Publié le 13 Février 2010

Je suis née en  Février 1953 à Paris dans un foyer d’employés d’un grand magasin supposé faire « le bonheur des dames ». Pour mon père J’étais  un miracle. La vie avait eu le dessus. Il aima tout de suite sa petite fille très brune aux grands yeux noirs qui poussa un grand cri dès qu’elle fut libérée du cocon maternel. Ce cri effaçait le silence insoutenable de la naissance de leur premier bébé mort né et leurs larmes de douleur.

 

 

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Pour ma mère ce cri fut insupportable, ce bébé était une fille et quand on me posa criant et gesticulant sur son ventre, elle me rejeta aussitôt. Elle voulait un garçon pour oublier son petit Bernard silencieux et immobile à jamais. Elle décida de me confier quelques temps à ma grand-mère, Mon père  souffrit de cette décision mais ne dit rien. Dans sa famille les femmes dirigent depuis plusieurs générations, les hommes pacifistes se taisent pour éviter le conflit : penser, intérioriser, surtout ne rien dire, laisser faire….

 

J’ai donc passé une grande partie des premières années de ma vie chez Jeanne ma grand-mère paternelle qui  me couvrit d’affection et de tendresse. Elle n’avait eu qu’un fils mon père et je la comblais de bonheur.  


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Jeanne, à 53 ans, s’ennuyait à Paris dans sa loge de concierge avec mon grand-père très effacé, silencieux et triste. Sa Bretagne natale lui manquait. En cirant à genoux les marches des six étages de l’escalier de l’immeuble, elle rêvait des côtes de granit que les vagues déchaînées viennent frotter.


Elle était née en 1900 à Quimper dans une famille pauvre. Elle était l’aînée d’une famille de 6 enfants et s’était occupée ensuite de ses frères et sœurs. Puis elle avait du travailler jeune elle était devenue femme de chambre, gouvernante chez des notables.


Elle était particulièrement fière d’avoir travaillé pour le petit-fils du Maréchal d’empire Exelmans et fière du certificat qu’il lui avait fait quand elle les avait quittés « Intelligente et dévouée telle la jugeait Madame Exelmans et telle je la juge moi-même ».


Elle était tombée amoureuse de Jean mon grand père un beau facteur, s’était mariée et avait dû le suivre au fur et à mesure de ses mutations.


C’est dans le Loir et Cher à Gièvres que mon père naquit en 1921. Ensuite ils quittèrent cette campagne pour Paris et s’installèrent comme beaucoup de bretons à proximité de la Gare Montparnasse.


Mon père, bien qu’il travailla très bien à l’école, leur donna beaucoup de soucis car il était de santé fragile. Il attrapa la diphtérie ce qui l’obligea à renoncer à son désir d’être instituteur. Par idéal anti-communiste, il s’engagea dans la guerre d’Indochine. Trop sensible il revint traumatisé par les atrocités de cette guerre.

 

Mon grand père Jean  avait de grosses lunettes d’écaille et gardait toujours sur sa tête un vieux  béret noir de feutre râpé. Il était peu démonstratif, n’embrassait pas, ne caressait pas mais était d’une grande bonté. Il m’aimait à sa façon, en silence. Il m’emmenait parfois au Parc Montsouris.  Penché  au dessus du bassin il faisait voguer un petit voilier sur l’eau en me chantant doucement « Maman les petits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ».

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Mamie m’emmenait souvent à la Samaritaine. Nous y allions en bus. J’aimais rester sur la plate-forme arrière et regarder les rues défiler, les passants pressés, les automobiles. La traversée de la seine au pont Neuf me plaisait particulièrement. Je regardais les bateaux mouches et les péniches voguer.  La Samaritaine imposante  au  toit en coupoles me fascinait. Nous prenions les escaliers mécaniques et nous arpentions les rayons aux vieux planchers de bois. Ma grand-mère avec les bons de la Semeuse m’achetait des robes, de jupes des pulls, des manteaux et de jouets.

 

 

Le soir , dans l’unique petite pièce de la cheminée, bien au chaud dans mon lit, je rêvais de princes charmants et de princesses.

