vecu

Publié le 13 Septembre 2009

Me voici de nouveau en recherche d’emploi. Après toutes les compétences que j’ai acquises, je ne veux plus être assistante.

 

En 1993, en pleine crise économique, si je retrouve un poste en entreprise dans un département ressource humaines, ceci implique certainement d’avoir à mettre en œuvre des licenciements économiques et je ne souhaite plus faire cela.

 


Il me faut donc changer de métier ce qui implique une formation longue. Je n’ai aucune motivation pour me former…. J’ai toujours appris de manière empirique.

Alors que faire sans diplôme sans qualification en pleine crise……


C’est l’abattement, je n’ai plus envie de rien, de plus je suis découragée par l’entreprise dans laquelle j’ai mis tant d’espoirs.


Néanmoins, J'ai conscience que pour poursuivre ma route et poursuivre mon ascension professionnelle et il va falloir bien prendre le prochain virage afin d'éviter une sortie de route.


 

Et puis une nuit, j’ai une illumination. C’est souvent la nuit que les idées fusent chez moi, insomnie quand tu me tiens…. Et si je profitais justement de cette crise tout en aidant ceux qui en sont victimes……. J’ai une expérience en reclassement de personnels ouvriers d’une centrale nucléaire en construction plus une expérience en recrutement et si j’alliais ces deux expériences pour me reconvertir dans le reclassement de salariés. Cette fonction de consultante en mobilité professionnelle se situe bien à la croisée des chemins de mes compétences, capacités et motivations.


Rentrer à l’ANPE pourquoi pas mais ce n’est pas gagné,  il faut passer un concours, je n’ai pas le niveau d’études et je ne me vois pas fonctionnaire. Peut être existe-t-il dans le privé des sociétés de conseils pour les demandeurs d’emploi ou peut être pourrais je proposer directement mes services à des entreprises qui mettent en œuvre des plans sociaux en consultant indépendant ou en contrat à durée indéterminée.

 

Dès le lendemain, je me renseigne. Il existe déjà plusieurs cabinets sur le marché : des très grands et des plus petits. C’est une cible à exploiter prioritairement. J’écris une lettre de candidature spontanée pour expliquer mes atouts en termes d’expérience et ma forte motivation pour ce métier, je ne joins pas mon CV.  Mon objectif est d’obtenir un entretien et je ne l’obtiendrai pas si je montre que je n’ai aucun diplôme, aucune formation. Je suis très satisfaite de ma lettre.


Les résultats ne se font pas attendre. J’ai plusieurs réponses. Je rencontre le dirigeant d’un petit cabinet qui accepte de m’embaucher pour mener une antenne emploi sur Quimper pendant 6 mois. Je travaillerai toute la semaine sur Quimper dans cette Bretagne, dans cette ville ou j’ai des racines (ma grand-mère qui m’a élevée y est née, y a vécu). Mes frais de logements seront pris en charge.  J’annonce la nouvelle le soir à Jeff qui me demande de renoncer à cet emploi, il ne supporte pas l’idée de devoir être seul toute la semaine avec les enfants.  Si j’accepte cette proposition malgré tout je mets mon couple en péril une nouvelle fois, je ne le veux pas et j’y renonce avec regret et en voulant beaucoup à Jeff de m’avoir privé de cette perspective enthousiasmante.

 

J’ai d’autres rendez-vous dans des cabinets dont un dans le plus grand cabinet français de ressources humaines de l’époque le Groupe C... qui a un poste à pourvoir sur le bureau de Cergy qui va ouvrir pour prendre en charge la responsabilité du reclassement du personnel Ouvriers, employés et techniciens. Je n’ose pas y croire. Je ne dois pas manquer cette opportunité. J’enchaîne les entretiens avec différents consultants, je passe toute une batterie de tests psychologiques, de motivation. J’ai même le droit à une graphologie. En final je suis présentée au Directeur de l'activité emploi., Monsieur L…, avec qui j’ai un très court entretien très convivial et sympathique. Il me demande pourquoi j’ai quitté mon dernier poste dans l’immobilier d’entreprise et je lui dis la vérité tout simplement. A la fin de l’entretien, il me dit que je suis embauchée et me demande si je peux débuter immédiatement. Je n’en reviens pas : Intégrer le leader en France de l’outplacement, jamais je n’aurais osé le croire. Il est certain que je vais m’impliquer à fond pour remercier de cette confiance et de cette chance que Monsieur L…. me donne mais d’un autre côté, ma confiance en moi étant très relative, je doute beaucoup de mes capacités à réussir ce challenge.

 

Un an plus tard en revenant déjeuner avec Marie-Pierre dans mon ancienne entreprise (voir article), je rencontre à l’accueil une négociatrice que j’appréciais beaucoup et qui me dit qu’elle a des nouvelles de moi régulièrement ce qui m’étonne beaucoup. Très étonnée, je lui demande par qui. Elle me répond par ton Directeur. Elle est en effet la Belle fille de Monsieur L… qui lui avait bien entendu demandé son avis avant de m’embaucher.

 

Morale de cette chronique :

Il est très important en recherche d’emploi de contacter son réseau relationnel car, le monde étant petit, on est jamais bien loin du contact que l’on recherche…..

Toujours dire la vérité sur son départ sans critiquer son ancien patron ni son ancienne entreprise, tout peut se vérifier.

 

Bientôt la suite de mon histoire professionnelle…

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 4 Septembre 2009

Le dimanche précédant l'opération Laurence notre fille vient nous rendre visite. Je ne lui ai encore rien dit pour ne pas l'inquiéter et je lui annonce que je vais me faire opérer du sein. Laurence est gastro-entérologue-hépatologue dans un hôpital parisien. Elle me demande ma radio, je lui montre et elle me dit rassurée que les fausses images radiologiques existent et que peut être qu'il n'y a rien du tout et que s'il y a tumeur, elle est infime. Elle me recommande de surtout pas me faire opérer avant d'avoir consulté un autre radiologue sénologue. L'opération étant programmée,  ne supportant pas l'idée que ce grain de riz puisse grandir encore en attendant d'avoir un autre rendez-vous, je décide de passer outre son conseil.


L'avant-veille de l'opération, je me rends à l'hôpital pour rencontrer l'anesthésiste. Il regarde mes radios et après examen médical approfondi, il me déclare apte à être opérée.... Ouf. En sortant, je surprends la conversation de l'anesthésiste avec un assistant à qui il dit « Je me demande comment va faire le chirurgien pour situer ce qui est à enlever, je leur souhaite bien du courage. Je me rappelle soudain ce que m'a dit ma fille mais cette idée s'évacue rapidement, demain je rentre à l'hôpital et après demain plus de grain de riz, juste un mauvais souvenir.


