Publié le 24 Février 2016

Aimée Théou fit une bonne affaire en épousant Timothée Partout le meunier boulanger de son village car on ne lui demandait jamais plus « Eh mais t’es où ? » car elle était désormais Partout.

Au-delà de cet aspect pratique ce fut un véritable mariage d’amour. Rapidement Aimée fut enceinte et donna naissance à des triplés qu’avec Timothée il décidèrent de prénommer Théofour, Théomoulin et Théophraste.

Ce dernier s’était toujours demandé pourquoi on lui avait donné ce prénom de philosophe. Il aurait aimé s'appeler Théofour ou Théomoulin comme ses frères et si cela avait été possible de porter ces deux prénoms ensemble. En effet c’est lui qui aimait regarder son père au moulin moudre le blé, pétrir le pain et le mettre au four pendant que ses frères restaient dans les jupes de leur maman. Plus tard Théophraste serait meunier-boulanger comme son père mais en attendant il devait aller à l’école du village où l’institutrice Madame Jill Bill l’attendait.

 

Martine / janvier 2016 pour Les prénoms du mercredi

Théophraste Partout

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Rédigé par Martine.

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Publié le 22 Février 2016

Zazie prends enfin le métro

A la station Saint-Lazare, je rentre dans le wagon et m’assoie sur la banquette, sort mon livre « Zazie dans le métro » de mon sac à main  et en reprends la lecture avec plaisir me réjouissant de la longueur de mon parcours sur cette ligne pour pouvoir en profiter au maximum.  Absorbée par ma lecture, je suis dans mon doux  cocon bercée par le mouvement de la rame et ne voit pas ce qui se passe autour de moi. Soudain on me tape sur mon épaule. Je quitte ma lecture à regret, lève et tourne la tête vers la gauche pour voir quel importun a osé me toucher. Ne supportant pas cette familiarité, je suis prête à exprimer  mon mécontentement. Stupéfaction ! C’est une adorable  petite fille pleine de vie brune aux cheveux mi- longs, aux yeux en amande qui affiche un sourire malicieux. Elle est vêtue d’une veste rouge.

  • Et m’dame je vois que tu lis le livre de mon père
  • Ton père ! mais l’auteur de ce livre Raymond Queneau est mort depuis près de 40 ans, tu ne peux pas être sa fille
  • Mais si madame, je suis Zazie qui devait être dans le métro si on en croit le titre mais qui ne l’a jamais pris pour cause de grève
  • Ne me raconte pas tout je ne l’ai pas fini même si je l’ai déjà lu
  • Tu peux arrêter là ta lecture M’dame, tu vas être déçue si tu t’attends à ce que dans ce roman je prenne le métro.  Ce livre du Raymond se termine en quenouille normal pour un Queneau, perds pas ton temps !
  • Mais je ne comprends pas ce que tu fais là Zazie ? Tu es un personnage pas une petite fille
  • Je ne le suis plus, je suis sortie du livre et suis devenue une enfant en chair et en os, touche mon bras M’dame et appuies bien fort,  tu verras que je ne suis pas Belphégor, il est resté lui dans le livre de son papa.

J’appuie fort comme me le demande Zazie sur son bras

  • Aïe ! tu me fais mal
  • Excuse-moi Zazie. Je te crois maintenant mais que fais-tu dans le métro alors que tu es censée  ne l’avoir jamais pris
  • J’étais trop frustrée de n’avoir pas pris le métro, je suis sortie du livre pour le prendre et ensuite me venger du Raymond qui m’a fait croire avec son titre que je le prendrai. Quelle frustration. Tu me dis que le Raymond a cassé sa pipe, j’espère qu’il est passé sous le métro un jour où il n’était pas en grève
  • Non c’est une maladie, un cancer qui l’a tué. Ce n’est pas bien de vouloir se venger Zazie. Grâce à lui tu es célèbre en France, personne ne t’oublieras, tu es immortelle.  Si tu avais vraiment pris le métro dans le livre, cela aurait été tellement commun que tout le monde t’aurait oubliée.  Les lecteurs ont été tellement frustrés qu’il est impossible qu’ils t’oublient. Ton papa Raymond est un grand écrivain
  • Ce n’est pas con ce que tu dis… Sacré Raymond
  • Tu sais Zazie, les temps ont changé et il n’est pas prudent pour une petite fille de 9 ans de se promener seule dans Paris
  • Même  pas peur, dans le livre du Raymond j’ai bravé un vieux satyre qui me poursuivait et il ne m’a pas attrapé, c’est qui la plus forte, la plus maline c’est Zazie
  • Alors le métro comment tu le trouves Zazie
  • Dis M’dame, c’est quoi la chose qu’ils ont tous dans la main qui fait de la lumière dans laquelle ils braillent ou sur laquelle ils pianotent une symphonie inaudible
  • C’est un téléphone portable Zazie, ils peuvent téléphoner, converser avec leurs amis, lire leurs messages, y répondre par écrit en tapant les lettres sur l'écran clavier,  jouer à des jeux et même lire « Zazie dans le métro » ou le livre qu’ils souhaitent sur leur écran.
  • Est-ce que cela fait miroir aussi
  • Non Zazie
  • Heureusement pour eux  car ils pourraient avoir un malaise à voir leurs faces de chimpanzés tristes qui  font la gueule.