 

 

Pendant un certain temps , je ne me rappelle plus combien de temps et je garde de cette période un souvenir présent mais très estompé, mes parents me reprirent dans leur studio de la rue Saint Sébastien dans le 11ème.  Dans la journée ils travaillaient et me confièrent à des voisines. je me souviens toujours de l’une d’entre elles, Hélène, que j’aimais beaucoup. Elle était Israélienne avait un garçon plus grand que moi qui m’aimait comme une petite soeur. Tata Hélène, c’est ainsi que je l’appelais, me couvrit d’affection.Puis dès que j’ai eu l’âge d’aller à l’école, je revins chez ma grand-mère.


Je passais tous mes été chez ma tante Germaine à La Rochelle et son amie de toujours que j'appelais Tatie Jo. Elles me gâtaient beaucoup et j'ai gardé de ces étés un souvenir encore aujourd'hui très présent et l'envie de vivre les dernières années de ma vie dans cette ville. Mon père et ma grand-mère m'y rejoignaient parfois. Nous allions à la plage tous les après-midi.




Sur le port de la Rochelle. Avec Ma grande cousine Yvette à gauche et Tante Germaine

A quatre ans,  je rentrais à l’école privée Sainte-Elizabeth dans le 14ème arrondissement.  Je me souviens encore de la petite cour carrée avec le grand préau à l’ancienne. J’étais une petite fille timide, bien élevée, calme  et j’avais souvent la croix de mérite que j’étais fière d’afficher avec son joli ruban sur mon tablier d’écolière.  Une fois même j’eus la croix d’honneur et pour me récompenser ma grand-mère m’offrit une belle poupée Bella que j’appelais Laurence.


Ecole Ste Elisabeth / Paris 14ème  (Avril 1959)
Je suis la 3ème en haut à partir de la gauche.


Mamie m’avait appris la lecture et l’écriture  et à cinq ans, je savais déjà lire. A six ans, je rentrais directement au cours élémentaire en sautant le cours préparatoire Mon père me rendait visite le week-end et j’attendais sa visite avec impatience. Parfois je rentrais chez mes parents le week-end mais pas  souvent car c’était loin.  Ils avaient quitté Paris pour emménager dans un appartement deux pièces en banlieue à Rueil-Malmaison parce que ma mère attendait un enfant. J'eus donc une petite soeur, Christine, en mars 1959. Pauvre maman encore une fille.  Je ne savais pas que j’allais bientôt les y rejoindre et que ce serait la fin de ce que j’appelle les années bonheur de mon enfance, enfance d’une petite fille qui n’avait qu’un seul défaut celui de ne pas être un garçon.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 7 Février 2010

Valentine m'a taguée. Le tag consistait à prendre la 10ème photo de son premier dossier "images".

Je ne classe pas mes photos dans le dossier images mais dans le dossier "mes documents". Mon premier dossier de photos dans le dossier "mes documents" est un dossier qui s'intitule "Agadir 2008" et je vous présente ci-dessous la dixième photo : ma petite fille Pauline avec ma fille Laurence sa maman au Club Med d'Agadir

Toutes les photos de ce dossier ayant été prises par Laurent le papa de Pauline en avril 2008 (Pauline avait 7 mois). Pauline est une petite fille très affectueuse et souriante d'habitude. elle ne sourie pas sur cette photo mais un enfant ne sourie pas toujours et j'ai respecté le tag  :



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Je dois normalement taguer 6 personnes. Je tague les 6 premières personnes qui mettront un commentaire sur cet article (si elles le souhaitent bien sûr)  sauf valentine qui m'a taguée.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 4 Février 2010

Cher amis,

Je vous ai raconté ma vie professionnelle mais je n'ai pas terminé de vous la conter. Il se trouve que je suis entrain d'en jouer le dernier acte et je ne sais pas quelle sera l'issue de ce dernier assaut. Pour des raisons que vous comprendrez je ne peux continuer pour le moment. Patientez encore un peu. En attendant , car cela peut durer encore quelques semaines, quelques mois,  je suis entrain d'écrire mon histoire personnelle. Ce n'est pas facile, c'est parfois douloureux mais je suis certaine que cette expression me permettra de guérir de mon enfance mais en guérit-on un jour ?

En attendant, un court poème ci-dessous de mon amie Brigitte  Lécuyer en complément à mon  "jeu de main" . Il vaut mieux donner la main que jouer avec ses mains :


Donner la main

 

Donner la main aux petits

Pour traverser les rues de la vie

Donner la main à l’ami

Pour voir sa peine amoindrie

Donner la main à ses parents

Quand l’âge venant, ils s’oublient !

