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Publié le 23 Mars 2016

Sacré Chilperic

Chilpéric, candidat à l’élection du délégué en chef des élèves de son école, monta sur le muret de la cour de Récréation. Tous ses camarades se rassemblèrent au pied du mur en riant et se chahutant. Chilpéric attendit que le silence se fasse et d’un ton grave il commença son discours sous la pluie

 

Moi Chilpéric roi franc des élèves, mon ancêtre Charlemagne je renierais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, petits et grands mensonge je sanctionnerais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, La lecture de Pinocchio, j’interdirais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, dictées, notes et colles j’abrogerais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, rédactions en langue SMS j’obligerais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, smartphone pendant les cours j’imposerais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, épinards à la cantine je bannirais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, semaine de trois dimanches j’instaurerais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, prétendants à mon trône j’anéantirais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, désobéissance aux parents je prônerais

Moi Chilpéric roi franc des élèves, à Maitresse Jill Bill guerre je mènerais

 

Chaque jour de l’impensable, du rêvé, de l’extraordinaire
Avec moi CHILPERIC devenu roi franc ordinaire des élèves

Votez CHILPERIC

 

Puis CHILPERIC se tut ému les bras levé en V de la Victoire sous les applaudissements de ses camarades qui scandèrent en chœur « CHILPERIC Roi des élèves, CHILPERIC roi des élèves » à l’exception d’une petite fille blonde qui se mit à chanter à tue-tête « Qui est le plus grand menteur , c’est ce sacré Chilpéric, sacré Chilpéric »

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Rédigé par Martine.

Publié dans #DISCOURS - PLAIDOIRIES

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Publié le 26 Octobre 2015

Yuliana, chanteuse Russe de passage à Paris en 2014 tombe par hasard sur cette chanson à la radio et décide en rentrant chez elle à Krasnodar en Russie de la produire. Sur internet elle fait la connaissance d'un rappeur de confession israëlite: Rodjo, et d'un rappeur de confession musulmane, VSteh et leur demande de s'associer à elle pour interpréter cette chanson et ainsi prouver que trois artistes de confessions différentes pouvaient parfaitement s'entendre dès lors qu'il s'agit de véhiculer un message de paix.

Pour l'anecdote, les artistes se sont enregistrés et filmés chacun dans leur pays, et ne se sont donc jamais rencontrés !
Ce clip était initialement destiné à présenter les trois artistes aux maisons de disques mais malheureusement, aucune d'entre elles n'a souhaité commercialiser cette chanson ! Dommage... Il a donc été décidé de la diffuser sur facebook et youtube telle quelle et ainsi la faire découvrir au plus grand nombre...

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Rédigé par Martine.

Publié dans #DISCOURS - PLAIDOIRIES

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Publié le 13 Octobre 2014

Avec plusieurs amis blogueurs et blogueuses, nous allons écrire à plusieurs une quatrième anthologie dont les droits d'auteur seront reversés à l'Association Rêves qui réalise le rêve d' enfants gravement malades.

 

 

Le mariage / discours du père du marié

Ce quatrième livre racontera l'histoire d'un mariage.

J'ai écrit un premier jet de ma participation à cette œuvre commune en rédigeant le discours du père du marié qui sera ensuite remanié pour qu'il puisse s'adapter à ce qui aura été écrit par les autres participants.

Le mariage / discours du père du marié

DISCOURS DU PERE DU MARIE (et de la mère !!!!) 

 

Cher Clément, Chère Marie,

 

Ce jour que j’attendais tant et que je redoutais le plus est arrivé : le jour de ton mariage mon fils. Comme Paul fort l’écrivait : « l’amour est le seul rêve qui ne se rêve pas ». Tu ne peux pas t’imaginer Clément à quel point je suis heureux aujourd’hui que tu aies trouvé l’amour et que, refusant de croire ceux qui disent que le mariage tue l’amour, tu aies décidé de le vivre intensément au quotidien avec ta Jolie Marie qui pour nous est déjà notre fille. Oui je dis « notre fille » Clément. Bien que Maman nous a quittés il y a seulement quelques mois, elle est toujours présente à mes côtés et aujourd’hui encore bien plus et le sera jusqu’à ma mort qui me permettra de la retrouver.