Le lendemain soir, je rentre à l'hôpital. Je partage ma chambre avec une femme à qui on vient de retirer l'utérus complet. Ceci me permet de relativiser. Il fait très chaud : 35 °, les chambres ne sont pas climatisées, c'est d'autant plus insupportable que je ne dois rien avaler pas même de l'eau. Je ne dors pas de la nuit car ma campagne de chambre souffre énormément. J'essaye de la réconforter en lui parlant doucement. J'appelle une fois l'infirmière qui lui administre un calmant. La nuit passe difficilement, l'angoisse montre. Vais-je autant souffrir demain après l'opération.


Enfin le jour se lève, j'attends patiemment qu'on vienne me chercher. Le brancardier arrive en fin de matinée vers 11 heures, j'ai faim, j'ai soif. Il est temps que cela finisse. Je pense qu'il m'achemine au bloc opératoire, et bien non. Uniquement au service radiologie pour une radio qui permettra de situer la tumeur avant l'opération.


Je n'imaginais pas que ce grand hôpital pouvait avoir en sous-sol un réseau impressionnant de sous-terrains  avec de longues artères sombre que les brancardiers dévalent à toute vitesse en se croisant. Il ne manquerait plus que nous ayons un accident de brancard !


Nous ressortons enfin à la lumière et le brancardier me laisse devant le service radiologie dans un couloir de l'hôpital. Il y a d'autres patients parfois perfusés de partout qui attendent sur des brancards. Les patients de ville passent devant nous pour pénétrer dans la salle d'attente. Ils détournent le regard gêné comme si éviter de nous regarder pouvait les éloigner de la maladie. L'attente est interminable.


Enfin on me fait rentrer dans la vaste salle de radiologie. Je descends du brancard. On m'écrase de nouveau le sein droite dans tous les sens. Le radiologue examine ensuite ses clichés longuement devant moi. Il les repose sur mon bureau et me dit « je ne vois rien, il n'y a rien ». Néanmoins je vais tout de même faire une échographie pour vérifier. Je m'allonge sur le lit et de nouveau le gel gluant et froid sur les seins au passage de l'appareil. Il examine l'écran longuement puis me dit. Bonne nouvelle, vous pouvez rentrer chez vous, il n'y a rien du tout, c'était une fausse image radiologique. il n'y aura pas d'opération, je préviens le bloc. Je pense aussitôt à ma fille qui va bien se moquer de moi quand je vais lui raconter.


Le brancardier vient me chercher, nous dévalons de nouveau les sous-terrains à toutes vitesse et me voila de nouveau dans ma chambre. Aussitôt arrivée je demande de l'eau et à manger. On me répond que ce n'est pas possible puisque je n'ai pas encore été opérée. Surréaliste ! Apparemment l'information n'est pas passée auprès des infirmières. Je leur explique, je leur demande d'appeler la radiologie ou le bloc pour vérifier. Elles le font et m'apportent aussitôt un plateau repas et une bouteille d'eau.


J'appelle mon Jeff pour le rassurer et lui demander de venir me chercher vite. J'explique à ma compagne de chambre qui va mieux ce qui m'est arrivé. Elle me dit que j'ai beaucoup de chance et que pour elle c'est le contraire. Elle se faisait suivre régulièrement, elle avait fait des échographies et ils n'avaient rien vu !! Je culpabilise alors d'être en bonne santé et cela fait baisser en moi la colère qui me gagne, colère contre le premier radiologue, contre le chirurgien, contre moi même.  Je fais ma valise rapidement et m'habille.


Jeff arrive. Nous allons dire au revoir aux infirmières très agréables. L'infirmière chef me dit que je ne peux pas partir sans que le chirurgien soit passé me voir et ait signé mon bon de sortie.  Je demande à le voir tout de suite. Ce n'est pas possible me dit elle, il est au bloc. Il passera en début d'après midi. A 15 heures, il n'est toujours pas là. L'infirmière me demande encore un peu de patience. 15H30,  personne. Je vais voir l'infirmière et je me dis que je me moque du bon de sortie du chirurgien qui m'a fait hospitaliser pour rien, que je suis libre de mes actes et que je m'en vais. Je suis prête à signer une décharge puisque n'ayant rien, je ne risque rien. Je me dirige vers ma chambre pour saluer une dernière fois ma compagne de chambre.


Nous ressortons dans le couloir et je vois le chirurgien qui se dirige vers nous. Curieux tout de même qu'il arrive ainsi. Il semble gêné. Il ne s'excuse même pas et me dit vous savez nous préférons être prudents quitte à opérer pour rien plutôt que de ne pas retirer des tumeurs cancéreuses. Sachant que c'est cette raison qui m'a décidé à me faire opérer, je comprends son argument même si l'on peut penser qu'ils ont aussi des intérêts financiers à opérer. Je lui dis que je ne lui en veux aucunement mais je demande à ce qu'il me donne mon dossier médical avec mes radios et les différents comptes-rendus. Il refuse en me disant que le dossier n'est pas à moi et qu'il appartient à l'hôpital. Je lui rappelle la loi que chacun a le droit à son dossier médical. Il me dit qu'il va me rendre ma radio initiale mais qu'il me donnera pas les radios de l'hôpital.


C'est totalement illégal et j'explose alors en lui disant que je ferai une lettre recommandée au Directeur de l'hôpital pour le mettre en demeure de me les rendre. Il me tend le dossier sans les radios de l'hôpital. Je l'attrape et nous nous levons avec Jeff et prenons congé. Souhaitant oublier, je n'ai pas fait cette lettre.


Je n'oublierai jamais de toutes façons car aujourd'hui, même si ce grain de riz n'est pas dans mon sein, il est toujours dans ma tête et je crains qu'il réapparaisse. Rassurez vous je me fais contrôler régulièrement.

Puisse mon histoire servir de leçon.

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 31 Août 2009

C'est samedi aujourd'hui, C'est le printemps, il fait beau et chaud.


Avant de profiter pleinement de cette journée,  je me rends chez le radiologue pour faire une radio des seins, une simple visite régulière de contrôle. Une secrétaire m'accueille avec le sourire et j'attends dans la salle d'attente en feuilletant nerveusement les magazines et en observant les patients. Je me demande ce qui peut les amener ici. Certains ont l'air très tendus.


