Publié le 7 Décembre 2016

Tas d'os pisse

Ospice tas d’os

Pisse sur les pauvres fleurs

Engrais naturel

 

Plantes étiolées se remplument

La vie renait de la nuit

 

Martine / Décembre 2016 pour les prénoms du mercredi de Jill Bill  (aujourd'hui Ospice)  

Il faut savoir que lorsqu'il il a peint ce dyptique en 1989, assez noir au premier regard par rapport à ses autres peintures très colorées, Keith Haring était malade du Sida. Il décédera en 1990 à 31 ans. J'ai essayé dans mon tanka ci-dessus sur ce tableau en deux scènes de retranscrire la pensée du peintre et la touche d'optimisme que représente la deuxième scène. Cela reste une interprétation toute personnelle.

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #TANKAS

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Publié le 6 Décembre 2016

Photo PIXABAY

Photo PIXABAY

La cuisine est vaste et lumineuse. Sur mon plan de travail, je découvre le panier que la Chef Ghislaine une MOF (meilleure ouvrière de France) a concocté pour nous les candidats au dix-neuvième défi BOF CHEF (BOF signifiant bœuf, œuf, fromage) : Nous devons réaliser dans un temps très court le meilleur plat en utilisant tous ces mots ingrédients choisis par Ghilaine : Abus, Bouquet, Carton , Charme, Force, Mépris, Ombre, Puissance, Refuge,  Trouble. Nous avons bien sûr le droit d’y rajouter d’autres disponibles dans la réserve de la cuisine.

J’avoue, qu’à la vue de ce panier, un vrai panier de crabes qui peut me piéger,  Je suis déstabilisée, le doute et le trouble m’envahissent. J’ai un cœur d’artichaut, il ne manquerait plus que je pleure comme une madeleine devant des millions de téléspectateurs. Je me reprends. Que puis-je faire avec tout cela qui soit créatif, savoureux et présenté avec charme ?

J’aimerais bien réaliser une entrée chaude ou froide, pourquoi pas du crabe !  Si je choisis ce crustacé mieux vaut que mon plat soit froid.  Je me dirige vers la réserve pour chercher du crabe et un peu de vengeance car comme chacun sait elle se mange froid. Je trouve un crabe bien vivant. Il est beau, bien brillant : j’en pince pour lui. Je m’en saisis avec précaution pour ne pas me faire pincer et je le dépose sur mon plateau.  Je cherche maintenant la vengeance. Je regarde sur toutes les étagères, J’ouvre même les tiroirs au cas où elle y aurait trouvé refuge pour mûrir discrètement : Force est de constater que je deviens paranoïaque et que je me raconte des salades : Il n’y pas l’ombre de la moindre vengeance dans la cuisine BOF CHEF.  Je désespère de trouver les bons ingrédients et suis si troublée que je bute sur le pied d’une étagère et  tombe dans les pommes entassées dans un grand carton. Le crabe, tombé du plateau, me pince le bras. Je crie de douleur. Je reprends mes esprits, me relève rouge comme une tomate et verte de colère. La moutarde me monte au nez.  Une crevette bouquet éclate de rire en me voyant. Je l’attrape sans complaisance avec quelques-unes de ses sœurs et les pose sur mon  plateau avec le crabe que je rattrape avant qu’il ne s’échappe. Je crie à ces sales bêtes en les regardant méchamment  « Arrêtez de ramener votre fraise,  Vous ne perdez rien pour attendre,  Je vais me venger».

Me venger…. Mais J’ai enfin trouvé la vengeance ! Je ressors de la réserve en ayant rajouté à mon plateau des fraises et de la dinde. J’ai enfin la banane et une pêche d’enfer. Ce ne sera pas pour moi la fin des haricots.  Je vais pouvoir présenter mon plat osé de tous les abus, à la fois  plein de puissance et de délicatesse à la MOF qui ne pourra pas, en le dégustant, s’écrier avec mépris « bof » (la pire des humiliations). Je ne serai pas le dindon de cette farce BOF CHEF que j’ai toutes les chances de gagner sans avoir utilisé ni œuf, ni bœuf, ni fromage.

