Publié le 29 Mai 2010

Après :

Voici  la suite de ma biographie :


 Le mercredi 18 février en fin d'après-midi, je ressentis les premières contractions et Jeff me conduisit aussitôt à l’hôpital de Saint-Germain en Laye.

On m’installât dans une chambre, les contractions continuaient mais elles n’étaient pas assez intenses mais suffisamment pour m’empêcher de dormir.

 

Le lendemain matin nous en étions au même point. Je commençais à m’impatienter. On me fit une piqûre pour augmenter les contractions. La piqûre fut efficace,  je souffrais beaucoup plus mais je trouvais cela supportable par rapport à ce que j’avais imaginé. Aucune douleur dans le ventre, tout dans les reins. On me conduisit en salle de travail, Jeff m’accompagnât. On me demandât de pousser, je m’exécutais mais les contractions n’étaient pas assez fortes et le bébé ne sortait pas. On me demandât de pousser plus mais j'étais au maximum de mes possibilités.

 

Quand la sage-femme s’aperçut que le bébé ne sortirait pas elle décidât de m’anesthésier pour le sortir aux forceps. On fit sortir Jeff de la salle,  le médecin anesthésiste arrivât de mauvaise humeur en disant que c’était toujours à l’heure du café qu’on l’appelait.  Le pédiatre arrivât aussi. J’angoissais depuis que j’avais entendu le mot forceps. C’est après un forceps que ma mère avait perdu son premier bébé à la naissance. L’histoire allait-elle se répéter. L’anesthésiste me fit la piqûre et je ne pus assister à la naissance de notre premier enfant.


Je me réveillais dans la salle de travail avec un bébé dans un berceau transparent habillé avec la petite brassière que j’avais tricotée. Je le trouvais très beau. Il y avait une infirmière dans la salle et je lui demandais si tout allait bien pour mon petit garçon. « Elle va très bien. Me dit-elle c’est une fille de 3,4 Kilos ».

 

Je fus très étonnée, un peu déçue je l’avoue mais j’étais tellement contente  d’être maman d’un très joli bébé en pleine santé Elle prit le bébé et me le mit dans les bras. Un des moments inoubliables de ma vie. Je décidais de l’appeler Laurence en souvenir de la poupée que m’avait offerte ma grand-mère et que ma mère avait donnée  quand j’avais eu quinze ans car d’après maman j’étais trop grande pour jouer à la poupée et il fallait mieux qu’une petite fille pauvre qu'elle connaissait puisse en profiter.

Maman était altruiste mais très dure avec elle et avec moi.

 

Un brancardier nous ramenât dans notre chambre. Je retrouvais Jeff qui découvrit sa petite fille. Il était très heureux. Je dormis bien la nuit d’après. L’angoisse était partie, j’étais heureuse. Une aide soignante me réveillât à l’aube le lendemain matin, très tôt et de manière très brutale. En me donnant le thermomètre elle prononçât des mots que je n’oublierai jamais. « Vilaine maman qui n’a pas su sortir toute seule son bébé ». Cela n’a l’air de rien mais je me mis à culpabiliser. J’étais incapable de faire l’amour, incapable d’accoucher sans aide…. Étais-je normale, le voulais je vraiment ce bébé. Quelques mots, juste quelques mots maladroits et le peu de confiance que j'avais dans mes capacités à être maman disparût.

La puéricultrice me montrât comment changer le bébé et moi qui suis horriblement maladroite,  j’y arrivais bien du premier coup ce qui me fit oublier quelques temps ces mots qui reviendront souvent me hanter dans ma vie dans les moments de doute.

 

Je décidais d'allaiter et c’était un plaisir de donner le sein à Laurence tout en lui parlant. Ma mère vint me voir.  Elle fut froide comme à son habitude, se penchât auprès du bébé…. Et oui maman c’est une fille, encore une fille mais c’est ta petite fille. Mon père était à l’hôpital, un séjour de plus, il dépérissait chaque jour tué par l'alcool. Aurais-je le temps de lui montrer sa petite fille.

 


Le 24 février ce fut mon anniversaire, j’avais 23 ans. J’était une bien jeune maman. Jeff vint avec ses parents et il amenèrent une bouteille de champagne et des coupes qu’ils avaient dissimulées. Il était interdit de boire de l’alcool à l’hôpital mais ce champagne bu en cachette pour fêter la naissance de Laurence et mon anniversaire avait un goût exquis.