C'est mon tour une aide radiologiste vient me chercher. Je me déshabille dans une cabine étroite... Claustrophobe, j'ai horreur de ce moment. Elle exécute la radiographie et m'écrase mes seins volumineux dans tous les sens, les étire pour les faire rentrer entre deux plaques comme une tranche de viande dans un hamburger.  Je déteste la pénombre qui règne dans le cabinet. Je pense au soleil qui brille dehors et que je vais bientôt retrouver. Cette joyeuse perspective m'aide à mieux supporter ces manipulations. Je bloque ma respiration à la demande et n'ose même plus respirer quand on m'y autorise. J'évite l'étouffement. Après plusieurs clichés elle me demande de me rhabiller. Je regagne la cabine, enfile mon chemisier et je m'assois dans la salle d'attente pour les résultats. D'habitude c'est très rapide mais aujourd'hui l'attente me parait interminable.  J'ai comme un mauvais pressentiment


Le radiologue arrive, je le suis dans son bureau pour qu'il me commente les résultats et , sans précaution aucune, il m'annonce qu'il y a une image suspecte dans mon sein droit et qu'il va devoir faire une échographie pour vérifier.... Je suis sous le choc et sans réaction. Cela doit se voir car il ajoute ne vous inquiétez pas c'est tout petit...Je pense qu'il dit cela uniquement pour me rassurer... Je me dévêts le torse de nouveau, m'allonge sur le lit, il s'assoit à mes côtés et me passe son instrument sur mon sein droite, puis sur le gauche, le gel est aussi glacial que l'annonce qu'il m'a faite....... Il regarde l'écran, je regarde aussi, je ne vois rien de particulier mais inutile je n'y connais rien de toutes façons mais il faut bien que je lutte contre cette angoisse qui m'envahit. Après avoir examiné mes deux seins sous toutes les coutures, sans rien dire, il me demande de m'habiller dans la cabine. On devrait apprendre aux médecins pendant leurs études à considérer le patient comme un être humain et non comme un objet d'analyse. Une fois habillée, il me fait asseoir de nouveau à son bureau et me dit tout simplement. Que j'ai une minuscule tumeur au sein droite, qu'il n'y lieu de rien faire pour le moment, c'est aussi petit qu'un grain de riz, il faut voir comment elle évolue et refaire une radio dans 6 mois pas avant cela ne servira à rien. Il se lève tout simplement et prend congé. 



C'est le choc, j'ai une tumeur même infime dans le sein droit et je ne peux rien faire avant six mois. Je ris jaune de ce grain gris malsain au sein qu'il faut laisser évoluer, devenir petit pois, puis cerise, puis prune.... puis. C'est insupportable, il faut que j'agisse et stoppe son évolution. Je reprends ma voiture sur le parking en face du cabinet et pendant les cinq minutes de trajet, je me demande comment je vais annoncer cela à mon Jeff. Ne rien lui dire, refaire l'examen ailleurs, vérifier... Lui dire tout simplement que j'ai une minuscule tumeur dans le sein et qu'il n'y a rien à faire pendant six mois sinon vivre dans l'angoisse de l'attente.

Je rentre à la maison et je lui dis la vérité tout simplement ; Il me conseille d'aller voir notre médecin de famille et de lui demander son avis.


Ce cher Docteur P... qui sait écouter longuement et parler au patient regarde ma radio, me rassure et me conseille néanmoins d'aller à l'hôpital de la ville et de rencontrer le chirurgien sénologue.


Je prends rendez-vous, il faut encore attendre 3 semaines. Le rendez-vous venu, ce chirurgien très actif et bel homme qui ne dépareillerait pas dans la série « urgence » me reçoit, regarde les radios et me dit tout simplement qu'il faut retirer cette minuscule tumeur tout de suite avant qu'elle n'évolue. Étrange, mais cette annonce me rassure, je ne pouvais pas m'imaginer attendre 6 mois. Il me propose de la faire retirer dans 3 semaines et m'adresse à son assistante pour prendre le rendez vous pour l'opération.  Le jour que l'on me propose mi juin  est la date d'un séminaire professionnel à Eurodisney que j'attends avec impatience. Il n'y a pas d'autre date possible alors j'accepte et je renonce à une perspective réjouissante avec mes collègues au pays de Mickey pour me faire charcuter le sein.


A suivre....



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Rédigé par eglantine

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Publié le 29 Juillet 2009

Aujourd'hui la journée de travail est difficile. Je suis dans l'usine d'une très grande entreprise française et j'enchaîne les rendez-vous avec les salariés (6  dans la journée). C'est vraiment la chaîne normal pour un site de fabrication .

Mon entreprise et, en l'occurence moi-même, sommes payés pour faire partir un maximum de salariés dans le cadre d'un plan de départs volontaires. C'est la grande mode dans les entreprises en ce moment pour éviter les plans sociaux et les problèmes avec les syndicats et l'Administration.

Qui est volontaire pour partir actuellement. En grande majorité les ouvriers seniors qui ont pour beaucoup de 30 à 40 ans d'entreprise. Il se sont usés au travail. Certains ont débuté à 14 ans sur les chaînes de montage. Pour partir ils doivent avoir un projet professionnel et s'engager à chercher du travail. Les conditions de départ sont très avantageuses. Ils ne toucheront jamais autant en partant à la retraite. De plus ils ont un budget chacun pour suivre des formations. Tous veulent partir mais vraiment très peu souhaitent continuer à travailler. Leur projet comme certains me l'avouent toucher l'argent et profiter d"une "retraite bien méritée. Leurs projets sont des plus farfelus. Qui veut devenir photographe parce qu'on vient de lui offrir un appareil photo numérique et souhaite une formation pour pouvoir s'en servir, qui veut faire de la restauration de meubles anciens..... Nous avons la pression de l'entreprise pour en laisser partir un maximum. Tout le monde fait semblant et le pire c'est qu'après nous sommes obligés de les accompagner dans leur recherche d'emploi en sachant parfaitement qu'ils ne trouveront jamais et qu'ils feront semblant de chercher. Tout le monde fermera les yeux.

Je viens de terminer une de ces journée harassantes en permettant à certains de partir, en demandant à d'autres de revoir leur projet. Il est 18 heures, je suis contente de rentrer chez moi. Je prends ma voiture, le trajet de 20 minutes me permet de décompresser. Il fait beau. Nous sommes en juin, je roule vitres ouvertes en pensant aux vacances prochaînes et à ma propre retraite.

Je roule vite comme d'habitude sur les routes à deux voies. Je suis pressée de rentrer.  J'arrive à la maison, le portail automatique s'ouvre et je gare ma voiture dans le jardin derrière. Mon Jeff vient m'accueillir. Lui aussi profite depuis début Janvier d'un plan de départ volontaire mais à une année de la retraite, il n'a pas à faire semblant. Je le trouve différent des autres jours, il est habillé comme si il sortait, on sent qu'il était pressé que j'arrive.

Après un bref bisou, je vois qu'il a dressé la table avec la vaisselle de fête. Il m'entraîne dans la cuisine. Sur le plan de travail deux superbes langoustes. A ce moment la je comprends ce que j'avais oublié. Nous avons aujourd'hui en ce 23 juin 2009  : 36 ans de mariage..... J'en suis toute émue, des larmes perlent sur mes yeux.

Il sort une bouteille de champagne, des canapés du four et nous nous apprêtons à arroser l'évènement. Avant que nous ayons commencé à déguster ce savoureux champagne, il se lève et ramène un grand sac en plastique. Il en sort deux paquets cadeaux.

Un premier tout petit. Je dénoue le ruban et retire le papier délicatement et dévoile un bel écrin rouge carré. Je l'ouvre lentement pour prolonger le moment d'attente de la surprise et je découvre un très beau bracelet en or avec des brillants. Magnifique. Je suis très émue et l'embrasse. Je n'ai rien prévu comme cadeau, nous devions fêter l'évènement le week-end.