Martine / Décembre 2016 pour l'atelier N° 19 de Ghislaine.

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

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Publié le 5 Décembre 2016

Jeanne nous demande pour le défi 175 des croqueurs de mots de raconter  notre plus beau souvenir d'un petit désagrément transformé en atout et sans faire allusion à l’actualité. Je suis comme une enfant, Dès qu’on m’interdit quelque chose, j’ai  très souvent envie de le faire. Je ne vous parlerai pas de l’Actualité mais de ma propre actualité en ce moment qui me donne l'occasion de positiver chaque jour.

Depuis un mois j’ai de grandes difficultés à marcher à cause de mon tendon d’Achille qui était déjà en mauvais état avant ma maladie et qui a été encore plus détérioré par la chimiothérapie. Marcher est douloureux, je boîte et je ne peux plus randonner ce qui me désespère car marcher est en quelque sorte pour moi une addiction. Avec mon  Jeff nous marchions 2 à 3 heures par jour auparavant dans de très beaux endroits que ce soit en Vendée comme en Ile de France.

Pendant que je marche, j’observe tout autour de moi, je m’émerveille en permanence. J’écoute le vent, le cri strident des oiseaux, les flots venant se briser sur les rochers. Je ressens la caresse du vent et du soleil sur ma peau.  Pour conserver le souvenir de ces petits instants de pure joie, je les capture dans ma boîte à images.

Tout cela me manquait cruellement depuis le début novembre et je m’ennuyais. Comment occuper autrement  ces trois heures, ne pas m’ennuyer moi qui suis hyperactive ?  C’était sans compter sur la radiothérapie que J’ai débutée  il y a 10 jours et qui me prend trois heures par jour (une heure d’attente et de traitement  à l’hôpital et deux heures de transport).  Même s’il y a mieux comme occupation,  je ne m’ennuie plus même si je reste triste de ne plus pouvoir randonner ni même nager à la piscine car pendant le traitement et un mois après je n’ai pas le droit de me baigner.  J’ai désespéré au début et puis,  petit à petit,  j’ai positivé en essayant de profiter au maximum des petits instants de plaisir de ma journée qui sont nombreux et particulièrement du trajet pour me rendre à l’hôpital et en revenir et du temps passé dans la salle d’attente de radiothérapie.

Mon actualité

Compte-tenu de l’état de mon pied,  aller à l’hôpital en transports en commun avec les escaliers devenait très difficile. J’ai donc obtenu une prescription de transport  en taxi.  C’est un vrai plaisir pour moi d’échanger avec les chauffeurs (un nouveau chaque jour tous différents).  Ils me parlent de  leur métier, de leurs passions. Je me suis enrichie à leur contact. J’ai même retrouvé un des anciens salariés licenciés d’une entreprise à qui j’avais fait un bilan de compétences pour sa reconversion.  Quelle joie de le revoir plusieurs années après et de constater qu’il est très heureux dans son nouveau métier qui lui offre des contacts enrichissants avec les clients et une autonomie appréciable même s’il travaille beaucoup plus pour gagner autant qu’avant.  Remarquez cela va devenir le lot de chaque travailleur si François FILLON est élu en mai prochain (excuse-moi Jeanne c’est plus fort que moi je parle d’Actualité).

Quand je vois qu’un chauffeur n’aime pas parler, je profite du paysage. Quel bonheur de passer sur le pont au-dessus de la Seine à Conflans Sainte Honorine et de voir la ville, le  fleuve et les péniches enveloppées de la belle lumière d’or de cette fin novembre, de traverser la forêt de Saint Germain aux grands arbres qui ont revêtu leur manteau d’automne, d’admirer, depuis  la colline à Saint-Cloud,  le soir le coucher de soleil sur Paris.  Je retrouve aussi les embouteillages aux heures de pointe comme si je travaillais. Quel plaisir de revivre la même vie que les actifs.