Ta maman l’attendait ce jour, ce moment où fière de toi elle te tiendrait le bras à l’église pour t’accompagner devant l’autel pour y rejoindre ta future épouse. Elle ne t’accompagnera pas mais elle est là. Elle me parle régulièrement et elle  m’a dicté ce qu’elle avait envie de te dire Clément, de vous dire Marie à tous les deux, ce n’est pas mon discours, c’est le sien auquel je n’ai volontairement rien changé que je vais vous lire. Excusez sa franchise sans retenue qui pourra vous peiner.  Elle a toujours été un peu brutale dans la sincérité de son expression et c’est ce que j’enviais chez elle moi qui suis si réservé.


Ecoute Clément, Ecoutez Marie elle vous parle :

 

"Clément mon cœur !

 

Comme le dit Papa, je suis bien là aujourd’hui présente pour toi, tu ne te débarrasseras pas comme cela de ta maman si excessive en amour comme dans tout  (une vraie mère juive qui ne l’est pourtant pas) ! Vous êtes là, Papa et toi, à mes côtés en permanence dans mon grand jardin fleuri au milieu des anges  et parmi eux ton petit frère Pierre que tu n’as pas connu. 

 

Mon fils Je t’ai beaucoup donné d’amour et de temps pour que tu sois aujourd’hui l’homme que tu es devenu et j’en suis fière. Je ne regrette pas les heures passées à t’aider à faire tes devoirs, à les faire même parfois. Je n’aimais pas la cuisine. Comme tu avais un appétit d’oiseau, j’ai acheté des livres et je t’ai mijoté des bons petits plats afin que tu deviennes l’homme fort, en bonne santé que tu es aujourd’hui.  Je m’excuse auprès de ce cher et patient Docteur  Cachet pour l’avoir harcelé pour qu’il vienne d’urgence te consulter à chacun de tes petits bobos même les plus infimes. Je ne regrette ni d’avoir écarté tous tes camarades qui auraient pu avoir une mauvaise influence sur toi ni  de t’avoir empêché de sortir le soir.  Tu voulais être pilote de chasse, c’était trop dangereux. Je m’y suis opposée. Cela ne t’a pas empêché de servir la France.  Tu as fait l’ENA et tu es aujourd’hui haut fonctionnaire de la République dont tu deviendras un jour Président,  j’en suis certaine. Je suis fière de toi Clément mon cœur et me réjouis de ton choix d’épouser Marie aujourd’hui.

 

Chère Marie si jolie, la vie ne m’a pas laissé la chance de vous connaître mais je vous vois et vous observe. Je vous trouve décidée, volontaire, affirmée , parfois un peu autoritaire ce qui n’est pas pour me déplaire. Très Séduisante, affective et possessive,  vous avez sur ceux que vous aimez beaucoup d’influence. En vous voyant vivre Marie, j’ai l’impression de me voir. Même physiquement vous me ressemblez. Vous êtes la femme qu’il faut à mon Clément qui malgré son apparence assurée est si indécis, sensible et a besoin d’être guidé.

Mon Clément quand il était petit disait « quand je serai grand, j’épouserai ma  maman », je crois qu’il le fait aujourd’hui en se mariant  avec vous et j’en suis ravie. 

