Publié le 20 Janvier 2009

Sur une consigne d'Enriqueta, j'ai conçu ce poème


Ecoutez d'où ma peine vient

Aussi longtemps qu'il m'en souvient

Elle vient, s'échappe puis revient


Ecoutez tirer les snippers

Le soir dans les villes sombres

Ecoutez l'enfant qui pleure

Au beau milieu des décombres


Observez d'où ma peine vient

Aussi longtemps qu'il m'en souvient

Elle vient s'échappe et revient


Observez la violence

Du citadin fou au volant

Observez la forte arrogance

De beaucoup de nos dirigeants


Respirez d'où ma peine vient

Aussi longtemps qu'il m'en souvient

Elle vient, s'échappe et revient


Respirez les gaz toxiques

Des usines de nos cités

Respirez  l'odeur chimique

De nos cultures intoxiquées


Ressentez d'où ma peine vient

Aussi longtemps qu'il m'en souvient

Elle vient, s'échappe et revient


Ressentez la faim et le froid

De L'homme par tous délaissé

Ressentez la douleur, l'effroi

De l'enfant hospitalisé


Image Hosted by ImageShack.us

Photo Martine (Eglantine) - sculpture expo Arts d'Oise / Cergy 2008


Evitez la panne des sens

Ecoutez et observez,

Ressentez et Respirez

Toute la peine des sens


Promis, chers amis, très prochaînement, après la peine des sens, je vous écrirai un deuxième poème sur le plaisir des sens.

Voir les commentaires

Rédigé par Eglantine

Publié dans #Poèmes

Repost0

Publié le 17 Janvier 2009

 

Photos et texte de Brigitte Lécuyer Janvier 2009


Le temps parait figé, la neige lourde, la température largement en dessous de zéro. Ce matin sur mon balcon, le thermomètre affichait moins six. De petites stalactites pendaient des rambardes gelées.


Il a neigé toute la journée d’hier, le ciel était bas, l’atmosphère étouffée. Je suis allée marcher, mes pas crissaient comme sur du coton. J’ai aimé cette sensation-là que mes pas laissent une trace profonde. J’ai voulu immortaliser ce moment pur, avec quelques photos, qui sont belles sans plus, parce que le ciel était gris et bouché.


neige janvier 2009 021

neige janvier 2009 015

neige janvier 2009 017

Dommage. J’avais mis ma casquette pour protéger mes lunettes des flocons, j’avais enfilé de grosses chaussettes fourrées, des bottillons aux semelles crantées pour ne pas glisser, mais on ne glissait pas, sauf là où la neige avait fondu d’avoir été trop longtemps foulée. Sur la chaussée c’était une boue immonde, une bouillasse noirâtre, une soupe glauque qui pénétrait les chaussures et salissait les bas de pantalons. Je marchais sur la pointe des pieds.


Ce matin aux première heures du jour, j’ai fais le tri de ma réserve de vivres et mixé des vieux biscuits pour les oiseaux. J’ai déposé le tout dans une assiette en priant le ciel que les oiseaux ne soient pas tous morts de froid. Je sais, je devrai me préoccuper davantage des humains que des piafs, mais eux aussi ont besoin de nourriture. Et puis je ne me sens pas si utile pour aider les SDF.


Il y a quelques années j’ai aidé ceux de ma rue, en leur portant des litres de soupe. Je leur ai fournis habits chauds et café. Michel était en piteux état. Souvent blessé par des chutes et castagnes. On ne voulait plus de lui à la porte de Monoprix, il perturbait les clients, les apostrophait. Sa tête d’ivrogne faisait peur aux enfants. Il allait parfois dans un refuge, mais n’y restait jamais longtemps. La rue le reprenait et l’ivresse en faisait chaque jour de plus une vraie cloche. Quand je l’ai connu il n’avait pas quarante ans. Il buvait toute la journée devenait de plus en plus hirsute et dormait près de la librairie, derrière la maison de quartier, dans le renfoncement, là où il y avait des bancs. Il y a toujours des bancs, mais plus aucun SDF aujourd’hui.


