Publié le 28 Juin 2009

J'ai dû voir une mule, avant un cheval et un authentique chameau, avant ma première mule. Au Maroc où je suis née, c'était d'un commun !  Je débarquais en France vers l'âge de quatre ans mais ne gardais aucun souvenir d'une rencontre avec un des poneys qui promenaient les petits parisiens sages, dans les allées du Bois de Vincennes. J'habitais  à deux pas. Pourtant je n'ai pas eu droit à cette récréation : Soit je n'étais pas assez sage, soit ce n'était pas au programme de ma nouvelle situation familiale, recomposée.


 Je grandis loin de la campagne et j'aperçu mon premier vrai et grand cheval qu'à Orléans  où j'étais  pensionnaire. Ce fut une révélation pour moi, ce 8 mai,  jour béni de la fête de Jeanne d'Arc.


Ce jour là, une fausse pucelle, mais non moins méritante jeune fille de la ville se traînait lourdement caparaçonnée d'une cuirasse en fer-blanc, histoire de coller à l'histoire et d'imiter la vraie. À cette occasion, la fausse Jeanne d'Arc montait un fier destrier, enfin un rude percheron.

 

 


L'animal qui se fichait bien du décorum et tout à ses rêveries d'écurie, déversait ses crottins tous frais du jour, sans retenue ni pudeur,  sur la chaussée lessivée à grande eau le matin même.


  Or, ils étaient nombreux à parader autour de Jeanne qui tenait noblement l'étendard de la délivrance dans son poing déterminé. D'autres cavaliers à l'allure  virile, luisaient dans leurs cottes de maille et trottinaient comme des  braves, suivis de pages boutonneux, vêtus eux d'habits de velours rouge et de bas immaculés. Malgré tous ces costumes sublimes, la fête et la musique vibrante, je trouvais ces animaux-là répugnants Ce laisser-aller, dans la rue, c'était d'un sans gêne ! 


 Et puis ils  avaient l'air de quoi,  hauts perchés dans les sphères à narguer les petites gens comme moi. À partir de ce jour, je me mis à détester sans plus de raison, ces bestiaux qui ne respectaient rien, surtout pas les endroits où ils avaient l'insigne honneur de défiler devant une populace complaisante. Je trouvais les chevaux snob, prétentieux et pas franchement francs du collier, ainsi que tous ceux, en gros  qui les montaient. 


 Quand ce fut notre tour de défiler dans la rue Royale pavoisée aux couleurs orléanaises  des milliers de gens, se pressaient,  s'agglutinaient contre les barrières. Installés dès l'aube, pour assister au spectacle, ils venaient d'horizons divers jusque du fin fond des Pays de Loire et même de l'étranger, affirmaient les bonnes sœurs. Il fallait sans cesse jeter un œil vers le sol, louvoyer entre les déjections chevalines et bien placer nos pieds chaussés de tennis blanches. La veille, nous les avions enduites de dentifrice, pour qu'elles paraissent plus blanches et plus éclatantes encore. Nous resplendissions de jeunesse et de santé. La foule nous applaudissait à tour de bras.  Du haut de mes dix ans, j'arborais un air martial, marchais au pas, ma jupette plissée soleil découvrant mes minuscules gambettes. Je levais le menton comme une gymnaste accomplie. On entendait encore au loin, la chevauchée fantastique, les échos sourds des tambours et les trompettes de la garde qui nous devançaient et ......j'évitais de marcher dedans. Ça puait la ménagerie du zoo de Vincennes. L'animal paraissait disproportionné, géant, doté de cette  paire de fesses indécentes, qu'on appelait « croupe » (comme la maladie du même nom dont j'avais failli mourir  bébé) et puis cette queue nattée, franchement,  ça frisait le ridicule.


Si j'avais été obligée de monter en selle, de jouer Jeanne d'arc en personne, (j'en avais déjà la coiffure)  j'aurai préféré mourir brûlée en place publique du Martroi, plutôt que d'escalader ce phénomène contre nature, ce monstre qui ricanait  de ces dents jaunies de faux jeton et.... qui se foutait de moi.


Même de loin, je me méfiais, un mauvais coup était vite arrivé. Certains chevaux énervés par la foule et la chaleur,  gesticulaient, se cabraient et renâclaient à avancer droit. On frôla plusieurs fois la catastrophe.


 On disait que la bête pouvait tuer un homme, d'un  coup de sabot ou d'une de ces fameuses ruades.  Comment pouvait-on être assez fou pour  appeler « la plus belle conquête de l'homme » cette bête capricieuse !

 

Je me sentais davantage en harmonie avec les ânes, eux qui savaient rester humbles, et qui avaient réchauffé Jésus en personne. Souvent affublée du célèbre bonnet d'âne, je trouvais que le monde était injuste envers l'animal. Personne ne partait en guerre à dos d'âne ! J'appris à les apprécier, même si inévitablement, à faire l'âne  je finissais dans un coin de la classe avec des oreilles en papier sur  la tête !


Aux alentours de mes dix-huit printemps, je commençais à trouver l'animal plus élégant, gracieux même quand il gambadait dans des paysages sauvages,  je le trouvais presque beau.  Un jour j'en approchais un, j'arrivais même à le caresser, puisque tout le monde autour de moi le faisait. En ces prémices de 1968, je résidais à Clamart, dans un splendide manoir...enfin dans une vieille demeure transformée en foyer pour jeunes travailleuses  et dirigée par d'allègres religieuses aux méthodes modernistes. Derrière l'imposante bâtisse découpée en chambrettes, il y avait un parc. Un endroit arboré aux belles proportions où broutaient des chevaux isabelle. ils appartenaient à un manège des alentours qui les confiaient à nos bons soins, histoire qu'ils se gavent la panse de notre herbe grasse et soient d'attaque pour recevoir les culs musclés des snobinardes et pimbêches du coin. Pour des raisons de sécurité évidente,  ils étaient maintenus à une longe, elle-même fixée à un solide pieu.


