Publié le 31 Décembre 2014

Je suis le beau jard tancrède

Un  arrogant palmipède

Vivant dans une pinède

Au froid pays de Suède

Mon oie oisive m’obsède

Elle est très belle mais tiède

Ce qui je l’avoue m’excède

A mon pote Fred je la cède

Entre vieux copains l’entraide

Mais je préfère votre aide

Pourquoi pas cette bipède

Pour votre festin au bled

 

Martine / 31 décembre 2014 pour les prénoms du Mercredi

 

 

Appel à l'aide de Tancrède

Et oui chers amis c’est la sylvestre alors régalez vous ce soir et j’espère que vous accepterez de rendre service au Jar Tancred sinon il va être obligé d'attendre l'année prochaine pour se débarasser de son oisive

Bon réveillon à tous et à l'année prochaine.

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Rédigé par Martine.

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Publié le 24 Décembre 2014

Etoile Desneiges

J’étais une étoile de glace : l'étoile Desneiges,

Hélas, Je me suis trop approchée du soleil 

j’ai fondu, Je suis aujourd’hui la fonte Desneiges

Demain C'est Noël je serai une étoile de Noël

 

JOYEUX NOEL et Bonnes fêtes de fin d'année

 

Martine / Décembre 2014 pour le les prénoms du Mercredi

(aujourd'hui DESNEIGES)

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Rédigé par Martine.

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Publié le 22 Décembre 2014

Pour vous souhaiter un joyeux Noël et de beaux cadeaux un texte écrit en septembre 2013 pour un défi d'écriture qui va bien avec le thème de lundi dernier des croqueurs de mots

 

Mamie MADELEINE

 

Extrait du journal de Madeleine / 6 juin 2012

 

Par ce bel après-midi de juin, assise au jardin, je lis cette phrase du livre de Stefan ZWEIG "24 heures de la vie d’une femme" que j’ai relu de nombreuses fois tant je l’aime…... Je relis une nouvelle fois cette phrase qui ne m’avait pas marquée à une lecture précédente. Je pose le livre et lève les yeux et je me souviens il y a longtemps, il y a plus de quarante ans de ce tsunami qui m’a envahi brusquement en croisant un regard, souvenir agréable mais douloureux aussi. Je sors de ma rêverie et je vois Jean, mon petit-fils, m’observer avec tendresse et tristesse à la fois.

Que peut-il penser de moi à ce moment précis, j’espère qu’il n’a pas percé mes pensées les plus profondes. Soudain il sort son appareil photo numérique et immortalise ce moment de complicité entre nous. Je n’aime pas être prise en photo, Jean ne l’ignore pas mais il sait aussi qu’il peut tout se permettre tant je l’aime et l’admire. Avec lui je ne suis jamais la vieille grincheuse que je suis depuis longtemps et cela ne s’arrange pas avec les années. Je râle après le chat quand il me réveille la nuit alors qu’il dort toute la journée. Je râle après les voisins quand ils font du bruit les soirées d’été. Je râle après les commerçants quand ils n’ouvrent pas à l’heure, je râle après Max mon époux quand il se plaint de ses douleurs. Je râle après ma fille qui m’infantilise et qui s’adresse à moi comme à une gamine « A ton âge maman, il ne faut pas ceci, il ne faut plus cela …» et pire je râle même après moi-même, après ce corps qui ne me permet plus toutes les folies de ma jeunesse et notamment celles de ce fameux jour ….

 

Extrait du journal de Madeleine / 20 septembre 2012

 

Pour mon anniversaire, 89 ans déjà, Jean m’a offert hier un cadeau, le plus beau que je n’ai jamais reçu.
Il est arrivé avec un très beau et grand paquet emballé de papier vert pomme avec un ruban en soie violet. Que cela pouvait-il être ?
J’ai retiré le papier avec précaution. Je ne pouvais déchirer un si beau papier et j’ai découvert un tableau, un portrait d’une vieille bourgeoise assise dans le jardin avec un regard à la fois pensif et malicieux, une vieille à la peau burinée par le soleil et les ans un livre ouvert posé sur ses genoux avec un grand chapeau de paille. C’est en reconnaissant mon chapeau que je me suis aperçue que c’était moi avec mes seins encore très fermes qui ne tombent pas comme mes joues. Il y avait même pacha le chat entrain de dormir comme d’habitude qui ressemblait plutôt à un chien.

