Publié le 30 Novembre 2009

Sur la photo du Badaud de Sarlat, la participation de Mamylilou-Lilounette

 

Rêveur, du haut de mon piédestal.

 

Solitaire, ou presque, dans la foule

 

Qui se presse à me voir asocial

 

Et figuratif : œuvre d’un moule !

 

 

 

Seulement badaud des badauds

 

Pour éviter que ma peine empire

 

Et que moindres soient mes maux

 

Le devoir m’oblige à vous dire

 

 

 

Que d’équilibre je n’ai point

 

Dans mon âme architecturale.

 

Et combien je suis mal-en-point

 

A célébrer tant de festivals.

 

 

 

Assis Place de la Liberté.Liberté

 

Où nulle part celle-là est en moi :

 

Des décennies ainsi agenouillé

 

A l’attendre, que vaine ma pensée !


 


 

 

Mamylilou-Lilounette

 

Mamylilou2@orange.fr

 

http://reveries.over-blog.net/

Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #poèmes de mes amis

Repost0

Publié le 26 Novembre 2009

Sur la photo du Badaud de Sarlat, la participation de  Dominique


Du haut de mon muret je domine la ville

Cette cité Médiévale sise au creux d’un vallon

Bordées par la Vézère, la Dordogne les maisons

De pierres aux éclats blonds, aux murs à colombages

S’offrant à mes regards, composent mon voisinage

Je demeure là, assis genoux sous les aisselles

Le deux bras fendant l‘air comme de grandes ailes

Passant je vous regarde, comme vous me regardez

Mais qui de vous ou moi par l’autre est étonné ?

Je porte vêtements qui viennent d’un autre âge

Mais sachez que les vôtres m’étonnent davantage

Ni Vilains, ni Seigneurs portaient pareilles mises

Vous avez braies bizarres et drôles de chemises

Vous n’êtes point vêtus de chainses, de bliauds,

Vous allez tête nue, sans hennin ni calot

Et je suis stupéfait de voir les gentes dames

Porter tuniques courtes et laisser voir leurs charmes

Je vous bade il vrai, d’où le nom que je porte

Et vous regardant vivre ma pensée me transporte

A ce siècle d’alors où n’étant point statue

Comme vous je marchais aussi le long des rues

 

 

 Dominique    http://antidotes.over-blog.com/

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #poèmes de mes amis

Repost0

Publié le 24 Novembre 2009

Sur la photo du Badaud de Sarlat, la participation de ABC

 

 

Mais si badaud, il y a toujours quelque chose à voir
Aujourd'hui comme demain ne perd pas l'espoir
La vie est riche de mille et une surprises
La morosité n'est plus de mise
Regarde les touristes qui flânent dans
la ville
Regarde la place et ses oiseaux futiles,
Regarde plus loin, plus loin encore
Tu découvriras un nouveau décor
Car oui badaud, il y a toujours quelque chose à voir
Le matin, le midi, le soir et même à la nuit noire
Regarde badaud, regarde, ne perds pas l'espoir...

ABC  :
http://detente-en-poesie.over-blog.com/

 

Voir les commentaires

Rédigé par ABC

Publié dans #poèmes de mes amis

Repost0

Publié le 19 Novembre 2009

Sur la photo du Badaud de Sarlat, la participation de Loïc de Trigon



L’HOMME DE LA RUE

 

Oh, passant…

Si j’étais vivant

Je ne serais pas l’objet

De cette attention qu’il te plait,

En cet instant, de m’accorder !

Tant il est vrai qu’en ces temps difficiles,

L’homme de la rue doit se taire et rester docile !

 

Oh, passant…

Tu me crois savant,

Du temps et de l’histoire

De cette ville que tu viens voir !

Tu ne sais pas combien je suis lassé

De cette vue qui ne bouge pas

Comme de la foule que je ne vois pas.

 

Oh, passant…

Laisse-moi dormir, maintenant.

Il faut que je me repose

De ce que, jamais, je n’ose !

Tu sais, faire taire cette voix intérieure

Qui souffle ma vie, celle prise avec envie,

Par ton appareil de photographies !