Je sors mon téléphone portable et dit à Zazie

  • Ils peuvent se voir tout de même et se prendre en photo.  Souris  Je vais te montrer

Je prends le selfie et le montre à Zazie

  • Super cool. on sourit comme deux bananes toutes les deux, on ne devrait pas les singes vont nous mordre. S’il-te-plait M’dame tu m’enverras au zoo de Vincennes voir les vrais chimpanzés
  • Si tu veux Zazie mais tu sais ils sont tristes aussi les singes du zoo, d’être enfermés comme les voyageurs du métro qui sont confinés dans cette rame sous terre sans voir le soleil. C’est triste le métro et toi, tu n’as pas répondu à ma question, comment tu le trouves le métro,
  • Beurk, ça pue, c’est sale, c’est la course, ils sont tous pressés de se faire compresser dans les wagons comme des sardines dans une boîte je préfère le bus que j’ai pris dans le livre.  Je me suis même perdue dans les couloirs interminables de la station dont je ne me rappelle plus le nom mais où j’étais la bienvenue. C’est sympa d’écrire ce message sur la plaque de la station
  • C’est la station Montparnasse. Bienvenue n’est pas un message d’accueil  Zazie mais le Nom du Monsieur à qui on doit le métro parisien : Fulgence Bienvenue.
  • Il aurait mieux fait de rester couché le jour où il l’a inventé. Je ne retournerai plus dans le métro et après avoir visité avec toi le zoo de Vincennes, je quitterai paris et j’irais revoir le Berri où je suis née, je préfère les vaches aux singes.
  • Tu ne pourras pas Zazie tout de suite, il n'y a pas que les métros qui sont en grève, cette semaine ce sont les trains qui le sont.

Soudain la voix tonitruante du conducteur de la rame retentit dans le wagon

«La station Ternes est fermée mais Gaité est ouverte et un grand concours de sourire sponsorisé par les Galeries Farfouyettes est organisé. Souriez à votre voisin c’est peut être un des membres du jury  chargés de recueillir les sourires et de les noter »

Je me tourne vers Zazie pour lui dire qu’elle va certainement gagner ce concours avec son si joli sourire mais Zazie n’est plus là, elle n’est venue que dans mon rêve. Je me suis assoupie sur mon livre.

 

Martine / Février 2016 pour le défi 160 des croqueurs de mots animé par Lénaig.

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Rédigé par Martine.

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Publié le 18 Février 2016

Mon double

Ma vie est un roman, j’en suis auteur acteur

Un beau soir de printemps, Mon âme a fui mon cœur

Mon âme a fui mon corps, Mon âme a fui mon livre

Mon âme est mon mentor qui me regarde vivre

Parfois c’est émouvant, elle est ma chère muse

Parfois c’est éprouvant, Souvent elle m’amuse

Elle est un peu bohème, elle a ses idéaux

Quand j’écris un poème, Je ne suis que stylo

Je la vois nulle part, elle est pourtant partout

Je serais nullipare, sans elle qui est tout

Je ne pourrais écrire, de poème ou de livre

Je ne pourrais finir, le roman de ma vie

 

Martine / Février 2016 pour les jeudis en poésie (défi 160 des croqueurs de mots)

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Publié le 17 Février 2016

Marine habite avec Ses parents au bord de l’océan. Elle rêve d’être architecte. Elle ne construira ni châteaux, ni maisons, ni ponts entre deux rives. Non, elle dessinera des voiliers qui vogueront sur tous les océans et mers du Monde dans de longues courses solitaires, en famille ou entre amis.

Son papa possède un petit et vieux gréement qu’il a sorti à l’aube pour initier son frère aux joies de la navigation à voile. Sujette au mal de mer, elle ne les accompagne pas. Quand il y aura moins de vent, son père l’emmènera avec elle. Pour le moment, elle préfère rester là sur la plage à les regarder, à observer le voilier de son père s’éloigner sur les flots argentés et brumeux. Elle sort son carnet de croquis et son fusain et elle dessine avec le plus de précision possible le vieux gréement. Au moment du coup de crayon final, elle contemple son œuvre cherchant la moindre erreur.