Donner la main à un mourant

Pour pénétrer la longue nuit !


Brigitte Lécuyer 










Photo flick'r mise à disposition par OB

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Rédigé par eglantine

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Publié le 31 Janvier 2010

Sur un jeu d'écriture d'Enriqueta, un court poème que les mains m'ont inspiré : 

 

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Sur la main elles ont le cœur

Pour mieux partager leur bonheur

Longues et fines mains tendresse

Douces qui si bien caressent

Jeux de mains, jeux de vilaines

Aux innocentes les mains pleines

Leur  amour n’est pas cousu main

Elles se font la main ce matin

Et c’est le pied à contre-pied

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

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Publié le 24 Janvier 2010

Coucou me revoila, peu de temps en ce moment, je concentre toute mon énergie ailleurs sans me laisser distraire par des divagations ce qui m'empêche d'écrire..... et puis ce matin entre deux rounds, une petite pause :

 

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Ils m’ont snobée,  sous estimée

Ils ont cru être les plus forts

Ils vont savoir qu’il ont eu tort

Sans rien dire, j’ai supporté

Ma vengeance j’ai préparée

Pot de verre contre Pot de fer

Résister à l’adversaire

Le combat vient de commencer

Il sera long , je vais gagner

J’ai résisté aux blessures

J’ai colmaté mes fêlures

La leçon qu’ils pourront tirer

Se méfier du verre fêlé

 

 

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

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Publié le 11 Janvier 2010

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Plus loin que la Norvège

 

De ses placards bien rangés

Notre mère l’a extirpé

Pour me l’offrir     

Qu’il n’aille pas réchauffer

D’autres corps étrangers.

Depuis il n’a pas bougé, 

Ses mailles si serrées

Ne laissent rien passer,

Ni vent, ni neige

Ce bon pull de Norvège !

  

Quelques larmes ont coulé  

Le long de nos joues froissées

De toi, longtemps on a parlé  

De tes ivresses, de tes folies

Les miennes me paraissent si sages

À côté

Je les déloge pourtant

Pour les confier aux pages

D’un futur roman

Tous ces instants

Glanés du passé.

 

En ce matin clair de janvier

L’air est figé,

Mes larmes aussi

J’ai enfilé ton beau pull gris

Souvenir

D’une escale en Norvège

Il peut neiger

Avec lui, je suis sereine

Seule mon âme s’étonne 

Que tu ne sois plus dedans

A narrer tes exploits,

À rire aux éclats

Toi, tu n’as plus chaud ni froid

Au cœur et aux pieds

Tu es parti là-bas

D’où on ne revient pas

Vers des ailleurs givrés.

Plus loin que la Norvège

 
Brigitte Lécuyer


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Rédigé par eglantine

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Publié le 4 Janvier 2010

Une année vient de s’écouler.

 

Elle fut riche en émotions :

 

Joie intense en juin d’être grand-mère pour la quatrième fois.  Notre petite Léonore est un vrai rayon de soleil. Toujours entrain de sourire et de rire dès qu’on la regarde.  Puisse-t’elle en 2010 et toujours conserver cette joie de vivre.

 

 


Plaisir de voir notre petite Pauline (2 ans ), la sœur de Léonore grandir et prononcer ses premiers mots, émotion de la voir ouvrir ses cadeaux en murmurant papa « ouel » et  une semaine après de l’entendre nous dire assurée « bonne année » au téléphone.

 

Bonheur de voir nos enfants Grégorie et Laurence et petits enfants réunis en Juillet à Cergy le temps d’un repas de famille.  C’est si rare. Puissions-nous revivre cela en 2010.

En effet Grégorie habite à Cannes avec sa compagne et  les deux petits et la distance ne facilite pas les rencontres mais la distance n’explique pas tout.

Kylian (3 ans) est  un petit garçon très vif d’esprit pour son âge qui a une mémoire incroyable. J’étais touchée de le voir très attentionné avec Pauline sa petite cousine même si celle-ci ne voulait pas lui prêter ses jouets !  Cameron son petit frêre que nous avions vu bébé est devenu  un petit bambin d’un an très sociable,  souriant, avide de découvertes qui ne marche pas encore mais avance très vite à quatre pattes.  Tristesse aussi d’être considérés par nos petits enfants comme des inconnus. A chaque fois que nous nous les voyons nous devons renouer la relation.

