Publié le 31 Octobre 2011

Pour  la communauté "les croqueurs de mots"  :

Défi N° 67 proposé par Enriqueta, voici ci-dessous ma participation :

 

 

Martine La Martienne

 

Ce matin, je suis mal réveillée,  j’ai fait un cauchemar cette nuit, je me retrouvais seule dans un désert de terre ocre parsemé de cratères où je m’étais égarée. Sortir du rêve et revenir à la triste réalité quotidienne celles des nouvelles économiques catastrophiques, des conséquences dramatiques des dérèglements de notre planète et des faits divers sanglants. C’est ainsi chaque matin mais j’aime lire le journal en avalant mon thé même si ces informations me laissent une impression de malaise.

Comme chaque jour Je me précipite sur ma boîte aux lettre et sort mon journal préféré « Le Marseillais libéré » qu’un livreur a déposé aux aurores. Je me saisis du journal, l’ouvre et … oh surprise de découvrir ma photo en première page avec ce gros titre 

 

 

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MARTINE LA MARTIENNE

« Martine MARTIN,  une lectrice de 58 ans a remporté notre grand concours d’écriture  « Pourquoi pensez-vous  que vous êtes martienne ? ». Le jury, à l’unanimité, l’a désignée comme la Martienne Marseillaise de l’année.  Lire page 6 »

 

 

J’avais complètement oublié que j’avais participé à ce jeu d’écriture séduite par le thème inhabituel et par Mars qui m’a toujours fascinée. Je ne  m’imaginais pas pouvoir gagner ce concours. Je tourne les pages vite et sur la page 3  je trouve mon texte que je lis à haute voix.

 

MARTINE LA MARTIENNE

« Mars m’a toujours hantée. Je suis née un 30 mars à Marseille sous le signe du bélier. Mes parents m’ont appelée Martine et si l’on inverse les deux dernières lettres de ce prénom cela fait Martien ».

Depuis que je suis petite, je déborde d’énergie, je suis hyperactive, aime le risque, l’aventure.  On me dit tenace, pugnace, volontaire. Ma mère  me disait que j’étais un garçon manqué en insistant sur le mot manqué.

Elle m’a toujours reproché d’être une fille, si j’avais été un garçon j’aurais pu remplacer  mon petit frère MARTIN mort 2 ans avant ma naissance.

Je pense souvent à ce petit frère que je n’ai pas connu et je l’imagine, petit habillé de vert avec de grands yeux turquoise. Je le vois vivre sur une autre planète, une planète rouge remplie de cratères, une planète qui pourrait bien être Mars telle que les scientifiques la décrivent.

J’aurais voulu aussi être un garçon et je refuse cette féminité dont j’ai hérité par erreur. Je compense cela par un besoin de m’affirmer en permanence, de me faire remarquer.  Je m’habille souvent en rouge ou en couleurs vives.

Je suis impulsive. Il m’arrivait de me battre comme un garçon dans la cour de l’école. J’ai cet instinct guerrier, viril qu'on prête à Mars dans la symbolique collective : « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus ».

Je me suis assagie en vieillissant mais je suis restée une femme combative, et je me bas en permanence sans  mes poings mais avec mes convictions. Je me bats pour le respect des valeurs qui sont les miennes et contre l’injustice. Mes causes étant souvent perdues d’avance, je perds souvent mais le principal n’est-il pas d’avoir combattu. Il m’arrive aussi de gagner ; j’affiche alors mes victoires, il faut que cela se sache, que cela serve d’exemple.

Quand j’étais petite, j’étais très gourmande,  je raffolais des barres de MARS et dès que j’en avalais une je m’écriais en riant « Mars et ça repart ».  Aujourd’hui je n’en mange plus, j’en ai trop mangé de façon boulimique jusqu’à l’écœurement. 

Adolescente Je passais beaucoup de temps à lire des romans de sciences fiction et des BD : tintin, Spirou avec un attachement particulier pour cette petite bête étrange à la longue queue : le marsupilami qui semblait sorti d'une autre planète.