Sous l'œil goguenard des sœurs, mes colocataires courageuses ou inconscientes ne trouvaient rien de mieux à faire que d'escalader à cru cette monture inopinée à l'aide.... d'une chaise du réfectoire. L'affaire était délicate. Il s'agissait de faire tenir l'équidé tranquille, lui qui entendait bien garder sa part de liberté et piaffait à qui mieux mieux  pour déstabiliser la candidate au suicide.  Quand l'apprentie cavalière  parvenait à ses fins, elle ne pouvait s'empêcher de lancer  un : Hue cocotte retentissant  en lui tapotant les flancs et se cramponnant à la crinière !  Habitué à ce qu'on lui grimpât dessus, cocotte entamait illico un galop mesuré,  tournait en rond, à moins que ce ne fut un trot, je ne plus trop, toujours sécurisé par la longe qui raccourcissait à vue d'œil autour du piquet.


Sous les quolibets des copines qui pensaient que j'étais une dégonflée de première, je tentais l'impossible et approchais ma chaise du dos de la bête. La trouille en bandoulière, j'enfourchais la bête qui n'était pas très coopérative. Je faillis tomber de la chaise, mais finalement l'animal accepta que je l'enfourche à cru. J'étais plus pétrifiée que jamais, raide et coincée, maintenant un pas poussif, essayant de refréner les ardeurs du cheval. J'essayais d'avoir l'air désinvolte devant mes amies qui ricanaient  et je m'agrippais telle une naufragée à la courte crinière, tremblant que la corde ne cède et numérotant mentalement mes abattis. Le cheval me parut osseux à souhait, peu confortable, assez irritant pour mes parties intimes et la base même de mon fondement.


Je ne fus soulagée que sur le plancher des vaches, descendis plus vite que je n'étais montée et mis trois jours à me défaire de cette odeur de paddock qui s'infiltrait jusque dans l'ourlet de mes pantalons pattes d'éph. 


 Ce fut la seule, la dingue, mais héroïque virée sur un canasson entravé que j'entrepris de ma vie et nos rapports s'en tinrent à cette unique expérience. Je ne tentais aucun travail d'approche avec ses congénères, ne renouvelais pas l'aventure.  C'était décidément trop haut, là-haut  ....   


Le temps vint où je rencontrais, mes premiers flirts, mes premiers cavaliers  s'appelèrent  Forestier, Moreau, Martin ou Tartempion.    


Un jour,  je quittais le foyer pour en construire un, le mien.... et devinez qui j'épousais plus tard : un... « Lécuyer » alors  là,  là vraiment, si même le destin s'en mêle !



Brigitte Lécuyer    


 

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Publié le 25 Juin 2009

L'entreprise où je travaille est une importante société française d'Ingénierie de travaux Publics (électricité, tuyauterie instrumentation) pour des constructions industrielles du type centrales nucléaires en France, plate formes pétrolières, sucreries, raffineries, métros. Elle est aussi sous-traitante du Centre spatial Guyanais.

 



Monsieur F..... à 36 ans est  Directeur des Chantiers français et internationaux. Il a la responsabilité de la préparation et du suivi des chantiers, de tout le personnel (900 personnes grands déplacés, locaux, intérimaires) et du parc matériel et outillage.


C'est une responsabilité importante qui lui donne beaucoup de travail mais il aime cela. C'est un drogué du travail.  Il est très souvent en déplacement dans le monde entier. Diplômé d'une grande école d'ingénieur, il a  commencé sa vie professionnelle  dans l'installation et la maintenance des lignes à haute, très haute tension d'EDF où il faut être disponible jour et nuit.

Il se plaît à dire et à répéter que   « le soleil ne se couche jamais sur nos chantiers.


Après avoir accepté d'être sa secrétaire particulière, je m'installe dans un bureau individuel qui communique avec le sien par une porte que je décide de laisser en permanence ouverte quand il n'a pas de visiteurs. Elle était du temps de Mademoiselle R....constamment fermée. Il ne m'en fait pas le reproche. Je pense qu'il apprécie de n'être plus coupé du reste du service. Chacun de ses collaborateurs peut maintenant en passant par mon bureau aller le voir. Quand ce n'est pas le moment, je leur fais un signe et ils comprennent parce que Monsieur F. a une humeur qui varie beaucoup d'un moment à l'autre, d'un jour à l'autre.


Mes journées sont très longues comme les siennes. Je passe quand il est là de longs moments à ses côtés. Il me dicte son courrier technique et me laisse rédiger beaucoup de courriers et de comptes-rendus.  Il me fait confiance,  j'apprécie vraiment et je m'investis à fond avec enthousiasme comme je sais le faire quand je suis motivée.


Le soir après des journées très chargées, nous nous plaisons à  discuter et échanger sur la vie, nos conjoints, nos enfants, nos loisirs. Il arrive au bureau tôt et part très tard. Souvent son épouse l'appelle le soir et c'est sur moi qu'elle tombe car je filtre tous ses appels.


Un soir elle me dit : Madame dites à Alain que les invités sont arrivés et que nous l'attendons. Il apparaît alors dans le cadre de la porte de communication, je luis dis que c'est son épouse. « Que veut elle me dit il sans prendre le téléphone », je luis dis « que vous rentriez chez vous car vos invités sont là » et sur ce il me répond « dites lui qu'ils prennent l'apéritif et qu'elle me serve un whisky avec des glaçons ».  J'éclate de rire et tout en essayant de garder mon sérieux je traduis à son épouse que cela ne fait pas rire du tout.


Mon Jeff vit très mal mes absences et nos relations s'en ressentent.  Je vis par le travail et pour le travail. Le peu de temps qui me reste le soir et tous les week-ends, je le consacre aux enfants. Je tiens à ce qu'ils ne pâtissent pas de mon peu de disponibilité.


En 1980 quand  la guerre Iran / Irak éclate, nous devons rapatrier notre personnel de la base vie d'un grand chantier en Irak qui a été bombardé. Je passe des soirées, des nuits à aller à Roissy chercher les personnels qui arrivent. Et là au milieu des journalistes nombreux qui les attendent micros à la main, je les récupère hébétés.  Les femmes et les enfants et les chiens de  rentrent sans les époux qui sont restés encore quelques jours pour organiser sur place les rapatriements ou plutôt la fuite.... Imaginez dans ma toute petite voiture toute la famille, les bagages et le molosse (j'ai peur des chiens !), je les véhicule à travers Paris et l'Ile de France pour les ramener qui à l'hôtel, qui chez eux. C'est important qu'un représentant de la Direction des chantiers soit la pour les accueillir et régler différents problèmes de logistique. Monsieur F..... pense qu'il vaut mieux que ce soit une femme qui y aille pour accueillir les épouses et les enfants. Jeff comprend très mal ces absences la nuit tard le soir ou très tôt le matin. Je ne sais pas si il me croit, pense-t'il que j'ai une liaison ?


