Publié le 3 Septembre 2014

Pour ma première participation aux prénoms du mercredi, un petit poème sans prétention :

 

PETRONILLE

 

Ses grands yeux  de bonheur pétillent

Ses cheveux  couleur camomille

ont un doux parfum de vanille

Elle sautille sur ses gambilles

Chaussées de bien jolies botilles

Si jolie, si vive et gentille

Telle une étoile elle brille

Cet amour de Pétronille

Qui fait la joie de la famille

 

Martine  / Septembre 2014

Claude Ponti, Pétronille et ses 120 petits,

Claude Ponti, Pétronille et ses 120 petits,

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Rédigé par Martine.

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Publié le 31 Juillet 2014

Karina

Mon esprit était bien vide

Devant moi était Karina

Tu avais un joli nom mon guide

Karina

 

Ton visage carré était noir

Ton regard soudain s’alluma

J’y vis une rivière ce soir

Karina

 

Tu parlais en phrases courtes

Pour me guider sur ma route

Je rêvais déjà

Que lorsque je serai sur le pont

Nous y danserions tous en rond

Karina et  moi

 

En face de l’autre côté du gué

L’autre rive soudain m’attira

Tu te mis soudain à m’ordonner

Halte la, halte la

 

Il est trop tard pour un retour

Le pont je vais emprunter

Au beau milieu m’arrêter

Me retourner, adieu mon amour

Je m’en vais,  je te fuis

Karina eructait

 

Si possible faites demi tour

Et à gauche tournez

Et  à  droite tournez

Et  j’en ai pleuré

 

Surtout ne pas t’écouter

Avancer insconsciente

Toujours tout droit confiante

Et Je suis arrivée

 

La mer surgit intrépide

Mon passé soudain me quitta

Je suis restée seule avec mon guide

Karina

 

Plus question de phrases courtes

Ni de guide sur ma route

Est-ce que tu comprends ça

Finis les amours impossibles

Et les guides inflexibles

Ferme la Karina

 

Ta voix m’est insupportable

Je te jette en mer Karina

Des poissons tu seras guide

Tu te noies, tu te noies

 

Martine / Octobre 2009 rediffusion pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots (suite à ma participation au défi 128 du lundi 24 juillet Natacha)

 

J'ai écrit ce poème  un soir après avoir maudit dans la journée mon système de navigation (Karine)  ........et pardon à Gilbert Bécaud que j'aime tant pour avoir parodié sa chanson "Nathalie"

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes, #Parodies

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Publié le 28 Juillet 2014

Photo google image

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Journal de Natacha / Moscou Janvier 1964

 

Comme chaque matin en me réveillant, je tire les rideaux. La Moskova gelée est recouverte d’un épais manteau de neige. A travers la brume, le soleil essaye de percer pour réchauffer la ville. C’est une belle journée qui débute. Je ne me doute pas à cet instant qu’elle marquera à jamais ma vie.

Après avoir avalé rapidement quelques blinis tartinés de fromage blanc et du café bien chaud. Je sors de chez moi et me dirige vers l’hôtel pour venir chercher mon client du jour, Monsieur SILLY. C’est un français ce qui est exceptionnel. Ils sont rares les touristes de l’Europe de l’ouest venant en URSS en pleine guerre froide.  Dans le hall de l’hôtel, je l’attends comme convenu.

Soudain, un homme brun mince d’une trentaine d’années descend  prestement avec élégance  les dernières marches du grand escalier.  Il a les cheveux bruns lissés en arrière avec de la brillantine Il porte un manteau en daim brun au col de fourrure. Il s’arrête brusquement, jette un bref regard circulaire dans le hall, se remet en marche et se dirige vers moi.

 

  • Bonjour  François Silly, Vous êtes Natacha ?
  • Oui Monsieur enchantée de vous accompagner ?
  • Excusez-moi de vous avoir posé cette question mais je suis surpris, agréablement, vous êtes rousse et j’imaginais les russes blondes : stupide idée reçue.
  • Que voulez-vous visiter Monsieur ?
  • Je ne sais pas, c'est vous qui décidez, je vous suivrai avec plaisir  Natacha.
  • Alors nous allons débuter par le mausolée de Lénine

 

Je suis troublée par son regard noir pétillant de vie, mais curieusement doux et charmant.

Il sort de l’hôtel, se coiffe d’une chapka noire. Nous marchons dans les rues presque désertes à cette heure matinale.