 

Tristesse vite effacée par la joie de les retrouver en août lors d’une semaine de vacances dans le Périgord . Peine profonde de les voir s’en aller sans savoir quand nous pourrons les revoir et sans oser avoir pu dire à Grégorie combien nous l’aimions. Il a toujours eu l’impression depuis qu’il était tout petit d’être moins aimé que sa sœur alors qu’il nous est si cher et que nous en sommes fiers. Il aurait été bon de le dire même si le dire n’est pas en soi une preuve d’amour. Puissions-nous enfin oser en 2010 prononcer ces mots simples « je t’aime » mais si difficiles à dire.

 

Plaisir de revoir en décembre mon amie Françoise, consultante emploi comme moi (souvenez- vous les tournesols) qui a préféré quitter l’ile de France pour rejoindre Nice et le soleil de la côte d’azur. Tristesse d’apprendre sa leucémie. Puisse ta joie de vivre, ton dynamisme et ta volonté te permettre Françoise  en 2010 de gagner ce combat.

 

Pourquoi tous ceux que j’aime s’en vont t’ils vers le sud ?  Nous pourrions nous y  installer quand je serai en retraite  mais dans l'impossibilité de pouvoir nous émerveiller nous n’y serions pas heureux. Le soleil et la Méditerranée ne nous ont jamais fait rêver. Nous y descendrons néanmoins souvent pour revoir tous ceux que nous aimons tant qu'ils y seront.

 

Tristesse de voir mon époux Jeff à 58 ans ½ perdre son travail en janvier. Ce n’est pas l’inquiétude des lendemains qui m’attriste, tout va bien pour nous. J’en veux aux entreprises qui  dans ce pays éjectent du jour au lendemain à un ou deux ans de la retraite des seniors ayant beaucoup d’années  d’ancienneté sous prétexte qu’ils sont trop payés et qu’elles peuvent  à la place au même coût embaucher 2 ou 3 jeunes qu’elles n’embauchent d’ailleurs pas.


Colère de voir mon fils et sa compagne qui travaillent dans la même entreprise être licenciés en même temps d’un grand groupe américain. Comment une entreprise quand il n’y a pas de fermeture de site et qu’elle fait un choix, selon des critères sociaux décidés avec les représentants du personnel, peut-elle licencier en même temps  le mari et la femme avec deux jeunes enfants à charge. Puissent t’ils retrouver du travail en 2010 ou réussir une reconversion professionnelle ?


Colère contre mon employeur qui brutalement lors d’un changement de directeur a décidé que je gagnais trop et, en toute illégalité et m’a privée du jour au lendemain sans me prévenir d’une prime mensuelle importante alors que l’activité de l’entreprise ne fait que croître et que le chiffre d’affaires que j’ai apporté à l’entreprise l’an dernier représente 4 fois mon salaire avec la prime. Début d’un combat…
 

Difficulté à supporter l'agressivité croissante des salariés que nous accompagnons dans un contexte économique difficile, des partenaires sociaux des entreprises clientes pour qui les reclassements ne sont jamais assez rapides et à qui leur employeurs on parfois fait croire que nous allions faire immédiatement des miracles. Très grande peine de voir certains collègues stressés au point de s'agresser verbalement par mails interposés avec en copie un maximum de personnes dans l'entreprise afin de blesser et de se couvrir.

 

Chagrin de perdre brutalement  à l’automne une amie blogueuse Françoise du Var….. Nous ne nous étions jamais rencontrées. Amitié virtuelle diront certains  mais peine sincère et profonde.


Souvenirs d’enfance, émotion nostalgique de revoir La Rochelle en décembre, cette ville que j’aime tant où j’ai passé tous mes étés quand j’étais enfant chez mes tante et marraine. 

Rue du temple : j’ai levé les yeux et j’ai regardé les fenêtres au second étage. Il m’a semblé voir la petite fille que j’étais qui essuyait la buée avec ses mains et regardait en dessous les passants dans la rue.  En voyant la lucarne au dessus des fenêtres, Je me suis souvenue des malles du grenier remplies de déguisements. J'aimais me déguiser en princesse.