 

http://www.loicdetrigon.fr/

Voir les commentaires

Rédigé par Loïc de Trigon

Publié dans #poèmes de mes amis

Repost0

Publié le 15 Novembre 2009

Sur la photo du Badaud de Sarlat, la participation de Corinne d'Opaceo

 

Assis là sur les marches en  pierre
Il a le regard lointain presque triste
Il a face à lui cette petite église
Que regarde t-il …c’ est un mystère

 
Serait-il  poète ...... rêveur
Isolé sur cette petite place animée
Il est là sous cette chaleur
Etouffante de l’été

 
Tout le monde vient l’ admirer
Le toucherl e photographier
C’ est vrai qu’ il y a du tourisme
Mais il ne bouge pas quel charisme

 

Pas facile de savoir à quoi il pense
Il regarde en silence
On le regarde avec admiration
Sans se poser de question

 

Toi badaud de Sarlat
Pourquoi es-tu là  ???
Pourquoi être ici ????
Bon je ne le saurai pas
Et bien tant pis   


Corinne d'Opaceo 

Voir les commentaires

Rédigé par Corinne d'opaceo

Publié dans #poèmes de mes amis

Repost0

Publié le 11 Novembre 2009

Aujourd'hui découvrons ce badaud (une statue de Gérard Auliac) installée au coeur de Sarlat sur un muret le long d'une ruelle qui domine la grande Place de la  Liberté.



Il observe les touristes nombreux en ce mois d'août. Si vous voulez vous mettre à sa place et observer ce qu'il regardait juste au moment où j'ai pris la photo CLIQUEZ ICI

 

 

A VOS PLUMES  !

Que vous inspire ce badaud ?

Merci de m'adresser vos écrits à 
quai-des-rimes@orange.fr .

 

 

Voici ci-dessous le poème qu'il m'a inspiré :

 

Le badaud de Sarlat


Je suis prisonnier de la Place de la liberté.       

Au soleil estival, le bronze je me fais bronzer.

Je suis tout brûlant, surtout ne me touchez guère

Je ne suis pas en or,  c’est de la crème solaire.

L’hiver je glace sur place à mirer la place

A la foule  du mois d’août  de profil je fais face.

Et clic, et clac, et « cheese » en photo on me fige

Et clic et clac, et « cheese » on me peine et m’afflige.

Mes cliques et mes claques, je souhaiterais prendre ;

Mes cliques et mes claques, vite sans plus attendre.

Je ne veux plus m’encroûter à Sarlat la Caneda

Pour tenir je rêve d’un grand voyage au Canada.

De l’atlantique au Pacifique, Ottawa, Vancouver

J’aimerai être un pigeon, un oiseau migrateur.

Oh Ironie du sort, aux pigeons je sers de perchoir

Oyez bonnes gens, Circulez il n’y a rien à voir.

 

Eglantine / Novembre 2009

Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #A vos plumes

Repost0

Publié le 7 Novembre 2009

Aujourd'hui un texte de Brigitte Lécuyer et je sais que vous l'appréciez :

Le bal du comte d’Orgel

    Texte de Brigitte Lécuyer  

 

Le livre était tombé de l’étagère que j’avais entrepris de ranger et de dépoussiérer, bien que la poussière et moi, cohabitions sans problème. C’était un  livre de poche à la tranche bleuâtre, au titre archi connu mais j’avais beau fouiller ma mémoire,  je ne me souvenais pas de l’histoire. Je parcourus les premières lignes et je fus aussitôt certaine d’une chose : je ne l’avais jamais lu.

Le temps était passé et le livre datait. Je me lançais dans l’aventure du Bal du comte d’Orgel  comme on s’efforce de lire un classique pour parfaire sa culture, enfin pour ne pas avoir l’air idiot en société.

 

 


 

Je rentrais sur la pointe des pieds dans l’histoire, dont la préface de Jean Cocteau m’impressionnait déjà. J’appréciais peu au début, le style décalé un poil précieux, les tournures surannées de grammaire et l’évocation d’un monde un tantinet mondain, si lointain du notre. Mais je continuais ma lecture, me laissant aller à croire à cette histoire d’amour comme on en fait plus, chaste et courtoise,  aux sentiments francs et de digne amitié devait m’apporter quelque chose. J’allais de découverte en découverte, m’imprégnais de l’ambiance si particulière, et ça me faisait presque autant plaisir que de retrouver un billet de vingt euros dans la poche d’un vêtement d’hiver. 


Peu à peu, je me prenais au jeu, me sentant moi aussi hors du temps, pensant à cette étoile filante de la littérature, ce prodige, qui d’après Cocteau était un garçon petit, pâle et myope, aux cheveux toujours mal taillés. Un très jeune homme avait conçu cette improbable histoire, et puis, il avait disparu, sans avoir pu remanier son œuvre. Il ne savait pas, ne pouvait pas savoir qu’elle lui survivrait éternellement, et qu’il resterait à jamais ce « monsieur Bébé » comme le surnommait alors ses amis.     