Il faut que je vous dise Marie,  mon Clément a eu un premier amour avant vous avec une jeune fille Rosinda certes très jolie mais complètement immature, une femme enfant qui dormait encore avec ses peluches  et avait besoin d’être sécurisée en permanence. Elle était folle de mon clément son tourtereau qui croyait avoir trouvé l’amour de sa vie. Ils voulaient se fiancer. J’ai fait comprendre à Clément qu’il ne pouvait l’aimer vraiment qu’il avait seulement envie de protéger ce petit oiseau fragile tombé du nid trop tôt et qu’elle n’était pas une femme pour lui ni une bonne mère pour ses futurs enfants.

Ne faites pas cette tête Marie, Je vous dis cela aujourd’hui car je suis certaine que mon Clément ne sait pas comment vous en parler. Il  a des difficultés à exprimer ce qui peut blesser les autres. Telle une cocotte-minute, Il les contient, les accumule se met sous pression et elles finissent par sortir un jour trop brutalement.

 

Ne fais pas cette tête Clément, te voilà soulagé d’un poids trop lourd à garder.

Vous devez vous dire Marie que vous avez échappé au pire : Une belle mère si aimante et présente pour son fils. Ne vous réjouissez pas trop vite, je ne pourrais pas m’empêcher d’être là aux côtés de mon Clément pour lui parler, le conseiller pour votre bonheur à tous deux, peut-être plus présente que si j’étais restée sur terre car j’en suis convaincue, par jalousie,  vous m’auriez à raison vite écartée. Il est plus difficile d’évincer une maman décédée et idéalisée.

 

Clément mon cœur, Marie je vous souhaite beaucoup de réussite, de bonheur ensemble et beaucoup de beaux enfants. Même si je ne suis plus sur terre, je serai une grand-mère très présente. Clément occupes toi bien de papa. Même si je veille sur lui de là-haut.  il joue les veufs inconsolables et me semble bien déprimé depuis que je ne suis plus.

Je vous aime tous et vous embrasse tendrement.

 

Et maintenant, Champagne buvez à la mémoire de la Reine des anges."

 

 

 

 

 

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Rédigé par Martine.

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Publié le 12 Septembre 2012

Pour le jeu d'écriture de la première quinzaine de septembre 2012 du blog miletune, voici ma participation :

 

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PLAIDOIERIE POUR DÉFENDRE L'INDÉFENDABLE

 

 

Avant de venir plaider aujourd’hui, J’ai réalisé un micro-trottoir devant  le palais de justice en tenue d’avocat. J’ai posé une question, une seule question à une cinquantaine de personnes dans la rue : hommes, femmes, jeunes vieux aussi représentatifs de notre Société que vous Messieurs les jurés.

 

Quelle était cette question ?

 

Qu'est ce qui peut être indéfendable ?

 

 

Les réponses sont très variées dans le genre.

 

Parmi les plus courantes :

  • les criminels : violeurs et meurtriers d’enfant, auteurs de génocides, terroristes,
  • Les pervers harceleurs et les entreprises qui les protègent

 

Parmi les plus idéologiques

  • Le capitalisme
  • Les politiciens
  • La peine de mort
  • Le travail des enfants

 

Parmi les plus originales, manière élégante de botter en touche avec un humour

  • Ma belle mère
  • Mon percepteur
  • Mon miroir
  • Mon patron
  • Les avocats qui acceptent de défendre les indéfendables (et l’interviewé de rajouter  pour faire pardonner cette critique)…. Même s’ils ont du courage à plaider des causes perdues d’avance

 

Et c’est vrai qu’il en faut du courage car, comme le disait Pierre DAC, « En bonne justice, il est rare qu’une cause perdue soit retrouvée »

 

 

La réponse que je préfère est humaniste. C’est celle d’un jeune  interviewé me répondant avec une belle assurance : « l’indéfendable n’existe pas ». Tout et chacun peut être défendu. Je me suis dit que  j’étais face peut être à un futur confrère car pour être avocat, il faut être intimement convaincu qu’il n’y a pas de coupable d’action qui ne peut être défendu et à qui l’on ne peut trouver d’excuse, de circonstances atténuantes comme on dit dans notre jargon judiciaire.