J'accompagne parfois Monsieur F.... dans ses déplacements en France sur les chantiers de centrales nucléaires. Je me souviens d'un déplacement sur la centrale de Saint laurent des eaux. Invités par un viticulteur de Sancerre à un dîner de vendangeurs avec quelques salariés du chantier, nous mangeons, buvons avec modération (en ce qui me concerne) et chantons.


Un autre jour nous nous déplaçons à Rouen  pour rencontrer un inspecteur du travail afin d'obtenir l'autorisation de licenciement d'un délégué du personnel qui travaille sur la centrale de Paluel et qui a commis une faute sérieuse.

Après l'entretien nous l'invitons à déjeuner, il accepte et choisit lui-même un des grands restaurants de la ville. Après le déjeuner nous sortons et faisons une petite promenade dans le centre historique de la ville. Nous passons devant la belle cathédrale gothique. Monsieur F... qui a le réflexe sécurité s'aperçoit qu'il y a un chantier de ravalement de la façade de la cathédrale et que certains ouvriers travaillent en hauteur sans équipement de sécurité. Il le montre à l'inspecteur du travail qui lui répond qu'il s'en moque parce que ce n'est pas son secteur !!!! ».  Je suis outrée mais je ne dis mot. Il ne dit rien non plus et pourtant la sécurité des hommes sur les chantiers est pour lui ce qui prime avant tout.

Je me souviens d'un accident du travail mortel sur une centrale française. Un de nos intérimaires s'est fait électrocuter. Il a ouvert une armoire électrique consignée. L'écriteau était sur le devant de l'armoire, il a déboulonné l'arrière. Quand il appris ce tragique accident, Monsieur F...s'est senti coupable alors qu'il n'y était pour rien et j'ai vu des larmes couler sur son visage. Il était le patron des chantiers, il assumait les erreurs de ses hommes. J'aurais dû deviner me répétait il que même s'il y avait une porte, quelqu'un pouvait pénétrer par la fenêtre !!

 

J'organise les élections des délégués du personnel et du comité d'entreprise, vote uniquement par correspondance puisque tout notre personnel est sur chantier. Un jour je vais, escortée d'un représentant de chaque syndicat, relever la boîte postale à la poste de la ville. Le protocole d'accord qui fixe les conditions de l'élection stipule que la boîte postale sera relevée à 8 heures. à 8 heures moins cinq le receveur me dit que tout le courrier est arrivé et qu'il n'y a pas lieu d'attendre 8 heures. Je demande aux délégués présents leur accord pour prendre le courrier qu'ils me donnent facilement. Les élections ont lieu mais un syndicat mécontent de son résultat intente une action d'annulation des élections prétextant que la boîte postale a été relevée à 8heures moins cinq contrairement au protocole d'accord. Heureusement ils sont déboutés.


Je perds ma candeur en découvrant que tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes et qu'il faut se méfier de tous.


Une complicité, une amitié est née entre Monsieur F et moi. Elle n'est pas sans me poser de problèmes au sein du service avec les autres assistantes surtout et même avec certains collaborateurs de Monsieur F. d'anciens baroudeurs de chantiers qui imaginent des choses qui ne sont pas ce qui me peine beaucoup.


Monsieur F.  m'invite un jour avec mon époux dans sa maison de campagne dans l'Oise, une belle maison toute simple qui lui ressemble. Son épouse italienne à la forte personnalité est charmante et très drôle. Il a deux petites filles.

 

Nous les invitons plusieurs fois à la maison pour des soirées déguisées. Il arrive un jour déguisé en seigneur du désert. Je le trouve superbe ainsi. Il nous raconte qu'il a été obligé d'aller chercher l'essence dans cette tenue. J'imagine la surprise du caissier de la station service.

 

Il organise un samedi une visite de la centrale nucléaire de Paluel, j'y emmène des amis et voisins et nous passons une très agréable journée. Le midi nous allons tous manger ensemble sur le port de Saint Valéry en Caux .


 



 

Monsieur F.... me fait de plus en plus confiance et me confie des responsabilités croissantes. 


30 ans après, je suis encore très émue de raconter ici cette période qui restera parmi les plus belles pages de ma vie professionnelle.  je vais arrêter là aujourd'hui. Je reprendrai bientôt ce récit pour vous raconter la suite de cette aventure professionnelle et pourquoi après 10 ans à ses côtés, j'ai dû quitter Monsieur F.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 22 Juin 2009

Je profite quelques temps de mon second congé de maternité ......  Je n'ai rien d'intéressant à raconter à Jeff le soir..... Mes journées sont  très chargées : changes et tétées , moments de tendresse, repas,  risettes, histoires, jeux, promenades avec le landeau .... courses, ménages. Je suis fatiguée et je m'ennuie et déprime.



Il faut que je retrouve rapidement une activité. Je n'ai pas envie de retourner au laboratoire, il y avait peu d'activités et j'ai besoin de m'investir dans le travail d'une manière active. J'envoie une série de lettres de candidatures spontanées à toutes les entreprises de ma ville.

Je suis convoquée par le responsable du recrutement d'une grosse société d'ingénierie travaux publics.
Je passe avec succès la sélection . il me me présente au Directeur des chantiers qui recherche une assistante dans son service. Il me prévient. "Vous savez  il est très exigeant mais juste et je crois que vous pouvez bien vous entendre avec" me dit-il ?

Cela fait déjà une heure que j'attends dans la salle d'attente et ce Monsieur ne s'est toujours pas montré et je sais qu'il est dans son bureau. Son assistante, une cinquantaine d'années avec un grand chignon, une vieille fille sans doute,  vient de temps en temps l'excuser ce qui ne m'empêche pas de m'énerver. J'ai horreur d'attendre je suis dans un état d'excitation "proche de l'Ohaïo". 