Je refermais l’ouvrage avec un brin de nostalgie, sans bien savoir pourquoi.  Il me laissait un sentiment bizarre d’une histoire pas vraiment finie.

Je le posais en évidence sur une pile de livres à rendre à la bibliothèque et n’y pensais plus. Une amie passa me voir et après avoir bavardé comme il se doit entre amies, elle me demanda en partant si j’avais un livre à lui  prêter. Je fouillais des yeux ma collection et lui demandais si par hasard, elle connaissait celui-là « le bal du comte d’Orgel ». J’ouvris le livre, pour voir si mon nom y était inscrit car, je préfère qu’il le soit pour le prêter.  J’y trouvais juste entre la première page et la deuxième page, le nom de celui qui me l’avait prêté un jour : J.P …… accompagnait cette date 15.10.1968.

 

Dieu comme c’était loin tout ça. Néanmoins je revis immédiatement de qui il s’agissait, c’était aussi frais dans ma tête que si ces événements avaient eu lieu l’avant- veille.

  Jean Pierre .... était tout le contraire de Raymond Radiguet. Il était mince et grand, blond doré, les cheveux fins et déjà clairsemés sur le sommet du crâne. Ses yeux d’un bleu azur, étaient vifs et intelligents derrière de petites lunettes d’intellectuel. j’aimais moins sa bouche, aux lèvres trop minces. A ses traits physiques correspondait un caractère heureux et des manières policées.

Je l’avais trouvé sur le bord d’une route, enfin c’est lui qui m’avait trouvée    loin de chez moi, où inconsciemment comme on peut l’être à dix-neuf ans, je faisais du stop de retour d’Espagne afin de réintégrer la capitale. À cause de mésentente confirmée et de sales coups en traître, j’avais dû abandonner l’ex-amie avec laquelle j’étais partie confiante et guillerette, et qui elle, possédait un véhicule avec lequel nous étions sensées revenir.

Avec ce qu’il me restait en poche, je pouvais à peine atteindre  Vierzon, mais ça n’aurait pas suffi  et comme, je devais être au bureau dans les trois jours, je n’avais eu d’autre solution que le stop,  moyen éprouvé et éprouvant que j’avais  maintes fois expérimenté, mais toujours à plusieurs. Cette solution fortement déconseillée par tout parent digne de ce nom était hélas périlleuse pour toute fille, fut-elle la plus tordue et la plus déglinguée des filles.  Sauf qu’à cette époque, je n’avais aucun parent qui se souciât de mon devenir, je pouvais donc errer en totale liberté après avoir vécu dix longues années enfermée dans un pensionnat de bonnes sœurs.  

Maintenant que j’avais commencé, il fallait en finir, et rentrer coûte que coûte.  Le dernier véhicule m’avait déposée là, moi et mon barda et j’étais encore toute chamboulée en pensant aux dangers auxquels je venais d’échapper par miracle.

J’espérais benoîtement que mon périple finirait mieux qu’il n’avait  commencé. Le précédant chauffeur avec lequel j’avais traversé l’étendue infinie des Landes, n’avait discouru durant tout le voyage que de la libération des femmes qu’il approuvait hautement,  me questionnant sans cesse. Il voulait tout savoir et rien payer, savoir si j’étais pour ou contre la pilule, ce que faisaient mes parents, mes opinions sur l’avortement, si j’avais un petit copain. Pendant deux longues heures, j’avais eu droit à un laïus décousu, des propos ambigus, des coups d’œil torves et des regards lancinants vers mes seins. Je serrais les fesses, ne répondais que par monosyllabes. Sa voiture se traînait et le sale type qui devait avoir dans les trente ans sonnés, arborait une alliance reluisante et une barbe dure d’au moins quatre jours. Parfois, il faisait mine de ralentir, me lorgnant de biais pour voir ma réaction,  puis il repartait à vingt à l’heure et je tremblais qu’il ne s’arrêtât, lui et sa bagnole pourrie au beau milieu de cette forêt de malheur. Après des kilomètres de sapins sans fin et peu ou pas d’habitations, j’étais au bord de l’implosion, prête à ruer dans les brancards, à cogner de mes petits points cet apprenti satyre, pour sauver mon honneur. Je savais bien que ma cavalcade solitaire m’exposait à ce genre d’aventure, mais je ne provoquais pas. J’avais mis des habits corrects, du moins les moins affriolants possibles.   Je portais pantalon et chemisier boutonné jusqu’au col, malgré la chaleur. J’étais  décidée à lui tenir tête, à lancer vers le ciel mon contralto éraillé. Hélas, je ne pratiquais aucun art martial qui put faire sensation, juste du ping-pong dans un club du treizième arrondissement et si j’étais rapide à la course à pieds, je ne l’étais pas assez pour échapper à ce gougnafier déterminé aux pulsions bestiales. Après m’avoir abreuvé de propos vaseux, je sentais bien que l’animal s’impatientait. Il posa alors sa grosse patte velue sur ma cuisse. Prestement j’enlevais la main qui semblait lui manquer pour tenir son volant, et je fis mine d’ouvrir la portière en roulant. Alors seulement, il soupira, me maudit, moi et toutes les greluches de mon espèce, mais il arrêta son cirque.