Mamie Madeleine
J’ai serré Jean dans mes bras. Les larmes aux yeux je l’ai embrassé et je lui ai murmuré à l’oreille un secret... Je me suis tournée vers Max et je lui ai demandé de l’accrocher tout de suite dans l’entrée. Max très étonné par ma demande me répond moqueur : « ce portrait te ressemble tant, c’est comme un miroir tu sais, toi qui ne les supportes pas et qui les as tous retirés du mas ».  

Max qui ne perd jamais l’occasion de se taire me fait réfléchir néanmoins : « En effet pourquoi accrocher ce tableau ? Simplement pour faire plaisir à Jean mais pourquoi dans l’entrée ou je me verrai plusieurs fois dans la journée. Je crois que c’est aussi pour pouvoir le montrer à tous mes visiteurs de moins en moins nombreux tant je deviens grincheuse. Je suis si fière de Jean, de son intelligence, de sa sensibilité, de son talent, de sa douceur. Ce petit fils est un trésor et je veux que tout le monde le sache. C’est un artiste ce que j’aurais voulu être mais je suis beaucoup trop pragmatique et conventionnelle. Il n’est jamais tard pour réveiller l’artiste qui dort en moi. Peut-être que jean pourrait m’y aider.
C’est vrai que je suis ressemblante hélas. Ce chapeau de paille ridicule me donne un air de vieille propriétaire terrienne moi la citadine qui n’a jamais su retenir le nom des fleurs et reconnaître les arbres. Je suis une vieille « bobo » comme on dit maintenant.

 

En fait, Je m’aime bien  vu à travers le regard de Jean et je prendrai plaisir à me regarder. Je vais faire remettre des miroirs dans le mas en commençant par celui de la salle de bain ce qui évitera à Max de se couper en se rasant et de me râler dessus.

 

BLOG DE JEAN

 

Mamie Madeleine / 20 Septembre 2012

 

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de ma grand-mère maternelle dont je ne vous ai jamais parlé. Mamie Madeleine est une vieille dame. Elle vient d’entrer dans sa quatre-vingt-dixième année et ne les fait pas tant elle est vive, toujours à s’activer et à booster Papi Max qui, bien que plus jeune s'encroûte à force de savourer l’oisiveté avec délectation ce qui énerve Mamie.

 

Mamie Madeleine ne sait pas marcher lentement et quand je me promène dans la rue à ses côtés, je dois marcher plus vite que je ne le fais d’habitude. Elle a encore une grande vivacité d’esprit et dépense une énergie considérable à râler après tout le monde sauf après moi et pourtant je m’amuse parfois à la taquiner pour la faire réagir mais en vain.

 

Cet été elle était en train de lire au jardin 24 heures de la vie d’une femme de Stefan ZWEIG, son roman préféré dont elle ne se lasse pas. Je l’ai lu c’est l’histoire d’une passion entre une jeune femme veuve et un joueur invétéré. Une de ces passions fulgurantes déclenchées par les visions de deux élégantes mains s'agitant sur un tapis jeu. Une passion dévastatrice très courte qui marque une vie pour toujours. Je me suis toujours demandé ce que Mamie pouvait aimer dans ce livre. Je ne l’imaginais pas avoir une telle passion, elle est trop raisonnable, réfléchie. Elle ne se laisse pas prendre par l’émotion d’un instant, tout chez elle est bordé, contrôlé. C’est aussi pour cela que je l’aime aussi car elle sait cadrer ma fougue et me ramener parfois à la raison quand j’idéalise trop. Peut-être avait-elle besoin de vivre ce qu'elle n'avait pas vécu et qu'à son âge elle ne vivrait sans doute pas. Je reviens à cet après-midi d’été, elle était entrain de lire ce roman quand elle a soudain levé la tête après avoir souligné une phrase au crayon dans son livre. Son regard fixe avec ses yeux bleus comme l'azur du ciel provençal s’est perdu au loin devenant à la fois rêveur avec une joie comme contenue. Je l’ai trouvé très belle à cet instant, ce n’était plus la même.  J’ai sorti mon APN impulsivement et je l’ai prise en photo bien que je sais parfaitement qu’elle a horreur de cela. Je n’ai pas pu m’en empêcher.  Je me suis promis d’aller voir discrètement quelle était la phrase qui avait pu la sortir de sa lecture.