Michel et Rudy faisaient presque partie du paysage, de notre rue de l’Abondance, si mal nommée. D’autres personnes que moi les aidaient Bien sur, je connaissais un peu leur parcours, Rudy avait été électronicien en aviation et à la suite d’un accident à une main, il ne pouvait plus travailler. Par contre, je ne savais pas comment il avait atterri en France, il parlait mal le français et bien qu’ayant quelques origines allemandes, je parlais bien peu d’allemand. Je leur ai ouvert ma porte très souvent et ma salle de bains aussi, sans rien dire à mon mari, qui n’aurait pas franchement compris ni apprécié. A cette époque, mon mari était souvent en déplacement, et on ne lui disait pas tout ce qu’on faisait sans lui. Rudy et Michel m’ont proposé de m’aider à faire de la peinture dans mon salon. Ils étaient gauches mais plein de bonne volonté, j’ai vite arrêté les frais, disant qu’il n’y avait plus rien à faire. Quand je proposais à Rudy, thé ou café, il répondait d’un gros ton bourru, oui ! Et ça faisait rire mes enfants.


J’avais du temps libre et je donnais un peu de ce temps aux restos du cœur de Cergy. Pour eux j’ai récupéré des vêtements propres, et surtout des sous-vêtements. Mais Michel est tombé gravement malade. Il devait partir en sanatorium. Il s’était fait volé tous ses habits, et le peu d’argent qu’il lui restait. Rudy vivait sans vie, et se débrouillait mieux que lui. Il jouait au loto, et gagnait parfois de petites sommes. Un jour il a gagné pas mal d’argent et il est parti vivre en Corse, d’après Michel. Michel était plus seul que jamais et désespéré sans son ami. J’ai décidé de m’occuper de lui de trouver de quoi partir en sanatorium avec le minimum vital. Comme il aidait un peu sur le marché, c’est sur le marché, j’ai fais la quête pour lui, de chaussettes, gants, pulls et anoraks, tout le monde le connaissait de loin ou de près et beaucoup ont donné un petit quelque chose. J’ai fourni le reste. Un sac de voyage inutile, mais en bon état, et ce qu’il fallait pour la toilette, une trousse, des savonnettes, de la mousse à raser, des rasoirs, et un peigne. Je lui ai apporté tout ça à l’hôpital, avec le sac de sport et les fringues données par les gens du marché. Il m’a écrit du Plateau d’Assy pour me remercier. Une longue lettre. Bourrée de fautes d’orthographe, mais j’ai été très touchée. Il est revenu tout guilleret, rasé et en forme, il s’était fait une copine, il disait qu’il allait partir vivre avec elle à Grenoble. Je l’ai cru. L’idylle n’a pas duré longtemps. Il est revenu à la rue, plus diminué qu’avant, son pote Rudy, l’allemand si sympathique, avait carrément disparu du quartier.


C’était il y a longtemps. J’ai revu Michel une bonne dizaine de fois, il allait de mal en pis, il ne me reconnaissait plus, et je me sentais maintenant inutile. Et puis j’ai eu cet accident stupide, une mauvaise chute, j’ai été longtemps absente de chez moi. Je me suis préoccupée davantage de ma santé que de celles des autres. J’ai pris d’autres directions. J’ai écrit. Les enfants ont grandi. Ils sont partis de la maison. Mon fils Jean m’a rappelé à Noël alors que nous étions tous ensemble que Rudy se déguisait en père noël et animait un pantin au son de sa musique. Rudy et Michel, Michel et Rudy, et leur chien plus tard. Une histoire d’amitié, de galères, une triste histoire en somme.


En ce jour de neige, de froid glacial, j’ai une tendre pensée pour eux, que sont-ils devenus ? Sont-ils morts quelque part, ignorés de tous, et qu’est ce que je pouvais faire de plus pour eux. Ils avaient choisi la rue, délibérément, ils n’étaient pas prêts à se fondre dans notre société, ils ne le voulaient pas. Ils étaient libres, libres de mourir de froid, de s’endormir pour toujours dans l’indifférence générale.Photos et texte de Brigitte Lécuyer Janvier 2009