C’est à un carrefour que le malotru me déposa intacte, voyant qu’il n’y avait rien à tirer d’une gourdasse pareille.  Et c’est parce j’étais aussi myope que ce pauvre Radiguet, que j’avais l’air innocente derrière mes bésicles,  que j’avais cru échapper aux satyres de tous poils. C’est dire si je ne savais rien encore de la nature humaine.  

 

C’est alors que Jean Pierre était arrivé tel un preux chevalier en jean blanc et chemise fleurie et qu’il m’avait même proposé de m’avancer en direction de Bordeaux. J’acceptais l’offre. Lui au moins, il était de mon âge. Il affichait un regard clair d’honnête garçon et je lui contais ma mésaventure par le menu. D’un air des plus sérieux,  il affirma que j’avais eu de la chance, puis il se moqua de moi. Je cru comprendre qu’il n’y avait rien à craindre de celui-ci, qu’il ne tenterait pas d’abuser de la situation. Il m’annonça qu’il était aussi fauché que moi,  et que si ça n’avait pas été le cas, qu’il m’aurait bien avancé mon billet de retour. Je remerciais cet être exquis, mais malheureusement, notre voyage s’acheva vite. Il habitait dans le coin. Nous échangeâmes nos coordonnées et comme il étudiait à Paris, il promit de me faire signe dès son retour à HEC pour savoir comment je m’en étais sortie. A vrai dire, je ne croyais pas le revoir.  

Aux confins de Bordeaux et à la sortie d’une bretelle d’autoroute, embouteillée, j’attrapais dans mes rets un conducteur partiellement paumé, qui  cherchait sa route. Je le persuadais de m’emmener pour l’aider à consulter les cartes françaises et éventuellement à lui servir de copilote.

Je terminais donc, ce périple  dans un seul et même véhicule, celui d’un avocat espagnol ventripotent qui me sembla (c’est une manie) des plus inoffensifs. Trop heureux de trouver quelqu’un pour lui tenir compagnie, le vieux monsieur s’enhardit, et il m’avoua ne plus ressentir la fatigue. C’est qu’il avait l’intention de s’arrêter en chemin, de faire le voyage en plusieurs étapes, et je le persuadais du contraire. Nous nous arrêtâmes donc vers midi et des poussières, dans un restaurant près d’une gare, et il reprit des forces. Je ne connaissais rien à l’Espagne en dehors de Santander, mais je fis semblant de me passionner pour ce pays. Il avait l’air si heureux d’en parler. C’est ainsi qu’entre les harengs pommes à l’huile et la mousse au chocolat, il me fit l’éloge de sa Galicie chérie et il m’invita même dans un futur proche, à venir vérifier sur place. C’était reposant, au moins avec lui, je n’avais nul besoin de répondre à des questions salaces, nul besoin de faire la conversation, il était intarissable. Le vin coulait sur sa cravate, il buvait, et il reprenait confiance en lui. Moi pas trop, mais je ne désirais qu’une seule chose, continuer ma route, qu’il soit aviné ou pas, et arriver chez moi avant la nuit. C’est ainsi que de fil en aiguille, sa voiture confortable, aux plaques minéralogiques consulaires, me déposa au pied de mon immeuble.   