Sur l’immense place, nous nous arrêtons pour admirer la vue d’ensemble. J’attire son attention sur la cathédrale Basile le Bienheureux, véritable château de conte de fée aux dômes ressemblant à des berlingots recouverts d'un soupçon de chantilly neigeuse. De l’autre côté de la place, je lui montre l’imposant musée d’histoire rouge foncé avec de fines tourelles blanches. Je termine ma présentation par le  mausolée de Lénine adossé au Kremlin avec sa coupole de cuivre recouverte de neige. Pendant que je lui raconte la révolution de 1917, je le sens rêveur, absent comme si l’histoire ne l’intéressait pas.

 

  • Dois-je continuer mes explications Monsieur ?
  • Mais oui bien sûr. Excusez moi Natacha : vous avez une très jolie voix avec un accent charmant qui me fait rêver.

 

Devant le cercueil de verre ou Lénine repose embaumé, rien ne vient briser le silence mais je sens derrière moi son regard insistant.

Nous quittons la place. Il fait très froid, Il me propose de nous arrêter dans un café pour boire une boisson chaude afin de nous réchauffer. J’accepte volontiers son invitation.

Attablés dans la salle sombre de ce café moscovite, en dégustant chacun notre chocolat brûlant, je le découvre enfin. Il fume en me regardant une cigarette brune. Il attire ma curiosité. Je ne sais rien de lui. Je ne sais jamais rien sur mes clients, c’est la règle. Que fait cet homme en France ? Pourquoi vient-il visiter Moscou ?

 

Il interrompt mes pensées :

 

  • J’aime bien votre prénom Natacha
  • Merci, je l’aime bien aussi
  • Vous paraissez si jeune Natacha, Peut- être êtes-vous mariée ?
  • Je suis célibataire, étudiante en français et je vous sers de guide pour gagner quelques roubles pour payer mes études. Je suis intriguée de voir un français visiter Moscou. Si ce n’est pas indiscret, puis je savoir ce qui vous amène ici ?
  • Le plaisir de la découverte Natacha et un certain goût pour ce qui sort des normes. J’aime aller où les autres ne vont pas et pourquoi pas ensuite en témoigner
  • En témoigner mais comment ?
  • Par la chanson Natacha, je suis chanteur
  • Chanteur mais que chantez vous ?

 

Sans répondre il se penche ver moi et se met à chantonner à voix basse

« Et maintenant, que vais-je faire
Vers quel néant glissera ma vie
Tu m'as laissé la terre entière
Mais la terre sans toi c'est petit »

 

Je suis sous le charme de sa voix chaude et vive

 

  • C’est beau et triste. Vous chantez très bien Monsieur
  • Accepteriez-vous Natacha de me chanter une chanson russe.
  • Je chante très mal Monsieur, je préfère vous réciter quelques vers de notre célèbre poète Pouchkine ;
  • Je vous écoute Natacha

 

Je me mets à réciter langoureusement tout en le regardant.

 

Ciel de brume ; la tempête
Tourbillonne en flocons blancs,
Vient hurler comme une bête
Ou gémit comme un enfant. 
Mais buvons, compagne chère
D'une enfance de malheur !
Noyons tout chagrin ! qu'un verre
Mette de la joie au cœur !

 

Je m’arrête, garde le silence quelques instants…. Il semble ailleurs.

  • Vous aimez ces vers ?

Il me prend la main et la tient dans les siennes soutient mon regard. Je suis sous le charme. Le désir monte. La table qui nous sépare freine mon impulsif désir d’étreinte. Il me serre la main plus fort la caresse, se lève et me fait un petit bisou sur la joue en me disant :

 

  • Un petit bécot Natacha.... avant le grand.... peut-être !

 

N'osant nous l'étreindre dans ce café devant de nombreuses personnes, je lui propose de sortir et de continuer la visite.

Nous nous levons à regret, il paye le serveur. Nous sortons. Nous continuons la visite de Moscou. Je suis tellement troublée que je n’ai plus aucun souvenir de ce que nous avons vu.

Je lui propose de passer la soirée avec mes copains étudiants à l’université. Il accepte avec plaisir.

Dans ma petite chambre, nous lui parlons de la vie à Moscou, de nos joies et difficultés quotidiennes. Il nous parle de la France, de Paris, des champs élysées.

