Publié le 17 Mai 2018

J'ai, avant l'heure, participé aux jeudis en poésie du défi 205 des croqueurs de mots animé par Gisèle. Ci-dessous en lien mon poème sur le thème de ce jeudi

Pour celles et ceux qui l'ont déjà lu, je rajoute ici une très belle chanson de Gérard Lenorman : "Entre l'amour et l'infini"

Ci-dessous les paroles de cette chanson

Entre l'amour et l'infini
Il y a des mots que l'on oublie
Qu'on ne dira plus
Une tendresse déguisée
Que le cœur a fini d'user
Et qu'on ne veut plus
On se regarde comme des loups
Plus on s'attarde et plus c'est flou
On devient féroce
On refait le voyage inverse
En repassant par sa jeunesse
On s'fait des bosses

Entre l'amour et l'infini
Il y a le temps qui se déplie
Comme une grand'voile
On se défait des habitudes
Sur un bateau de solitudes
Mais y'à plus d'escales
On tend les bras comme un trémail
Pour ne plus que l'amour s'en aille
Mais il est trop tard
On rentre au port avec ses larmes
Mais le silence nous désarme
On s'verse à boire

Entre l'amour et l'infini
Il reste un peu de poésie
Les mots de l'artiste
De l'âme d'un piano lointain
Monte une valse de Chopin
Mais elle est bien triste
On a le blues au fond des yeux
Qui coule sous la lumière bleue
Dans les projecteurs
Même si l'on n'est pas comédien
Au bout d'une heure on le devient
On devient meilleur

Entre l'amour et l'infini
Il y a les traces de la folie
Entachée de sang
On reste seul au bout du quai
A repeindre la vérité
Celle du temps présent
On fredonne une chanson de Brel
Toujours la même et toujours celle
Qui ramène à l'autre
La vie n'est faite que de chansons
Qui nous ramènent à la raison
La raison de l'autre ...
La raison de l'autre ...
La raison de l'autre ...

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 16 Mai 2018

Photo PIXABAY

Photo PIXABAY

Malicieuse Rose marie

Arrête tes taquineries

Loufoque et jolie sauvagesse

Ingénie-toi à la sagesse

Clown si délicieuse et charmante

Irritante mais attachante

Espiègleries sans insolence

Use de ton intelligence

Sans cruellement te moquer

Et de tous tu seras aimée

 

Martine / Mai 2018 pour les acrostiches du mercredi chez Lenaïg

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes

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Publié le 15 Mai 2018

Je m’appelle Gaëlle et je suis une  pipe en bruyère rousse sur laquelle est enfilé un tuyau beige. J’ai une sœur jumelle Maëlle fabriquée  de concert avec amour par un artisan jurassien joueur de violoncelle. Nous sommes ses pipes préférées et sommes inséparables.

Comment avons-nous quitté un jour notre belle boîte en bois pour nous retrouver toutes deux prisonnières d’une toile de Magritte « Les deux mystères » ? Je ne m’en souviens plus et Maëlle non plus. Seul le peintre pourrait répondre à cette question mais, hélas, il n’est plus. Cela fait un troisième mystère non élucidé.

Les deux mystères de Magritte

Les deux mystères de Magritte

J’ai été transformée  par  l’artiste qui m’a grossièrement dessinée, agrandie et  osé retirer mes jolies couleurs en me peignant en gris foncé. Je vole, flotte dans la pièce au-dessus de ma sœur Maëlle qui elle est doublement prisonnière,  puisqu’ elle se trouve sur une autre toile de bel effet  « la trahison des images » peinte et encadrée  à l’intérieur même de la toile où nous sommes toutes deux.  Magritte a octroyé à ma sœur une légende surnaturelle  « ceci n’est pas une pipe ».

Je me demande comment le peintre a pu ainsi nous séparer et surtout nier l’identité de ma sœur car si elle n’est pas une pipe alors qu’est-elle donc ? Ce doit être le premier mystère de Magritte mais pour  moi  ce n’en est pas un : Maëlle est bien une pipe, nom d’une pipe,  ce n’est pas du pipeau même si elle a la taille de cette petite flûte et qu’on la porte comme elle à la bouche.

Le peintre a reproduit Maëlle d’une manière fidèle et réaliste. Il lui a conservé ses couleurs, ses formes sculptées avec amour par notre créateur.  Si ma sœur n’est pas une pipe qui suis-je donc moi Gaëlle complètement métamorphosée  de manière irréelle dans ce tableau. C’est sans doute cela le second mystère du peintre victime sans doute de difficultés existentielles.