Mes grand-mères vinrent me voir aussi et furent en admiration devant leur première arrière petite fille. Mes amies vinrent aussi, je reçus des cartes, des fleurs. J’étais comblée.


Une semaine après l’accouchement, je sortis de l’hôpital. Jeff vint me chercher en voiture. Nous avions acheté une vieille R10 et nous rentrâmes avec Laurence à la maison… Notre vie de parents commençait. Que nous réservait-elle ?

 

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Les premières semaines, premiers mois furent très difficiles pour moi. J'étais très fatiguée. Laurence était un bébé qui dormait très peu et pleurait beaucoup. J'étais angoissée de la voir ainsi. De ne rien pouvoir faire pour la calmer et ceci m'énervait. Les seuls moments joyeux dont je me souviens ce sont les tétées. Je regardais Laurence dans les yeux avec amour et j'avais l'impression qu'on se comprenait. J'aimais aussi le moment du bain que Laurence appréciait mais c'était aussi angoissant, j'avais peur qu'elle tombe.  dans l'eau.

 

 

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La nuit je dormais peu même quand elle ne pleurait pas, j'avais peur qu'elle ne se réveille pas. Un bébé c'est beaucoup de joie mais beaucoup de peur. De plus à la maison, je déprimais, je m'ennuyais de ne pas travailler. Deux mois après la naissance de Laurence, mon père mourût à l'hôpital. Ce fut très difficile pour moi partagée entre l'amour que j'avais pour mon père et le dégoût qu'il m'inspirait. Je dûs l'annoncer à ma grand mère paternelle et son chagrin me fit très mal. Il ne verrait pas sa petite fille grandir. De quoi allait vivre ma mère sans le salaire de mon père ? Tout cela finit par me déprimer encore plus et je pense que Laurence dut le ressentir.

 

Il était urgent pour ma santé morale et celle de ma fille que je reprenne mon travail rapidement. C'était le seul moyen d'aller mieux même si c'était très difficile de laisser Laurence à quelqu'un d'autre. Ma belle mère demandât à une de ses voisines que je connaissais, si elle pouvait prendre Laurence. Elle acceptât et je repris mon travail dans le laboratoire pharmaceutique tranquillisée car cette nourrice que je connaissais était une femme très douce qui avait élevée ses cinq enfants dont la plus jeune des filles avait été à l'école avec moi. J'étais tranquillisée, Laurence serait dans de bonnes mains.

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Publié le 22 Mai 2010

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Voici  la suite de ma biographie :


Nous avions eu l’impression pendant les quelques semaines précédant le mariage et le voyage de noces de vivre entre parenthèses comme dans un rêve et que ces moments seraient éternels.
La réalité nous rattrapât vite. Je retrouvais mon travail d’assistante d’un Directeur Régional d’un laboratoire pharmaceutique. J’avais 2 bonnes heures de transport par jour et ce poste dans de luxueux locaux en plein cœur du quartier latin m’ennuyait et mes relations avec mon patron étaient de plus en plus conflictuelles. Je ne pouvais pas y rester plus et je décidais donc de partir. J’adressais des candidatures spontanées à ne nombreuses entreprises de Rueil. J’eus  plusieurs entretiens et fut embauchée pour assurer le secrétariat d’un médecin chargé du recrutement et de la formation des visiteurs médicaux.

Jeff de son côté, cherchât aussi un nouvel emploi et trouvât un poste de technicien de maintenance sur téléviseurs dans une entreprise d’électronique grand public à Paris.

Nous venions de nous marier, nous avions changé d’emploi.