J’ai regardé en rentrant la photo sur mon écran et c’est là que j’ai eu l’idée d’en faire une peinture et de lui offrir pour son anniversaire. Une fois la peinture terminée et sèche. Je l’ai enveloppé d’un beau papier et noué le paquet avec un très long ruban en soie mauve acheté pour l’occasion.

 

Je lui ai offert hier. Elle l’a ouvert avec beaucoup de soin pour une fois sans se précipiter et quand elle a découvert son portrait, des larmes ont doucement coulé sur son visage je ne l’avais jamais vu pleurer et j’en ai été tout ému. Elle m’a serré dans ces bras et embrassé en murmurant tout bas « Tu ne sais pas à quel point tu me fais plaisir Jean, ce tableau me rappellera toujours un souvenir très ancien d’un grand bonheur fugace ».

 

Je lui ai répondu « Excuse-moi  Mamie de te faire pleurer comme une Madeleine et en plus d'avoir transformé PACHA en chien mais  avec son nom je ne pouvais pas en faire un chat ». J'ai réussi à la faire rire à travers ses larmes.

 

Je me suis soudain  rappelé que je n’avais pas encore pris le temps de regarder quelle était la phrase qui avait donné à Mamie ce si beau regard.

 

Pendant que Papi Max accrochait le tableau, je suis allée discrètement dans la bibliothèque de la chambre de mamie et j’ai trouvé bien en évidence le livre culte.  J'ai recherché la phrase soulignée, il n'y en avait qu'une seule.

Je l'ai lue à haute voix :

 

« Seuls des êtres absolument étrangers à la passion connaissent en des moments tout à fait exceptionnels, ces explosions soudaines d’une passion semblable à une avalanche ou à un ouragan : alors des années entières de force non utilisées se précipitent et roulent dans les profondeurs d’une poitrine humaine »

Stefan ZWEIG.

 

 

 Martine /Septembre 2013

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Publié le 18 Décembre 2014

Cela faisait longtemps que je pensais à lui

Je ne sais pas pourquoi, ce pas je le franchis

Il est là devant moi,  et maintenant  il fume

Sa blondeur cendrée me charme et m’embrume

Parfum discret ambré, ô je suis envoûtée

En moi monte l’envie, je ne peux résister

J’ose m’approcher, mes lèvres je les lui tends

Avec tant de douceur, très Vite il les effleure

Il me remplit soudain, d’une humide chaleur

Plaisir court et profond, Subtil petit bonheur

Boire un tilleul bien chaud et dormir apaisée

 

Martine pour les Jeudis en poésie des croqueurs de mots animé par Lilou Soleil

In Fusion

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Publié le 17 Décembre 2014

Célestin le martien

Célestin le martien libertin

Avec sa soucoupe, de bon matin

Atterrit à Gevrey-Chambertin

Dans le jardin du Père Martin.

Qui l’eût cru un Martien chez Martin !!

Un immigré du ciel clandestin

De quoi tomber sur le popotin..

Céleste la  fille  des Martin

A défaut de trouver son Valentin

Avait dégoté son Célestin

Son  extra-terrestre plaisantin

Galantin et un peu cabotin

Qui lui fit  tout un grand  baratin

Et lui roula d’amoureux patins

Ce qui alimenta les potins

 

A leur noce à Gevrey chambertin

Où fût invité tout le gratin

Tous deux habillés de blanc satin

D’un  beau « oui » unirent leur destin

Devant le père bénédictin.