 

Qu’est-ce qu’une une action sinon :

  • soit une folle pulsion, impulsion incontrôlable due à la folie,
  • soit une intention transformée en acte  

 

Ce n’est pas l’intention mais l’acte  que nous jugeons et à travers lui la personne qui s’en est rendue coupable.

 

Si nous devions juger l’intention : les tribunaux qui sont déjà pleins déborderaient.

 

En toute sincérité, que ceux qui parmi vous, Monsieur le Président, Monsieur l’avocat général,  Messieurs les Jurés n’ont pas eu un jour l’intention même furtive, de voler, de frapper, de nuire à quelqu’un d’haï, voire de se débarrasser de lui lèvent le doigt.

 

Aucun doigt levé :  merci de votre honnêteté. Pourtant aucun de vous n’est passé à l’acte. Pourquoi ?

 

Tout simplement en raison des valeurs qu’on vous a inculquées, de la raison qui à cet instant vous habitait et vous habite encore, qui vous habitera certainement encore demain mais pouvez-vous en être si certains ?

 

Non n’est-ce-pas ….  l’impulsion folle peut guetter chacun d’entre nous.

 

Attention c’est en tenant compte de ces mêmes valeurs de ce que vous considérez comme bien que vous allez juger ce que vous qualifiez  d’indéfendable donnant raison à Aristote qui écrivait « ce n’est pas le mal mais le bien qui engendre la culpabilité »

 

L’indéfendable que je défends aujourd’hui est coupable à vos yeux, vous attendez peut être ses excuses pour atténuer la peine que vous allez prononcer, il n’en fera vraisemblablement pas car l’indéfendable se sent rarement coupable au nom de ses propres valeurs ou de la perte de la raison. Seuls ceux qui se sentent coupables peuvent s’excuser

 

 « La justice est la forme endimanchée de la vengeance »

de Stephen Hecquet

cette même vengeance qui a conduit mon client à commettre l’irréparable.


 

Eglantine / Septembre 2012

http://quaidesrimes.over-blog.com

 

 

P.S.

Merci à mon ami Françoise pour m'avoir inspiré bien involontairement au cours d'une discution cette plaidoierie car cela faisait plusieurs jours que je cherchais une idée sur cette photo du tableau de Daumier qui ne m'inspirait pas du tout

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Rédigé par eglantine

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Publié le 7 Janvier 2012

Avec ce billet, j'ouvre une nouvelle rubrique sur "Quai des rimes" une rubrique "modèles de discours", de lettres en toutes occasions.

Néanmoins, ces discours et lettres doivent être très personnels, personnalisés, sincères... Que ces différents modèles vous servent néanmoins de guide pour voir comment les articuler, les présenter.

 

Le discours ci-dessous est celui que j'ai fait pour le départ d'un collègue, j'ai changé le prénom et nom du collègue et celui de l'entreprise pour le rendre le plus anonyme possible :

 

 

Cher Eric,

Je me souviens de notre première rencontre.  Nous nous sommes croisés dans le couloir du centre d’affaires et tu m’as dit d’un ton direct : « Bonjour Eric PLAISANT  / Société VHH » en  appuyant bien sur les « H ». Cette phrase m’a fait l’effet d’un coup de hache.

Peut être te souviens tu ? j’ai souri car je me suis dit en moi-même PLAISANT « et bien en voila un qui porte mal son nom ».

Il ne faut jamais se fier aux premières impressions.  j’ai compris rapidement en te côtoyant souvent que ton aspect direct, assuré à l’excès masquait une grande sensibilité et émotivité que tu dévoiles à ceux qui ont su petit à petit mériter ta confiance.