Cette nouvelle vie nous convenait bien et maintenant que notre avenir était assuré, nous avions tous les deux fort envie d’avoir des enfants. Pour y arriver, je devais absolument surmonter mes angoisses et mes blocages. Je m’étais rendue compte que je n’y arriverais pas seule. Je décidais donc de consulter un médecin. Elle était à la fois gynécologue et psychothérapeute. Elle mit un nom sur ce blocage : La dyspareunie d’origine psychologique et j’acceptais la psychothérapie qu’elle me proposât. Je la rencontrais toutes les semaines et je lui racontais ma vie, elle écoutait, parlait peu. Cela me faisait beaucoup de bien de lui confier ce que je n’avais jamais confié à quiconque. Néanmoins je suis de nature impatiente et j’avais vraiment cru, qu’après quelques entretiens, le miracle se produirait et il ne se produisit pas.  Mais après un an d’entretiens réguliers, je sentais vraiment que mes blocages, à défaut de s’en aller, s’estompaient. Ils finirent par disparaître au bout d’un an et demi.  Nous pûmes enfin faire l’amour sans crainte. Chaque mois j’espérais ne pas avoir mes règles et quand je les avais c’était la déception enfin fin juin 1975, j’avais trois semaines de retard pour mes règles. J’achetais à la pharmacie le test de grossesse que je fis aussitôt en rentrant chez moi. Quelle joie de voir  l’anneau de couleur se former dans le petit tube : j’étais enceinte.  Nous exultions de joie. Les premiers mois de ma grossesse furent difficile à cause des nausées. En septembre 1975 nous partîmes en vacances en Roumanie au bord de la mer Noire. C’était la première fois de ma vie que je prenais l’avion. J’exultais de joie en décollant d’Orly avec l’avion d’Air France.  Arrivés à Bucarest, nous prîmes un avion de la compagnie russe Tarom pour Constanza. L’avion était en très mauvais état à l’intérieur. Mon siège était cassé. J’avais peur et j’étais assez mal. Jeff voulut me mettre l’aération et au lieu de recevoir de l’air je fus douchée ! Néanmoins l’hôtesse qui avait vu mon malaise et à qui j’avais dit que j’étais enceinte fut aux petits soins pour moi pendant tout le voyage très court heureusement. Arrivés à la Station, nous nous installâmes dans notre hôtel : une tour au bord de la mer noir au 11ème étage. L’eau chaude n’arrivait pas souvent jusqu’à ces étages élevés mais nous étions jeunes, habitués au camping, alors. Les repas étaient faits de viande plus ou moins bouillie, jamais grillée et de légumes que je n’aimais pas à l’époque : poivrons, aubergines, courgettes….

Notre bon vieux camembert était remplacé par un horrible fromage blanc en faisselle.

Nous passions notre temps sur la plage et en excursion. Nous visitâmes le delta du Danube en bateau à aube. Quand nous sortions en ville, nous étions souvent abordés par des roumains nous prenant pour des anglais. Jeff était roux et nous avions tous les deux la peau très clair et des tâches de rousseur. Ils voulaient de l’argent : des dollars ou nous acheter nos effets : jeans, collants. Un commerçant un jour me proposât en échange du souvenir que je lui avais acheté de me donner mon porte-monnaie (vide) à la place de l’argent. Nous nous rendîmes compte alors de la misère des habitants des pays de l’est victimes du communisme.

La semaine passât vite et nous étions contents de retrouver la France. Il n’y a qu’en la quittant, qu’on s’aperçoit on y vit bien. J’étais enceinte et j’avais maigri de 2 kilos.  Je les repris vite. Les nausées s’estompèrent et j’étais vraiment en pleine santé et épanouie d’être enceinte. L’automne arrivât. Je m’inscris aux cours d’accouchement sans douleur. J’avais grossi et je pris plaisir à m’acheter des pantalons, des robes et des tuniques de grossesse. Noël arrivât vite notre dernier noël à deux, l’année prochaine nous aurions un enfant et plus ma grossesse avançait plus j’avais l’intime conviction que je portais un garçon. J’avais envie de ce garçon et je ne  l’imaginais pas avec une petite fille. J’étais peut être inconsciemment entrain de reproduire le schéma maternel mais à l’époque je ne m’en rendais pas compte. C’était peut être aussi une façon d’offrir à ma mère , à défaut d’un fils, un petit fils et de me racheter à ses yeux. Le mercredi 18 février, je ressentis les premières contractions et Jeff me conduisit aussitôt à l’hôpital de Saint-Germain en Laye.

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Publié le 15 Mai 2010

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Voici la suite de ma biographie :

 

Le lendemain du mariage, nous avions invité mon Amie Ariane dans notre petit pavillon de banlieue et après avoir cueilli des cerises nous fîmes tous les trois la sieste au soleil dans le jardin pour nous remettre de la fatigue accumulée la veille.


