me demande aujourd’hui parfois ce qu’il est devenu et s’il a survécu à cette guerre fratricide horrible entre bosniaques et serbes.


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Rédigé par eglantine

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Publié le 20 Mars 2010

Voici la suite de ma biographie. Après :


Ci-dessous bribes d'enfance (4) - Amitiés


Après le départ de Renée, la vie reprit comme avant. Mon père buvait de plus en plus ce qui nuisait à sa santé. Il était souvent en arrêt maladie et pour tuer le temps, il s’adonnait à l’alcool.
  Progressivement, je quittais l’enfance. Je m’étais adaptée à cette école, aux professeurs, à mes camarades mais je gardais au fond de moi une rancœur tenace..  Ce n’était pas de l’adaptation mais de la résilience.. J’ai toujours fait des efforts énormes pour m’intégrer partout, j’y suis arrivée en surface seulement car j’ai toujours au fond de moi et encore aujourd’hui l’impression d’être un vilain petit canard au milieu des cygnes.


Les amitiés d’enfance sont inoubliables.  Je me souviens d’Ariane, de son beau visage, de la force de son regard, de ses cheveux blonds cendrés. Nous étions inséparables. Elle fut la seule que j’osais inviter chez moi dans cet appartement qui suintait d’humidité mais qui transpirait aussi  la pauvreté et le mal être. Je savais qu’elle ne m’en voudrait pas et qu’elle resterait mon amie. J’allais aussi chez elle dans un bel appartement cossu mais que je trouvais triste sans aucune fantaisie. Elle ressemblait beaucoup à sa maman, la même élégance, le même charisme adouci par un regard intelligent et généreux. Son père qu’Ariane craignait m’impressionnait par sa taille, sa corpulence, sa raideur militaire mais je sentais que cette carapace protectrice cachait une certaine sensibilité. Ariane avait un frère, Yves, grand, mince et très discret.  La maman d’Ariane m’aimait beaucoup et j’étais la seule de ses amies à être invitée chez elle. Nous écoutions ensemble à la radio dans sa chambre « Salut les copains » et nous nous confions nos joies et nos peines. Après les vacances, à la rentrée des classes, nous étions toujours très heureuses de nous retrouver.  


Une photo de moi à cette époque à défaut d'avoir des photos de mes amies.



J’avais une autre amie, Annie,  blonde aux yeux bleus dont je me souviens plus le prénom. Elle vivait avec sa mère qui vivait avec l’ambassadeur en France d’un pays d’Afrique. Son père un belge lui manquait beaucoup. Un jour elle me montra sa photo. C'était un très bel homme qui lui ressembait beaucoup.  Elle vivait dans une belle villa style colonial en bord de seine. Elle m’y invita une fois. J’étais impressionnée par la taille de la cuisine et la richesse des lieux. Il y avait une cuisinière et des domestiques. Sa maman m’accueillit très bien.  Annie et moi devions partir quelques jours plus tard en classe de neige par train. Elle me proposa de m’emmener à la gare de Lyon avec sa fille. Le soir du départ, je me rendis chez elle et nous partîmes dans une imposante limousine noire arborant le fanion étoilé. L'ambassadeur un africain très élégant m'accueillit avec un grand sourire s'assit  à l'avant et je m'assis derrière avec mon amie et sa maman. Le trajet passa vite, trop vite. Je pris beaucoup de plaisir à traverser Paris à bord de cette voiture.  J'étais dans un monde qui n'était pas le mien mais me faisait rêver. Annie resta peu de temps à l'école. La belle maison fut vendue quelques temps plus tard pour en faire un centre aéré de la ville. Je fus très attristée de son départ.

La Directrice de l'école autocrate et acariâtre qui me faisait toujours sentir ma différence partit à la retraite. Ce fut pour moi un vrai soulagement. Elle fut remplacée par une autre vieille demoiselle au cheveux blancs qui me parut tout de suite sympathique. Elle nous enseignait l'histoire avec enthousiasme et j'attendais chaque semaine avec impatience ses cours. Je pense sincèrement qu'elle m'aimait bien même si elle ne laissait rien paraître.  L'école y gagna en ouverture et on y vit quelques élèves arriver qui n'appartenaient pas à la bourgeoisie de la ville.

A suivre

....

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Rédigé par eglantine

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