Nous avons partagé des moments difficiles pour toi et pour moi sur le plan professionnel et personnel. Nous nous sommes mutuellement conseillés et soutenus. Tu m’as encouragée et permis de tenir dans le combat que je mène dont j’ai perdu la première bataille mais dont  je sortirai victorieuse. Tu m’as confortée à abandonner le second combat. Je t’en suis profondément reconnaissante et je t’en remercie. Je t’ai conseillé, soutenu aussi et je suis heureuse aujourd’hui de voir qu’avec ta détermination et mes conseils tu as su prendre la bonne décision même si maintenant je vais me sentir bien seule sur nos terres à .... Tu étais pour moi plus qu’un collègue, plus qu’un consultant compétent avec qui j’avais plaisir à travailler, tu étais tout simplement un copain et si tu me le permets, j’ose dire un ami.

Alors que la morosité régnait à Paris au Siège, ici à ....nous n’arrêtions pas de rire grâce à toi Eric.

Tu imitais certains de nos managers, collègues, candidats avec beaucoup d’humour mais de respect aussi. Ils étaient ainsi caricaturés plus vrais que nature. Tu as de réels talents d’imitateur, d’acteur et de chanteur. Je me souviens d’un matin de neige il y a un tout juste un an où en sirotant mon vin chaud dans le froid devant l'église, je t’ai vu en tunique de drap assis sur un ballot de paille contempler ton bébé Jésus (un gros baigneur en celluloïd vu le froid)  couché sur une litière et jeter un regard attendri à ta jolie Marie bien vivante elle assise à tes côtés.  Jamais je n’aurais imaginé en Joseph. Nous étions à la veille de Noël mais c’était néanmoins surréaliste.   J’ai compris ce jour la vraiment, au-delà des deux Eric, le Eric direct expéditif et le Eric acteur en représentation, que tu n’étais ni l’un, ni l’autre mais quelqu’un d’autre  avec des valeurs fortes, généreux engagé dans la vie associative.  Tu sais que j’attache beaucoup d’importance à ce militantisme citoyen afin de pouvoir redonner aux autres un peu de nos convictions et de ce que l’on a eu la chance d’avoir ou de connaître.

Si j’ai un conseil à te donner dans ton prochain emploi, que tu ne vas pas tarder à trouver, j’en suis certaine, exprime ce « Joseph » caché au plus profond de toi. Reste toi-même. Ce n’est pas une faiblesse mais une grande force pour ton intégration et adaptation.

Dans l’entreprise on se fait plus d’ennemis que d’amis. Il arrive parfois néanmoins que dans ce lieu de compétition ou beaucoup cherchent à se faire bien voir et se protéger en enfonçant ceux sur qui on jette l’anathème, on trouve aussi de vrais amis si on arrive à lever mutuellement le voile, j’oserais même dire la burka de la méfiance pour s’ouvrir aux autres, les écouter, les comprendre. J’ai trouvé un ami et j’espère que notre amitié perdurera au-delà de cette entreprise que tu quittes aujourd’hui.  Eric tu vas nous manquer à Cergy à Anita et à moi, peut être à d’autres aussi, mais je ne parle jamais au nom des absents. Je te souhaite beaucoup de succès, de bonheur dans ta vie personnelle et professionnelle.

Je t’embrasse.

 

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 19 Février 13

 Discours de Claude pour le départ en retraite de Brigitte

 

Ma chère Brigitte (chère qu’est qu’il  ne  faut pas dire quand on est manager, Brigitte, je la déteste…)