Au bout d'une heure un quart d'attente, Monsieur daigne se montrer. Il apparait dans l'encadrement de la porte de la salle d'attente, très grand, mince avec des yeux d'un bleu gris assorti à son costume. Quel charisme. Je reste ébahie et sans mot. Il me serre la main énergiquement en me souriant. 

Je m'assois timidement dans son bureau. Il s'excuse (tout de même) pour le retard et me dit qu'il ne va pas me retenir longtemps. Je fais confiance à Olivier me dit il s'il vous a sélectionnée, vous me convenez. J'aurai néanmoins une seule question, attention éliminatoire, à vous poser "Vous avez deux jeunes enfants, sont-ils en bonne santé ?"

Je réponds que pour le moment oui et que ma mère me les garde à domicile. Son visage s'illumine et il me dit "alors ce sera tout pour moi, vous commencez lundi". Il me sert chaleureusement la main et nous nous quittons.

Je pense que j'aurais du dire que mes enfants étaient malades car travailler avec un individu qui vous fait attendre plus d'une heure pour vous garder 3 minutes juste pour savoir si vous ne serez pas trop absente cela s'annonce difficile. Pourtant je suis très heureuse, une sorte d'intuition positive. Ce type m'a plu. Je sens qu'un courant de sympathie et de confiance est passé entre nous. Peut être est ce aussi parce qu'il m'en impose et c'est ce que j'attends, je crois, d'un patron et peut être des hommes aussi.

Monsieur F. gère les ressources humaines , le matériel et les moyens des chantiers. Mon travail consiste à passer de longs moment de la journée dans son bureau et prendre en sténo sous sa dictée puis de retranscrire tout cela et de le saisir sur une machine IBM à boule.  Il faut ensuite classer les pelures des courriers. Cela m'amuse un peu au début. car Monsieur F. a beaucoup d'humour et son contact est agréable. Mon travail semble tout à fait lui convenir mais vite l'ennui me gagne.

Pour échanger avec Monsieur F. , je dois à chaque fois passer par son assistante,  Melle R...   un vrai cerbère qui défend le bureau de son patron en faisant une vraie forteresse.

Les deux autres assistantes du service ne sont pas très sympathiques et semblent me snober. Je ne suis pas extravertie et cette froideur affichée me freine dans mes élans pour échanger avec elles.

Monsieur F. est très exigeant. Un jour il me redonne mon parapheur plein de courriers et comptes-rendus tapés en écrivant sur une note "il y aune faute dans ce parapheur, trouvez la......". Je passe une heure à chercher et enfin je trouve.... Je n'apprécie pas et pour montrer mon mécontentement "je lui rends le parpapheur" en écrivant sur une note "bon sang mais c'est bien sûr.... j'ai trouvé et corrigé". Dans la même journée, il me croise dans le couloir et me dit en riant de bon coeur : "je ne savais pas que vous étiez bourelienne".

Un jour j'arrive en retard je ne sais plus pour quelle raison (je ne suis presque jamais en retard), il m'appelle dans son bureau et me dit : "l'immeuble est trop grand, vous n'avez pas trouvé le bureau ce matin", je lui répond imperturbable que c'est l'immeuble que je n'ai pas trouvé.... Il sourit car il faut savoir que l'immeuble est juste en face de ma maison et il le sait. Je prends conscience à ce moment là que ces joutes sont comme un jeu dont nous ne pouvons nous passer tous les deux.

Je tiens un an et même si j'aime les contacts avec Monsieur F..., ce travail sans réellement de dossier à gérer en toute autonomie m'ennuie vraiment et ayant trouvé un autre emploi ailleurs, je décide de démissionner. Je lui remets ma lettre à la suite d'une séance de dictées de courriers. Il semble surpris mais ne dit mot. Je lui dis que j'ai trouvé un autre poste plus intéressant et mieux payé et que j'aimerais pouvoir être dispensée d'une semaine de mon préavis.

Il me dit qu'il me donnera sa réponse ultérieurement. Un vendredi soir, il m'appelle dans son bureau, je pense que c'est pour me donner sa réponse

Il me regarde et me dit, Je voulais vous promouvoir et votre démission me gêne vraiment. je voudrais que vous restiez et que vous retiriez votre démission. 

Je lui réponds qu'il n'a pas vraiment compris, je lui répète que ce travail m'ennuie, que j'ai trouvé mieux et que je vais partir et que j'aimerais savoir quand je pourrai le faire.

"Vous ne m'avez pas bien écouté me répond-t-il, je vous change de poste, Melle R.... Vient d'être mutée dans un autre service et je vous demande de la remplacer. Si vous acceptez bien entendu, je revois aussi votre salaire à la hausse".

Je suis médusée.... Je m'attendais à tout sauf à cela. Melle R... est à ce poste depuis de nombreuses années, c'est un pivot du service, incontournable et elle me semble d'une efficacité remarquable.

Je lui fais part de mon étonnement, le remercie pour sa confiance et lui demande de pouvoir réfléchir pendant le week-end car ce poste bien sûr m'intéresse mais cela m'ennuie de revenir sur ma démission.
"il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis" conclue-t-il, j'attends votre réponse lundi matin". Il ajoute que lui même il y a quelques temps est revenu sur sa démission.

Imaginez, mon week-end, je réfléchis, j'en parle avec Jeff..... D'un côté c'est une belle promotion qu'on ne peut refuser sans réfléchir, d'un autre côté que vont penser de moi Melle R.... et les autres collègues du Service. Je n'ai rien fait pour.  Je ne comprends pas pourquoi il éjecte son assistante pour me mettre à sa place. De plus ce nouveau poste va me demander un investissement important à la jeune maman que je suis et je ne veux pas que mes petits bouts en pâtissent. Néanmoins, avec l'accord de Jeff,  je décide d'accepter.

Le lundi il m'appelle dans son bureau et je lui dis qu'après avoir beaucoup réfléchi, j'accepte et que j'espère pouvoir faire aussi bien que Melle R..... pour être digne de la confiance qu'il me témoigne ainsi.