Au menu du turbotin au thym

Arrosé d’un blanc de  Chambertin

Qui leur donnèrent du rouge au teint.

 

Avec la soucoupe de célestin

Ils s’envolèrent au pays latin.

En amoureux  au mont palatin

Ils dansèrent un tango argentin

Puis  s’envolèrent chez les martiens.

On ne les revit plus à Chambertin

Pour le malheur du Père Martin

 

Martine MARTIN / Décembre 2014 pour les les prénoms du Mercredi

 

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Publié le 15 Décembre 2014

Cher inconnu

Emma, après avoir entendu la mobylette du facteur, se précipite comme chaque matin ouvrir sa boîte aux lettres. Que va-t-elle recevoir aujourd’hui ?  Chaque jour elle espère une surprise agréable : l’annonce d’une naissance, d’un mariage, la lettre d’une amie perdue de vue.  Une enveloppe blanche ordinaire vierge de toute écriture attire son attention. Que peut-elle contenir ? Elle décolle le rabat de l’enveloppe et en sort une feuille de papier recouverte d’une petite écriture régulière et penchée :

 

Cher(e) inconnu(e),

 

Veuillez m’excuser de prendre la liberté de vous écrire de façon anonyme. Cette lettre que vous recevez, je l’adresse aujourd’hui à de nombreuses personnes que je ne fréquente pas, peut-être même ne les ai-je pour la plupart jamais croisées dans la rue.  J’ai eu l’idée d’écrire la lettre que vous lisez et de la glisser dans les boîtes à lettres de certaines maisons de ce quartier, celles dont les jardins fleuris ont égayé mes promenades l’été et où  j’ai pu voir des chats ou des chiens heureux. Je veux croire que les gens qui aiment les fleurs et les animaux ne pourront être que sensibles à la demande que je vais vous faire

 

Je suis bientôt nonagénaire. Toutes mes amies ont quitté cette vie trop tôt. J’ai encore des enfants mais ils me délaissent depuis que je suis vieille et que je ne suis plus d’aussi bonne compagnie. Je leur fais peut-être peur aussi en leur renvoyant l'’mage de ce qu’ils seront dans une trentaine d’année. Je vous souhaite de ne jamais connaître cette solitude totale, profonde, ce silence dans votre maison qui vous est tellement insupportable que vous pensez et vous vous parlez à voix haute pour le briser.

Je ne supporte plus cette solitude surtout en ce moment à l’approche de Noël et des fêtes de fin d’année que je vais encore passer seule dans mon petit appartement avec la musique et les rires de mes voisins qui font la fête. J’aurais, comme seule compagnie,  la photo de mon époux qui m’a quitté il y a quelques années. J’ai rangé dans mon armoire les photos de mes enfants et petits-enfants que je ne vois plus. C’est trop douloureux pour moi de les regarder et de penser aux bons moments que nous avons passé ensemble et qu’ils semblent avoir oubliés.  Je suis obligée de ne plus y penser aussi.  Résilience quand tu nous tiens !

Alors que beaucoup reçoivent en ce moment des cartes de vœux de leurs proches et amis, les seuls courriers que je trouve dans ma boîte aux lettres sont des factures et des relances de paiement. Rassurez-vous, je ne viens pas vous demander de l’argent. La vie est difficile avec ma petite retraite mais j’arrive néanmoins à m’en sortir.

Ne tardons plus ;  J’en viens au but de cette lettre. Je rêve de  recevoir cette année des lettres,  cartes,  dessins  de ceux à qui j’ai écrit cette missive et qui me raconteront ainsi un peu de leur quotidien.

Ce serait un très beau cadeau de Noël cher(e) inconnu(e)  que vous me feriez si vous acceptiez de répondre à ma demande. J’en prendrai connaissance pendant la nuit de Noël. Ce serait  pour moi magique de ne plus me sentir si seule et de savoir que des gens qui ne me connaissent pas ont pris un peu de leur temps pour me témoigner attention et amitié.