Il y a 30 ans Brigitte, tu débutais dans cette entreprise qui était à l’époque une PME comme Simple sténodactylo au service de mon prédécesseur notre regretté Robert  GROS ( comment  a-t-il pu recruter ce boudin ?  entre gros forcément il  y a des affinités. Robert aimait les grosses, ah le cochon il m’a laissé en héritage une tripotée de boudins qui ont grossi à la ménopause devenant de vieilles vaches qui se prennent pour des génisses, c’est la première fois que je vois la Brigitte avec les cheveux détachés … hideux).  Au bout d’un an pendant lequel tu t’es impliquée Brigitte, ne comptant pas tes heures,  restant souvent  tard le soir quand il te dictait son courrier, supportant ses colères dont tous les anciens se souviennent ici ;  les post-it qu’il te collait dans le parapheur « Il y a une faute dans ce parapheur, trouvez la ».  T’en souviens-tu Brigitte ? tu te mettais à chercher jusqu’à temps que tu trouves la virgule qui manquait et quand tu l’avais trouvé tu lui rendais le parapheur avec écrit sur le post-it « bon sang mais c’est bien sûr, j’ai trouvé » (Une « Boureliènne » la Brigitte, bien le genre à regarder les cinq dernières minutes à la télévision). Tu le faisais rire Robert (Elle était bien la seule la  Brigitte parce qu’il ne riait pas souvent le robert, plutôt du genre psychorigide), il aimait que tu lui résistes  et ton fort caractère lui plaisait. Au  bout d’un an, après avoir reconnu tes compétences, ton implication, ta réactivité, il a décidé de faire de toi son Assistante personnelle (c’est ce qu’il se plaisait à dire Robert pourquoi « personnelle », on se le demande ou plutôt on a une petite idée) et il  et t’a donné à encadrer tout le secrétariat (il s’est même arrangé le Robert à muter la vieille fille qui lui servait d’assistante et en même temps de cerbère qui interdisait à quiconque de franchir la porte de ton bureau).  Tu l’as coaché Robert et tu l’as transformé, il s’est mis à beaucoup plus communiquer, à être moins exigeant sur la forme. Ses relations avec ses collaborateurs se sont améliorées. Il a reconnu tes capacités à t’adapter à tous les interlocuteurs que tu rencontrais du Directeur Général aux délégués syndicaux, à animer le secrétariat.  Il te demandait ton avis sur tout.  Au bout de 2 ans, il t’a nommé consultante.

Ce fut tes débuts dans notre métier. Tu manquais d’expérience mais tu t’es impliquée avec enthousiasme  et tu as obtenu des résultats honorables.  Robert t’a confié progressivement plus de responsabilités, il t’a donné la responsabilité de projets importants . Tu as développé le chiffre d’affaires de tes clients de manière importante. Robert  nous a quittés  trop tôt. Je sais que cela a été pour toi et pour beaucoup d’entre nous une blessure. Tu lui devais beaucoup, nous lui devions beaucoup (en fin moi pas vraiment, bien au contraire, il m’en a mis des bâtons dans les roues et s’il n’était pas décédé brutalement, jamais je n’aurais pris sa place c’est François qui l’aurait eue).

François notre directeur général a ouvert des bureaux en région et il t’a confié la responsabilité du bureau de Trifouillis les oies qui n’a pas cessé de se développer depuis  10 ans  que tu en as la responsabilité (c’est pas grâce à la Brigitte heureusement que j’étais là pour le développement commercial). Tu as été une manager efficace et appréciée (qu’est-ce-qu’il ne faut pas dire, c’était le vrai bordel. Trifouillis portait bien son nom. Il n’y avait pas de pilote dans l’avion et s’il n’y avait eu que moi,  et si il n’y avait pas eu François pour la défendre,  il y aurait longtemps que j’aurais viré la brigitte et je ne serais pas entrain de faire ce discours stupide et de l’encenser. On se demande d’ailleurs ce qu’elle a pu lui faire au François, encore un qu’elle a subjugué, elle pourrait être gourou dans une secte ou vendre des longues vues à des aveugles).

Aujourd’hui tu nous quittes Brigitte pour prendre une retraite bien méritée dans ce marais poitevin où tu es née et dont tu nous parle si souvent (Quelle idée d’aller se retirer dans ce coin perdu,  après les palais dorés du consulting, elle va s’enliser  dans les marécages la Brigitte).