En y réfléchissant bien Magritte a raison ma sœur n’est plus rien privée  de sa fonction essentielle qui est de procurer du plaisir au fumeur qui aime nous bourrer, nous mâcher et  pipailler et moi qui parait être irréelle sur la toile, si je ne peux non plus faire la joie du fumeur,  je peux faire rêver les visiteurs du musée et les faire réfléchir sur ce qui est réel et ce qui le parait mais ne l’est pas forcément et sur ce qu’ils sont entre l’être et le paraître.

 

Martine (Mai 2018) pour l'Atelier 63 de Ghislaine (Les 8 mots imposés sont en gras et les mots contenant "elle" sont en rouge) et aussi pour le tableau du samedi de Lady Mariane (avec un peu de retard ou d'avance) . J'évite de publier le samedi et le dimanche jours de repos pour moi où je ne visite pas les blogs.

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Rédigé par Martine.

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Publié le 14 Mai 2018

Gisèle nous demande  pour le défi n° 205 des croqueurs de mots d'écrire un lipogramme (sans la lettre G) en nous inspirant de sa photo ci-dessous

Les exterminateurs de la lettre maudite

Ci-dessous ma participation un peu délirante et je vous prie par avance de m'en excuser mais n'est t'on pas sur le thème du fantastique !!

Les exterminateurs de la lettre maudite

  • Jaipetto où en es tu de l’élimination de la lettre maudite : la  septième de l’alphabet
  • Je suis fier de moi. J’ai dévoré celle d’un amateur de bonne cuisine ? Elle était succulente. Il peut me remercier,  il va mincir, finie la bonne chair et il est devenu astronome et a maintenant la tête dans les étoiles.
  • C’est tout 
  • C’est déjà pas mal Jairard, tu n’es jamais content
  • Jaipetto arrête tes jérémiades
  • D'accord mais dis-moi où en es-tu de cette élimination ?
  • J’ai dévoré la première lettre maudite de cette couche blanche qui recouvre les arbres en hiver et les alourdit, pour, à défaut de lui donner des ailes, lui offrir à la place un « l ». Les arbres l’hiver seront ainsi remplis de livres. Peut-être mon plus beau projet !
  • Tu me donnes des idées Jairard, je vais m’attaquer à la première lettre maudite de cette pluie lourde et drue qui attaque les cultures pour la remplacer par un « p » et qu’elle se transforme en cette jolie fleur des champs : la prêle
  • Attention néanmoins Jaipetto en voulant éliminer cette lettre maudite nous ne ferons pas que des heureux.
  • A quoi penses-tu Jairard ?
  • Par exemple  j’ai rendu service à une pièce métallique de serrure qui s’ennuie toute la journée en attendant son hôte. j’ai dévoré sa lettre interdite et l’ai remplacée par un « h »  maintenant elle est devenue hache de porte et son pêne compte ses abattis
  • Pauvre pêne il me fait de la peine. Jairare tu n’aurais pas dû remplacer cette lettre maudite. As-tu d’autres exemples de suppression qui ont posé problème ?
  • Non Jaipetto pas pour le moment mais j’ai bien envie de supprimer la lettre de ce point qui porte son nom mais cela va être très difficile de la remplacer
  • Ne t’inquiète pas Jairare, j’ai beaucoup mieux comme lettre nous allons la remplacer par un « Q » et le point Q sera beaucoup plus parlant pour tous et plus facile à trouver  surtout pour toi Jairare au jet rare pour qui ce point de la lettre interdite peut paraître inutile
  • Super, Merci Jaipetto mais attention avec le point Q on pourrait maintenant t’appeler jaipété car ces jets là chez toi ne sont pas rares.

Martine / Avril 2016 (encore mille excuses de temps en temps je me lâche mais c'est rare heureusement)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Ecrits divers

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Publié le 10 Mai 2018

J'ai, avant l'heure, participé aux jeudis en poésie du défi 205 des croqueurs de mots animé par Gisèle. Ci-dessous en lien mon poème sur le thème du fantastique

Pour celles et ceux qui l'ont déjà lu, je rajoute ici une très belle chanson de Léo Ferré "C'est fantastique"

Ci-dessous les paroles de cette chanson

Je suis l'ordinateur de ton ordre profond
Je suis le transistor de tes transits funèbres
Quand je passe, on dirait que tu viens des ténèbres
Et que, de mon soleil, tu tires ta raison

Quand tu chantes, c'est moi qui fabrique ton chant
Quand tu pleures, c'est moi qu'analysent tes larmes
 