Sur ce il me répond dans un éclat de rire "ah non surtout pas n'essayez pas de faire comme Mademoiselle R..... sinon on est bien mal partis, faites comme vous le sentez ce sera parfait"....


A suivre.....

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Rédigé par eglantine

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Publié le 19 Juin 2009

J'ai été taguée d'abord par Alrisha , puis par Lilounette qui m'ont demandé de m'exprimer sur le tag maquillage, j'ai longtemps hésité et puisqu'elles étaient deux à me le demander et que je ne voudrais pas les décevoir, je me suis fais violence pour écrire les quelques lignes qui suivent :


Je suis fascinée par les phares qui éblouissent ni pour séduire, ni pour tromper mais pour guider dans la nuit les marins vers les ports.  J'aime  grimper à leur sommet le jour pour admirer les coquilles de noix aux voiles colorées qui dansent et se grisent sur l'océan d'écume. Je me souviens du goût incomparable des fars bretons que me confectionnait avec amour ma grand-mère. Cela pourrait paraître superficiel d'aimer manger, mais la cuisine est un partage et on la fait avec amour pour donner du plaisir à ceux qu'on aime.


Pour ne pas faire mentir le proverbe : "jamais deux sans trois" et parce que la nature m'a donné un sexe féminin, il faudrait que j'aime les fards pour séduire. Il conviendrait que je m'en couvre le visage pour cacher mes tâches de rousseurs qui brunissent avec les ans et les sillons qui commencent à se creuser.


Je déteste les fards, tous les fards cosmétiques, vestimentaires (lingerie sexy, hauts talons, mini jupes, dentelles et frous frous...)  fausses attitudes qui cachent la réalité ou ont pour but d'attirer,  on me prend comme je suis tous les jours où on ne me prend pas.

 

 



Je suis une adepte du naturel, ne rien cacher tout dévoiler. Je n'utilise pas de fards, juste une crème teintée de jour d'une grande marque couleur pêche (très onéreuse) qui colore légèrement mon teint tout en conservant son naturel. Je ne vous en dirai pas la marque, je ne suis pas ici pour faire de la publicité gratuite à l'industrie cosmétique et cela ne vous apporterait rien de plus cher lecteur. Je mets juste un peu de mascara noir pour épaissir un peu mes cils très fins et secs et les nourrir. Important il doit résister à l'eau car un rien m'émeut et j'ai souvent les larmes aux yeux.


J'aime que mes interlocuteurs professionnels et notamment les hommes soient parfumés, je suis très sensible aux odeurs, elles font souvent resurgir des souvenirs anciens très affectifs enfouis au fond de moi-même. Mon odeur préférée la lavande car je me souviens des étreintes de ma grand-mère, j'enfouissais mon  visage dans son cou pour sentir son eau de lavande.

 



Le parfum trahit la personnalité de celui qui le porte. J'en porte chaque jour, toujours le même : l'Air du temps de Nina Ricci. C'est un parfum floral, naturel , très féminin et c'est pour cela que je l'aime car il exhale ce qu'il y a de féminin au plus profond de moi sous des apparences qui sont plus masculines.

 

 

Je n'aime pas la presse féminine souvent superficielle. Je la parcoure rapidement chez le coiffeur quand j'ai oublié d'emporter un livre pour passer le temps pendant la pose de ma couleur. Cela m'évite d'entendre les échanges sans intérêt des coiffeuses et des clientes qui papotent pour passer le temps sur la pluie, le  beau temps, leurs enfants, leurs hommes, l'actualité, les amours du show biz....  


J'ai toujours choisi mes coiffeurs et coiffeuses sur le critère de l'intérêt de leur conversation. J'ai beaucoup de chance actuellement, ma coiffeuse est une artiste qui peint, s'intéresse à la littérature, à la poésie et, cerise sur le gâteau, même si ses brushing sont un peu plats, elle me coupe très bien les cheveux.


J'aime les femmes.  Je les  adore, les admire pour leur intelligence, leur sensibilité et je me fiche de leur physique. Parmi mes préférées des militantes : Louise Michel, Simone de Beauvoir, Françoise Dolto, Simone Veil,


Je n'envie le look de personne mais j'aime le naturel et la fraîcheur de Marlène Jobert ou de  Jane Birkin.


Pour qui ou pour quoi pourrais-je me damner. Rien ni personne au monde ne justifie que je perde mon âme.


La féminité c'est l'intelligence du cœur, l'intuition, cette sensibilité à fleur de peau qui ose s'exprimer et déborder. Les hommes sont aussi affectifs que les femmes mais ils mettent un point d'honneur à contenir leur émotions à ne rien laisser paraître. Leur éducation leur a appris à ne pas montrer. Les mères de ma génération, même les plus féministes, quand leur fils tombait dans la rue disaient souvent « pleures pas tu es un homme mon fils » et consolaient leur petite fille dans la même situation. La féminité il paraît que c'est aussi la séduction et c'est cet aspect la que je rejette et que je refuse.


Je ne cherche pas à être une femme, je cherche tout simplement à être moi-même avec tout ce qui est féminin et masculin en moi et c'est très  difficile de concilier les deux.

 

Voila chères Alrisha et Lilounette, j'ai répondu à votre tag. Le jeu veut que je désigne d'autres blogueuses pour le réaliser.... J'aimerai lire sur ce sujet Annick, Arielle, Clementine, Enriqueta .......et toutes celles qui souhaiteraient s'exprimer

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Rédigé par eglantine

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Publié le 16 Juin 2009

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Avec de grands yeux bien neufs

Le quatorze Juin deux mille neuf

Un Dimanche radieux à Paris

Sereine, tu as souri à la vie

Petite fleur Leonore

Pour toi cette passiflore

Fleur de passion et de soleil

Qui nos jardins émerveillent


 

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Kylian, Pauline, Cameron (1)

Et Maintenant Eleonore

Nos quatre petits trésors

Nos journées et nuits colorent

Comme Laurence et Grégorie (2)

Nous ont chaque jour éblouis


Martine / 16 juin 2009


(1)   nos petits enfants dans l'ordre de naissance

(2)   Notre fille (mère de Pauline et Léonore) et fils (père de Kylian et Cameron)


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Rédigé par eglantine

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Publié le 14 Juin 2009

Pour vous aujourd'hui un texte de mon amie Brigitte :


Lorsque j'étais enfant, j'ai vécu la couture sous toutes ces formes, comme une punition, voire une humiliation. On me forçait à rester assise des heures  à broder au fil rouge des mètres de frise sur lesquelles dansaient en infinie farandole des alsaciens et des alsaciennes en costume traditionnel.  C'était une façon détestable de   contrôler mon impétuosité naturelle, que de m'obliger à ses séances horribles. Ces ouvrages étaient destinés à orner la tranche d'étagères ou d'armoires. A ce jour, j'en découvre encore sur les brocantes et ces antiquités même mitées ou jaunies s'arrachent à des prix indécents.