Nous sommes tous tristes aujourd’hui. Nous ne t’entendrons plus au café nous raconter tes mésaventures comme le jour où à cause d’un appel téléphonique reçu d’un client quand tu arrivais chez toi, tu as oublié d’arrêter le moteur de ta voiture  qui a tourné toute la nuit dans ton garage avec les essuie-glaces qui fonctionnaient à sec.

Nous ne verrons plus ton sourire permanent dont tu ne te séparais pas en toutes circonstances (ce sourire candide et  idiot qui m’agaçait),  ce sourire qui devait convaincre tous les clients puisqu’ils ne voulaient que toi.

Nous n’aurons plus dans nos corbeilles courrier les réponses à nos mails que tu imprimais et sur lesquels tu écrivais ta réponse à l’encre bleue. Quand tu nous le reprochais tu nous disais : "Rien ne vaut la plume, j’aime écrire à la main". (tu parles la bonne excuse, elle était trop stupide pour comprendre quelque chose et le retenir, un Q.I de poule la Brigitte).

Tes collègues n’auront plus l’amie que tu étais, qui avait le cœur sur la main et qui n’hésitait pas à les aider, les soutenir dans les moments difficiles (toujours à défendre l’indéfendable la mère Brigitta tout cela pour se faire aimer).

Ta qualité première, la ténacité, tu ne lâchais jamais même et tu y croyais jusqu’au bout (à ce point la ce n’est plus de l’entêtement c’est de la rigidité).

Notre Société perd une de ses meilleures consultantes qui s’est dévouée à l’entreprise jusqu’à y sacrifier sa vie personnelle sans compter son temps, travaillant le jour et souvent la nuit.

Nous te souhaitons Brigitte beaucoup de bonheur pour cette nouvelle vie auprès de ton compagnon. Qu’elle soit pour toi source de santé, surprises, plaisirs et riche en amitié et amour (pour l’amour c’est pas gagné).

Permets moi de t’embrasser (qu’est-ce qu’il ne faut pas faire, ouf c’est fini, je lui passe le micro, j’espère qu’elle va être brève,  j’ai hâte de goûter les canapés du cocktail).

 

Discours de Brigitte

Chers Collègues, chers amis,

Ce jour pourrait être une fin pour moi mais c’est un début que nous fêtons aujourd’hui, le commencement du reste de ma vie, une délivrance, un soulagement. Je vois vos visages étonnés mais oui moi qui a tout donné pour cette entreprise, au point d’y sacrifier ma vie personnelle, je suis heureuse de la quitter aujourd’hui. L’entreprise que j’ai connue il y a 30 ans n’est plus celle d’aujourd’hui où l’on m’a poussée,  par pressions successives,  à prendre ma retraite. Quand les quadras chassent les quinquas. (Tiens ce ferait un très bon titre de livre, je l’écrirais peut être un jour)

C’est néanmoins avec beaucoup d’émotion que je m’adresse à vous pour vous remercier d’avoir été des collègues et pour beaucoup des amis au contact desquels je me suis enrichie chaque jour sur le plan des compétences mais aussi et surtout sur le plan humain.

Je vais citer quelques un parmi vous que je ne pourrai oublier.

Robert toi qui fut mon premier patron. Je sortais de l’école, je n’avais aucun diplôme, je ne connaissais rien, j’avais tout à apprendre, j’étais maladroite, très impulsive disant à tout ce que je pensais sans ménagement. Je manquais énormément de confiance en moi, j’en manque toujours aujourd’hui. Mais ta confiance, Robert, a été sans faille et elle m’a fait progresser. Travailler à tes côtés sur le terrain a été difficile au début mais bien plus formateur que d’apprendre sur les bancs de l’université ou d’une école de commerce. Robert tu n’es plus. Ta  disparition brutale a été une peine profonde pour beaucoup d’entre nous et c’est à toi que je pense  aujourd’hui et à ta famille, jamais je ne t’oublierai.