 

Il vous suffira de déposer votre message à la boulangerie Bonpain, place de la république tout près de chez vous en spécifiant que c’est pour Mamie Jacqueline. C’est un pseudo, je tiens à rester anonyme pour vous prouver que je n’attends rien d’autre qu’un peu d’attention ponctuelle.  J’ai confiance en la boulangère, la seule personne avec qui j’ai échangé un peu ces derniers temps, elle m’a promis de respecter mon anonymat.

En vous remerciant Cher(e) inconnu(e),  je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année et tous mes vœux pour 2015.

 

Mamie Jacqueline

 

Emma repose la lettre sur son bureau émue par la demande singulière de cette vieille dame.  Elle devrait se méfier, sa mère lui disait souvent quand elle était petite qu’on ne devait pas parler aux inconnus. Emma a confiance et c’est la sincérité, qui émane des propos de la vieille dame, qui l’a particulièrement touchée. Elle répondra à cette mamie mais que lui dira t-elle ?  C’est déjà difficile pour elle d’écrire à ses amies, elle a toujours eu du mal à exprimer ses sentiment alors témoigner de l’affection à une inconnue Elle réfléchit un peu, s’installe devant son ordinateur allumé et ses doigts agiles s’agitent très vite sur les touches. Elle écrit spontanément, se reprend parfois, corrige quelques mots, se relit. Finalement elle réalise que c’est plus simple d’écrire à une inconnue car on craint moins le regard de l’autre.  Elle imprime sa lettre, plie la feuille de papier et l’insère dans une enveloppe avec  une jolie carte de vœux faite par l’une de ses amies artiste. Elle sort ensuite et se dirige vers la boulangerie.

Avant de remettre sa lettre, prudente, Elle demande à la boulangère si elle connait bien Mamie Jacqueline.

Celle-ci lui répond qu’effectivement cette cliente vient souvent chercher son pain et que c’est une gentille grand-mère souriante avec qui elle a sympathisé.  Elle ajoute avec un grand sourire que si elle a un courrier à lui remettre, elle se fera un plaisir de lui transmettre et lui ainsi un peu de joie Emma sort l’enveloppe de son sac et la donne avec un grand sourire à la boulangère en la remerciant vivement et quitte la boulangerie. Elle espère secrètement que Mamie Jacqueline lui réponde et qu’elles puissent ainsi échanger.

 

Le soir de Noël Mamie Jacqueline, après avoir dégusté quelques huitres accompagné d’un verre de vin blanc, un petit luxe qu’elle s’est offert pour l’occasion, ouvre les trois réponses aux onze lettre qu’elle a écrites et  commence sa lecture installée confortablement dans son fauteuil.

Dans la première enveloppe une carte de vœux d’un jeune couple qui vient d’avoir un bébé et qui lui souhaite un joyeux Noël et une bonne année. Ils laissent leur nom et leur adresse en lui indiquant qu’elle peut leur écrire et même passer les voir si elle le souhaite. La jeune femme n’a plus ses parents, ni sa grand-mère et ils seraient heureux de pouvoir la rencontrer et échanger avec elle.  Mamie Jacqueline est heureuse. Elle espère pouvoir vaincre sa timidité et aller voir ce jeune couple sympathique et pourquoi pas prendre leur bébé dans ses bras et lui sourire.

Dans une seconde enveloppe, juste un dessin d’enfant : un sapin de Noël avec des boules rouges et quelques cadeaux enrubannés au pied avec écrit en grosses lettres : Joyeux  Noël Mamie Jacqueline. Elle se souvient avec émotion des dessins que lui faisaient ses petits-enfants quand ils étaient petits.

Elle ouvre la dernière enveloppe en sort une carte postale, une reproduction d’aquarelle représentant un phare au bout d’une jetée au-dessus de la mer où évoluent des voiliers blancs.