Nous buvons beaucoup, beaucoup trop. Il fume ses cigarettes brunes en chantant :


Salut les copains
Voyez j'ai mauvaise mine
Les rues de Pantin
Manquent de mandoline

Je pars en voyage
Avec pour bagage
Dans ma petite musette
Cinq ou six chaussettes

Deux ou trois chemises
Ma plus belle mise
Moi je pars pour l'Italie

Vous me voyez sur des gondoles
Emporté au fil des canaux
De tarentelle en barcarolle
Dansant l'soir au bord du Lido

 

Au petit matin, mes copains un à un nous ont quittés. Seuls dans la chambre, nous nous aimons.

François me quitte, il doit passer à son hôtel chercher sa valise avant de prendre son avion. il me promet de revenir un jour prochain. Il m’invite à Paris où il me servira de guide.

J’irais peut être un jour à Paris.

 

 

Journal de Natacha / Mars 1965

 

 

Ce matin j'ai reçu un courrier venant de Paris. À l'intérieur de l'enveloppe une courte lettre de François : Pour vous Natacha ces quelques vers de Pouchkine et mon dernier disque "Nathalie".
Je lis les quelques vers de Pouchkine en Français

 

"Je vous ai aimé et mes sentiments
Tressaillent encore dans mon âme,
Et si mon cœur est dans les tourments
Ne vous inquiétez surtout pas, Madame.
Je vous ai aimé sans grand espoir,
Jaloux, suspendu à vos regards,
Je vous ai aimée timidement et si sincèrement
Que Dieu fasse qu’un autre vous aime autant.
"

 

Sur la pochette du disque la photo de François (alias Gilbert Bécaud). Je met ce disque sur l’électrophone et j’écoute :


 

 

Quelle émotion, je pleure. Je n’ai pas oublié François, je l’aime toujours. Je ne suis pas pour lui non plus un amour de passage. Non seulement il ne m'a pas oublié et il me célébre en me dédiant cette chanson ……. Et si j’allais à Paris.

 

 

Martine / Juillet 2014 pour le défi N° 128 des croqueurs de mots

 

N.B. :

Merci à Jeanne pour ce défi qui m'a procuré un beau plaisir d'écriture de cette fiction (car c'en est une même si cela part d'une rencontre réelle) et, au delà,  m'a permis d'apprendre sur Gilbert Bécaud et sur cette chanson que j'aime tant  ce qui suit :

Le vrai nom de Gilbert Bécaud est François Silly.

Le texte de Nathalie est de Pierre delanoé qui interviewé par l'express disait :

« J'ai mis un an à le convaincre d'interpréter Nathalie, qui s'appelait d'abord Natacha et vivait un amour impossible dans l'horreur communiste. À chaque fois, il m'envoyait sur les roses. Un jour, il m'a dit : «Invente une image forte ! » J'ai sorti : « La place rouge était vide/Devant moi marchait Nathalie »… Il s'est mis au piano. On a fini dans l'heure…"

Natacha n'était pas blonde mais rousse.

Le café Pouchkine n'existait pas en 1964 à Moscou. Il a été ouvert en 1999 pour célébrer le bicentenaire de la naissance d'Alexandre Pouchkine. Gilbert Bécaud viendra participer à cette inauguration en 1999. L'histoire ne dit pas s'il a revu Nathacha à cette occasion et si il a servi un jour de guide à Natacha dans Paris.

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Rédigé par Martine.

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Publié le 24 Juillet 2014

Absence

Un jour tu as pris ton envol

Au fond de mon cœur il revient

Un souvenir qui s’étiole

Une fleur blanche sans parfum

Une histoire sans parole

Un regard aux yeux éteints

 

Absence, ô absence

Imperceptible présence

 

Tu es un parfum entêtant

Comme une onde qui m’engloutit

Tu es un refrain obsédant

Comme un long cri qui m’assourdit

Tu es un regard pénétrant

Comme un rayon qui m’éblouit

 

Absence, ô absence

Insupportable  présence

 

Martine (juillet 2008) rediffusé pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots (défi N° 128 : les sentiments)

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Rédigé par Martine.

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Publié le 17 Juillet 2014

Mon lit

Quel plaisir chaque soir, ton cocon retrouver

Dans tes limbes soyeux, lascive m'enrouler

Entre jour et nuit, Ephémère trêve

M’enfuir grâce aux mots, fuir dans mes rêves

Bonheur de lire au lit, Voyage garanti

Lire, aimer, rêver, pour chasser l’insomnie

 

Martine / Juillet 2014 pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots.