Dans la salle d’attente bondée de l'hôpital, les patients attendent sagement, qui assis sur des fauteuils pour les valides comme moi, qui assis dans des fauteuils roulants, qui allongés sur des brancards pour les plus malades. Je  lis pour me soustraire à cette misère humaine étalée sans complaisance et me trouve bien chanceuse d’être en forme et honteuse de me plaindre de ma douleur au pied qui guérira dès que j’aurais rencontré le rhumatologue fin décembre et qu’il m’aura donné le traitement adapté.  Cela m’évite aussi de  ne pas trop échanger avec mes compagnes de galère qui vont me raconter leurs difficultés et effets secondaires et me saper mon moral qui est très bon.  

Je viens de terminer le dernier prix Goncourt Chanson Douce de Leila Slimani . Même si ce roman se finit tragiquement et on le sait puisque le drame final nous est dévoilé par l'auteur en tout début de livre,  ce fut un grand plaisir de lecture tant ce livre est bien écrit dans un style très rapide et rythmé qui sert le récit et montre bien comment  la situation va se dégrader petit à petit mais assez rapidement et inexorablement.  C’est une très belle analyse des problèmes des  femmes qui essayent d’allier au mieux réussite professionnelle et éducation des enfants, des rapports de domination entre nourrices et parents empreints souvent de jalousie mutuelle, de compétition pour l’amour des enfants. Ce livre m’a rendu l’attente douce et beaucoup moins longue.  

Le  reste du temps. Je fais quelques courses en voiture. Je pourrais également passer plus de  temps encore sur mon ordinateur mais j’évite. Je ne veux pas devenir encore plus accro et taper sur le clavier m’est très difficile.  La chimiothérapie m’a mis les bouts des doigts à vif et décollé mes  ongles ce qui explique mes commentaires très courts sur vos blogs.  Mes yeux ne coulent plus comme une fontaine, mes cheveux repoussent et mes muscles ne sont plus rouillés. Heureusement les effets secondaires, après plus d’un mois de la fin de ma chimiothérapie,  s’estompent petit à petit.  Ils perdureront de 3 à 6 mois. Je le sais et cela évite d'angoisser inutilement.

J’ai du temps pour une autre passion : Pâtisser. Mes mains soigneusement protégées par des gants, quel plaisir de faire des gâteaux et des confitures oui même en automne où il y a peu de fruits. Je teste des mélanges inhabituels. J’ai fait récemment de la confiture kiwis / ananas (pour 8 pots : 20 kiwis, 1 ananas et 1kg 400 de sucre à confiture). C’est excellent.  Mon premier plaisir de la journée le matin est de déguster ma gâche moelleuse (brioche vendéenne)  recouverte de confiture avec un jus d’orange et un bon thé corsé. Cela me met permet de faire le plein d’énergie et de joie pour toute la journée. Mon prochain essai de confitures sera coings / pommes.

Malgré le traitement très agressif, je suis heureuse. Si je vous disais que je n’ai jamais été aussi joyeuse vous ne me croiriez pas et pourtant c’est vrai. Je me sens beaucoup plus détendue,  je dors beaucoup mieux la nuit et je relativise tous les petits inconvénients du quotidien. 

Je crois que la lutte m’a toujours enthousiasmée.  Je commence à redouter la fin de mon traitement car le combat sera terminé et il va me manquer.  Néanmoins,  j’ai décidé d’accepter la proposition de mon médecin de participer bénévolement à un essai thérapeutique pour tester une molécule déjà utilisée dans le traitement de certains cancers et qui,  associée à l’hormonothérapie dont je vais bénéficier pendant 5 ans,  limiterait le risque de récidive après un cancer du sein chez les femmes ayant eu comme moi les ganglions touchés.  J’aurais une chance sur deux de tester la vraie molécule car je peux avoir le placebo. C’est un tirage au sort qui le décide sans que ni moi, ni mon médecin n’en soyons avertis (essai en triple aveugle).  Ce traitement chimiothérapique dure deux ans mais se prend par médicaments et non par injection à l’hôpital. Je serai suivie régulièrement et je peux l’arrêter à tout moment ce que je ferai si les effets secondaires étaient trop importants mais il ne fait tomber ni les cheveux, ni les ongles.  

Je continuerai ainsi le combat pour toutes les femmes atteintes du cancer du sein et cela me motive beaucoup. C’est mon moyen de remercier aussi  les médecins pour le  traitement efficace  dont je n’aurais pas pu bénéficier  si d’autres avant moi n’avaient pas testé de nouvelles molécules.  