Il sort ensuite le second paquet plus encombrant et me le tend en me disant c'est une bêtise, c'est n'importe quoi, une blague. Je m'empare du paquet et je suis surprise par cette bêtise joliement emballée et très lourde.

Tu ne devines pas me dit il. Non je ne devine rien, quelle peut être cette bêtise ?



Comme c'est une blague je retire le papier fièvreusement, impatiente de découvrir cet objet mystère...... et la quelle surprise un TOKAI 500 , le talkie walkie avec le quel j'ai débuté sur la citizen band (CB) et qui m'a permis de connaître mon Jeff Je m'étais débarassé du mien quand j'ai arrêté de faire de la CB. Jeff l'a acheté celui aux enchères sur internet (ebay) après avoir lu notre histoire que j'ai raconté sur internet
ICI

Je pense qu'il a dû le payer assez cher car il m'explique que cela n'a pas été facile. Comment pouvais je deviner que cette bêtise serait ce Tokaï 500 le  plus beau cadeau que j'ai reçu dans ma vie, un cadeau lourd de souvenirs et d'amour.

Si vous souhaitez voir mon cadeau.
C'est ICI

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Rédigé par eglantine

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Publié le 25 Juillet 2009

Etienne quand il arrive le matin commence par lire les Echos et le Figaro .... Puis il se met lentement au travail. J'ai un bureau individuel adjacent au sien.  Il me dit qu'il était auparavant Directeur administratif et financier d'une société d'ingénierie travaux publics. Je comprends pourquoi désormais il m'a choisi sur CV mais si son conventionalisme affiché est adapté  à la fonction financière, il me semble n'être pas en phase avec l'environnement chantier.


Il me confie toutes les ressources humaines me disant qu'il m'a choisi pour cela et il me l'avoue, il n'a aucune expérience dans ce domaine. Je suis donc ravie de pouvoir avoir  la responsabilité entière de la fonction et le conseiller dans la stratégie à mettre en place.


Je prends en charge les recrutements, la formation, l'administration du personnel et même la paie. Nous recrutons beaucoup notamment des assistantes, hôtesses, garçons de bureau . Je mène une étude pour comprendre les raisons d'un turn-over très important notamment chez les hôtesses. Je  m'aperçois que les hôtesses aspirent toutes à devenir secrétaires parce que leur rôle est dévalorisé dans l'entreprise. Elle sont considérées par les secrétaires et le personnel comme une simple vitrine  de simples  "pots de fleurs".

Une fois la raison comprise, je mets en place des actions de valorisation du rôle de l'hôtesse notamment auprès des secrétaires à qui je demande le midi de remplacer les hôtesses pour se rendre compte de leur travail. A chaque fois qu'un poste de secrétaire se libère, je le donne à une hôtesse en place et recrute sa remplaçante en vérifiant bien qu'elle n'a aucune velléité à devenir secrétaire.

Nous essayons avec Etienne de mettre en place des entretiens d'évaluation annuels mais c'est un échec il n'arrive pas à le faire accepter par les autres directeurs associés en réunion du Comité de Direction dont il est membre. Toutes les décisions dans ce comité sont prises au consensus et s'il n'y a pas consensus il n'y a pas de décision. Beaucoup de projets restent donc en latence à l'état d'idée.  Imaginez combien  il est difficile de mettre d'accord 10 personnes dont 5 français et 5 britanniques qui ont des visions très différentes, notamment en ce qui concerne les ressources humaines.


Etienne s'y prend mal. Il est très maladroit dans le relationnel et essaye toujours de s'imposer en force et dans ce milieu cela ne fonctionne pas. Je pense qu'il n'est pas aidé non plus par Marc-André, l'ancien Secrétaire Généra, très estimé par tous et qui ne tient pas forcément à ce que son successeur réussisse. Dans ce contexte Etienne se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il se fait beaucoup d'ennemis. Mon rôle devient plus difficile. J'essaye de ne pas me dissocier de mon patron sans l'approuver non plus pour ne pas me faire d'ennemis. C'est un rôle délicat mais j'arrive assez bien à me faire apprécier.

Nous quittons le 8èmearrondissement pour une tour de la défense, je me rapproche de mon domicile mais je change totalement d'environnement. Nous avons vue sur tout Paris, des bureaux climatisés mais en open-space. Le parvis est très venteux et froid l'hiver.


Heureusement nous n'y restons pas longtemps et nous nous installons de nouveau dans le 8ème dans un bel et vieil immeuble. J'ai un immense bureau avec balcon donnant sur les jardins de la chambre de commerce (voir photo ci-dessous)


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Dans l'immobilier , nous déménageons beaucoup !


Je me suis bien adaptée mais c'est une adaptation de surface car au fond de moi, je sens que je ne suis pas dans mon milieu même si la plupart sont agréables avec moi.


Le moins que l'on puisse dire aussi c'est que l'entreprise ne prône pas la diversité. Etienne qui m'énerve de plus en plus m'interdit de recruter des personnes à la peau un peu mate. Il me fait le reproche une fois d'avoir embauché quelqu'un d'origine portugaise assez mat de peau. Je dois également faire attention à la longueur des boucles d'oreille des jeunes femmes et jeunes filles que j'embauche. Je trouve cela tellement stupide que je le provoque volontairement en mettant parfois des pendentifs d'oreille très longs. En rentrant de vacances alors que je suis bien bronzée, je lui demande avec un grand sourire s'il m'accepte encore. Il n'ose rien me dire. C'est lui la carpe. Il n'en pense pas moins. Je saurais beaucoup plus tard, grâce à une indiscrétion d'une responsable d'agence d'intérim, qu'il a essayé de me remplacer en lui demandant de lui trouver une autre assistante ce qu'elle aurait refusé de faire.


Un jour j'embauche un jeune garçon de bureau dont la mission est d'aller aux banques déposer les chèques, aller chez les clients,  les banques, distribuer le courrier, s'occuper de la gestion des véhicules de société. C'est un poste difficile car on m'impose de prendre des personnes qui ont au moins le bac (curieusement je ne l'ai pas moi-même, je serai plutôt bac-3) qui présentent bien et qui vont toucher un salaire très bas.

Je suis très contente d'un de mes recrutements. Ce jeune homme a le bac, il est très bien habillé, poli courtois. Tout le monde l'apprécie mais c'est évident il est très efféminé. Etienne pour une fois ne dit rien. Mais c'est le Président qui débarque dans mon bureau en furie et qui me dit  avec son accent écossais « je viens de rencontrer dans l'ascenseur un homosexuel, virez le moi tout de suite, je ne veux pas d'homosexuels dans l'entreprise ». Je suis outrée. J'ai failli lui répondre qu'il en avait bien un (Marc-André) dans son Comité de Direction mais je m'abstiens. Et oui l'homosexualité bourgeoise est tolérée, celle du peuple beaucoup moins.