Mamie Jacqueline pense à sa Bretagne natale qu’elle n’a pas revue depuis longtemps. Elle déplie ensuite la lettre qui l’accompagne et la lit :

 

Chère Mamie Jacqueline,

 

C’est la première fois que j’écris à une inconnue.  En débutant cette lettre je ne sais pas encore ce que je vais vous dire. C’est difficile pour moi d’écrire à des amis ou à des proches car, ne sachant pas exprimer mes sentiments, me confier, je n’écris que des banalités.  Au moins avec vous, ne craignant pas votre regard puisque nous ne nous connaissons pas, je vais me lâcher. Votre lettre m’a surprise, votre démarche n’est pas commune mais m’a surtout beaucoup émue. Je suis mariée, nos enfants ont quitté la maison et nos petits-enfants ont grandi et viennent peu nous voir. Nous sommes un couple fusionnel, nous ne nous quittons plus. Nous vivons, marchons, faisons nos courses  et recevons nos amis respectifs ensemble. J’ai l’impression de ne plus avoir d’amies personnelles mais d’être l’épouse du gentil mari serviable, intelligent, très adroit de ses mains que tout le monde aime parce qu’il sait se montrer attentionné, tolérant, un brin séducteur tout ce que je suis aussi au fond de moi-même mais que je ne sais pas ou ne peux pas paraître.  J’aimerais qu’il sache me communiquer son amour dont je ne doute pas mais autant il arrive à le faire à des inconnus autant il ne le peut vis-à-vis de ses proches. Qui se ressemble s’assemble ! Nous avons des enfants et des petits enfants qui nous rendent heureux et nous occupent beaucoup. Tout cela pour vous dire que,  n’étant jamais seule,  Je rêve souvent de grande solitude tout en la redoutant tellement. Nous vivons tous avec nos paradoxes.  Enfin je devrais dire je rêvais de grande solitude car après  avoir lu votre lettre, je me rends compte de ce qu’elle est vraiment et ne pourrais plus jamais y aspirer comme avant. Je vous remercie Mamie Jacqueline pour cela.

Je vous suis aussi extrêmement reconnaissante pour m’avoir permis de prendre conscience en me confiant à vous cette inconnue que je n’ai pas appelé ma maman depuis longtemps. Je ne supporte pas de la voir vieillir, diminuée. Cela me peine trop et m’est insupportable.

Ma mère m’aime j’en suis persuadée mais elle n’a jamais su me le montrer car comme moi elle n’aime pas afficher ses sentiments.  Les chiens ne faisant  pas des chats. je l’aime moi aussi mais je suis incapable de le lui montrer, je suis bloquée et je m’en veux pour cela. Je pense qu’il en est peut-être de même pour vos enfants.

Vous devez penser que je suis égoïste et vous avez raison je le suis.  C’est en vous lisant que je me suis rendue compte de la peine que je pouvais faire à ma mère qui est seule aussi.  Demain je l’appellerai, je vous le promets.

Merci Mamie Jacqueline pour toutes ces leçons de vie que vous m’avez involontairement données. J’espère que ma réponse vous apportera un peu de chaleur et permettra d’adoucir vos peines.

Vous écrivez que vous lirez les réponses des inconnus le soir de Noël. Il sera trop tard pour vous inviter à ce réveillon, mais si vous êtes libre pour la Saint-Sylvestre, je serais heureuse que vous puissiez vous joindre à nous, vous pourrez y rencontrer ma mère que je vais inviter aussi. Elle n’en reviendra pas. Peut-être deviendrez-vous amies. 

Je vous laisse ci-dessous mes coordonnées.

Permettez-moi de vous embrasser affectueusement.