Martine / Décembre 2016

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Vécu

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Publié le 3 Décembre 2016

Qui est-il ?

Cela faisait longtemps que je pensais à lui

Je ne sais pas pourquoi, ce pas je le franchis

Il est là devant moi,  et maintenant  il fume

Sa blondeur cendrée me charme et m’embrume

Parfum discret ambré, ô je suis envoûtée

En moi monte l’envie, je ne peux résister

J’ose m’approcher, mes lèvres je les lui tends

Avec tant de douceur, très Vite il les effleure

Il me remplit soudain, d’une humide chaleur

Plaisir court et profond, Subtil petit bonheur

Boire un tilleul bien chaud et dormir apaisée

Martine  Pour le défi 87 de la plume d’Evy (Thème qui est-il)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 1 Décembre 2016

L'aragonzesse

Dans une volière au sud de l’Arabie

Vit  un Jeune ara vert à la voix de castrat

On lui donne  le surnom  d’aragonzesse

Il crie à tue-tête « mais non je n’ai pas d’S »

Je suis un ara mâle singulier sans S

J’suis  Le Père Roquet qui a beaucoup de chien

J’suis L’arabat-joie quand je sors  de mes gonds

Et que je redeviens l’ara tout simplement.

J’suis  L’arabelaisien , un vrai épicurien

J’suis l’arafuté, aux propos très affutés

J’suis L’aragon qui passe le temps en chantant

J’suis L’aragon qui  chante  pour passer le temps

"Un jour Lara
Quand le vent a tourné
Un jour Lara
Ton amour t'a quitté
"

 

Ferme ton bec crie l’arabique à l’aragon..Zesse

Cesse de faire tout un fromage pour un S

Tu me rends encore plus chèvre quand tu cries

Chèvre  l’arabique… Ah ah …. Hara Kiri

S’esclaffe à tue-tête l’Aragon sans son S

 

Hara Kiri, Hara Kiri, Hara Kiri

Reprirent  en chantant en cœur tous les perroquets

L’Aragon ne supporta pas La moquerie

Et d’un coup de bec il se fit hara kiri

A son enterrement l’arafabian chanta

"La différence" sa plus jolie chanson

A la mémoire de son ami l’Aragon

Qu'elle aimait sans  avoir osé lui avouer

Sans jamais parler sans jamais crier
Ils s'aiment en silence
Sans jamais mentir, ni se retourner
Ils se font confiance
Si vous saviez
Comme ils se foutent de nos injures
Ils préfèrent l'amour, surtout le vrai
À nos murmures

 

Martine / Réédition avril 2014 pour le défi 175 des croqueurs de mots animé par Jeanne FADOSI  

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 30 Novembre 2016

Muguette la petite fille qui voulait être fée

Je suis née un 1er mai, le jour de la fête du travail où il est coutume d’offrir un brin de muguet. Mes parents qui avaient peu d’imagination et n’avaient pas encore trouvé le prénom qu’ils allaient me donner, m’ont appelée Muguette. Un jour à l’école notre institutrice Madame Jill Bill nous a demandé ce que nous voulions faire plus tard. J’ai eu le malheur de répondre que je voulais être Fée. La maîtresse a souri et un de mes camarades a éclaté de rire en criant Muguette la fée clochette. Il s’est fait gronder par Mme Jill Bill qui m’aime bien. Mais ce surnom m’est depuis resté. J’ai beaucoup pleuré au début mais je m’en moque maintenant. Ma maman m’a dit que la fée clochette, même si parfois elle était un peu peste, était très gentille et qu’elle avait même sauvé Peter Pan d’une mort par empoisonnement. Pour me le prouver elle m’a acheté le DVD de la fée clochette. Les mamans ont toujours raison. J’ai aimé la fée clochette même si elle n’était pas parfaite mais aucun enfant ne l’est. Ceci m’a conforté dans ma vocation. Plus. tard je serais la plus jolie des fées.