 


 Le pompon  fut le tricotin : supplice à l'usage des petites filles dissipées pour les contraindre à tenir en place. J'ai ainsi réalisé de quoi relier la France à l'Australie en rondins de laine détricotée. Je crochetais ces trucs inutiles dans une palette de dégradés allant du vert caca d'oie au rouge pétant, entrelardé de laine grisâtre ou maronnasse. Le pire, c'est que ça ne servait à rien. J'ignore où sont passées ces boudins qui pendouillaient sur mes genoux, comme une longue chenille multicolore. Une chenille que je finis par maudire et avec laquelle j'aurai pu me pendre de désespoir, tant il était grand.  Je subis ces heures de sagesse forcée où mes yeux s'épuisaient, où mes jambes fourmillaient, où mon dos  raidissait, où mon esprit affutait sa revanche.  L'envie me venait alors de tout envoyer valdinguer, de m'enfuir loin,  loin que possible de cette aiguille redresseuse de torts. Celle-là même  surgissait sournoisement dans mes cauchemars et transperçait le cœur de mes bourreaux.

 

 

 base photos flickr d'OB


Alors  la couture,  vous comprenez, dans ces conditions....


Plus tard, chez les nonnes, je fus reléguée, ou plutôt assignée à la corvée de raccommodage.  L'art de la reprise me fut enseigné dans la douleur ainsi que certains rudiments de points  soi-disant indispensables à ma vie de ménagère idéale. En ce temps-là, on avait le sens de l'économie et du devoir. J'élaborais de savants rouleautés sur des foulards de soie qui rapportaient trois francs six sous à la congrégation et l'estime de la mère supérieure pour celles qui travaillaient assez vite et proprement. Déjà on faisait bosser les enfants et nous n'étions ni chinoises, ni sud-a

méricaines.  


Je rangerai donc dans le tiroir aux oubliettes,  tricot, crochet et autres broderies fantaisistes, chaînette et point de tige, passé plat, surjet simple ou double, boutonnière au point feston, le bourdon me donne le cafard quant aux autres joyeusetés, genre boutis ou patchwork, j'admire la patience, et le doigté de certaines personnes que je connais, mais ne me demandez pas de m'y essayer.    


Un jour lointain, ma fille alors, âgée de 6 ans me demanda un tricotin. J'adhérais néanmoins à sa requête et lui montrais comment se servir de l'engin. Le dit tricotin, bonhomme en bois peint au chapeau clouté comme une amanite phalloïde entra dans notre famille, mais disparut sans crier gare.  à 26 ans, elle faisait toujours appel à sa maman pour un banal ourlet de jupe ou pour rafistoler un vieux lapin en peluche. Ce qui prouve bien que j'ai négligé son éducation ménagère. Mais sur ce point, je n'ai ni remords, ni regrets.


Maintenant si un trou fortuit apparaît au talon d'une chaussette, elle file illico avec sa comparse non mitée dans la poubelle, sans égards, sans trompettes.

 base photos flickr d'OB

 

Pas de requiem pour la chaussette.


Je suis devenue malhabile par dégoût, par paresse, cependant j'admire les exécutions délicates des autres sans toutefois les envier un seul instant. Chacun son job ! Je sais tenir un stylo, manier la souris de mon ordinateur, presque cliquer au bon endroit, pour voir défiler mes histoires. Entre les mailles des phrases, je taille et illustre mon roman.


Si je tente, malgré tout par économie,  de confectionner une housse de coussin où de réparer un vêtement, je me pique toujours et des  myriades de trous constellent alors mes index. Et comme, je déteste utiliser un dé, mon pauvre majeur pleure, de  ressembler  à une vieille écumoire. Il me faut des jours pour retrouver un doigt normal et en état de marche : et comme c'est ce même doigt qui pousse l'aiguille et qui tient aussi le stylo. Il faut choisir. Et bien c'est tout  choisi, je renonce définitivement à la couture, et qu'on n'en parle plus. 


Je ne conçois le plaisir que dans la verve épistolaire.  Je m'entraîne à broder les mots, festonne les adjectifs, me faufile  entre les virgules,  clique sur les synonymes appropriés, et tranquillement je fabrique ma pelote d'écrits.


Alors, surtout ne m'épinglez pas si mes reprises sont parfois capricieuses, ne vous moquez pas de ma bobine si j'ourle mes chroniques de fronces et rapièce le puzzle de ma vie décousue. Foin des divagations hasardeuses et des discours cousus de fil blanc, s'il vous plait ne me taillez pas un costume pour l'exemple, promis, juré je ne biaiserai plus. J'arrête !


                                                                        Brigitte Lécuyer  

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Brigitte Lécuyer

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Publié le 11 Juin 2009

Je souhaite travailler dans ma ville et j' adresse une candidature spontanée aux entreprises Rueilloises et notamment aux laboratoires pharmaceutiques car ce secteur d'activité me plait et j'y ai maintenant une expérience.


Je suis reçue par la Responsable du personnel du laboratoire C.... J'arrive à la convaincre de mes compétences et motivations. Elle me présente aussitôt au Docteur J...., Responsable du recrutement et de  la formation des visiteurs médicaux qui recherche son assistante.

 


Je me souviens de ce premier contact, ce Monsieur a beaucoup de classe malgré sa petite taille et sa minceur.  Il est vêtu d'un costume gris foncé, d'une chemise blanche orné d'un nœud papillon bordeaux discret.  Je suis impressionnée mais un sourire chaleureux vient par moment réchauffer un visage un peu froid.