Soudain le vent se lève, une bourrasque déchire les flots comme un éclair dans le ciel une nuit d’orage. L’océan devient un puzzle gigantesque et mouvant dont une pièce se détache soudain, celle où était le vieux gréement de son père. Ce morceau d’océan se soulève comme tiré par les câbles d’un hélicoptère invisible et atterrit à l’endroit où les vagues viennent mourir empêchant ainsi ce petit voilier de mourir en sombrant derrière l’horizon. Son frère descend du bateau et aide son père à amarrer sur terre ce morceau d’océan ailé et voilé.

L'orage menace, le tonnerre gronde. Un bruit strident retentit venant interrompre la magie de l’instant. Sa joue est humide, elle se réveille sur son oreiller mouillé de pluie… de larmes. Ce n’était qu’un rêve interrompu par la sonnerie du réveil, un magnifique rêve lui permettant de croire quelques instants à l’inaccessible étoile…

 

Martine / rediffusion d'un article d'Octobre 2015 pour Les prénoms du mercredi

Marine

photo la dernière pièce d'Alastair Magnaldo dont j'ai acheté un exemplaire numéroté tant je l'aime et qui m'a inspiré ce texte que vous pouvez vous procurer ICI

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Rédigé par Martine.

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Publié le 15 Février 2016

Gisèle nous a proposé 4 citations à imager comme nous le souhaitons pour imagecitation 18

J'ai choisi de les illustrer avec 4  très belles photos du site Pixabay

1. Le silence (qui est pour moi la plus belle des musiques)

Imagecitation N° 18

2. L'instant (Carpe diem "ceuillez l'instant présent" est  ma devise)

Imagecitation N° 18

3. Le Chemin (qui est pour moi plus important que le but)

Imagecitation N° 18

4. La persévérance

Imagecitation N° 18

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Rédigé par Martine.

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Publié le 13 Février 2016

Je fais régime sur régime. Etre beaucoup moins lourde est devenue une obsession à tel point que J’ai rêvé cette nuit que j’étais devenue si légère que je n’avais plus les pieds sur terre, j’étais en lévitation permanente. Impossible de retrouver le plancher des vaches. Ce songe aurait dû me réjouir. Bien au contraire il a perturbé mon sommeil et je me lève ce matin du pied gauche. C’est « bête comme ses pieds » d’être pieds et poings liés à ce régime. Pour me remonter le moral je décide de sortir et d’aller dans le Centre-Ville faire les soldes qui viennent de débuter. Je n’ai rien besoin de particulier mais il est certain que je ne reviendrai pas bredouille. Je passe devant la boutique de sabots et comme à chaque fois j’admire ces jolis souliers artisanaux forts onéreux. C’est peut être l’occasion d’en acheter une paire s’ils sont soldés, ils feront des chaussures d’intérieur avec lesquelles je pourrais aussi sortir dans mon jardin. Je n’ai jamais porté de sabots, je pense qu’ils doivent être pesants à porter mais n’est-ce-pas ce qu’il me faut après mon rêve de la nuit. Avoir le pied lourd et le reste léger ; m’alourdir sans grossir ce serait le pied, Je ne risquerais pas de m’envoler. Je craque pour une jolie paire de sabots à l’imprimé page de journal. Ils sont soldés : 49 euros au lieu de 59 euros. Je ne les essaye pas, ils sont à ma pointure et des sabots cela ne peut pas serrer. En plus je pourrais lire en marchant et ainsi regarder mes pieds quand je marche ce que je ne fais jamais ce qui m'a valu quelques chutes mémorables. Maman sera heureuse dans son paradis elle qui me disait toujours quand j'étais petite : "Regarde tes pieds quand tu marches" !

Une de mes photos (sabots youyou aux Sables d'Olonne)

Une de mes photos (sabots youyou aux Sables d'Olonne)

La vendeuse dépose délicatement  les sabots dans une grande boite à chaussures qu’elle insère dans un sac plastique. Je paye et sors du magasin.

Arrivée à la maison, je retire le carton du sac, ouvre la boîte et en libère mes premiers sabots. Je mets le premier à mon pied gauche. Il l’épouse à merveille. Heureuse, Je me saisis du second et m’apprête à l’enfiler sur mon pied droite quand j’ai un doute. Il semblerait que ce soit un pied gauche aussi. Je dois me tromper je l’enfile sur mon pied droit, il y rentre mais c’est bien un pied gauche. C’est incroyable. Eureka ! Peut-être que j’ai mis le pied droit sur le pied gauche et j’intervertis les deux sabots. Le sabot du pied gauche est parfait, mais force est de constater que le sabot mis au pied droit n’est toujours pas adapté. Néanmoins il rentre. J’essaye de marcher. J’y arrive mais ce n’est pas vraiment le pied. Je retire les deux sabots et me mets à lire la page de journal imprimée sur le dessus. Heureusement je lis bien l’anglais même si je ne le parle pas bien car mon accent est déplorable. C’est un article sportif. Si cette équipe de foot a perdu c’est peut-être parce que leurs joueurs droitiers avaient deux pieds gauches.