Jeff et moi nous avions pris une semaine de vacances. Nous n'avions pas d'argent pour nous payer un voyage de noces. Jeff passait son permis le lendemain et, si il l'obtenait, son papa nous prêtait sa vieille fiat pour partir en France voir sa grand-mère à Gap et ensuite retour via Mazinien dans le Morvan.


C'était la première fois que Jeff passait son permis. Notre  voyage était conditionné à l'obtention de son permis de conduire ce qui lui mit une pression très importante le jour de l'examen. Malgré cette pression, il revint à la maison avec le petit papier rose. Je lui sautais au cou. Nous pouvions partir.

 

Le lendemain nous prîmes la route des Alpes avec une voiture qui n'avait pas de 3ème vitesse. Jeff s'en sortit comme un conducteur chevronné.

Sa grand-mère très âgée fut heureuse de nous voir, elle n'avait pu venir au mariage. Gap est une très belle ville et nous étions heureux de lui rendre cette visite et de visiter les environs. Jeff me fit découvrir le barrage de Serres Ponçon, grand miroir d'eau dans un écrin de verdure.

 

 

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Nous montâmes à la vieille citadelle de Sistéron. Nous restâmes 2 jours chez sa grand-mère puis nous reprîmes la voiture pour remonter vers le nord et la Nièvre.

 

A Mazinien, nous eûmes la maison pour nous. Micheline, une villageoise riveraine qui s'occupait de l'entretien de la maison et du jardin et qui nous aimait beaucoup nous choyât. Elle mit un point d'honneur à ce que nous n'ayons rien à faire. Pour lui faire plaisir  et la remercier nous l'emmenâmes avec nous à Vezelay.

 

 

 

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Je ne connaissais pas mais je fus séduite par la beauté majestueuse de cette basilique qui domine la vallée. Il faisait beau, la vue sur la campagne environnante était superbe. Nous nous aimions. Nous ressentîmes à ce moment là un sentiment de liberté et de bonheur comme j'en ai peu connu dans ma vie.


Le soir nous nous couchions dans la chambre tapissée de papier peint toile de Jouy avec des motifs ruraux bleus sur fond blanc. J'aimais beaucoup ce papier et il me fascinait. Je me concentrais sur les dessins du papier pour ne pas penser que nous n'avions pas encore réussi à faire l'amour et que c'était de ma faute. Je n'en souffrais pas en soi, les caresses tendres me comblaient  je n'avais pas besoin de plus. Néanmoins, je m'en voulais de ne pas y arriver, de ne pas procurer à Jeff ce plaisir supplémentaire.  Je pensais bien que c'était anormal tout en essayant de me persuader que c'était nouveau pour moi et que j'arriverai bien à y parvenir.


Notre voyage de noces touchait à sa fin et nous prîmes la route du retour vers Rueil et nos travails respectifs. J'allais retrouver mon névrosé de patron et cela ne me réjouissait guère et Jeff reprendrait le chemin de sa société de maintenance qu'il cherchait lui aussi à quitter.

 

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Publié le 8 Mai 2010

 

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Voici la suite de ma biographie

 

Après les fiançailles nous souhaitions nous marier rapidement mais pour pouvoir nous marier il fallait trouver un logement.

 

Ma mère qui connaissait beaucoup de monde dans le quartier apprit qu'un couple et ses enfants qui habitaient un pavillon en location allaient le quitter. Nous visitâmes cette petite maison au fond d'une avenue en impasse à proximité de la gare du RER. Elle avait besoin d'un bon ravalement et n'avait vraiment aucun charme au premier regard. Elle avait été la maison des gardiens d'une grande propriété bourgeoise. Il y avait une cuisine et une salle de séjour en rez-de-chaussée et à l'étage une très grande chambre, une plus petite et une salle de bain. Il y avait une cave. Le seul inconvénient c'était que la maison était chauffée par une chaudière au charbon qu'il fallait recharger matin et soir.  Le grand jardin avec un cerisier et un mirabellier était très agréable et finit de nous convaincre. L'agence acceptât de nous louer cette maison qui nous convenait beaucoup mieux qu'un appartement HLM.  Nous imaginions déjà nos enfants jouer dans ce jardin.