Quand tu marches, c'est moi qui craque sous ton charme
Quand tu ris, c'est par moi que le rire te prend

C'est fantastique, non ?
C'est fantastique

Je suis le jardinier de tes verts paradis
Je suis le grammairien de tes mots de tendresse
Quand tu dis que tu m'aimes, on dirait que tu laisses
Au cul de ma comète les cheveux de ta nuit

Je suis l'équation triste au bras d'une inconnue
Quand tu me mens, c'est moi qui mens dans ton sillage

 
 

Quand tu meurs, c'est par moi que tu tournes la page
Et puis que tu renais comme un sphinx dans ma rue

C'est fantastique, non ?
C'est fantastique

Je suis l'orgue qui joue quand tu vas t'éclater
Le marchand de ton sable où la mer te recouvre
Quand ta porte se ferme, tu cries que je la rouvre
Et la mer nous reprend au bout de la marée

Quand tu te noies, c'est moi qui deviens le noyé
Quand tu coules par moi, je suis le capitaine
Et quand je coule en toi, tu hisses la misaine
De ce voilier perdu, chaque fois retrouvé

C'est fantastique, non ?
C'est fantastique

Je suis la fin de tout dans ton commencement
La source de ta joie, le terme de tes peines
Le fleuve qui te draine au-delà de toi-même
La noirceur de ton lys, la pâleur de ton sang

Les ailes de l'archange au milieu des pavés
La rue qui se lamente au pied de nos victoires
Le sentiment barré au milieu de la gloire
Et ce bon sens commun qu'on ne sait plus nommer

C'est dérisoire, non ?
C'est dérisoire

Je suis l'ordinateur de ton ordre profond
Je suis le jardinier de tes verts paradis
Je suis l'orgue qui joue quand tu vas t'éclater
Je suis la fin de tout dans ton commencement
Les ailes de l'archange au milieu des pavés
La rue qui se lamente au pied de nos victoires
Le sentiment barré au milieu de la gloire
Et ce bon sens commun qu'on ne sait plus nommer

C'est fantastique, va !
C'est fantastique !

 

 

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Rédigé par Martine.

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Publié le 9 Mai 2018

Il y a casserole et casserole

Carole cuisinière d’expérience

Astique sans plaisir les casseroles

Son chef un meilleur ouvrier de France

S’applique à l’avilir : c’est un mariole

Elle aimerait qu’il lui fasse confiance

Rêvant d’être grande chef étoilée

Oubliant que pour cuire sauce aux girolles

Lui servir avec son bon bar poêlé

Elle devra passer  à la casserole

Martine Martin / Mai 2018 pour les acrostiches du mercredi (mot 6) chez Lenaïg

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Rédigé par Martine.

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Publié le 8 Mai 2018

Pour scène de rue chez COVIX une photo prise aux Sables d'olonne, rue de l'enfer la plus petite rue au monde (livre guiness des records).

C'est bien connu "l'enfer c'est les autres" (Jean-Paul Sartre - Huis-clos)

Scène de rue chez covix : L'enfer c'est les autres

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Rédigé par Martine.

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Publié le 7 Mai 2018

Pour Image Citation 37 voici les photos de  Gisèle qui étaient à illustrer  par une photo (pour mieux lire les citations cliquez sur les photos)

Imagecitation 37
Imagecitation 37
Imagecitation 37
Imagecitation 37

et maintenant voici les citations proposées par Gisèle et qui étaient à illustrer  par une photo (pour mieux lire les citations cliquez sur les photos)

Photo Martine d'un tableau de lô

Photo Martine d'un tableau de lô

Photo de mon ami Robert

Photo de mon ami Robert

Photo Martine

Photo Martine

Photo Pixabay

Photo Pixabay

Photo Martine

Photo Martine

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Rédigé par Martine.

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Publié le 4 Mai 2018

Extrait du journal de Madeleine / 6 juin 2012

Par ce bel après-midi de juin, assise au jardin, je lis cette phrase du livre de Stefan ZWEIG "24 heures de la vie d’une femme" que j’ai relu de nombreuses fois tant je l’aime…... Je relis une nouvelle fois cette phrase qui ne m’avait pas marquée à une lecture précédente. Je pose le livre et lève les yeux et je me souviens il y a longtemps, il y a plus de quarante ans de ce tsunami qui m’a envahi brusquement en croisant un regard, souvenir agréable mais douloureux aussi. Je sors de ma rêverie et je vois Jean, mon petit-fils, m’observer avec tendresse et tristesse à la fois.