 



J’ai été voir la jolie maison avec le chat sur le toit à qui je disais bonjour tous les après-midi quand nous allions à la plage. Il est toujours là imperturbable comme si il m’attendait. Une pensée émue pour mes tante et marraine qui ne sont plus.

 

 


 

Une année de crise avec des petits plaisirs, des grandes joies, des coups de coeur, des peines profondes passagères ou durables, des colères, des combats……. Une année ordinaire en fait comme toutes les années même si c’est la fin d’une décennie….. Le temps passe vite, la vie s’écoule parfois douce, parfois cruelle mais si belle tant qu'on continue à s'émerveiller, à douter et à accepter que tout est éphémère. Ce sont les certitudes qui empêchent de rêver, d'espérer et de vouloir évoluer soi même et changer le monde.


Jolie vie à vous tous en 2010.

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 24 Décembre 2009

Joyeux  noël  de rêve et de tendresse




Chers amis si vous n'êtes pas abonnés à la new's letter et si vous ne voulez rien manquer, merci de vous inscrire

Je reviendrai déposer quelques mots sur mon quai, de temps en temps mais moins souvent.....

En attendant si vous voulez me retrouver et échanger vous pouvez me retrouver
ICI.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 19 Décembre 2009

 

Il y a quelques années, j’ai pondu ce papier, j’ai même commis une bourde en voulant faire drôle, je l’avais envoyé à une vague connaissance, laquelle venait de perdre sa mère, ce que j’ignorais. Elle a cru que je me moquais d’elle, enfin elle m’a carrément prise pour une demeurée et depuis me regarde de travers.


Aujourd’hui, je dirai que ce texte est de circonstance et bien de saison, à défaut d’être de bon gout, mais j’assume. Au vu de la conjoncture actuelle, la pandémie et tout le tintouin qu’on nous assène à longueur d’informations, je me suis posé la question, devais-je encore partager ces mots avec vous ? Mais puisque l’humour n’a jamais tué personne, lui,  et qu’il nous aide à vivre mieux et vieux, je ne résiste plus, je vous le livre en l’état, ponctué d’une virgule ou deux supplémentaires, voici :

 

On m’a toujours dit qu’il était déconseillé d’offrir des mouchoirs : que ça risquerait de faire pleurer celui qui les recevait ? Comme je n’ai pas l’âme d’un bourreau, je m’abstiens donc d’un tel cadeau.  Sachez seulement que le mot bourreau n’existe pas au féminin, j’ai cherché dans mon dico, je n’ai trouvé que bourrelet, derrière bourreau, lequel bizarrement est du genre masculin. A vrai dire, je pourrai juste être bourrelée de remord d’oser écrire pareille ineptie…mais je pense seulement vous faire pleurer …de rire.

En attendant revenons à nos moutons, si l’homme ne pleure, pas, il se mouche, et ça passe rarement inaperçu. Entendez-vous dans nos campagnes…mugir ces féroces soldats...et bien ils se mouchent !

   

Je dois vous avouer, que je ne me mouche guère. Ou alors juste une petite fois sous ma douche, histoire de ramoner un peu les conduits et de laisser l’oxygène pénétrer les tréfonds de mes poumons. Evidemment sauf, quand j’ai attrapé un rhube de cerveau. Là il me faut la boite de kleenex, les boites devrai-je dire, et à portée de mains s’il vous plait. Je pleure, inonde vêtements, oreillers, draps, me liquéfie en éternuements exténuants. Je me noie dans un océan de larmes, et  tandis que mes pauvres mirettes brûlent de milles piques acérées mon nez enfle se gonfle comme une montgolfière prête à décoller. Le voilà qui crie, supplie que cesse enfin cette affaire là.  Il voudrait retrouver sa taille d’avant, se faire discret si possible, enfin plus discret qu’un nez au milieu de la figure. Il rêve de dégouliner en paix sous des cieux toujours bleus. Mais il faut se rendre à l’évidence, il a l’air d’un lumignon et pourrait servir de phare par gros temps aux naufragés d’hiver.