J'essaye néanmoins de défendre ce Jeune homme qui est encore en période d'essai mais je n'y arrive pas et Etienne ne me soutient pas.


Je l'appelle dans mon bureau et je dois lui dire que nous ne le garderons pas. Imaginez ma gêne, ma révolte. Quand il me demande pourquoi, je lui réponds tout simplement que nous n'avons rien à lui reprocher bien au contraire mais qu'il ne plaît pas à un des associés...... Il me répond "qu'il ne m'en veut pas, qu'il a compris. Il me remercie de l'avoir embauché malgré son homosexualité et il ajoute qu'il est désolé de m'avoir causé des ennuis.

Etienne a de plus en plus de problèmes avec les autres associés. Même si ce n'est pas pour les mêmes raisons, il est aussi en révolte contre l'entreprise et cela le rapproche de moi. Il se montre plus amical et se confie même.

La crise économique de 1993 arrive qui touche durement l'immobilier. Nous devons licencier. Chaque mois nous choisissons neuf personnes  pour éviter de faire un plan social et les licencions. Cette pratique me révolte aussi dans une entreprise qui fait encore de beaux bénéfices. Nous les choisissons donc avec Etienne parmi les plus récemment embauchés. Cela me peine beaucoup de devoir licencier des personnes que j'ai embauchées et qui donnent satisfaction
 

Je ne suis pas du tout en phase avec les valeurs de cette entreprise et j'envisage de reprendre une recherche d'emploi.
Cela fait plus de trois ans que j'y suis, j'ai réussi à diminuer le turn over des hôtesses et secrétaires. J'ai embauché plus de cinquante salariés avec un succès certains dans mes recrutements. J'ai créé un journal d'entreprise.  Je pense que je pourrai très bien revendre cela à l'extérieur mais comme je n'ai plus envie d'être secrétaire et de dépendre d'un patron, j'ai des difficultés à entreprendre cette recherche. Les évènements vont m'y pousser.

Etienne un matin m'appelle dans son bureau et me dit qu'il vient d'être licencié, il fera partie de la prochaine liste des neufs mensuels. C'est le Directeur financier britannique, Henry, qui reprend sa fonction. Il ne sait rien en ce qui me concerne. Je m'attends à y être aussi et cette perspective me réjouit. Enfin je vais pouvoir quitter cette entreprise.

Dans la journée Henry m'appelle dans son bureau et m'annonce le départ d'Etienne. "Rassurez vous "ajoute t-il "nous vous conservons nous avons besoin de vous pour gérer le personnel mais plus de recrutement, plus de formation, plus de projets ressources humaines à mener", cela coûte trop cher, vous vous occuperez juste de la gestion du personnel et de la paie

J'aime beaucoup Henry. Travailler avec lui ne me déplait pas.  mais en plus de ne pas être d'accord avec les valeurs et la stratégie Ressources Humaines de l'entreprise, je ne peux accepter un poste purement administratif. Je le faisais avant parce que j'avais autre chose de motivant en plus. C'est ce que lui explique en lui demandant de me mettre sur la liste des 9 prochaines personnes. Il accepte.

Mon départ ennuie Marie-Pierre qui va reprendre la gestion administrative et la paie en plus de son travail avec Marc André. La perspective de travailler avec Henry ne lui plait pas réellement, comme quoi nous sommes différentes toutes les deux même si nous nous entendons très bien et nous nous apprécions mutuellement.

Je quitte donc cette entreprise où j'ai néanmoins beaucoup évolué et appris. Je resterai pendant des années en contact avec Marie-Pierre et nous déjeunerons souvent ensemble le midi ce qui me permettra aussi de revoir certaines personnes que j'aimais beaucoup. Je reverrai Etienne aussi ailleurs pour des raisons professionnelles.

Que vais je devenir maintenant ? Vous le saurez à la rentrée.

A suivre.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 22 Juillet 2009

J'intègre donc cette entreprise britannique d'immobilier de 200 personnes en France . Je suis l'assistante du nouveau Secrétaire Général qui vient d'être embauché mais qui n'est pas encore arrivé. Je serai chargée des ressources humaines. J'ai été embauchée, via un cabinet de recrutement,  par Marie-Pierre l'assistante de  l'ancien secrétaire général qui prend la responsabilité d'un département commercial important de l'entreprise.  Les bureaux sont situés dans un bel immeuble moderne en haut d'une des grandes avenues menant à l'Etoile.

 

 

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les bureaux sont très agréables. Le sol est recouvert d'une moquette épaisse, les meubles sont en bois foncé. C'est luxueux. De mon bureau je vois l'Arc de Triomphe.  Une ambiance très brittanique, très cosy.

Beaucoup de Directeurs associés sont britanniques. J'ai hâte de voir à quoi ressemble mon nouveau patron qui est français et à vrai dire cela m'inquiète sérieusement de ne pas l'avoir vu avant de prendre ma décision d'accepter l'offre d'embauche.

 

 

Marie-Pierre,  me montre le travail.  Nous déjeunons ensemble le midi et elle me raconte l'entreprise. Au-delà nous discutons aussi de ce que nous sommes et de la vie. Elle a presque quarante ans, est petite et mince mais musclée, les cheveux courts, active et sportive. Comment peut-elle faire pour montrer autant de détermination tout en restant toujours très calme et souriante ?
Elle est célibataire sans enfant. Elle consacre sa vie à l'entreprise et le soir prépare un BTS par correspondance.

Son patron Marc-André est une sorte de Dandy très féminisé d'une cinquantaine d'années au look élégant moderne, un brin décontracté ce qui le rend encore plus chic. Elle lui voue une admiration sans limite au point de le suivre dans un département commercial alors qu'elle est passionnée de ressources humaines. N'aurais je pas suivi Monsieur F.... dans n'importe quel service de l'entreprise même dans un service financier alors que je déteste les chiffres.

Même si une amitié nait entre Marie-Pierre et moi, Marc-André n'est pas du tout mon style et je sens tout de suite  qu'il n'y a aucune affinité entre nous deux. Il me salue toujours très poliment quand il me rencontre mais sans plus alors qu'il sait être très chaleureux et convivial quand il en a envie.


Dans l'entreprise il y a beaucoup de jeunes négociateurs immobiliers de haut niveau tous diplômés d'école de commerce. Ils sont jeunes, élégants, dynamiques, polis du style gendre idéal. On sent que beaucoup sont issus de familles très aisées et ont reçu une éducation bourgeoise. Il y a aussi quelques femmes négociatrices. Ils vendent et louent des surfaces de bureau à des chefs d'entreprise.  

Tout le monde s'appelle par son prénom et en règle générale on se tutoie. N'oublions pas que l'entreprise est britannique et que le "vous" et le "tu" sont confondus dans la langue anglaise. Néanmoins curieusement on ne tutoie pas les membres du Comité de Direction.