Que peut-il penser de moi à ce moment précis, j’espère qu’il n’a pas percé mes pensées les plus profondes. Soudain il sort son appareil photo numérique et immortalise ce moment de complicité entre nous. Je n’aime pas être prise en photo, Jean ne l’ignore pas mais il sait aussi qu’il peut tout se permettre tant je l’aime et l’admire. Avec lui je ne suis jamais la vieille grincheuse que je suis depuis longtemps et cela ne s’arrange pas avec les années. Je râle après Pacha mon chat roux quand il me réveille à l’aube pour jouer avec moi alors qu’il dort toute la journée. Je râle après les voisins quand ils font du bruit les soirées d’été. Je râle après les commerçants quand ils n’ouvrent pas à l’heure, je râle après Max mon époux quand il se plaint de ses douleurs. Je râle après ma fille qui m’infantilise et qui s’adresse à moi comme à une gamine « A ton âge maman, il ne faut pas ceci, il ne faut plus cela …» et pire je râle même après moi-même, après ce corps qui ne me permet plus toutes les folies de ma jeunesse et notamment celles de ce fameux jour ….

 

Extrait du journal de Madeleine / 20 septembre 2012

Pour mon anniversaire, 89 ans déjà, Jean m’a offert hier un cadeau, le plus beau que je n’ai jamais reçu.
Il est arrivé avec un très beau et grand paquet emballé de papier vert pomme avec un ruban en soie violet. Que cela pouvait-il être ?
J’ai retiré le papier avec précaution. Je ne pouvais déchirer un si beau papier et j’ai découvert un tableau, un portrait d’une vieille bourgeoise assise dans le jardin avec un regard à la fois pensif et malicieux, une vieille à la peau burinée par le soleil et les ans un livre ouvert posé sur ses genoux avec un grand chapeau de paille. C’est en reconnaissant mon chapeau jaune à large bord que je me suis aperçue que c’était moi avec mes seins encore très fermes qui ne tombent pas comme mes joues. Il y avait même Pacha le chat entrain de dormir comme d'habitude qui ressemblait plutôt à un chien. 

Mamie Madeleine / Défi 62 de Ghislaine

J’ai tenu longtemps et serré Jean dans mes bras. Les larmes aux yeux je l’ai embrassé et je lui ai murmuré à l’oreille un secret... Je me suis tournée vers Max et je lui ai demandé de l’accrocher tout de suite dans l’entrée. Max très étonné par ma demande me répond moqueur : « ce portrait te ressemble tant, c’est comme un miroir tu sais, que tu ne les supportes pas et que tu les as tous retirés du mas ».  

Max qui ne perd jamais l’occasion de se taire me fait réfléchir néanmoins : « En effet pourquoi accrocher ce tableau ? Simplement pour faire plaisir à Jean mais pourquoi dans l’entrée ou je me verrai plusieurs fois dans la journée. Je crois que c’est aussi pour pouvoir le montrer à tous mes visiteurs de moins en moins nombreux tant je deviens grincheuse. Je suis si fière de Jean, de son intelligence, de sa sensibilité, de son talent, de sa douceur. Ce petit fils est un trésor et je veux que tout le monde le sache. C’est un artiste ce que j’aurais voulu être mais j’ai l’âme beaucoup trop pragmatique et conventionnelle. Il n’est jamais tard pour réveiller l’artiste qui dort en moi. Peut-être que jean pourrait m’y aider.
C’est vrai que je suis ressemblante hélas. Ce chapeau de paille ridicule me donne un air de vieille propriétaire terrienne moi la citadine qui n’a jamais su retenir le nom des fleurs et reconnaître les arbres. Je suis une vieille « bobo » comme on dit maintenant.

En fait, Je m’aime bien  vu à travers le regard de Jean et je prendrai plaisir à me regarder. Je vais faire remettre des miroirs dans le mas en commençant par celui de la salle de bain ce qui évitera à Max de se couper en se rasant et de me râler dessus.

 

BLOG DE JEAN

Mamie Madeleine / 20 Septembre 2012

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de ma grand-mère maternelle dont je ne vous ai jamais parlé. Mamie Madeleine est une vieille dame. Elle vient d’entrer dans sa quatre-vingt-dixième année et ne les fait pas tant elle est vive, toujours à s’activer et à booster Papi Max qui, bien que plus jeune s'encroûte à force de savourer l’oisiveté avec délectation ce qui énerve Mamie.