 

Une fois la maison trouvée, nous nous occupâmes des préparatifs du mariage. Mes parents n'ayant pas d'argent, il fallait juste compter sur nos salaires qui n'étaient pas élevés à l'époque et sur les parents à Jeff qui contribuèrent à la réussite de cette cérémonie.


Un samedi nous nous rendîmes chez Pronuptia choisir ma robe de mariée.  La vendeuse me montrât de superbes robes qui me firent rêver mais je n'avais qu'un budget très limité et ne put m'acheter la robe que je souhaitais ce qui me fit fondre en larmes dans la boutique. Jeff me consola et finalement je trouvais une robe beaucoup moins onéreuse mais qui me plaisait.

 

Nous allâmes chez le bijoutier choisir des alliances en or blanc dont nous fîmes graver l'intérieur avec nos prénoms, deux coeurs et la date du mariage.

 

Nous déposâmes une liste de mariage au Printemps.

 

Le papa à Jeff s'occupât de faire imprimer des faire-part. Il connaissait un imprimeur. Il trouvât aussi un restaurant dans les hauts de Suresnes qu'il connaissait et qui était très agréable : La ferme du Mont Valérien.

 

Pour faire plaisir à ma grand-mère paternelle et aux parents de Jeff, il fallut nous marier à l'église ce qui ne nous réjouissait pas, Jeff étant aussi athée que moi. Nous dûmes aller voir le curé, faire semblant d'être croyants. Nous fûmes tout de suite crédibles puisque nous dîmes au curé que nous souhaitions que ce soit mon grand oncle Arsène père dominicain (le frère de ma grand mère) qui célèbre la messe de mariage. Nous dûmes néanmoins comme les autres assister aux séances de préparation au mariage ou on nous assenait de conseils à l'eau de rose que nous trouvions débiles. Nous choisîmes des textes et la musique pour la cérémonie.

 

Le grand jour,  le samedi 23 juin 1973 arrivât bien vite. Il faisait beau, très chaud, quelle chance mais la journée débuta par les voeux de ma mère pour mon mariage qui me blessèrent profondément et mirent une ombre sur cette belle journée  "Je te souhaite d'être aussi malheureuse avec Jeff que je l'ai été et que je le suis encore avec ton père afin que tu puisses mieux me comprendre".  Mots poignards qui ouvrent des blessures en vous qui même si elles s'atténuent avec le temps ne cicatriseront jamais complètement.

 

 

DEVANT LA MAIRIE DE RUEIL. De gauche à droite : la maman de jeff, mon amie ariane, maman papa, la tête de ma petite soeur entre nous deux , mon amie Brigitte, Marc l'ami de Jeff., le papa de Jeff. Ma grand mère paternelle qui m'a élevée est derrière ma tête et à ses côtés ma grand mère maternelle.

 

Mon père aurait souhaité que ce mariage soit célébré par le Maire qu'il connaissait en tant que militant gaulliste. Jeff et moi nous n'aimions pas ce maire et heureusement nous y échappâmes. C'est le premier adjoint qui nous était plus sympathique qui nous unit devant un nombre restreint d'invités.

 

La grande cérémonie avec la famille, tous les amis et voisins était pour l'après-midi à la Chapelle Sainte Thérèse. Nous étions désormais unis officiellement pour le meilleur et pour le pire comme on dit.

L'après midi à la chapelle c'est au bras de mon père que je rentrais dans l'église, papa s'était fait violence pour m'y conduire et avait dû renier une promesse qu'il s'était faite celle de ne plus jamais entrer dans une église.

Jeff y entrât au bras de sa maman.


Nous échangeâmes les alliances devant mon oncle Arsène qui célébrât la messe toujours aussi sérieux sans aucun sourire. Personnellement j'aurais préféré le curé de la paroisse mais j'avais accepté qu'il célèbre la messe pour ne pas décevoir ma grand-mère dont c'était l'idée.

 

 

 

 

 

Nos témoins mon amie Brigitte signant et à droite Marc l'ami de Jeff


Nous signâmes les registres avec nos deux témoins mon amie Brigitte et Marc un copain à Jeff. Nous sortîmes de l'église main dans la main.