Mon Patron, Etienne, arrive enfin. Il a au premier contact un charisme certain. Assez grand, carré, très bien habillé mais d'une manière très classique et conventionnelle avec des lunettes métalliques cerclées.  Il est souriant et avenant lui aussi. Il me serre la main énergiquement à l'excès. Je ne sais pas pourquoi mais je n'aime pas cette poignée de main et je sens qu'il y a quelque chose de forcé. Peut être que je me trompe mais je ressens une certaine déception chez lui et je sens qu'elle est partagée. Cet Etienne ne me déplait pas mais ne plait pas non plus. 


Je me confie à Marie-Pierre le midi, elle me rassure en me disant que ce n'est qu'un premier contact mais je sens, bien qu'elle ne l'exprime pas, qu'Etienne qui est tout le contraire de son Marc-André, ne lui plait pas non plus. 


A suivre ......

 

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Publié le 14 Juillet 2009

Rechercher un emploi est un art difficile mais un réel jeu pour moi. J'aime beaucoup écrire et je soigne particulièrement mes lettres de motivation pour qu'elles accrochent dès les premières lignes. L'originalité de l'accroche est toujours très importante. Mes premières lignes doivent donner envie de me rencontrer. J'aime aussi en entretien déjouer les « pièges » du recruteur. Mon objectif est de le faire parler  le plus possible en lui posant au fur et à mesure de l'entretien des questions très ouvertes qui me permettent de mieux connaître l'entreprise et le poste et plus il parle moins je parle et moins je parle, moins je dis de bêtises !

 

Néanmoins rester chez moi à longueur de journée quand les enfants sont à l'école ne me convient pas du tout, je décide conjointement à ma recherche d'accepter des missions ponctuelles d'intérim.


Je travaille 2 mois d'été chez un fabricant de plâtre. Je suis l'assistante du Reponsable du site. Mon rôle est surtout un rôle d'assistante commerciale. Je prends les commandes et j'en assure leur réalisation jusqu'à la livraison. C'est administratif et ennuyeux au possible.  Nous travaillons dans des algeco et il y fait très chaud.

Tous les matins vers 11 heures le concorde décolle dans un bruit infernal. Nous sommes obligés d'interrompre nos conversations téléphoniques. Nous travaillons également dans la poussière de plâtre. Quand je récupère ma voiture sur le parking elle est toute blanche.


Mais peu importe ces nuisances,  j'aime beaucoup l'ambiance, l'esprit d'équipe dans cette entreprise qui me rappelle vraiment celle des chantiers.

Mon patron est un homme charmant et plein de délicatesses.


Certains clients le sont beaucoup moins. Je ne supporte pas de me faire agresser. Un jour un Monsieur très désagréable souhaite parler à mon patron. Je lui dis qu'il est absent et que je peux peut être quelque chose pour lui. Il me répond tout simplement, dites lui qu'il me rappelle, je ne parle pas aux pots de fleurs. Vexée, je lui réponds que la prochaine fois que Monsieur de L... viendra m'arroser, je le lui transmettrai son message.... Il n'a pas le sens de l'humour et raccrcohe. Peut-être avons nous perdu un client.

 

 

  Photo sur flickr mise à disposition par OB

 

Je fais tout de même le message à Monsieur de L... en lui relatant notre échange qui heureusement le fait bien rire.


Deux mois passent vite, Monsieur de L... souhaite conserver le pot de fleurs des clients et me propose un CDI. Je refuse car les ressources humaines me manquent. Monsieur de L... organise un repas de service pour mon départ et il m'offre une  belle et immense composition florale !!


Je pars soulagée sur mon avenir car j'ai trouvé un poste à Paris d'Adjointe au Secrétaire Général, Chargée des ressources humaines chez un des leader de l'immobilier d'entreprise . Je quitte les zones industrielles sinistres du Val d'Oise pour Paris, le triangle d'or.  Les bureaux de l'entreprise sont tout en haut d'une des grandes avenues menant à la place de l'étoile et nous avons vue  sur l'arc de triomphe.

 

 

  Photo sur flickr mise à disposition par OB

A SUIVRE .....

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Rédigé par eglantine

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Publié le 7 Juillet 2009

A peine quitté Monsieur F dont je n'ai pas fait le deuil, je deviens assistante de Madame L. ancienne secrétaire de Direction devenue Directrice des Ressources Humaines d'un laboratoire de biologie médicale de 300 personnes.

Madame L. est une femme d'une cinquantaine d'années d'un blond un peu terne. Elle est d'un calme apparent étonnant mais on sent sous cette façade imperturbable un tempérament anxieux.  Elle masque également une très grande affectivité en s'efforçant, en toutes circonstances de ne rien laisser paraître. Elle y parvient bien. Elle parle peu d'elle. Je sais qu'elle est mariée à un ingénieur, qu'elle a un fils adulte et qu'elle part en vacances chaque été faire un trekking au Népal.

Elle est logique, rigoureuse, tenace mais peu active. Elle a beaucoup d'idées pour optimiser les ressources humaines, elle décide mais ensuite délègue la réalisation ce qui me convient bien.

Je passe de l'univers des chantiers très actif, très terrain où la communication est très directe sans aucune retenue à un milieu scientifique de recherche, très feutré et j'ose le terme au sens propre comme au figuré, aseptisé. C'est l'activité qui le veut aussi pour des raisons d'hygiène et de sécurité. Certains travaillent sous rayonnement.


Nous sommes huit aux Ressources Humaines  et travaillons dans des bureaux vitrés. J'ai l'impression d'être dans une prison de verre dans mon bureau individuel, privilège de l'assistante de la Directrice dont je me passerai bien. Je préférerai être avec mes collègues que j'aperçois de l'autre côté de la vitre. Je leur fais des petits signes de temps en temps.


Nous sommes des poissons dans un bocal. Je n'en reviens pas toutes des femmes et toutes du signe du poisson ce qui serait  pratique pour les pots d'anniversaire. On pourrait regrouper si il y avait des pots mais ce n'est pas dans les habitudes.  Cela me change des chantiers où toute occasion était bonne pour arroser. Mes collègues m'expliquent que Madame L..... croit beaucoup à l'astrologie et recrute en priorité des femmes  du signe du poisson. Il faut dire qu'elle est aussi Poisson, Ne serait-ce pas plutôt du narcissisme exacerbé ?

 

 

 


 



Imaginez, chers lecteurs,  8 poissons femelles (tentant d'être muettes comme des carpes) dans un bocal de verre. A défaut de faire des ronds dans l'eau, nous devons faire des ronds de jambe à notre Directrice car elle aime bien être flattée. Ce n'est pas mon genre, je fais donc la carpe mais sans les ronds.


Néanmoins nos relations sont bonnes car je m'efforce de me taire, de faire juste mon travail pas plus. Je peux déjeuner chez moi le midi et je suis rentrée très tôt le soir. Des vacances pour moi et j'apprécie, mon Jeff et les enfants aussi


De plus Madame L. me confie des responsabilités motivantes : Créer un journal d'entreprise et des outils de communication en mettant en place et animant un comité de rédaction. nous sortons le numéro 0. Je suis assez fière de mon bébé qui est très apprécié.