 

           Puisqu’il l’avait promis, Jean-Pierre me téléphona un jour. Je le revis aux alentours de l’automne, et nous passions des heures chez lui ou dans des troquets enfumés à discourir de littérature, de peinture et de futures expositions où nous n’allions pas parce que nous étions aussi fauchés l’un que l’autre. Il appréciait mon humour potache et s’amusait de ma soif d’apprendre et de ma belle candeur. Il travaillait beaucoup, et je crois qu’entre deux partiels, je l’amusais.  Il trouvait cependant que les parisiens étaient trop gâtés, mais ça le changeait de chez lui, son pays d’Oc. Ses parents étaient vignerons, et grâce à ses compétences, je fus initié à quelques dégustations.  Jusqu’à ce jour, j’avais peu de goût pour ce breuvage que je jugeais aussi perfide qu’amer. J’appréciais le vin blanc, du moins je connaissais quelques vins alsaciens. Mais mes connaissances en matière d’œnologie s’arrêtaient là. Je lui avais narré les détails de ma randonnée fantastique et comment j’avais fini cette virée osée, dans la voiture diplomatique d’un haut dignitaire de la justice espagnole. Il semblait évident que je n’étais pas prête à recommencer pareille aventure, mais je pouvais dormir tranquille avec Jean-Pierre qui disait que je n’étais pas son genre de fille mais qu’on pouvait rester amis quand même. Ça tombait bien, je l’aimais bien, je l’admirais même, mais il n’était pas mon genre non plus, j’appréciais pourtant sa franchise. Nous pouvions donc bavasser des heures comme frère et sœur de coeur, en sirotant les Bordeaux de papa, aux tanins capiteux et enivrants. Et je n’étais pas en état de rentrer, je pouvais dormir chez lui sans contrepartie.  Au matin, il m’achetait des croissants, et je reprenais mon métro et ma vie fade d’employée de Ministère. 

Sursitaire, il choisit de faire son service militaire en Algérie au titre de la coopération et je vis partir cet ami à regret. Nous correspondîmes un temps, nous envoyant des lettres de plus de quatre pages, dont j’ignore bien encore le contenu. J’ai détruit tant de courriers, quand je me suis mariée et que j’ai déménagé pour aller vivre au Sénégal où mon époux venait d’être muté. 

Je  regrette aujourd’hui d’avoir jeté aux oubliettes,  cette partie de ma jeunesse, mes petits papiers, mes courriers, mes poésies, mes dessins, mes peintures et bien d’autres trésors encore.  J’aurai pu retrouver son adresse, lui rendre ce livre, lui confier mes impressions et y aller de mes petits commentaires sur cet ouvrage étonnant dont le héros, finalement lui ressemblait tant.  

J’aurai aimé lui dire que si l’eau avait passé sous mes ponts, je ne l’avais jamais oublié tout à fait et que je m’étais mise à écrire cette histoire et bien d’autres… et que c’était ma façon d’exister maintenant. 

Il fut sans doute le seul ami désintéressé que j’eus, et je sais que la vie lui aura été plus facile qu’à moi, puisqu’il avait déjà en mains les cartes pour réussir, un avenir qui s’annonçait brillant et surtout une famille unie. J’ose croire qu’il pensa à moi parfois, en voyant une fille intrépide le pouce en l’air au bord d’une route déserte   

Je n’ai pas oublié ce regard bleu, ce large front d’intellectuel, ses lunettes dorées, cette intelligence fine.

Qu’est-il devenu aujourd’hui, aurait-il encore envie de converser des nuits entières avec moi, et que pourrai-je  lui raconter qu’il daignerait entendre

 

                                                 Brigitte Lécuyer   (février 2006)             

Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Brigitte Lécuyer

Repost0

Publié le 3 Novembre 2009

D'après une consigne d'écriture d'Enriqueta (très légèrement transformée dans la forme), ce poème :


 

Photo flickr mise à disposition par OB

 


Je voudrais vous promettre Maman

D’être toujours bien sage comme une image

Mais toutes les images sont elles si sages ?

 

Je voudrais vous promettre Maman

de ne jamais parler à un inconnu

Mais de père inconnu ne suis-je pas issue ?

 

Je voudrais vous promettre Maman

De ne rien demander sans dire « s’il-vous-plait »

Mais avez vous pensé que cela me plairait ?

 

Je voudrais vous promettre Maman

De bien réussir ce que vous avez raté

Mais est ce vraiment cela que vous souhaitez ?

 

Je voudrais vous promettre Maman

De chagrin de ne pas vous faire mourir

Mais s’il-vous-plait pourrais je vous désobéir ?

 

Je promets Maman de ne rien vous promettre

Je ne veux ni mentir, ni me compromettre

Comprenez que je ne veuille pas paraître

Acceptez que je sois celle que je veux être

Ainsi un jour nous nous aimerons peut-être

 

Eglantine : 3/11/2009

 

Voir les commentaires

Rédigé par Eglantine

Publié dans #Poèmes

Repost0