Emma


Mamie Jacqueline,  les yeux noyés de larmes et la gorge serrée par l’émotion, posa sur la table près d’elle la lettre d’Emma.  Ce n’était pas à l’origine pour avoir une réponse d’Emma  sa fille  qu’elle avait écrit sa missive à des inconnus mais après avoir déposé 10 lettres au hasard, elle en avait écrit une onzième qu’elle avait déposé dans la boîte d’Emma espérant ainsi avoir de ses nouvelles.  Non seulement elle en avait eues mais elle allait bientôt la revoir. Ce serait son plus beau cadeau de Noël. Elle n’avait juste qu’un regret qu’Emma ne reçoive jamais de réponse de Mamie Jacqueline.

 

Martine/ Décembre 2014  pour le défi des croqueurs de mots de lilousoleil

 

N.B. Je vous souhaite chers amis un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d'année. Je m'en vais aujourd'hui en Sologne en famille puis ce sera notre premier Noël en famille aux Sables d'Olonne. Je ne pourrai donc vous visiter avant début janvier où j'aurais tout le plaisir de vous retrouver

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Rédigé par Martine.

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Publié le 11 Décembre 2014

Eveil

Aurore estompée par brume rose ouatée

Souffle de l’air fraichi sur vos joues endormies

Chant d’un pinson heureux dans jardin silencieux

Chat frileux Tiffany dans vos jambes blotti

Rose blanche éclose,  nuit d’apothéose

Sourire du voisin vous découvrant soudain

Parfum du thé fumant, vos papilles dopant

Chaud et moelleux croissant  pour plaisir croustillant

Une chanson de Brel émouvante et belle

Nouveau jour plein d’espoir, donner et recevoir

Vivre chaque moment,  Le vivre intensément

Joies exquises des sens,

Oh  bonheurs de l’instant

Douces Somnolences

Freinant le cours du temps

 

Martine / Décembre 2014 pour la poésie du Jeudi des croqueurs de mots animé par Mamylilou

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Publié le 10 Décembre 2014

Quand je me suis réveillé un Matin, Althée n’était plus à mes côtés. Elle m’avait quitté sans rien dire. Je ne la reverrai plus

C’était un Joli petit bout de femme qui portait mal son prénom.  « ALTE » signifie haut en latin. Or elle était haute comme trois pommes et complexée par sa petite taille qui lui valait des quolibets. Son amour-propre en avait été altéré. Sensible et généreuse elle pleurait souvent mon Althée.

Ces derniers temps elle avait beaucoup changé, s’était convertie à l’Islam. Dans le hall de notre HLM elle  fréquentait des fanatiques.  Mon Althée, avant de devenir mon ex, était devenue exaltée.  Je ne m’en suis pas trop inquiété. Désœuvrée au chômage, elle avait besoin d’échanger et de croire en un Dieu, et que ce soit Allah ou le père de Jésus, je m’en moquais.  C’est souvent dangereux d’être en quête d’idéal et c’était mieux que mon Althée ne soit plus athée.  

Nous nous aimions et vivions d’amour et d’eau fraîche,  J’étais étudiant, nous avions du mal à y arriver mais depuis quelques temps les nouveaux amis d’Althée lui prêtaient de l’argent ce qui améliorait sensiblement notre quotidien.

Quand j’ai appris que mon ALTHEE m’avait quitté pour faire le Jihad en Syrie préférant DESH à la dèche et à son homme,  un tsunami interne me ravagea.  Je n’y croyais pas. Certes Althée  était très influençable pour peu qu’on la valorise un peu. Elle n’avait pas appris à l’école à réfléchir à ce qui pouvait se cacher derrière un discours séducteur, à analyser ce qui la rendait très influençable. Mais tout de même à ce point-là, je  n’arrivais pas à y croire et à l’accepter. Je m’en voulais ne n’avoir pas vu, pas compris et de l’avoir empêché de partir.

Comment mon Althée  allait-elle pouvoir participer aux exécutions et massacres perpétrés par ces fous sanguinaires, elle qui n’était même pas capable d’écraser une mouche ? Elle serait tuée au combat. Peut-être c’était ce qu’elle souhaitait : tuer pour se venger de tous ceux qui ne l’avaient pas acceptée à cause de sa petite taille et ensuite se suicider, telle la déesse grecque Althée (*)  en se faisant tuer au combat pour expier ses crimes et être portée au pinacle comme tous les martyres héros de l’Etat Islamique.