Je m'occupe de mettre en place des entretiens d'évaluation et d'orientation annuels avec formation de la hiérarchie


Je gère toute la formation de l'entreprise de la définition des besoins à la réalisation avec un budget important à gérer.


Je prends conscience ici de ce qu'est une réelle politique de Ressources Humaines car ce laboratoire à cette époque est assez pionnier en la matière.


Je participe aux réunions des délégués du personnel et du comité d'entreprise, j'en fais le compte-rendu. J'ai de bonnes relations avec les élus.

 

Cela va très bien pendant deux ans, mais petit à petit, je m'ennuie et j'ai de plus en plus de mal à supporter la froideur de Madame L...


A force de faire la carpe depuis des mois, un jour en réunion, je craque devant son impassibilité et tout ce que j'avais sur le coeur sort sans retenue aucune (l'effet cocotte minute). Ce ne sont pas des ronds  mais un véritable tsunami à la surface du bocal. Elle devient blême, se ferme encore plus et termine sa réunion comme si de rien n'était.

Je pensais qu'elle allait me convoquer après la réunion dans son bureau pour me licencier. J'étais prête à lui faire mes excuses pour cette impulsivité soudaine que je regrette sincèrement. Mais elle joue les indifférentes.


Quelques semaines plus tard, lors de mon entretien annuel d'évaluation, elle me dit qu'il est indispensable que je fasse un stage de communication pour que nous puissions mieux nous comprendre.  Elle me conseille une semaine d'un stage intitulé "le couple patron secrétaire" dont elle me dit le plus grand bien sauf que je suis la seule à devoir le faire. J'en ai certes besoin mais je pense qu'elle aussi, et un couple ce sont deux personnes. J'y vais donc contrainte car je sais, de toutes façons, que notre couple ne durera pas.


Cette formation est animée par une sorte de "gourou" étrange à la limite de la manipulation qui ne me plaît pas du tout et qui cherche avant tout à nous vendre son livre.


Quand je reviens, elle me demande mon appréciation. Ayant arrêté de faire la carpe et n'ayant qu'une seule envie  : changer de bocal, je lui dis qu'il ne m'a absolument rien apporté et que j'ai perdu mon temps.

 

Quelques jours après à la suite d'un problème économique ponctuel mais sérieux, un plan social est mis en place avec appel à volontariat. Il est très avantageux financièrement.


Je suis la première à me porter volontaire et 4 autres carpes me suivent. Je pense qu'elle sera heureuse de se débarrasser de moi et qu'elle va donc accepter mon volontariat et que je vais enfin pouvoir partir.

 

Surprise, elle refuse catégoriquement. Je demande une entrevue au président, avec qui je suis en très bons termes et je lui demande d'intervenir pour que je puisse partir.


Il accepte. Elle m'oblige à rester deux mois encore pour former une remplaçante. Après trois ans, je la quitte avec plaisir et je vais devoir, une nouvelle fois entreprendre une recherche d'emploi.

 

A Suivre.....

 

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Rédigé par eglantine

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Publié le 4 Juillet 2009

Après être rentrée définitivement de Flamanville, je me retrouve ensuite dans mon bureau à Rueil et tout ce que je fais maintenant me semble fade. Je m’ennuie, le terrain me manque. J'ai fait le tour du poste et je n'aurai plus jamais d'opération comme Flammanville à mener. 

Cela fait presque 10 ans que je suis avec Monsieur F.. et  si je reste encore, je ne partirai plus et ferai partie des murs comme les gens de ce service qui travaillent depuis longtemps et qui me paraissent pour certains fossilisés.

J’ai d’autre part de sérieuses difficultés conjugales qui ont failli entraîner une séparation. J’ai délaissé toute ma famille pour ce travail passionnant mais qui désormais est devenu routinier. J’hésite un peu car partir c’est quitter Monsieur F. un patron certes mais un ami aussi.

Comment retrouver un tel boss, les autres vont me paraître fades. Je décide néanmoins d’entreprendre de nouveau une recherche d’emploi sur Cergy-Pontoise près de mon domicile pour être aussi un peu plus présente pour les miens.

Je trouve rapidement un poste d’assistante de la Directrice des ressources Humaines d’un laboratoire de biologie médicale filiale du Commissariat à l'Energie Atomique (Message personnel et oui Marc mon cas est désespéré) et je remets ma décision à Monsieur F… qui est très surpris et qui comprend. Il me félicite pour mon travail et il me dit « vous êtes une militante dans l’âme d’une pugnacité rare et c’est ce que j’ai aimé en vous ».


Je suis très surprise, c’est vrai que je suis une militante des causes perdues d’avance et que j'en ai défendu plus d'un auprès de Monsieur F. plus elles sont perdues, plus je m’accroche.  Il organise un pot surprise et je suis couverte de cadeaux. Cela me fait plaisir et je luis promets que nous resterons en contact.

Photo flickr mise à disposition par ob

Nous nous revoyons plusieurs fois entre
1987 et 2003. Nous déjeunons ensemble et nous nous rencontrons aussi pour des raisons professionnelles quand j'ai définitivement quitté le secrétariat pour être consultante en reclassement de salariés licenciés. "vous êtes rentrés chez les vautours" se plaît-il à me dire.

Il prend sa retraite  en 2004 et m'invite  à son pot de départ, il y a  beaucoup de monde. J’ai revois beaucoup d’anciens des chantiers, ou d'anciens collègues. C'est un moment très émouvant. Je ne le vois pas à la retraite.

Nous nous sommes plus revus depuis. Il est salutataire parfois de tourner des pages pour se tourner vers l'avenir. Je la ferme définitivement aujourd'hui ici en remerciant Monsieur F. pour tout ce qu'il m'a apporté.

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Rédigé par eglantine

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Publié le 1 Juillet 2009

Avec Jeff nous quittons Rueil pour nous installer à Saint-Ouen-l’Aumône où Jeff travaille. Nous emménageons le 9 mai 1981. Le lendemain nous fêtons notre pavillon tout neuf avec son petit jardin et la victoire de François Mitterrand aux élections. Tout ce que nous pouvions espérer : avoir une petite maison à nous et la gauche au pouvoir arrivent le même week-end.

Je prends le RER où la voiture pour aller travailler à Rueil mes journées de travail déjà très longues s’allongent de deux heures. Je continue à m’impliquer à fond. Les années passent au service de Monsieur F…. mes enfants grandissent, le temps passe vite, très vite. Ce travail me plait.

J’aime particulièrement le contact avec le personnel de chantier. Quand ils reviennent et qu’ils me racontent la vie de grand déplacé je les écoute. Ils me font rêver mais curieusement je n’envie pas ces baroudeurs sans racines qui sont parfois assez déphasés. Leurs épouses souvent n’ont pas supporté l’éloignement. Quand ils reviennent, ils me ramènent des cadeaux, des poupées indonésiennes,  des tableaux égyptiens en feuilles de papyrus….