Claire, tu es là aujourd’hui, tu es revenue dans cette entreprise pour me dire au revoir, j’en suis touchée.  Jamais je n’aurais pensé que notre amitié était si profonde et durable. Je me suis toujours méfié de l’amitié surtout au travail, je te prie de bien vouloir m’en excuser.  Quand je t’ai vue pour la première fois, j’ai été touchée par tant de charme, d’élégance, de douceur. Tu ne laisses personne indifférent. Tu attires même les jalousies et tu en as été victime ici. C’est de toi que je garderai le meilleur souvenir, en plus de tes compétences indéniables, j’admire ta créativité, ton intelligence, ta profondeur. Je souhaite beaucoup de succès à ta jeune entreprise ; tu le mérites .  Si un jour tu passes dans ce marais poitevin que j’aime tant, fais moi signe, je serai heureuse de t’y recevoir.

Paul, tu es revenu aussi pour moi, merci. Je me souviens des fous rires que nous avons eu ensemble quand tu imitais nos  collègues, nos clients, et nos managers en imitant à merveille leur attitude, leur intonation et en caricaturant leur comportement. Tu as beaucoup de talent.  Ton imitation de Claude quand il disait «On a pas le temps de prendre son pied dans la relation interpersonnelle avec le candidat, c’est stérile, il faut collecter des emplois, acter ».
J’aime ta sensibilité, ton humour à froid, ton indépendance. J’aimerais être l’électron libre que tu es et que je n’ai jamais réussi à être complètement.

Assia, tu as été ma secrétaire préférée. J’aime ton regard pétillant, ton sourire toujours présent, ta douceur et ton dévouement. Tu es devenue consultante et tu le mérites bien aujourd’hui.  Merci d’être là.  Je me souviens quand j’ai pris la responsabilité de Cergy et que je t’ai invitée à visiter notre nouveau bureau et à déjeuner, tu m’as dit, est-ce qu’il y a un mac do à  trifouillis, je t’ai répondu qu’il y en avait un près du bureau et que je t’y inviterai. J’ai horreur des mac do mais j’aurais fait n’importe quoi pour te faire plaisir. Tu m’as répondu avec un grand sourire : OK pour le mac do et après emmène- moi voir les oies de Trifouillis.  Je t’ai répondu qu’à défaut d’oies, je t’emmènerai voir les vaches.

Ceux que j’aimais le plus sont partis, est-ce un hasard ?

 En parlant de hasard je pense au gagnant du loto qui se précipite chez son président à moitié dévêtu  et s’écrie au milieu du conseil d’administration avec délectation « au revoir Président ». J’ai rêvé de ce moment et il est enfin arrivé, non je n’ai pas gagné au loto, juste cinq mois de salaire comme prime de départ à la retraite.

Monsieur le Président,  je voulais vous remercier d’avoir fait l’effort de faire mon discours de départ à la retraite, je comprends la corvée que cela a été pour vous de faire l’éloge de celle que vous avez toujours détestée et je compatis. Il n’est pas facile d’être Président, cela oblige parfois à dire des choses qu’on ne pense pas.

Je ne sais pas ce que vous avez dit sur moi dans votre discours. Je n’ai entendu que les quelques mots que vous avez prononcés avant votre discours « Les cheveux longs vous vont très bien, pourquoi les avoir toujours attachés. Pourquoi les ai-je détachés ce soir, tout simplement pour cacher  les boules que j’ai mis dans mes oreilles dès le début de votre discours pour ne pas écouter vos compliments.   J’ai préféré vous observer sans entendre  les mots et j’ai vu dans votre regard, votre attitude ce que vous pensiez réellement de moi et cela m’a fait du bien.  C’est avec un grand sourire comme le gagnant du loto (rassurez vous je vous épargnerai le streep-tease) que je vous dis sans rancune mais avec un plaisir immense «Adieu  Président ».

 

Martine Eglantine / Février 2013

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Rédigé par Martine.

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