Mamie Madeleine ne sait pas marcher lentement et quand je me promène dans la rue à ses côtés, je dois marcher plus vite que je ne le fais d’habitude. Elle a encore une grande vivacité d’esprit et dépense une énergie considérable à râler après tout le monde sauf après moi et pourtant je m’amuse parfois à la taquiner pour la faire réagir mais en vain.

Cet été elle était en train de lire au jardin 24 heures de la vie d’une femme de Stefan ZWEIG, son roman préféré dont elle ne se lasse pas. Je l’ai lu c’est l’histoire d’une passion entre une jeune femme veuve et un joueur invétéré. Une de ces passions fulgurantes déclenchées par les visions de deux élégantes mains s'agitant sur un tapis jeu. Une passion dévastatrice très courte qui marque une vie pour toujours. Je me suis toujours demandé ce que Mamie pouvait aimer dans ce livre. Je ne l’imaginais pas avoir une telle passion, elle est trop raisonnable, réfléchie. Elle ne se laisse pas prendre par l’émotion d’un instant, tout chez elle est bordé, contrôlé. C’est aussi pour cela que je l’aime aussi car elle sait cadrer ma fougue et me ramener parfois à la raison quand j’idéalise trop. Peut-être avait-elle besoin de vivre ce qu'elle n'avait pas vécu et qu'à son âge elle ne vivrait sans doute pas. Je reviens à cet après-midi d’été, elle était en train de lire ce roman quand elle a soudain levé la tête après avoir souligné une phrase au crayon rouge dans son livre. Son regard fixe avec ses yeux bleus comme l'azur du ciel provençal s’est perdu au loin devenant à la fois rêveur avec une joie comme contenue. Je l’ai trouvé très belle à cet instant, ce n’était plus la même.  J’ai sorti mon APN impulsivement et je l’ai prise en photo bien que je sais parfaitement qu’elle a horreur de cela. Je n’ai pas pu m’en empêcher.  Je me suis promis d’aller voir discrètement quelle était la phrase qui avait pu la sortir de sa lecture.

J’ai regardé en rentrant la photo sur mon écran et c’est là que j’ai eu l’idée d’en faire une peinture et de lui offrir pour son anniversaire. Une fois la peinture terminée et sèche. Je l’ai enveloppé d’un beau papier et noué le paquet avec un très long ruban en soie mauve acheté pour l’occasion.

Je lui ai emmené son cadeau hier. Elle l’a ouvert avec beaucoup de soin pour une fois sans se précipiter et quand elle a découvert son portrait, des larmes ont doucement coulé sur son visage je ne l’avais jamais vu pleurer et j’en ai été tout ému. Elle m’a serré dans ces bras et embrassé en murmurant tout bas « Tu ne sais pas à quel point tu me fais plaisir Jean, ce tableau me rappellera toujours un souvenir très ancien d’un grand bonheur fugace ».

Je lui ai répondu « Excuse-moi  Mamie de te faire pleurer comme une Madeleine et en plus d'avoir transformé Pacha en chien mais  avec son nom je ne pouvais pas en faire un chat ». J'ai réussi à la faire rire à travers ses larmes.

Je me suis soudain  rappelé que je n’avais pas encore pris le temps de regarder quelle était la phrase qui avait donné à Mamie ce si beau regard.

Pendant que Papi Max accrochait le tableau, je suis allée discrètement dans la bibliothèque de la chambre de mamie et j’ai trouvé bien en évidence le livre culte.  J'ai recherché la phrase soulignée, il n'y en avait qu'une seule.

Je l'ai lue à haute voix :

« Seuls des êtres absolument étrangers à la passion connaissent en des moments tout à fait exceptionnels, ces explosions soudaines d’une passion semblable à une avalanche ou à un ouragan : alors des années entières de force non utilisées se précipitent et roulent dans les profondeurs d’une poitrine humaine »

Stefan ZWEIG.

Martine / Réédition d'une nouvelle de 2012 pour le Défi 62 de Ghislaine, il contenait déjà quelques mots de ceux imposés par Ghislaine et beaucoup de couleurs. Désolée Ghislaine mais je n'ai pas eu le temps d'écrire un nouveau texte dans le délai imparti, mes petites filles ayant pris tout mon temps pendant 10 jours : que du bonheur

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Rédigé par Martine.

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Publié le 3 Mai 2018

Muguet des bois

Un brin de joie.

Gardes le Toujours

Un brin d'amour.

En porte bonheur

Tu chantes à mon cœur

Martine / Pour les jeudis en poésie du  défi 204 des croqueurs de mots animé par Zaza (thème : muguet) / Première photo Pixabay 

Muguet des bois

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Rédigé par Martine.

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