Après lui avoir parlé de mon expérience professionnelle, il me demande quelles sont mes passions extra-professionnelles. A vrai dire, je n'en ai pas réellement à l'époque mais j'ai toujours beaucoup aimé la peinture.  Je lui réponds que j'aime la lecture et que si je ne sais ni dessiner, ni  peindre, j'aime beaucoup regarder les peintures dans les revues, ou les musées. Impulsivement je lui avoue aimer Bernard BUFFET.  Je le regrette aussitôt en pensant immédiatement que cette peinture moderne ne pouvait pas plaire à ce monsieur d'apparence très classique. Il semble d'ailleurs très étonné et me demande « pourquoi l'aimez vous, pouvez-vous me parler de ses tableaux » ?

 


Sur tous les murs de notre petite maison nous avions des reproductions de Bernard BUFFET. J'ai toujours aimé sans jamais  chercher à comprendre pourquoi.  L'amour s'explique t'il ?


Je me surprends à lui répondre que Buffet peint la vie comme elle est vraiment structurée, et  à la foie gaie, colorée et parfois bien sombre. J'ajoute que BUFFET a peint tout ce que j'aimais La Rochelle, les chouettes, les fleurs et je deviens intarissable, je lui explique pourquoi j'aime la Rochelle, les chouettes, les fleurs. 

 

 

 


Il me laisse terminer et me dit que Bernard BUFFET est son peintre préféré et que j'ai très bien su en parler avec beaucoup de naturel.  Nous avons des points communs me dit-il et c'est important pour travailler ensemble, quand pouvez-vous débuter ? Je lui réponds dès demain. . Il décroche son téléphone, appelle la responsable du recrutement et lui dit qu'elle peut annuler tous ses autres rendez-vous car il m'a chosie et que je vais passer la voir à nouveau pour les formalités d'embauche".


Le docteur J.... est un homme charmant, je prends beaucoup de plaisir à travailler pour  lui, à taper ses cours de médecine pour les visiteurs médicaux, il m'explique tout avant de me les donner.

Je fais passer ses « quizz » de recrutement que je corrige. Je prépare ses stages de formation initiale et de post formation. J'apprends beaucoup  en rhumatologie et psychiatrie (deux spécialités du laboratoire).


A cause des salles de formation, nous sommes dans un autre bâtiment que le reste de l'entreprise et bien isolés. Entre deux sessions de formation et de recrutement, il n'y a pas grand-chose à faire. Quand il n'est pas là je m'ennuie toute seule mais quand il est présent nous parlons peinture. Sa femme est critique d'art. Il m'offre quelques belles lithographies.


Nous parlons aussi littérature, il aime beaucoup Paul Bourget qu'il me fait découvrir. Je lis « le disciple » qu'il me prête et qui montre comment un jeune homme peut par admiration pour un écrivain se laisser influencer par ses écrits et arriver à tuer. Tous ceux qui sont en position d'influence (artistes, cinéastes, enseignants, prêtres, coach...) devraient lire ce livre qui restera un de mes meilleurs souvenirs de lecture. Paul Bourget est considéré comme un écrivain moraliste, attaché à la tradition et réactionnaire et c'est peut être pour  cette réputation qu'il est assez méconnu.


Le Docteur J.... est un esthète il aime tout ce qui est beau artistiquement et moralement parlant mais cela ne l'empêche pas d'avoir une grande tolérance.


Il me raconte ses souvenirs de gynécologue. Il a exercé à ses débuts dans le 18ème et avait une clientèle constituée de beaucoup de prostituées. C'était difficile pour un jeune médecin sensible de voir la misère sexuelle au quotidien. J'aime l'écouter raconter ses souvenirs de médecin car il le fait avec beaucoup de sincérité sans me cacher les détails sordides.


Cette période de ma vie professionnelle reste un très bon souvenir. Elle correspond aussi à une des plus belles périodes de ma vie personnelle : la naissance de nos deux enfants, Laurence en 1976 et Grégorie en 1977.


A la naissance de Grégorie, je prends un congé parental et après quatre ans passé au côté du Docteur J.., je le quitte à regret. Je souhaite m'arrêter au moins un an et je tiens quatre mois sans travailler. Je déprime seule à la maison toute la journée avec mes deux petits trésors. J'ai besoin de m'investir intellectuellement et activement et je culpabilise de laisser mes petits bouts.


Je me dis que des docteurs J.... je n'en retrouverai jamais mais c'était sans savoir que  j'allais rapidement connaître la période de ma vie professionnelle la plus marquante....

 

A suivre.....

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Vécu

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Publié le 8 Juin 2009

Merci à mon amie Brigitte Lecuyer pour ce joli poème qu'elle m'a permis

de diffuser sur mon quai aujourd'hui. Puisse cette photo te plaire brigitte pour illustrer ton beau poème. Si ce n'était pas le cas, dis le moi, je la retirerai.



Photo banque d'images flickr mise à disposition par OB


Je crois

 

J'ai cru longtemps au père Noël

Et que j'avais un ange gardien

Je peux donc croire

Au réchauffement climatique

Et à l'apocalypse demain

Comme j'ai cru  aux soucoupes volantes

Et au monstre du Loch Ness.

Je crois que les mayas ont inventé la césarienne

Que des extra terrestres ont dessiné des dessins

Dans des champs, qu'on ne peut voir que du ciel

Je suis prête à croire n'importe quoi,

Comme des milliers de gens

Pourvu qu'on me donne des arguments percutants

Je crois que l'homme ne peut pas être

Foncièrement mauvais

Mais j'y crois de moins en moins

Je crois que la femme est l'avenir de l'homme

Je crois au pouvoir de l'argent

Et à la bêtise humaine

Je crois en la puissance de la nature

Je crois même au paradis sur terre.

Je ne crois pas à l'enfer

Ni que Dieu trône dans le ciel

Assis sur un joli nuage 

Je ne crois pas que serons jugés selon nos actes

Enfin je crois que la vie vaut d'être vécue

Je crois aux mots et à l'intégrité des poètes

Je crois que mes amis sont sincères

J'y crois dur comme du fer.