Je me suis mariée à 20 ans avec Martial MARTIN, un jeune homme aux cheveux longs roux rêveur et qui semblait vivre comme moi sur une autre planète. Nous étions en quelque sorte des extra-terrestres, des inadaptés pour nos congénères et c’est ce qui nous a unis. Je m’appelle donc maintenant Martine MARTIN.

Nous avons beaucoup voyagé ensemble notamment aux États-Unis.  Je me souviens de Yellowstone, cette immensité de terre orangée semée de cratères d’où, majestueux, jaillissent des geysers.  J’ai l’impression d’y être déjà allée,  C’est ainsi que j’imagine Mars ai-je dit à Martial qui ma répondu « j’ai la même impression que toi ».  Martial et moi, nous sommes toujours sur la même longueur d’ondes.

Je me souviens de Paris, avec la Tour Eiffel surplombant le champ de Mars verdoyant, Un beau terrain d'atterissage pour soucoupes volantes ai-je pensé la première fois où j'y suis allée. C'est mon endroit préféré de la Capitale.

Nous avons eu deux enfants : en premier Marceline, puis plus d’un an après : Marceau. Ils sont arrivés un peu comme Mars en carême.  Mais néanmoins nous les avons beaucoup entouré et leur avons beaucoup donné.  Ils nous ont beaucoup apporté.

Ils nous ressemblent beaucoup. Ils ont l’air comme nous toujours absents, perdus dans leurs rêves comme s’ils vivaient eux aussi dans la 3ème dimension. Ils sont dynamiques et tenaces comme nous, peut-être plus que nous. Ils nous ont donné quatre beaux petits-enfants que nous adorons.

Nous avons acheté un grand appartement rue neuve Saint-Martin à Marseille.  Souvent nous allons en week-end dans le Var et j’aime me promener en hiver à Saint-Tropez, voir la vieille gendarmerie. Je pense à l’adjudant Cruchot qui a combattu les extra-terrestres et aux fous-rires que nous avons eus avec Martial en le voyant perdu. Difficile parfois de distinguer un humain, d’un martien qui peut parfois prendre apparence humaine.

E.T. restera pour Martial et moi un grand moment de cinéma plaisir. Nous avons été émus aux larmes par E.T. , son envie de retourner à la maison malgré son amitié pour Elliott  petits enfant terrien. Je ne sais pas pourquoi mais E.T. m’a fait penser à mon grand frère MARTIN que je n’ai pas connu.

Nous sommes bien-sûr allés  voir Mars Attack mais nous n’avons pas aimé. Nous ne pouvons pas imaginer des martiens agressifs venant attaquer les terriens. Dans notre imagination ce sont des êtres doux et rêveurs.

Je suis persuadée que les martiens sont discrètement présents sur terre, que j’en côtoie peut-être dans mon environnement quotidien sans m’en apercevoir.

Tellement marquée par mars, les Martin, les martiens, je me dis qu'il y a des coïncidences étranges. Je ne crois pas réellement au hasard et je me dis que peut être j’ai été martienne dans une autre vie ou peut-être même dans celle-ci ne serais-je pas une martienne envoyée sur terre pour espionner et témoigner à mon retour sur Mars.

Martine MARTIN / Mars 2011

 

 

Je repose le journal sur la table de la cuisine, il est déjà 8 heures, il est temps d’aller travailler. Il faut revenir sur terre et aux activités quotidiennes. J’enfile mon manteau,  mes chaussures et sort de l’appartement. Je prends l’ascenseur pour descendre dans le hall d’accueil. J’ouvre la porte de l’immeuble  et je me dirige vers le parking extérieur encore perdue dans mes rêveries.  Je relève la tête et là je reste stupéfaite, tétanisée par la peur

A côté de ma  «Twingo»  verte une soucoupe volante est stationnée.