Défi N° 127 lancé par Enriqueta

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Rédigé par Martine.

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Publié le 14 Juillet 2014

Plus de futur à Hières

Dans ma bibliothèque, j’ai trouvé en arrivant ce matin, sur mon bureau, un bouquet de roses pourpres accompagnées d'un bien curieux message dactylographié :

 

« Ne cherchez pas les livres de Sciences Fiction, je les ai tous volés et pour me faire pardonner je vous offre  ce bouquet de roses pourpres. Trouverez-vous Hélène qui je suis  parmi les visiteurs qui viendront ce jour en votre bibliothèque d'Hières ? Si vous me reconnaissez, faites le moi savoir en me disant « Plus de futur à Hieres» et je vous ferai un cadeau.  A Bientôt Mignonne ! ».

 

Je me suis précipitée vers les rayonnages de la section fantastique et sciences fiction. Ce n’était pas une blague tous les ouvrages avaient effectivement disparu.

 

Il n’y avait pas eu d’effraction. Qui pouvait posséder une clef de la bibliothèque. J’en avais égaré une il y a une semaine, le voleur avait dû me la dérober dans mon tiroir de bureau à mon insu.

 

Offrir des roses rouges dans le langage des fleurs est l’aveu d’un amour passionné.

Qui parmi les habitués de la bibliothèque pouvait à la fois me vouer un amour secret et être passionné de Science-Fiction ?  Je savais que la réponse à cette question me permettrait de démasquer le voleur amoureux. 

 

Cet acte insensé n’avait peut-être pas de justification. Il pouvait être l’acte d’un dément. Cette dernière hypothèse m’angoissait, ma vie n’était-elle pas en danger ? cet individu ne voulait-il pas me tuer et, ainsi, aussi me voler mon futur ?

 

Il ne me restait plus qu’à attendre les habitués de la bibliothèque et à  être vigilante.

Le premier visiteur fut un jeune gendarme qui venait suite à mon appel téléphonique. Il prit ma déposition et me confisqua le message du voleur. Il repartit bien vite en m’indiquant qu’un de ses collègues viendrait prendre des empreintes. J’eus la conviction que ce vol à la bibliothèque n’avait aucun attrait pour lui et que ce dossier serait vite classé.

 

Une journaliste du quotidien local, une jolie rousse aux yeux turquoises, lui succéda me posa quelques questions et me prit en photo. Je lui suggérais un titre pour son article « Plus de futur à Hières». Elle éclata de rire et me dit que cela ferait un excellent titre.

 

Monsieur le Maire, un agriculteur du village à la grande taille et forte corpulence fit ensuite son entrée, solennelle comme à chaque fois. Quel charisme Monsieur le Maire ? Il me fit la bise et se montra rassurant.

 

  • « Ne vous en faites pas Hélène, vous n’êtes pas responsable. Qui aurait pu penser qu’on viendrait dérober une nuit des livres sans valeur dans notre petite bibliothèque ? et puis notre voyou est gentleman, il vous offre des roses pour se faire pardonner. Notre voleur a-t ‘il pris les Barjavel ?

 

  • "Bien sûr Pierre, absolument tous les livres de Sciences Fiction Barjavel compris" lui répondis-je étonnée par sa question".

 

Il me regarda alors avec un curieux sourire mi amusé, mi ironique qui me déplut en me disant :

 

 

Je me rappelais soudain que Monsieur le Maire ne lisait que les livres de sciences fiction. Il avait un double des clefs de la Bibliothèque. Il voulait  soudain relire un roman dont le titre évoque une rose, Curieux. Et si c’était lui notre voleur amoureux ? Serais-je la rose et le paradis serait-il une menace d'un futur ailleurs tout là haut.

 

Cette pensée subite me fit peur mais bien vite je l’écartais. C’était stupide, Monsieur Le Maire avait lu tous les livres de cette section de la bibliothèque, pourquoi les aurait-il volés ? J’hésitais un moment puis je prononçais la phrase de reconnaissance

 

  • « Plus de futur à Hières Pierre ».