Photo web (google image)

Photo web (google image)

Peut-être que les anglais ont deux pieds gauches parce qu’ils sont presque les seuls à rouler à gauche. Je vote à gauche, je préfère avoir deux pieds gauches que deux pieds droits. Je décide de les garder et comme il m’arrive de changer d’avis en politique, je ne retournerais pas ma veste si j’évolue vers la droite mais retournerais mes pieds et j’aurais alors deux pieds bots à défaut de beaux pieds (les miens sont affreux). Cette idée me fait sourire et me console. Il me plait d’avoir deux pieds dans le même sabot gauche car cela fera mentir tous mes proches qui me reprochent d’être hyperactive, de mettre le pied à l’étrier en permanence (façon de parler car je n’aime pas les chevaux et ne peux m’en approcher) et de n’avoir pas les deux pieds dans le même sabot. Par contre j’ai toujours eu deux mains gauches. Je ne sais rien faire avec mes mimines et suis la maladresse personnifiée. Maintenant mes pieds seront adaptés à mes mains et je pourrais, grâce à cet achat malencontreux, faire des pieds et des mains en parfaite harmonie sans, tout du moins je l’espère, perdre pied. C’est bien, je positive toujours et cela me permet de m’adapter à toutes les situations mêmes les plus désagréables. C’est ma façon de faire un pied de nez aux difficultés et aux changements.

Je pourrais aller changer ces sabots qui, en plus, sont plutôt masculins  (je ne suis pas vraiment pas douée pour trouver chaussure à mon pied au propre comme au figuré) mais c’est décidé je les garde ainsi et, au lieu de les porter, je les accrocherai pointe en bas au mur de ma véranda et y planterai un sabot de vénus et un pied d’alouette. Je pourrai ainsi passer de longs moments  à faire le pied de grue pour admirer ces sabots fleurir et je ne doute pas qu’ils vont s'épanouir, j’ai deux mains gauches mais vertes.

 

Martine pour le défi "le nid de mots" d'ABC

Les deux pieds dans le même sabot

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Rédigé par Martine.

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Publié le 11 Février 2016

Cendres d'amour

Cendres d’amour

Brûlent toujours

Ame en souffrance

Cherchant un sens

Cœur qui éponge

Ou bien qui songe

Soif d’évasion

Prison passion

La nuit vacille

L’espoir scintille

Merveilleux rêve

Trêve trop brève

Jamais d’éveil

Amour merveille

 

Martine réédition pour le défi 159 des croqueurs de mots sur le thème de l’amour

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Publié le 10 Février 2016

Devant Son ami Wandrille

Le vent met ses espadrilles

Pour jouer les joyeux drilles

Il part en multiples vrilles

Dans l’écume joue aux billes

 

Martine / Janvier 2016 pour Les prénoms du mercredi

Wandrille

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Publié le 8 Février 2016

Bonne poire tombée du poirier, cherche pauvre pomme, super z(h)éro sorti de la cuisse de Jupiter pour le faire tomber de l’arbre. Il devra

  • Posséder un yacht pour y faire chaque soir la foire et mener en bateau marchandise à voile et à vapeur à qui il manque encore le moteur pour donner du peps à sa vie ;
  • Avoir un carambar dur comme du bois qui colle aux dents quand on le croque pour combler de plaisir roudoudou rose au goût de fraise tagada et faire avec sa propriétaire des bêtises à Cambrai ou ailleurs ;
  • Etre fan de Mafalda pour mieux supporter quinquagénaire petite et grosse retombée en enfance.

Fumeurs s’abstenir, fumistes aussi

 

Martine / Février 2015 défi 159 des croqueurs de mots animé par Fanfan 2B (thème petite annonce pour trouver l'âme sœur avec les mots imposés en gras dans le texte)

Mafalda recherche super z(h)éro

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Rédigé par Martine.

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Publié le 4 Février 2016

LE MOT ET LA CHOSE DE l'ABBE DE L'ATTEIGNANT

 

Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose

 

Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose

 

Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose

 

Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose

 

Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose

 

C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose

 

De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose

 

Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose

 

Pour vous je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose

 

Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose

 

Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose

 

Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose

ABBE DE L'ATTEIGNANT

 

Pour les jeudis en poésie des croqueurs de mots (défi 159 sur le thème de l'amour animé par Fanfan 2B)

 

Rue de l'amour aux Sables d'Olonne

Rue de l'amour aux Sables d'Olonne

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