Pauvre et naïve ma petite Althée.  Aucune femme ne pourra jamais être en première ligne dans les combats et encore moins être considérée comme héroïne par ces terroristes islamistes. Elle leur servira  de bonne à tout faire et devra se soumettre aux désirs les plus vils de ces assassins.  Quand elle s’en apercevra, il sera trop tard pour faire marche arrière et rentrer au pays.

Je ne reverrai plus ma pauvre et gentille petite Althée, il faut que je m’y résigne et c’est peut-être mieux ainsi.

 

Martine / Décembre 2014 pour les prénoms du mercredi de Jill bill

 

(*) la déesse grecque Althée a tué son fils Méléagre par vengeance, ce dernier ayant assassiné ses frères. Prise de remord elle s’est suicidée

 

Mon Althée

Méléagre et Atalante de Jordaens / Jacob

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Publié le 8 Décembre 2014

Les héritieurs (Eugène Buland)

Les héritieurs (Eugène Buland)

Je suis monté la haut au ciel il y a tout juste une semaine et je peux voir de la haut tout ce qui se passe en bas chez vous les vivants.

 

Aujourd’hui en tenue noire,  tels des vautours guettant leur proie,  ils sont là tous réunis autour du notaire pour l’ouverture de mon coffre : Mon fils qui depuis plus de dix ans ne me donnait plus de nouvelles, ma sœur la vieille grenouille de bénitier qui me traitait de mécréant et mon  frère un petit rond de cuir qui me haïssait par jalousie.  Il y a même Rodolphe un ex ami qui est parti avec Alice ma femme. Il doit croire que je lui ai légué quelques uns de mes biens pour le remercier de m’avoir débarrassé de cette hystérique d’Alice. Je m’amuse de voir leur déception. Ils ont toujours cru que j’étais très riche, en fin de compte j’étais totalement fauché et j’ai déposé tous mes objets de valeur au mont de piété, ma maison est en viager.  Couvert de dettes, je ne voulais pas finir dans la rue et je me suis suicidé pour ne pas leur donner à tous ce plaisir de voir ma décadence.

 

Revenons sur terre. La partie basse du coffre n’a pas encore été ouverte, je savais bien qu’ils ouvriraient en premier le haut. Je vois qu’ils espèrent encore y trouver quelques subsides, une pluie de louis d’or, un testament caché ou quelques objets de valeur…. Le notaire a déposé sur la table le papier sur lequel j’ai écrit de ma plus belle plume « Ne faites pas cette tête, mon testament est dans la partie basse du coffre et j’ai une surprise pour chacun de vous ici présent. Mon humour ne les fait pas rire du tout, bien au contraire, l’atmosphère est grave, le silence règne, chacun me maudit en son for intérieur et le notaire tarde à ouvrir la partie basse du coffre. Il se baisse soudain dans un religieux silence, manipule la serrure codée et tire sur la lourde porte. Un vacarme assourdissant retentit dans une gerbe de fumée et une pluie métallique. Le coffre a explosé, j’y avais placé une bombe de ma composition pour me venger de leur méchanceté qui m’a pourri la vie….. 

 

Je regrette mon geste néanmoins mais trop tard. Etant athée, je n’avais pas du tout pensé que j’allais les retrouver ici au ciel et que nous irons tous en enfer. On n’échappe pas à son destin.

 

Martine MARTIN Novembre 2014

pour le café thé 55 d'Ecureuil Bleu

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Publié le 5 Décembre 2014

Lumière d'hiver sur la baie des Sables

Doux crachin d'hiver

lumière d'or océane

Vite allons surfer

 

 

Lumière d'hiver sur la baie des Sables

 

Sous ciel en colère

Pluie et  soleil sur la baie

Sables de lumière

 

 

 

Martine Décembre 2014 / pour le coucou du Haïku (thème lumière d'hiver)

 

Photos prises aux Sables d'Olonne

 

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