La nuit dernière j’ai rêvé que j’étais une fée toute habillée de blanc avec de jolies ailes en plumes. Je vivais dans un grand château. Il n’était pas perché tout en haut d’une montagne dans la glace comme celui de la reine des neiges. Heureusement car je n’aime pas le froid. Il était installé dans le ciel au milieu des nuages. J’admirais de très haut la terre cette gosse boule bleue et blanche. Comme C’était beau. !

Malheureusement je suis tombée brutalement de mon nuage et suis revenue très vite à la réalité quand le réveil m’a sorti des bras de Morphée. Comme chaque matin, Il fallait me rendre à l’école rapidement pour ne pas y arriver en retard.

Plus tard, je ne sais pas quand, mais c’est certain je reviendrai dans le ciel pour y être la fée des anges.

Cliquez sur la photo Pixabay pour la voir en grand

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Martine / Novembre 2016 pour les prénoms du mercredi de Jill Bill

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Ecrits divers

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Publié le 28 Novembre 2016

Photo Pixabay

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Les feuilles de platane,  vers le sol font un bond

Au vent d’ouest elles dansent, valsent comme c’est bon.

Elles tournoient  ensemble, et  choient à la chaîne

En rejoignant au sol, les feuilles des grands chênes.

C’est leur dernier souffle, c’est leur dernier ballet.

Dans ce très grand jardin,  chassées par un balai,

Elles pourriront en tas, dans une boîte close.

Pour renaitre demain, de la vie c’est la clause

 

Martine / Novembre 2016 pour l'atelier N° 18 de Ghislaine. Il fallait jouer avec les homophones (bond, bon, chaîne, chênes, ballet, balai, close, clause)

Quand j'ai écrit ce poème, je venais de ramasser les feuilles de platane,  de chênes, de noisetier et autres arbres de mon jardin à Cergy (6 énormes sacs) et il en reste autant à ramasser : Les plaisirs de l'automne !!


 

 

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 24 Novembre 2016

Nuit de rêve ou nuit de trêve

La souffrance s’avive la nuit

Cauchemar qui s’achève

Le jour effacera cette nuit

 

Il est huit heures je m’éveille

Le soleil se lève à l’horizon

Il empourpre soudain le ciel

Je verse des larmes d’émotion

Nuit de rêve ou nuit de trêve

Échange de regards au comptoir

Partage d’expérience de vie

Je savoure mon premier petit noir

Une douceur chaude m’envahit

 

J’écoute les bonbons de Brel

Tu me regardes, tu me souries

Tu ne m’as pas apporté de bonbon

Mais tu m’aimes cela me suffit

 

Au marché de Saint-Christophe

Un hindou souriant vend des saris

J’effleure les belles étoffes

Sensation douce qui me ravit

 

Sur un banc rue de la Sébille

Un vieux couple s’embrasse enlacé

Sous l’arbre qui au gel scintille

Je sens leur plaisir en moi monter

 

Le soir sous ma couette bien au chaud

Le chat ronronne à mes côtés

Je lis « les choses » d’Annie Ernaux

Tendres souvenirs du temps passé

 

Je  tombe dans les bras de Morphée

Plaisirs sensuels qui s’achèvent

La nuit efface cette journée

Nuit de rêve ou Nuit de trêve

 

Martine / Réédition d'un poème écrit en 2009 pour le défi 174 des croqueurs de mots animé par Lilousoleil

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Rédigé par Martine.

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Publié le 23 Novembre 2016

Chère Madame de Jill Bill

Vous allez avoir dans votre classe cette année notre fils Archambaud Lérault de Ravel. La beauté est subjective, Je le trouve beau mon fils mais l'est-il réellement ? À chacun de le dire.  Vous allez peut-être rire car je suis née d'Archambaud. Comment est-il possible qu'une mère soit née de son fils : "d'Archambaud" est mon nom de Jeune fille !! En tous cas mon fils fait honneur à son prénom et à mon nom : C’est un artiste et depuis qu’il est tout petit il chante.