Un petit être vert aux grands yeux turquoises en sort et me fait signe de monter avec lui. Nous rentrons me dit-il. Je refuse de monter et je crie que je suis très bien sur terre et que je ne veux pas rentrer à la maison.  Il se met à pleurer,  m’embrasse, me fait un signe d’adieu, monte dans la soucoupe et  décolle dans un nuage de feu.

Je lève mes grands yeux noyés de larmes au ciel et je lui envoie un baiser de la main en chuchotant « Adieu mon petit-frère Martin, embrasse bien Maman et Papa  »

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Nouvelles

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Publié le 23 Octobre 2011

Sur un Jeu d'écriture proposé par Evy, voici ma participation


 

Pépé a pris son violon

 

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Son grand père est parti pour d’autres cieux

Sans avoir le temps de lui dire adieu

Ce matin assise  sur un tonneau

Elle s’imprègne du chant des oiseaux

Soudain  leurs doux murmures  s’arrêtent

Le silence envahit la maisonnette

Un violon pleure une ritournelle

Pépé a pris son violon dit elle

 

Eglantine / Octobre 11

 

 

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

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Publié le 18 Octobre 2011

Chers lecteurs, chers amis,

 

Il y a longtemps que je n'ai pas écrit sur ce blog pour des raisons professionnelles certes mais aussi parce que j'écris pour l'exposition de l'association d'écrivains amateurs "les mots migrateurs" à laquelle j'ai adhéré récemment.


En effet en Novembre "Les mots migrateurs" organise à Cergy une exposition d'oeuvres d'art "MOTS ARTS"  (peintures, sculptures). Ces nombreuses oeuvres seront exposées et chacune devra être accompagnée d'un texte court d'un écrivain de l'association. Il y a un nombre considérable d'oeuvres à couvrir et j'essaye d'écrire un texte par jour ce qui me prends du temps. Après l'exposition, je publierai mes contributions sur ce blog.

D'autre part je suis perturbée par ce qui est arrivée à mon amie Brigitte (elle aussi membre des mots migrateurs) qui est hospitalisée à la suite de sa fracture du plateau tibial. Imaginez ce que c'est de ne pas pouvoir poser le pied par terre pendant 3 mois, et ensuite de nombreux mois de rééducation.

 

Tout acte de la vie quotidienne est très difficile. Sortir de son lit, prendre ses béquilles ou s'asseoir sur le fauteuil roulant, se laver, prendre une douche,  ouvrir un placard. Toujours la peur de poser le pied par terre, de l'accident .... Non n'essayez pas d'imaginer , ce ne pourrait être  à la hauteur de la réalité.

 

Brigitte est donc condamnée à vivre dans une chambre et à arpenter les couloirs de la clinique avec son fauteuil roulant.

Elle déprime et cela me fait beaucoup de peine.

 

Elle attendait la visite de ses amis et connaissances. Peu nombreux ceux qui sont venus.... La peur, la gêne peut être devant l'infirmité, de ne savoir que dire, que faire....

 

Je suis inquiète pour elle, elle n'a plus de goût à grand chose.  Elle continue néanmoins à écrire un peu.


Qu'est-ce que Brigitte écrit ? tout simplement des poèmes pour ses compagnes d'infortune de la clinique qui elles sont sorties ou vont sortir bientôt pour les remercier de lui avoir prêté un peu d'attention.


Heureusement qu'il reste l'écriture à Brigitte. Nos passions sont souvent ce qui nous permet de continuer à vivre dans les périodes difficiles.

 

Alors je me disais que vous, chers amis, qui la lisez, qui l'appréciez, vous pourriez peut être lui écrire en vers ou en prose mais montrer que vous ne l'oubliez pas et même si vous n'écrivez pas lui envoyer un dessin dédicacé ou même une simple carte postale :

 

CHAMP NOTRE-DAME

Brigitte LECUYER

46, rue de l'église

95 TAVERNY

 

Merci pour elle

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Ecrits divers

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