Si l’envie me prenait de regarder la tête dans mon miroir, mon beau miroir, je ne verrai qu’une chose bouffie, navrante à pleurer et là, oui vraiment, je serai tentée de m’en aller quérir cet accessoire qu’on appelle communément mouchoir et qu’utilise l’homme, du moins le mien.    


Car si je peux dans des cas rares, y voir certains avantages, nettoyer mes lunettes par exemple, je n’aime que les kleenex et aucun mouchoir indigne de ce nom ne viendra jamais squatter mes tiroirs à moi. Je n’apprécie que les kleenex, même si ce n’est pas écolo, je les aime à la chlorophylle, à la menthe fraîche, celle qui dégage les voies aériennes supérieures comme on dit  en himalayen, j’aime les duveteux, les extra-doux, les minis, les paquets de dix, les Pocket, les boites carrées, les rectangulaires, les pyramidales, (si si, ça existe) les en couleurs, ceux qui vous feraient pleurer de bonheur rien qu’à les voir et les humer.


Je vis dans mon siècle, j’aime pouvoir utiliser cette astucieuse invention et je bénis celui qui a pensé à nous les femmes et à nos appendices délicats. L’inventeur de cette feuille, petite, douce, fragile, qui sait si bien recueillir nos chagrins, essuyer les débordements de rimmel et tarir nos larmes de rire.

  Le rituel débute le matin lorsque j’en suis à déjeuner et que je profite de la cuisine pour savourer mon thé. L’homme débarque hirsute engoncé dans sa robe de chambre courtelle lie de vin. Il dépose un chaste baiser sur mes lèvres à la confiture, et là soudainement il est pris d’une envie irrépressible : il sort de sa poche l’accessoire, déplie ce carré à carreaux qu’utilisait déjà son grand-père, un truc monstrueux qui pourrait servir de nappe pour un pique-nique dominical, c’est dire !


 Entre deux bouchées de biscottes, j’essaie de le persuader d’aller voir ailleurs si j’y suis, mais n’ayant pas encore l’esprit affûté, j’objecte trop mollement. Parfois, l’homme daigne se déplacer dans la pièce à coté, et là dans d’augustes élans, il souffle, s’époumone tel un phoque sur sa banquise pour tenter d’extirper miasmes, microbes et crobes entiers qui s’obstineraient à adhèrer aux parois de son valeureux tarin.   


Le bruit alors est tel qu’il fait sursauter mes minettes, lesquelles s’imaginent  un tremblement de terre et détalent horrifiées. Le bruit s’enfle et couvre les infos…. et voilà que je rate la météo. Ce ne sont que « trompettages » sonores (ne cherchez pas dans le dico) et tonitruants, concerto ou tard, allant du fa dièse au sol mineur, et quand ce n’est pas suffisant, que la mission n’est pas correctement remplie, l’homo erectus risque un doigt, mais rarement deux. Et c’est dans cette tenue ô combien virile, qu’il part en expédition à l’assaut de ses conduits intimes.  Il triture, malaxe, fouille au pif, jusqu’à en extraire ce qui doit l’être absolument.

Et quand c’en fini tout ce ramdam à réveiller les morts, il faut, mais le faut-il vraiment, il contemple, s’extasie du résultat de cette savante tirebouchonnade (mot crée pour la circonstance) sauf que je n’ai plus de mots pour décrire l’indicible.

Pauvre de moi consternée, j’évite de regarder dans sa direction, je pense à d’autres choses, aux malheurs de Sophie, de Régine ou de Florence, mes amies bien aimées, au temps qu’il fait dehors ou qu’il fera, à ce que je vais bien pouvoir écrire a l’atelier d’écriture, enfin à n’importe quoi….mais pas à ça. Alors, las, à bout de souffle, le voilà qui considère, quoi au juste dans la lumière,  je vous le demande !


Regardez bien comment ils font. Vous verrez que je n’exagère en rien, que je n’invente pas, que ce n’est pas une spécialité incongrue du mien, qu’il n’est pas un homme des bois ou si peu, mais un être apparemment civilisé, un homme, seulement un homme.