 

  • « Pour le moment seulement Hélène. pour le moment ...Je vais appeler le commandant de la gendarmerie pour que tout soit fait pour retrouver rapidement le coupable. Si nous ne retrouvions pas les livres, nous en achèterons d’autres. Il y aura toujours un futur à Hières Hélène. Peut-on concevoir une vie sans futur.

 

Et fier de cette dernière sortie hautement philosophique, Il prit congé et sortit.

 

Plusieurs visiteurs vinrent emprunter des livres. Certains s'étonnèrent que le rayon Science-Fiction soit vide et m'interrogèrent. Je leur appris le vol en ajoutant en souriant "Plus de futur à Hyeres". Beaucoup sourirent de ce jeu de mots mais aucun ne me fit de cadeau.

 

En fin de soirée, J'étais prête à fermer la bibliothèque quand un homme brun élégant d'une quarantaine d'années qui ne faisait pas partie des habitués des lieux et que je n'avais jamais vu auparavant s'approcha de mon bureau, me sourit :

 

  • Bonjour, j'aimerais pouvoir consulter un livre sur place si vous le possédez dans votre bibliothèque.... ". Est-ce possible  ?

 

  • Je suis désolée Monsieur mais la bibliothèque va fermer. Revenez demain matin et vous aurez le temps nécessaire pour consulter tous les livres que vous souhaitez.

 

  • C'est très gentil mais Je suis ici aujourd'hui, nul ne sait où je serai demain. Je n'ai qu'une seule page d'un seul livre à consulter, cela me prendra à peine cinq minutes. souhaitez-vous savoir quel livre je souhaite consulter ?

 

Incroyable, Je ne luis avais même pas demandé quel était ce livre tant j'étais perturbée par la recherche du mystérieux voleur, par l'envie de revenir au plus vite chez moi tant la journée avait été éprouvante et, il faut bien l'avouer, par le charme de ce visiteur du soir.

 

  • Quel est donc ce livre Monsieur ?

 

  • C'est un livre de poésie "les amours" de Ronsard

 

  • Nous en possédons un exemplaire en livre de poche, je vais vous le chercher

 

Je me dirigeais vers le rayonnage poésie, saisit le livre et le remit à cet homme qui aimait Ronsard, poète pour qui personnellement j'ai une grande admiration

 

Il le prit s'installa à une table et le feuilleta. Il s'arrêta sur une page et se mit à lire.... Il semblait songeur.

 

Je m'approchais de lui doucement

 

 

 

  • Monsieur je dois fermer la bibliothèque, j'ai eu une rude journée aujourd'hui on nous a volé tous nos livres de Sciences Fiction. Vous vous rendez compte "Plus de futur à Hières"
  • Mais il vous reste le présent, Vivez le intensément sans penser à hier, ni à demain. Vous devriez remercier ce voleur de futur qui je l'espère viendra aussi voler vos livres historiques. Hières sans passé et sans futur, avouez Mignonne que c'est une perspective séduisante.

 

Brusquement il arracha la page qu'il était en train de lire, prit son stylo plume souligna le titre et  quelques vers du poème se leva et partit en chuchotant "au revoir Hélène"

Je restais tétanisée la page du livre à la main, incapable pendant quelques secondes de réagir. Je repris mes esprits : Sur ma feuille un titre souligné "Sonnets pour hélène : Quand vous serez bien vieille" avec quelques vers encadrés

 

"Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie".

 

Une sonnerie stridente retentit soudain qui me fit sursauter, je venais de rêver. Dommage je ne saurais jamais si le voleur de futur reviendrait voler le passé à Hieres car, même si j'en rêve parfois, dans la vraie vie je ne suis pas bibliothécaire.

 

Martine / Juillet 2014

Défi N° 127 des croqueurs de mots lancé par Enriqueta

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Publié le 10 Juillet 2014

Avec ou sans elles

Je vous hais, je vous aime

Quel étrange dilemme !

 

Ma vie est un vaste flou.

Que ferais-je sans vous ?

Avec vous je peux lire

Contempler et découvrir.

 

De, à ce point m’asservir,

Je voudrais vous maudire

Souvent par étourderie,

Dans un coin je vous oublie.

 

Je vous hais, je vous aime

Quel étrange dilemme !

 

Par des lentilles charmées,

J’ai tenté de vous quitter

Liaison si douloureuse

Me revoilà honteuse

 

Sans rancune et assidue

Ô vous m'avez attendue

Précieuses amies vous  êtes

Mes  si braves lunettes

 

Je vous hais, je vous aime

Quel étrange dilemme !