Ils me racontent Kourou la Guyane : cette île au climat chaud et humide assez difficile à supporter me disent-ils mais ils aiment la forêt amazonienne, leur vie de privilégiés dans de jolies villas à l’architecture coloniale. Ils assistent anxieux aux premiers départs d'Ariane, la joie quand tout se passe bien, les larmes quand elle explose.





Ils me racontent l’Afrique, leur vie de pacha avec des « boys » à leur service.

Ils me racontent les plateformes pétrolières en mer du nord…. 15 jours de travail intensif jour et nuit sur ces arbres de fer agités par les vents en pleine mer où on ne peut faire que travailler, manger et dormir. 15 jours isolés de tout pour 3 semaines de repos en France.




Quand ils reviennent on pourrait penser qu’ils sont heureux de retrouver leurs racines. En fait, ils n’ont qu’une seule envie repartir. Quand ils sont en France en détente ils gardent souvent la chemise à fleur entrouverte, la dent de requin autour du cou et le chapeau style Indiana Jones. Sous leur aspect de vieux machos qui se donnent des aspects de durs, ils ont souvent un cœur d’artichaut et une vie de patachon.

Un jour une épouse m’appelle et me demande l’adresse du chantier russe de son époux. Elle s’excuse elle sait que ce chantier est sous secret militaire mais il faut qu’elle puisse lui adresser un courrier important. Chantier sous secret militaire, j’ignorais que cela puisse exister !!! Pour nous son époux est en congés payés avec une jeune russe rencontrée dans ses périples professionnels et je pense que leurs ébats n’ont rien de militaire.

Le boss a ses coordonnées. Pour me sortir de cette impasse, je lui dis de m’adresser le courrier sous pli cacheté et lui promet de lui faire parvenir . Elle insiste pour avoir l’adresse. Je lui dis que rien ne me prouve qu’elle est son épouse et que je ne peux pas lui donner une adresse au téléphone ». Elle me  répond qu'elle le comprend mais comme elle est à Paris, elle arrive avec  ses papiers d’identité. Deux heures après, elle se présente au bureau, papiers à la main. Je suis très ennuyée et j’en avertis Monsieur F…. qui heureusement n’est pas en déplacement. Il la reçoit lui-même et lui dit tout simplement que pour nous il est en congés payés et non sur un chantier. La dame assume avec beaucoup de dignité et de maîtrise. Il avertit ensuite l’époux de la révélation qu’il a été dans l’obligation de faire en lui reprochant de nous avoir mis dans une situation aussi délicate.

J’imagine l’accueil de l’épouse au mari volage à l’imagination débordante lors de son retour au foyer conjugal…..

Nous sommes en fin de construction d’une tranche sur la Centrale Nucléaire de Flamanville dans la Manche et nous devons remettre sur le marché du travail en même temps 300 ouvriers tireurs de câbles embauchés localement pour les besoins du chantier. Ceux-ci savaient à l’embauche que leur mission était temporaire. Il est important néanmoins dans un bassin de l’emploi sinistré de les aider à se reclasser.

Monsieur F… me confie cette mission qui ne peut être menée que sur place. Je pars donc en déplacement plusieurs semaines à Flamanville sur une période de quatre mois. Je couche dans des hôtels très confortables sur le port de Cherbourg : le Chantereine que j'aime beaucoup mais qui m'oblige à sortir le soir à Cherbourg et dîner seule au restaurant. Un soir un Monsieur s'installe à ma table et s'incruste en me draguant ouvertement. Je loge ensuite au mercure où je peux me faire servir mon dîner dans ma chambre

Le premier jour sur le chantier, Le Responsable  un ingénieur très agréable, délicat,  féministe m’accueille avec plaisir. Ses adjoints aussi mais l’un me fait remarquer mais « qu’arrive t’il au boss pour qu’il nous envoie une femme sur un chantier ».

Je rencontre également les délégués du personnel avec, à leur tête, le délégué syndical CGT, ouvrier d’une cinquantaine d’années un peu bourru qui m’accueille en me disant « tu ferais mieux de faire la soupe à ton mari et tes enfants plutôt que de venir nous piquer notre travail » et je lui réponds (et c’est vrai) que mon mari et mes enfants n’aiment pas la soupe, que je ne viens pas ici pas pour leur prendre leur travail car je serai incapable de faire ce qu’ils font mais que je vais leur en trouver.
Avec un sourire moqueur, il me répond « tu n’es pas à Paris, il n’y a pas de travail ici ».

La mission que je me suis promise de réussir débute on ne peut mieux ! De plus, pour couronner le tout en ce premier jour sur le chantier, je n’ai pas prévu les escaliers en caillebotis et les talons de mes chaussures se coincent dans les trous du grillage ce qui vous l’imaginez provoque une certaine hilarité chez ces Messieurs.

Je reçois tous les ouvriers pour les connaître, faire un recensement de leurs compétences et de ce qu’ils souhaitent faire.

Cette région du nord Cotentin vit du nucléaire, de l’agriculture et de la pêche. J’exploite à fond la filière nucléaire et je rencontre les entreprises sous-traitantes de l’usine du retraitement de la Hague, les autorités de l’arsenal de Cherbourg où est construit un sous-marin nucléaire pour connaître leurs besoins en personnel et leur proposer nos ouvriers. Je rencontre les sociétés d’intérim, les commerçants de Cherbourg. Je «vends » avec beaucoup de conviction  nos ouvriers. C'est l'hiver et il neige beaucoup dans le Cotentin ce qui rend mes déplacements parfois difficiles avec la voiture de location.

Après 4 mois et de nombreux déplacements sur place, nous arrivons à reclasser 94 % des ouvriers avec certes des contrats à durée déterminée mais avec du travail. Je suis particulièrement heureuse d'avoir réussi à faire d'un ouvril local un grand déplacé que nous embauchons définitivement puisqu'il est mobile sur la France et nous le détachons sur la Centrale de Belleville.

C’est un vrai succès d’autant que le plus difficile a été de les convaincre de venir travailler à La Hague car ils habitent presque tous près de Flamanville et pour aller à la Hague, il faut traverser Cherbourg.

Nous avons aussi évité un conflit social qui se serait terminé comme tous les conflits de centrale par un blocus des portes de la Centrale.

Le dernier jour, le délégué syndical CGT, que j’avais personnellement tenu informé au fur et à mesure de l’avancement de la mission, vient me dire au revoir et me remercie vivement.

Il me tend un sac plastique rempli à ras bord de coquilles Saint Jacques. Après sa journée à l’usine, il prend son bateau et pêche la coquille. Je ne m’y attendais pas je suis très émue. Monsieur F. me félicite aussi à mon retour. Cette mission m’a beaucoup plu et je ne sais pas à l’époque qu’elle va conditionner complètement la suite de ma carrière professionnelle.

A suivre......

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Rédigé par eglantine

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