 

Devant le parvis de la chapelle, les invités nous attendaient. Je fus étonnée de voir qu'il y avait une enseignante de l'école Notre-Dame qui était là invitée par les parents de Jeff, celle qui justement s'inquiétait il y a quelques temps de mes mauvaises fréquentations et du fait que je puisse mal tourner.

Inutile de vous dire que ce n'était pas moi qui l'avait invitée.  Elle vint me féliciter. Je compris à la remarque qu'elle me fit sa surprise de me voir moi la fille d'une famille pauvre au père mécréant  épouser un fils d'une bonne famille catholique de la ville et leur stupéfaction qu'il puisse y avoir un curé dans ma famille. Elle n'avait certainement pas compris cette demoiselle que si on est en grande partie responsables de ce que deviennent nos enfants, on ne l'est aucunement de ce que sont nos ascendants, dommage car parfois on les changerait.

J'étais très pudique à l'époque mais aussi très provocatrice et aussi pour la choquer, je fis un gros bisou sur la bouche à Jeff devant ses yeux et celui du photographe qui le saisit pour l'éternité.

 

Après l'église, mes beaux-parents avaient prévu une "garden-party" dans leur jardin pour tous les invités. Ce fut un moment très agréable.

Nous rejoignîmes le restaurant et dans ce décor fermier d'une  auberge cossue, nous reçûmes nos invités juste la famille et nos amis les plus proches autour d'un grand buffet dansant. Jeff qui savait être disc jockey pour des amis avait choisi la musique. Peu m'importait la musique puisque je ne l'avais jamais aimé et mon esprit était ailleurs, je commençais à angoisser pour l'après fête.

 

En effet, je n'avais jamais auparavant fait l'amour et je redoutais plus que je désirais ce premier rapport sexuel qui devait traditionnellement clôturer la journée.

 

Des amis nous raccompagnèrent tard dans la nuit dans notre petite maison et nous nous endormirent tendrement dans les bras l'un de l'autre mais sans respecter la tradition. J'attendais que Jeff prenne l'initiative, il ne la prit pas et cela enfin de compte m'arrangeait et retirait mes angoisses pour la journée au moins.

 

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Publié le 1 Mai 2010

 

Après :

 

Voici la suite de ma biographie :


Avec Jeff nous devenions inséparables, il travaillait déjà comme technicien à Nanterre dans une société de maintenance électronique. Il venait me chercher au collège. Le week-end nous allions nous promener ou au cinéma.

Jeff se plaisait à se déplacer en solex. Il était déjà allé avec jusqu'à Chartres pour voir une copine avant de me connaître. Je le suivais avec mon beau caddie tout bleu turquoise que j'aimais beaucoup mais qui démarrait quand il l'avait décidé !


Souvent le dimanche je déjeunais chez ses parents.  Il vivaient dans une grande maison sur les hauteurs de Rueil avec un très beau jardin et un bassin aux nénuphars qui faisait mon admiration.

 

 

 

 

 

 

Après le repas nous montions dans sa petite chambre sous les combles et nous nous embrassions et caressions tendrement. Ensuite nous descendions à la cave où Jeff avait son atelier de développement de photos et tout son matériel de CB et nous échangions avec le monde entier.


Jeff était issu d'une famille de cinq enfants : 3 garçons et 2 filles. Il était le cadet des fils. Je découvrais ce qu'était une famille unie et heureuse avec des parents aimants et équilibrés. 

 

 

Son père, que j'aimais beaucoup,  travaillait comme responsable technique dans une usine métallurgique. Il était passionné d'histoire et j'appréciais quand il racontait des anecdotes historiques.   Il parlait souvent aussi de politique et de son opposition à la politique du Général de Gaulle et rien que cette aversion renforçait mon admiration pour lui. En effet ce général que je trouvais totalement antipathique faisait l'admiration de mon père. Ma joue se souvenait à l'époque de la seule et récente claque paternelle qu'elle avait reçue quand à la mort du Général,  provocatrice,  j'avais osé proféré "Pourquoi tu pleures papa ? c'est parce qu'il est mort le vieux con !".


Sa maman, qui avait élevé ses cinq enfants, ne travaillait pas. Je sentais qu'elle vouait à Jeff une affection particulière. Maintenant que ses enfants étaient grands, elle avait beaucoup plus de temps libre qu'elle passait à jardiner, à lire et à cuisiner. C'est avec elle que j'ai appris (hélas pour ma ligne) à aimer manger et à cuisiner. D'origine alsacienne, elle m'apprit à faire la choucroute et des kouglofs mais elle savait aussi cuisiner léger.

