Publié le 24 Septembre 2010

 Un Samedi matin de septembre, il fait frais, mais le ciel est bleu azur, La gare RER est beaucoup plus calme qu’un jour de semaine. Quelques personnes attendent debout l’arrivée du prochain RER. Qui viennent-elles chercher : Un enfant, un conjoint, un petit ami dont ils sont éloignés en semaine…. Impatience des retrouvailles avant la prochaine séparation.


J'attends aussi quelqu'un que je ne connais pas et que je n'ai jamais vu….. Je suis impatiente de le découvrir mais anxieuse : deux jours à passer avec cette personne, deux jours c’est très court mais cela peut être très long si nous ne nous supportons pas…..

 

Que vais-je lui faire visiter ?  Cergy bien sûr pour débuter, mon Cergy celui que j’aime tant mais pour comprendre le charme de cette ville, qui a une si mauvaise réputation, il faut se débarrasser des préjugés et surtout il faut y vivre quelques temps pour se rendre compte de sa surprenante beauté et de la qualité de vie incomparable que cette ville à la campagne nous offre avec ses espaces verts, ses étangs, son port de plaisance, son architecture remarquable, ses manifestations culturelles…

 

Comment faire comprendre cela à quelqu'un qu'on n’a jamais vu et qui vient de si loin, au-delà de l’océan. Qu'est ce qu'un étang face à la mer….. Est-ce si important d’ailleurs de lui faire comprendre ? Juste lui faire plaisir et me faire plaisir aussi.  La qualité de nos échanges écrits m’a donné envie de l'inviter à passer ces deux jours ensemble pour poursuive notre découverte mutuelle.

 

Pourvu qu’aucun évènement ne vienne perturber notre rencontre. La dernière fois que j’ai invité quelqu'un que je ne connaissais pas à venir un week-end, ma voisine, une vieille dame septuagénaire que j’aimais beaucoup est décédée brutalement et j’ai été tellement perturbée que je n’ai pu été disponible pour mon hôte et que je n’avais qu’une envie qu’elle parte sans oser lui dire ce qui a nui à nos relations. Je m’étais juré de ne jamais inviter de nouveau quelqu'un que je ne connaissais pas, mais les promesses que l’on se fait à soi même n’en sont pas réellement et on peut passer outre sans trahir, n’est-ce-pas ?

 

 

 

greve.JPG

 

 

Dis minutes à attendre, c’est très long quand on angoisse face à l’inconnu…..Vais je lui plaire ? Curieuse interrogation  pour quelqu'un qui a horreur de la séduction….  Encore mon manque de confiance en moi-même....C’est peut être pour cela que je donne tant, pour me valoriser à mes propres  yeux dans le regard des autres.

 

Et si ce quelqu'un ne venait pas…. Si il avait changé d’avis…. Est-il dans le train ? Je peux l’appeler, me rassurer …… stupide.
Vais-je le reconnaître , je ne l’ai vu qu’en photo… Il le faut pourtant, cela pourrait nuire à notre relation si je ne vais pas spontanément à lui...la qualité du premier  contact est essentielle… On a jamais une seconde chance de faire une bonne impression…c’est ce que je dis par habitude  quand je parle des premières minutes de l’entretien de recrutement aux nombreux demandeurs d’emploi que je conseille… et pourtant le plus important n’est-il pas la suite… c’est aussi stupide que de proclamer haut et fort que « tout se joue avant six ans » pour un enfant.

 

Quel peut être son look ? Je me souviens des expatriés d’une entreprise où j’ai travaillé,  qui lorsqu’ils revenaient des terres lointaines,  arrivaient au bureau avec la chemise à fleurs et l’horrible dent de requin autour du cou en voulant se donner des airs d’Indiana Jones afin qu’on puisse les distinguer parmi nous les ronds de cuir : les pingouins et les « pingouin es »

 

Non ce n’est pas le genre de la personne que j’attends je l’imagine plutôt dans le genre pingouin.... comme moi

 

Mes pensées traversent mon esprit aussi rapidement que l’attente est longue….

 

Soudain, le bruit du train sortant du tunnel, le freinage, le bruit d’ouverture des portières… L’escalier mécanique se met en route, les premiers voyageurs, comme la fusée Ariane se libérant brusquement de son pas de tir,  surgissent soudain en courant derrière les portillons qu’ils sautent dans leur élan… On se croirait dans une course d’obstacle …. Qui sera le premier à sortir de la gare ?  

 

Les voyageurs nombreux se présentent un par un devant les portillons. Mes compagnons et compagnes d’attente retrouvent leur moitié, parent ou ami  moi …je suis toujours là à attendre, à guetter parmi les arrivants qui se font de plus en plus rares….

 

Et soudain….



A suivre prochainement ....

Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Nouvelles

Repost0

Publié le 17 Septembre 2010

 Trou noir infini

Ma nuit restera blanche

Et ma page aussi

 

 

4626456098_07f5bb7b25.jpg

Photo flickr mise à disposition par OB

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Haïkus

Repost0

Publié le 10 Septembre 2010

Après :

 

Après la mort de ma grand-mère, c’est le vide, le vide complet. Nous vidons son appartement, elle ne gardait pas grand-chose et j’ai tenu cela d’elle. Néanmoins nous conservons les photos dont certaines que je diffuse ici aujourd’hui. J’ai mis 20 ans à pouvoir les regarder sans que cela me fasse trop souffrir. Je mettrai bien un an à me remettre de ce décès. Au bureau je suis insupportable, mes relations avec mon patron que pourtant j’aime beaucoup seront cette année la un peu houleuses car n’étant pas bien, j’ai du mal à supporter son exigence et la pression du travail, des journées de 11 heures. Je fête mes trente ans mais pas dans la joie car j’ai l’impression de rentrer vraiment dans l’âge adulte, cela me fait peur aussi.

 

Les vacances me permettent de prendre du recul et surtout de pouvoir profiter de mes enfants et ce sont de grands moments de bonheur au bord de la mer. Nous partons en camping chaque mois d'août d'abord avec la tente et ensuite nous adopterons la caravane et nous partirons avec elle à travers l'europe jusqu'au sud du Portugal. Je vous raconterai un jour ces voyages.

 

 

img592.jpg

 

 

Je suis à peine remise du décès de ma mamie que je perds mon autre grand-mère maternelle qui était en pleine santé mais qui est morte subitement chez elle. Elle ne m’avait pas élevé, ce n’était pas pareil mais je l’aimais beaucoup.  Nous vidons aussi l’appartement et c’est très long parce qu’elle conservait absolument tout.  Je ne peux pas compter sur ma sœur pour cela. Elle a déjà assez de problèmes personnels à régler.

 

 

J’ai encore ma mère mais nos relations ne sont pas très bonnes et c’est une partie de mon enfance qui s’en va brutalement. Grégorie fait un blocage à l’école. Il ne veut pas apprendre à lire. Il est dans une école ouverte et il a trois ans pour apprendre mais tout de même cela m’inquiète beaucoup. Je pense que cela vient de l’institutrice avec qui je sens que cela ne va pas. Même dans les écoles ouvertes, il peut y avoir des enseignants qui ne sont pas à la hauteur.  Un jour elle me jette et le mot jeter n’est pas trop fort  « vous devriez consulter un psychologue pour votre fils et y aller avec par la même occasion !»… Je suis sous le choc. J’ai l’impression de faire le maximum. Je culpabilise. J’en parle à mon médecin de famille qui me rassure en me disant que je vais bien et que Grégorie aussi mais qu’il fait certainement un complexe par rapport à sa sœur qui est très douée et très en avance. Il ont seulement 20 mois d’écart , il est plus grand qu’elle et est dans la même classe de trois niveaux CP et CE 1 et 2 mais forcément son développement intellectuel est moins avancé. Il me conseille de les mettre « en compétition » sur des sujets où Grégorie est meilleur.

 

Il me conseille de consulter une orthophoniste pour vérifier qu’il n’y a pas de problème de dyslexie et m’en recommande une. C’est une jeune femme très agréable et le contact passe très bien tout de suite avec Grégorie. Elle lui fait passer des tests et me dit qu’il n’y a aucun problème et que c’est un enfant très doué mais qu’il mettra certainement un peu plus de temps que la moyenne à apprendre parce qu’il a son propre rythme… Je me rappelle en riant qu’il était effectivement né avec près d'un mois de retard….

 

Elle me conseille néanmoins une dizaine de séances juste pour essayer de le débloquer sur la lecture. Ces séances seront très efficaces et tout rentre dans l’ordre ensuite. A la rentrée suivante, il change d’institutrice qui arrive très bien à le motiver. Grégorie ne redoublera aucune classe. Il est aujourd'hui ingénieur. 

 

Nous participons aussi activement à la vie de l’école, aidons à préparer les fêtes et participons aux activités pour les parents. Je découvre ainsi les ateliers d’écriture destinés à montrer aux parents comment on apprend l’écriture aux enfants. La directrice de l’école anime cet atelier, elle nous montre une fourchette et nous demande d’écrire un texte sur cet objet. J’ai l’habitude d’écrire mais cet objet banal ne m’inspire pas du tout,  Nos textes sont d’une grande banalité et ne passeront pas à la postérité. Ensuite elle nous demande d’exprimer oralement tous les mots que nous inspire cette fourchette. Elle les écrit au tableau. Ensuite elle nous demande d’écrire un nouveau texte sur cette fourchette. Nous lisons nos textes qui sont ainsi beaucoup plus créatifs et nous nous étonnons de ce que nous avons pu écrire sur cette objet quotidien.

Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Vécu

Repost0