Archambaud Lérault de Ravel

S’il se mettait à faire des vocalises dans votre classe sur les lettres de l’alphabet, ou les chiffres, n’hésitez surtout pas à lui chanter ramona. Il s’arrêtera et même s’il vous maudira intérieurement, en retour il ne vous chantera pas pouilles. Il est important de vous prévenir aussi qu’Archambaud est un petit garçon très sensible qu’un rien le fait pleurer. Comme écrivait Alfred de Musset dans sa Lettre à Lamartine « Puisque tu sais chanter, ami tu sais pleurer ». Nous aimerions qu’Archambaud puisse apprendre à jouer d’un instrument de musique mais il ne le veut pas, il dit que sa voix est le meilleur des instruments. Tant pis, il ne pourra jamais jouer le boléro ni le danser d’ailleurs car il déteste la danse. Plus tard il veut être chanteur d’opéra. Je me dois d'ajouter qu’il a une voix de soprano. En revanche ce n’est pas un comédien mais il apprend vite. En conséquence, je vous remercie, chère Madame, de l’inscrire à la chorale de l’école bien sûr, mais aussi à l’activité théâtre.

Le principal c’est qu’il évite de devenir Chanteur de variétés comme cet énergumène accoutré de manière grotesque  qu’il a vu à la télévision et qui l’a enthousiasmé parce qu’il chantait en ouvrant grand la bouche avec une voix très haute comme lui. Pour moi ce saltimbanque ne chantait pas : il hurlait !

Archambaud Lérault de Ravel

Je compte sur vous pour aider Archambaud à devenir un grand chanteur lyrique.

Je vous en  remercie vivement.

Recevez, chère Madame de Jill Bill, l’expression de ma considération distinguée

Madame la comtesse Isabeau Lérault de Ravel née d’Archambaud

 

Martine / Novembre 2016 pour les prénoms du mercredi de Jill Bill 

 

  

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Lettres

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Publié le 21 Novembre 2016

Photo Pixabay

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Chaque Matin Jeanne SERIN passait voir sa cane dans la grande mare du champ de ses parents située près de l’église. Son amour pour sa cane lui avait valu dans le village le surnom de « Cane de serin ». Pourtant ses jambes étaient belles et musclées. En effet Chaque  jour elle parcourait des kilomètres à vélo à travers le canton pour distribuer le courrier.

Ce jour-là n’était pas un jour comme les autres.  C’était un beau dimanche printanier de fin mars et Jeanne n’enfourcherait pas sa bicyclette pour faire sa tournée de factrice mais surtout elle avait un rendez-vous avec un certain Jules qu’elle ne connaissait pas avec qui, par blogs interposés, elle échangeait virtuellement chaque jour.

Le blog de Jeanne « Cannelloni »  était consacrée à la vie de sa cane Élonie où elle la faisait raconter, à la première personne, ses pensées et sa vie dans la mare avec ses congénères. Élonie y relatait aussi, sans aucune retenue, les confidences que Jeanne lui faisait.

Sur son blog « 1jour1foto » Jules publiait chaque jour une superbe photo jamais commentée  de paysages vallonnés, de couchers de soleil, de fleurs, d’arbres, d’animaux rencontrés dans ses promenades.

Jules s’était vite passionné pour la vie de la cane de Jeanne. Jeanne le soupçonnait d’être plus intéressé par Élonie que par elle-même dont il ne connaissait pas le prénom juste le surnom de blog « Yes I cane ».

Sur le chemin de la mare,  l’esprit de Jeanne était préoccupé par cette rencontre : Jules l’intriguait, elle ne savait rien sur lui. Était-ce bien prudent d’avoir accepté ce rendez-vous ? Il savait beaucoup de choses sur elle, elle ne savait rien de lui. Quel âge avait-il ? Comment était-il physiquement. Elle l’imaginait solitaire, introverti. Pourtant il avait accepté de venir, de sortir de sa supposée solitude, de sa peur de l’autre pour la rencontrer elle et sa cane et cela même lui paressait étrange.

Juste après l’église, elle croisa sur son chemin un petit homme très agité vêtu d’un short de jogging blanc, d’un tee-shirt noir et de baskets bleues. Il pressait le pas sans courir. Son visage était rouge,  il semblait contrarié, à bout de souffle et se dirigeait vers le parking de l’église,  Ce n’était pas un habitant du village, Certainement un jogger épuisé en fin de parcours qui venait récupérer sa voiture. Elle ne l’avait jamais vu auparavant et, même si sa mère lui répétait toujours quand elle était petite qu’elle ne devait pas dire bonjour à des inconnus,  elle prit plaisir à le saluer en le croisant. Il ne répondit pas à son bonjour, ne tourna même pas la tête vers elle. Il semblait perdu dans ses pensées et elles ne devaient pas être agréables.