 

 

Jeff aimait beaucoup son frère aîné et je l'aimais bien aussi. Il  s'était marié avec une biologiste fille d'un ancien gouverneur de colonies françaises qui était assez hautaine. Elle avait vécu toute son enfance dans des demeures coloniales et avait eu l'habitude d'avoir des domestiques. Son caractère très trempé, n'arrangeait rien. Je compris vite qu'il ne fallait pas engager de conversations avec elle car elle voulait toujours avoir raison et cela ne pouvait que se terminer par des disputes.

 

Les relations entre les deux frères s'étaient alors espacées et devenaient plus tendues. Jeff à l'époque n'avait que très peu de relation avec son autre frère qui était marié et avait une petite fille et sa soeur aînée toujours célibataire qui le considéraient comme le petit de la famille, le chouchou à sa maman.

 

Je compris ainsi que même au sein d'une famille heureuse, il existe très souvent des rivalités au sein de la fratrie.

 

Il aimait bien sa petite soeur que je retrouvais puisqu'elle avait été avec moi à l'école Notre-Dame. Elle ne faisait pas partie de mes amies car à l'époque, imbue de mes certitudes et idées reçues, je la considérais comme une fille de bourgeois et je la snobais. Je mis des années à vraiment la connaître et à comprendre qu'elle était tout sauf cela et aujourd'hui parmi les frères et soeurs de Jeff c'est vraiment elle que je préfère.


Jeff aussi avait fait ses études dans une institution privée à l'école Saint-Charles. ses parents étaient chrétiens et avaient donné beaucoup de leur temps quand ils étaient plus jeunes pour la paroisse de leur quartier à Rueil. Ils s'efforçaient au prix de sacrifices financiers à donner une bonne éducation à leurs enfants.

 

Ils avaient une voiture une fiat 850 et m'emmenaient parfois en week-end dans la Nièvre dans la maison d'un ami. Je découvrais la campagne, les fermes, les paysages vallonnés du morvan, la rudesse des hivers. J'aimais beaucoup le lac des Sétons où nous nous promenions souvent. Il y avait beaucoup de chats errants. Jeff comme sa maman n'aimait pas trop les chats et je lui appris à les aimer.

 

En 1972 nous nous fiançâmes dans l'intimité familiale chez ses parents où j'avais invité mes parents, ma soeur et mes grands mères.

 

 

 

 

Jeff m'offrit une bague très moderne et très belle en forme de trapèze avec un petit brillant sur le dessus. Je lui offris une gourmette en argent avec son vrai prénom : Jean-françois.

 

Nous sortions aussi parfois le week-end avec mon amie Brigitte que j'avais connu au collège technique à Asnières. Elle était arrivée dans la classe alors que l'année scolaire était déjà commencée. La surveillante générale était rentrée suivie d'une jolie jeune fille aux longs cheveux châtains foncés aux yeux verts en amande qui avait traversé la classe droite comme un "I" froide et impériale sans un bonjour ni un regard jeté à personne, elle était allée s'assoir en silence. Je fus intriguée par cette entrée magistrale et conquise par sa prestance, son élégance. Elle devait devenir mon amie et elle le devint.

Quand je regarde maintenant en arrière, je me dis que toutes mes amies avaient beaucoup de caractère, de charisme,  une certaine élégance une affectivité complètement rentrée.


Brigitte vivait chez ses parents à la Garenne colombes dans un petit pavillon. J'aimais beaucoup sa maman qui était très occupée par son travail de cadre dans une banque. Son père était assez effacé et ses relation avec lui étaient très conflictuelles.

 

Brigitte lors d'une de nos sorties fit la connaissance d'un copain de Jeff avec qui elle eut une aventure.

 

Je commençais à travailler comme secrétaire dans une entreprise de transport à Nanterre (voir Les hommes de ma vie (1) / Le voyeur). Peu de temps après je quittais cette entreprise pour intégrer un laboratoire pharmaceutique à Paris (voir Les hommes de ma vie (2) / le névrosé).

 

 

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Rédigé par eglantine

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