Alors, satisfait de lui, soulagé, les muqueuses en jachère et le front conquérant, il remettra l’objet du délit, en boule au fond d’une poche. Plus tard, dans la journée, alors qu’il sera habillé de frais et rasé, il enfournera un  spécimen à carreaux propre, lequel ira rejoindre le couteau suisse, la clé USB, ainsi qu’une vieille note de frais et des piécettes joyeuses et….. L’homme vaquera à ses occupations. Il ira vivre sa vie d’homme. Comme chaque matin, il s’en ira au hasard des carrefours, tripatouiller le ventre d’armoires électriques, lesquelles régissent nos feux de signalisation.   

  Le soir venu, il se dépouillera de ses oripeaux. Il enfilera une tenue adéquate,  genre jogging mou qui n’a jamais vu la campagne qu’en catalogue, et il ira jeter ses frusques dans le panier à linge sale.  S’il y pense.      

  Et viendra le jour du lavage !  On sait par expérience, enfin on se doute  que les poches de monsieur sont rarement vides.  Alors on retourne, on enlève tout ce qu’on voit, et on devine qu’on va se retrouver nez à nez avec ce truc immonde  et là……bon, j’ai pitié de vous, pauvre lecteur, je vous épargne la suite…je m’en voudrais de perturber votre digestion.

Parfois, c’est le gros lot, on touche deux mouchoirs pour le prix d’un, un dans chaque poche, faudrait pas qu’il tombe en rade, le gars. On peut aussi en récupérer dans les vestes, anorak, coupe-vent et certains vont même jusqu’à se planquer sous les oreillers. Vous imaginez, une panne, manquerait plus qu’il vous pique vos chers kleenex, ou qu’il se mouche ailleurs…que dans des choses prévues à cet effet.     


 Mais il y a pire, le pire, c’est de retrouver ladite chose tirebouchonnée, lavée avec le pantalon, ladite chose compacte, qu’on doit déployer et forcément relaver dans une lessive à part, ladite chose qui, sans tambour ni trompette, aura frayé avec la clé USB et la note de frais illisible à jamais. Si la clé USB par miracle, en réchappe, la note de frais, elle ne sera plus si fraiche. Elle aura fait exprès de se dépiauter rien que pour vous embêter. Elle se sera dissoute en bouloches adhérentes, ne voulant plus lâcher ce gentil pantalon de velours (que vous avez oublié de laver à l’envers) ou ce polo foncé d’une marque crocodilienne que dans un  élan de grande générosité, vous lui aviez offert à Noël. 

Dire qu’il faut supporter ça sans moufeter, ça et bien d’autres trucs  peu ragoûtants des hommes, nos chers hommes à nous.  

A nous, plus tard, les montagnes russes de repassage. On adore tellement ça, repasser ses mouchoirs, que c’est la première chose qu’on donne à repasser à notre fille quand la mignonnette qui ne sait pas encore ce que c’est que d’être une ménagère modèle, manifeste le désir enfantin de vous aider ! Après ça se complique, elle n’y tient pas plus que ça en grandissant, même qu’elle serait plutôt du genre à vous rapporter son linge pour étoffer la pile. Alors même indisposée, dégoûtée, on fait son devoir, on les dispose en tas net, au carré avec les serviettes et les torchons qui eux en ont déjà vu des vertes et des pas mûres.  Tout ce petit monde rentrera sans faire d’histoire, dans l’armoire normande, prêt à servir et à resservir.  

 
Mais bon, faut bien avouer que ça peut être utile parfois. Imaginez que vous ayez un gros, très gros chagrin, il vous en tendrait un de ces fameux mouchoirs que vous avez dédaignés et voués aux pires gémonies,  juste pour vous consoler, essuyer vos mirettes, un tout propre évidemment, un qui fleurerait bon la Soupline senteur des prés et le repassage du lundi !   

Et quand c’est offert de si bon cœur, ça ne se refuse pas, un mouchoir !                                                          

 

                                                       Brigitte Lécuyer




























 Or cette invention, o combien indispensable à tout nez sensé, il se trouve que nombre d’hommes  rechignent  à l’utiliser, à commencer par le mien.  

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Rédigé par eglantine

Publié dans #Brigitte Lécuyer

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Publié le 15 Décembre 2009

A la Foire Saint-Martin à Pontoise, il y avait une exposition de poèmes et de dessins d'enfants....

J'ai eu un vrai coup de coeur pour le poème ci-dessous que j'aime beaucoup. J'ai voulu le partager avec vous. Il a toute sa place ici sur quai des rimes :




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Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes coups de coeur

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