Elle poursuivit son chemin et arriva à l’entrée du champ. Elle regarda sa montre. Il était 9 heures et  demie  elle était en avance d’un quart d’heure.

Pour attendre Jules, elle entra dans le champ et s’approcha de la mare.  En bord de rive, à  l’abri des regards cachée par les glycéries, sa cane Élonie l’attendait sagement en couvant quatre beaux œufs bien blancs. Farfale , son mâle col vert, surveillait sa dulcinée en  faisant le pied de grue sur la rive, prêt à chasser tout inconnu qui oserait perturber la couvaison.

Jeanne sortit un petit pochon en plastique de son sac à dos. Elle l’ouvrit et donna quelques granulés à sa cane. Farfale le morfale approcha. Jeanne lui en donna aussi quelques-uns qu’il avala aussitôt goulûment.

Jeanne raconta à sa Cane qu’elle attendait un ami qui avait hâte de faire sa connaissance et de la prendre en photo.  Elle sortit son appareil photo et fit un zoom sur Élonie et ses œufs. Farfale approcha et prit la pose tout près du nid. Une vraie vedette ce beau et fier col vert,

Elle espérait que Jules en arrivant n’effraierait pas trop Élonie beaucoup moins assurée et assez farouche. Elle resta là assise sur la rive à parler doucement à sa cane de l’éclosion future de ses œufs, de ses petits canetons qu’elle devrait bien surveiller et aimer. C’était la première couvée d’ Élonie. Jeanne était rassurée et heureuse, elle avait cru longtemps que sa cane était stérile mais non elle pouvait être mère. « Yes she can » pensa-telle en souriant. Elle l’enviait, elle aurait aimé être maman mais avant il fallait trouver celui qui pourrait en être le père !  

Elle jetait en même temps un œil vers l’entrée du champ. Elle ne se lassait pas de ce paysage. La nature, après le long hiver, renaissait enfin. Les iris d’eau commençaient à fleurir.

Soudain elle entendit le clocher de l’église sonner et, comme à chaque fois, elle s’amusa à compter les coups : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 , 10 et quand elle se retourna vers l’entrée du champ pour voir si Jules arrivait elle entendit un onzième coup. Ce n’était pas possible, il ne pouvait être onze heures.  Elle regarda la pendule du clocher de l’église qui affichait onze heures et les paroissiens se précipitaient vers l’église pour la grand-messe dominicale de onze heures. Encore incrédule, elle sortit son smartphone de sa poche, il marquait onze heures aussi. Dans ces mails plusieurs new’s letters de ses amis blogueurs titraient sur le changement d’heure qui avait eu lieu la nuit dernière et qu’elle avait complètement zappé.

Jules était certainement venu à 10 heures, heure qu’ils avaient convenue ensemble. Il devait la maudire de n’avoir pas honoré ce rendez-vous sans le prévenir.

Elle se rappela soudain le jogger, ce petit homme pressé agité, cet inconnu qu’elle avait salué et qui portait un appareil photo en bandoulière ce qui est inhabituel chez un jogger et si c’était Jules ?

L’après-midi Jeanne consulta le blog de Jules pour lui adresser un commentaire d’excuse.

Sur la page d’accueil sa photo du jour consacrée à  sa cane Élonie couvant ses œufs et titrée « CANNELLONNI  AUX ŒUFS de NO I CANE ‘OT ».

Il se moquait d’elle et d’Élonie. Elle en fut très chagrinée. Elle ne s’excusa pas et ne retourna jamais sur le blog de Jules. Elle publia la photo zoomée de sa cane couvant ses œufs en titrant : Première couvée : « YES CHICANE ».

Martine / Novembre 2016 pour le défi 174 des croqueurs de mots animé par Lilou Soleil

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Nouvelles

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