Voir les commentaires

Rédigé par Brigitte Lecuyer

Publié dans #poèmes de mes amis

Repost0

Publié le 13 Janvier 2009


Image Hosted by ImageShack.us


En 68 sous les pavés

La plage j'ai longtemps cherchée

Hélas je ne l'ai pas trouvée

40 années ont passé

sur le sable je suis échoué

Pas le sable de la plage

Celui plus froid  du chômage

Je cherche à quitter le sable

Mais cela semble infaisable

Trop vieux, je n'ai  plus le profil

J'aborde la vie de face

Trop vieux, je suis indocile

Que voulez vous que j'y fasse

Je veux bien encore travailler

Mais à quoi bon espérer

Quand je serai vraiment enlisé

Au fond du sable  : les pavés


Photo et Poème d'Eglantine / Janvier 2009

Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

Repost0

Publié le 10 Janvier 2009


Image Hosted by ImageShack.us



Il neige sur la ville


Jaillissant de l'obscurité

La cité s'éveille blanche

Sous un manteau immaculé

Soudain elle se retranche


Il neige sur La ville


Les citadins emmitouflés

A la démarche malhabile

Au regard tout émerveillé

Silencieusement jubilent



Il neige sur La ville


Assise dans le bus bondé

Désir de légers flocons blancs

Je gratte la vitre givrée

Pour rêver aux neiges d'antan


Il neige sur La ville


Dans cet univers blanc glacé

Se réconforter au comptoir

Chaude et âpre saveur sucrée

Joie de savourer un petit noir



Il neige sur La ville


Les petit vieux  au chaud restés

Une fois écartés les rideaux

Epient les joyeux écoliers

Qui s'égosillent tels des moineaux


Photo et Poème d'Eglantine / Janvier 2009

 


Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

Repost0

Publié le 7 Janvier 2009

Ci dessous un poème de Fransua  qui clôture cette série de la dame dans la vitrine :


Pourquoi tu me regardes comme cela ?

Tes yeux me percent comme du métal

Je ne suis pas une femme fatale

Juste une nana que Dieu a faite blonde

Pas non plus la copine à James Bond


On m'a maquillée et enfermée ici

Mon rôle c'est d'épater la galerie

Les hommes fantasment sur moi

Elles, me tuent d'un regard narquois

Qui s'intéresse à ce qui se passe en Moi ?


Tu crois que j'ai choisi d'être ici

Que c'est marrant d'être reluquée à l'infini

Je voudrai juste retourner dans la vraie vie

Qu'on arrête de me prendre pour une barbie

Qu'on me laisse juste mener ma petite vie


Regarde ce que disent mes mains

Elles n'en veulent plus de ce destin

Je ne veux pas être prise pour une catin

Regarde mes yeux qui sont si noirs

Dans la nuit, ils pleurent leur désespoir


Fransua

Merci à tous ceux qui ont participé et m'ont permis ainsi de prendre quelques jours de congés d'écriture. De nouveaux poèmes d'églantine très prochainement

Voir les commentaires

Rédigé par Eglantine

Publié dans #poèmes de mes amis

Repost0

Publié le 4 Janvier 2009

Moni

Dame de carreau
Cherche l'Issue de Secours
Tant mal à l'aise !

Lilytop
Que me ferais dire ce mannequin?
"respire"!
cheveux blond,, regard vide
ces mains devants, des coeurs derrières.

Clémentine
j'ai voulu pousser la vitre de mes mains, mes mains nues et pures, et la vitre est restée. Vous passez, sans me voir, vous regardez les décorations, que de lumières, qui vont bientôt disparaître. Je serai encore là, prisonnière de cette vitre, quand les lumières s'éteindront. Même éteintes, vous passerez sans me voir.


ABC


Vitrine :


Les mains sur les carreaux,
Peur de tomber de haut
Je ne les vois pas
Je ne les entends pas
Je cherche plus loin
J'espère un humain
me tendant la main
Pour sortir du pétrin
Les lumières les paillettes
Je les ignore, les rejette
Tout ce que je souhaite
C'est changer de facette

Il paraît que c'est beau
Je trouve que c'est faux
Je gratte les strass
Je découvre l'angoisse
Je refuse cette ronde
Où m'entraîne le monde
Je tourne les talons
Je fuis les flonflons
Je ferai la fête
Sans perdre la tête
Ma vitrine à moi
Est source de joie

ABC


Un autre poème à venir de Fransua pour clotûrer ce thème et me laisser le temps d'écrire (je me suis vraiment reposée pendant les vacances, je n'ai pas écrit mais j'ai fait des photos).



Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

Repost0

Publié le 1 Janvier 2009


Image Hosted by ImageShack.us



L'an 9 tout neuf

L'année 2009

Est sortie d'un oeuf

Accueillons l'an neuf

Un jeune cru en 9

Alors Quoi de neuf

En l'an 2009 ?


Puisse cette nouvelle année être pour vous et vos familles une source intarissable de santé, joie, rire et échanges enrichissants et voir la concrétisation de vos désirs les plus chers.


Et puis en 2009

Du vieux faites du neuf

Et ne faites pas l'oeuf !




Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

Repost0

Publié le 28 Décembre 2008

En mon absence un très beau conte poème de Brigitte Lécuyer

Tant de secrets demeurent,

Au creux de nos maisons

Je vais vous raconter.

L'histoire frileuse et banale,

De ces deux-là.

Lui était bien plus âgé qu'elle,

En faux lainage sûrement, mais fidèle.

il venait d'ailleurs,

D'un meublé de montagne.

Il avait déménagé

Pour un studio huppé côté Méditerranée

On l'avait récupéré in extremis avant la vente,

Reconnaissant, il rendait service.

Cent fois, on l'avait lavé, pressé, essoré, étalé

Il en avait subi des outrages, vu des choses,

De ces choses qu'on n'ose avouer

Qui couvent sous des couvertures, vous voyez ?

Il n'avait pas rétréci au lavage,

C'était déjà bien !

Il avait eu un frère jumeau, naguère

Un frérot qui s'en était allé, de voyage en voyage,

Pâlir et se décolorer sur la plage arrière d'une Saxo

Il avait rejoint la côte et ses senteurs de lavande,

Sauf qu'il en avait perdu l'éclat de sa jeunesse,

À force de soleil cru sur ses carreaux écossais.

Il avait servi à tout celui-ci

De nappe pour des pique-niques improvisés

De couchage pour chiens velus

D'oreiller roulé en boule

Pour des périples longs aux abords des Noëls.

Son autre, son double, lui,

Dormait peinard dans le noir d'un placard,

on le sortait encore

Pour suppléer une couette, entre deux saisons.

Il aimait sortir, voir du monde,

À défaut d'être indispensable

Il réchauffait des pieds transis,

Jeté en vrac sur un canapé

Il devait juste déguerpir, laisser la place,

Quand débarquait un invité surprise

Il n'avait plus si fière allure.

On lui avait préféré l'autre,

Une mijaurée qui se vantait de venir

D'un grand magasin réputé

D'un rouge insolent,

D'une douceur relative,

D'un tissu indéterminé.

On la disait polaire, comme si...

Comme si, d'être polaire pouvait réchauffer,

C'était grotesque !

Elle affichait de grands airs, disait venir de Paris !

Plutôt de Chine, c'était inscrit en tout petit sur son pedigree,

L'étiquette trop voyante, comme le reste, on avait dû la couper !

Ils avaient cohabités contre l'autre

En boudin, dans un recoin du salon

Mais on ne les prenait que séparément,

Et lui le vieil écossais,

Qui n'avait connu l'Ecosse que par oui dire,

Se morfondait, sans espoir d'emballer la belle.

Un jour, on l'avait relégué à l'étage,

Trop mité, plus à la mode,

On préférait montrer ce qui était montrable,

Dans l'air du temps,

L'autre, l'écarlate,

L'écervelée qui ne couvrait les pieds qu'à moitié,

Avec ces bordures de faux bourdon,

Crocs blancs qui ne mordraient jamais personne.

Elle pouvait parader, se pavaner

Elle avait l'avantage d'être peu salissante,

De sécher en un temps éclair, la polaire !

Seuls les chattes de la maisonnée,

Ne voyaient aucune différence,

Elles aimaient s'y pelotonner

Et du moment qu'on l'étalait,

C'était pour elles, que pour elles

Pour qu'elles n'aillent pas polluer de leurs poils volages,

Le canapé immaculé.

Elles s'y lovaient en toute innocence

Sans rien connaître du passé.

Cette histoire, je vous l'avais dit

Ne vaut pas une strophe de plus

A mettre dans la catégorie : faits d'hiver !


Brigitte lécuyer.


Voir les commentaires

Rédigé par Eglantine

Publié dans #Brigitte Lécuyer

Repost0

Publié le 25 Décembre 2008


Joyeux Noël à vous tous chers passagers.


J'aime cette photo que j'ai prise dans une vitrine de Noël à Paris en Décembre 2007.


Image Hosted by ImageShack.us


Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #faire-part

Repost0

Publié le 22 Décembre 2008


Image Hosted by ImageShack.us

Horloge Château de Saint Germain en Laye (78)



Je ne sais pas ce que j’attends

Je ne sais pas ce qui m’attend

Je ne sais pas à quoi je tends

Mais je demeure très impatient

Impatient mais assez confiant

C’est tout de même angoissant

Je voudrais être un voyant

Pour du futur être conscient


Voir les commentaires

Rédigé par eglantine

Publié dans #Poèmes

Repost0