 

Martine / Juillet 2014 pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots.

Défi N° 127 lancé par Enriqueta

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Publié le 3 Juillet 2014

Dans mon bain de douceur, j’attends paisiblement

Loin de l’agitation,  je savoure l’instant.

Des voix familières, feutrées et assourdies,

De douces musiques, qui bercent ma nuit.

Voluptueuse  pause,  je suis si bien ici.

Que puis-je attendre ?  Désir, crainte d’ailleurs.

Jamais satisfaite,  il me faut le meilleur.

Je m’agite soudain, c’est le moment je sors.

Tout au bout du tunnel, Lumière du dehors,

Bouffée d’air vif et frais, je suffoque et crie.

Retourner d’où je viens,  je le veux mais ne peux.

On me prend dans les bras, Ô douceur d’un baiser.

On me parle à mi-voix,  de Joie je suis comblée.

Fin de solitude, Je découvre l’amour.

Aimer et être aimée, je le veux pour toujours.

 

Ne plus rien attendre, profiter de l'instant

 

Martine. Juillet 2014 pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots (Thème :  l'attente)

Première attente

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Publié le 30 Juin 2014

Nous sommes deux vieilles sœurs jumelles.  Jusqu’à ce jour, ni la vie, ni personne n’a réussi à nous séparer mais aujourd’hui nous nous sentons menacées et nous sommes en pleine déprime.

 

Jolies, à la fois réservées et accueillantes nous avons su nous faire aimer de la plupart de ceux et celles qui nous ont côtoyées ; enfin nous le pensions jusqu’à ce jour.  En échange de leur estime et attention, nous les avons tous écoutés, soutenus  sans rien dire. Nous étions là pour eux tout simplement même pour ceux qui nous en avaient fait voir de toutes les couleurs sans nous ménager. C’était parfois difficile surtout en vieillissant mais nous supportions sans nous plaindre.  

 

Aujourd’hui nous nous sentons de plus en plus délaissées, nous angoissons et nous n’arrêtons pas de nous remettre en cause en nous posant des questions inutiles et parasites : Cette vie-là vaut-elle encore la peine d’être vécue ? Sommes-nous réellement utiles à nos proches ? Nous craignons de vieillir encore, de physiquement nous délabrer et de mourir oubliées de tous ?

 

Il faut dire que nos conditions de vie ont changé dernièrement. Auparavant nous vivions en ville dans une maison avec un petit jardin où nous aimions nous dorer au soleil, observer les roses que les abeilles aimaient butiner et les cétoines dorés sur les arums, écouter le chant matinal des oiseaux dans les arbres avant que les bruits de la ville viennent le couvrir. Il y avait de la vie, des couleurs autour de nous et nous aimions.

Les vieilles jumelles

A la retraite depuis peu, nous avons déménagé en zone rurale. C’est triste la campagne.  Les immenses champs aux herbes hautes ont remplacé le jardin fleuri, coloré au parfum de rose et au gazon bien entretenu ;  Les rumeurs de la ville ont fait place au silence.


Nous sommes désormais installées en plein milieu d’un pré avec notre amie la table. Nous avons entendu notre propriétaire dire qu’il allait nous brader dans une brocante, peut-être... S'il le fait, nous risquons ainsi d’être séparées. S’il  nous conserve nous allons pourrir sur place. Ce n'est pas l’amour mais l'ennui qui est dans le pré pour nous. Triste vie que la vie de chaise mieux vaut une vie de bâton de chaise !

 

Martine Juin 2014 pour le défi N° 126 des croqueurs de mots

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Publié le 22 Juin 2014

Hier après-midi, nous avons fait une longue promenade dans le 15ème arrondissement de Paris de la Porte de Vanves au Pont Mirabeau. Il faisait très chaud. Nous avions déjà vu le pont Mirabeau en passant dessous en bateau mouche très rapidement. Un moment de pure joie de le découvrir autrement. Beaucoup moins flamboyant que le Pont Alexandre III avec ses colonnes, ses statues et ses lampadaires, le Pont Mirabeau est tout aussi beau dans sa simplicité.

Le pont Mirabeau
Le pont Mirabeau
Le pont Mirabeau
Le pont Mirabeau
Le pont Mirabeau
Le Pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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