Brigitte Lécuyer

 

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Rédigé par eglantine

Publié dans #poèmes de mes amis

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Publié le 5 Juin 2009

Peu de temps après avoir quitté l'entreprise de transport, je réponds à une annonce d'un laboratoire pharmaceutique cherchant une secrétaire pour un de ses directeurs régionaux. Contribuer par mon travail à fournir des médicaments aux malades me rapproche un peu d'un rêve d'enfant celui de devenir Médecin ou infirmière que je n'ai pu réaliser.




Ie me présente très motivée et je suis retenue par le Directeur du Personnel du Siège Social, puis par mon futur patron Monsieur Olivier Masson.


La Direction Régionale est dans un très beau quartier de Paris au Carrefour de l'Odéon, rue de l'ancienne comédie. Nous sommes en rez-de-chaussée. Les locaux sont luxueux et modernes. Je suis dans le même bureau que Monsieur Masson. Il y a deux autres directeurs régionaux et leurs secrétaires ainsi qu'une hôtesse standardiste.


Au début c'ést parfait, j'ai un travail intéressant. Je fais l'interface entre mon patron et son équipe de visiteurs médicaux qui sont bien sympathiques. Je participe aux réunions mensuelles et j'en fais le compte rendu. Je trouve néanmoins Monsieur MASSON particulier., un rien étrange.


A 45 ans environ, de taille moyenne, il est toujours vêtu d'un costume gris clair, d'une chemise blanche et de cravates très sobres.. Il parle peu et est en permanence nerveux et angoissé. Les deux autres directeurs ne le fréquentent presque pas et le critiquent beaucoup, il est très seul mais il s'isole lui-même. Il ne parle jamais de lui et de sa famille.


Perfectionniste, il est très exigeant sur la qualité du travail mais cela ne me gêne pas car je suis très rigoureuse à l'époque. Ce n'est plus le cas aujourd'hui où  ma créativité prend le dessus sur la précision.


Tous les midis il déjeune seul au très beau et ancien restaurant « le Procope » qui est juste en face du bureau.

 

L'intérieur du Procope / Photo flickr


Je le trouve de plus en plus bizarre, déphasé mais à cette époque je ne cherche pas encore à analyser les comportements comme je le fais aujourd'hui. Il ne fait confiance à personne. Il part souvent pour aller contrôler, on pourrait dire espionner, ses visiteurs-médicaux sur le terrain.


Quand il est absent du bureau une journée, le lendemain il me demande de lui décrire par le menu tout ce que j'ai fait la veille. Un jour je lui dis qu'un autre directeur régional m'a demandé de lui taper un document et que je l'ai fait. Il se met en colère subitement et va trouver ce directeur dans son bureau en lui criant « je t'interdis de donner du travail à ma secrétaire ». Il s'en suit une dispute virulente entre les deux hommes.


Aujourd'hui, avec mes quinze ans de relations interpersonnelles en face à face avec des femmes et des hommes de tous âges et de tous niveaux, je dirai que Monsieur MASSON était un maniaco-dépressif parfois même obsessionnel.


Pendant plusieurs mois, je supporte sa méfiance permanente, son manque de confiance, ses colères pour des broutilles. 


Un jour je lui reproche de ne pas me faire confiance .... Il se met très en colère me prend par les épaules et me secoue en criant « je suis gentil, je suis gentil ».  Ce n'est plus supportable.


La violence entraîne la violence. Un autre jour face à une autre de ses crises, j'attrape sur mon bureau impulsivement le premier objet que j'ai sous la main : un rouleau d'adhésif et je le lance dans sa direction. Je crois que je vais être licenciée et bien non, cela curieusement l'a calmé.


Un vendredi matin, je suis malade, des vomissements. Je ne vais pas travailler. Je le préviens par téléphone. Il ne me croit pas et se met en colère. Le lendemain samedi c'ést la réunion mensuelle de la Direction Régionale au siège de l'entreprise au sud de Paris.


Je vais un peu mieux alors j'y vais car je dois prendre des notes en sténo et faire ensuite le compte-rendu. J'arrive dans la salle, il ne répond pas à mon bonjour. Il attend que tous ses visiteurs médicaux soient présents et il me renvoie à domicile en me disant qu'il n'a pas besoin de moi aujourd'hui et que c'était hier que je lui ai fait défaut. Je crie que je vais  retourner chez moi et que je ne reviendrai plus jamais parce que je vais dès lundi démissionner.


Le lundi matin, je me rends au siège voir le chef du personnel et je lui remets ma démission. Je lui demande de me dispenser de mon préavis car je ne peux plus supporter mon Directeur et que cela pourrait se finir mal. Il m'écoute puis me propose un poste de secrétaire au Siège  me disant que les deux autres directeurs régionaux lui ont dit beaucoup de bien de moi et que j'ai battu un record. Monsieur MASSON a  eu plusieurs secrétaires successivement qui ne sont restées que très peu de temps. Je suis la seule à avoir tenu un an ce qu'il a l'air de prendre pour une performance !


Je le remercie chaleureusement pour sa confiance et cette proposition que je décline,  le 13ème arrondissement est trop loin de chez moi et j'ai envie de me rapprocher de mon domicile.


Je me mets de nouveau à rechercher un emploi mais je suis très déçue de mes débuts professionnels et de mon métier qui a consisté à supporter des comportements anormaux de mes patrons.


Vais je enfin le trouver ce patron qui me ferait confiance et avec qui j'aurais des relations agréables ?


A suivre......

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Rédigé par eglantine

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Publié le 2 Juin 2009

Un petit interlude aujourd'hui entre deux pages de ma vie.

Après vous avoir révélé mes différents pseudos "cactus" pour la CB et Eglantine sur ce quai..... des surnoms plein d'épines comme pour ce bébé hérisson



Sous les épines : une grande fragilité et douceur



Coucou à tous les automobilistes ! Je suis juste là pour vous rappeler de faire bien attention sur la route car c'est la période des bébés hérisson !


Ce serait dommage de nous écraser,  non ....



Merci à Gérard L qui participe activement à mon autre blog pour m'avoir adressé ces photos qui m'ont fait craquer


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Rédigé par eglantine

Publié dans #Interlude photos

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