Publié le 7 Avril 2021

Photo Pixabay

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Pour les prénoms du mercredi chez Jill Bill (aujourd'hui Tonio)

 

Si tu vas à Rio pour Rencontrer Tonio

Ne vas pas sur la plage de Copa Cabana

Que les enfants pauvres ne fréquentent pas

 

Il te faudra monter la haut où c’est le chaos

Pas vers le christ roi du sommet du Corcovado

Mais dans la cité de Dieu une triste favela

Que les gens riches dédaigneux ne fréquentent pas

Le matin dans l’immense décharge de Rio

Il cherche quelques nourritures sans godillots

Dans le mouvant magma d'ordures sous la chaleur

Pour supporter la saleté et la puanteur

 

Il rêve que plus tard il sera footballeur

Courtisé par tous les grands clubs internationaux

Adulé de tous il sera le Roi Tonio

Avec son équipe il brandira la coupe à Rio

Avec une étoile en plus sur le jaune maillot

TONIO

En attendant chaque jour dans la favela

Il joue au ballon et danse la capoeira

Essayant d’imiter son grand frère Christiano

Qui est pour lui  des meilleurs danseurs de Rio

A l’école de la rue à survivre il apprendra

Et c’est certain  plus tard en bas il habitera

 

Martine Martin

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Poèmes

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Publié le 6 Avril 2021

Pour scène de rue ches Covix : Une très belle statue : La brise de Louis Laubignat devant la mairie de Noirmoutier en l'Île :

La brise : sculpteur : Louis LAUBIGNAT / 2020

La brise : sculpteur : Louis LAUBIGNAT / 2020

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Scène de rue

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Publié le 2 Avril 2021

Premier bonheur du mois : l'article de Ouest France sur mon roman "Souviens toi du bus 96" que vous pouvez lire ci-dessous.

Mon mois émoi / Mars 2021

Mon second roman "Souviens toi du bus 96" intéresse.  J'en ai déjà vendu une trentaine, déposé dans des librairies, obtenu une séance de dédicaces dans un hypermarché pendant les vacances de Pâques quand les touristes seront aux Sables d'Olonne. J'ai épuisé mes 40 premiers exemplaires et j'ai dû en recommander à l'éditeur. J'ai été contacté par un éditeur vendéen pour leur envoyer le manuscrit de mon prochain roman en septembre.  Les premières critiques toutes positives, non seulement me ravissent, mais me permettent de prendre confiance en moi pour continuer.  Vous pouvez le commander sur tous les sites connus de vente de livres en version brochée ou numérique.

Avec les jours qui rallongent, je peux assister le matin en courant aux levers de soleil sur les Sables d'Olonne et c'est un spectacle magique, à chaque fois différent, qui me met en joie pour la journée.

Mon mois émoi / Mars 2021
Mon mois émoi / Mars 2021
Mon mois émoi / Mars 2021

Au niveau du temps, ce fut un mois de mars ensoleillé. Le printemps est bien là et nous randonnons l'après-midi avec beaucoup de plaisir

Mon mois émoi / Mars 2021
Mon mois émoi / Mars 2021
Mon mois émoi / Mars 2021
Mon mois émoi / Mars 2021
Mon mois émoi / Mars 2021
Mon mois émoi / Mars 2021

Parfois, lors de nos promenades ou de mes courses, l'humour est dans la rue et mieux vaut rire de la Covid : 

Il était temps qu'on se retrouve !
Il était temps qu'on se retrouve !

Il était temps qu'on se retrouve !

épouvantail anti covid

épouvantail anti covid

Quel bonheur de voir Les premières fleurs printanières éclore au jardin !

Arums et ficaires
Arums et ficaires

Arums et ficaires

Un mois de mars où nous avons été très inquiets et tristes pour OOPS notre chat adoré. Il s'est facturé le ménisque et en plus, il avait déjà le ligament croisé déchiré. Il souffrait beaucoup. Nous l'avons donc fait opérer par un vétérinaire chirurgien orthopédiste. Les suites opératoires ont été douloureuses pour OOPS. Ce fut aussi difficile pour nous qui avions beaucoup de mal à lui administrer tous ces nombreux médicaments : anti-inflammatoires, antibiotiques, pansements gastriques pour réparer les dégâts causés par les anti-inflammatoires. Mais le résultat est là. Il n'a plus mal aujourd'hui, marche en posant sa patte opérée par terre. Commence à grimper partout. Bravo au chirurgien. Il a bénéficié de 4 séances de laser pour favoriser la cicatrisation et diminuer l'inflammation. Cela nous a coûté très cher mais nous sommes heureux de l'avoir fait, OOPS va maintenant pouvoir grimper comme tous les autres chats.

Le repos après l'opération. Il dort d'un oeil sur le trou aux lézards qui sont dehors !
Le repos après l'opération. Il dort d'un oeil sur le trou aux lézards qui sont dehors !

Le repos après l'opération. Il dort d'un oeil sur le trou aux lézards qui sont dehors !

La rééducation : grimper sur notre mimosa penché par les tempêtes d'hiver (excellent exercice).
La rééducation : grimper sur notre mimosa penché par les tempêtes d'hiver (excellent exercice).

La rééducation : grimper sur notre mimosa penché par les tempêtes d'hiver (excellent exercice).

Avril risque d'être plus difficile avec ce confinement qui va nous empêcher de voir notre fille et petites filles pendant les vacances de Pâques.

Ci-dessous, par ordre alphabétique, les "mois émoi de mars 2021" de mes amies Colette, Gisèle, Renée, Zaza que je remercie :

 

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Rédigé par Martine.

Publié dans #mon mois émoi

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Publié le 1 Avril 2021

Pour les jeudis en poésie du défi des croqueurs de mots N° 248 animé par Durgalola (thème : animaux). Comme nous sommes le premier avril, j'ai choisi le poisson à travers mon poème illustré d'avril 2016

 

Poisson d'avril

Le cours du temps éternel,

Déroulant de bien longs fils,

Pour rester atemporel,

Veut ôter son fil d’avril

Ô Temps, tu vas t’enrhumer,

En avril n’ôte pas fil

Par crainte d’éternuer.

Poisson d'avril

Temps têtu ôte son fil

il se met à fort tousser

Son nez se met à pleurer

C’est un orage d’avril

Poisson d'avril

Petite carpe d’avril

Bien Accrochée à sa ligne,

éclatante, d’un œil cligne

Pour que je coupe son fil.

En riant je lui réponds,

Je viens d’entrer en avril,

Je ne retire aucun fil

Même pas à un poisson.

Ô Pitié pour la carpette

qui a perdu tous ses fils

sauf celui du mois d’avril,

Elle n’a plus que ses arêtes

 
Poisson d'avril

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Rédigé par Martine.

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Publié le 31 Mars 2021

Mariette

Ma petite chatte aimée, Mon exquise Mariette

Au pelage si doux, aux yeux d’or de chouette

Je t’ai eu à Noël,  mon plus beau des cadeaux

Tu griffes mes fauteuils,  lacère mes rideaux

Tu grimpes sur mes meubles, Squattes mes corbeilles

Tu montes sur mon lit, perturbes mon sommeil

Mais Je ne t’en veux pas, Je cède à tes caprices,

Tu es si affectueuse, tu frottes tes vibrisses

Et ton museau humide, sur mes joues veloutées.

Je te fais des caresses, comme tu es chouchoutée !

Je ne t’effleure Point,  si tu n’es disposée

Quand je suis chagrinée, tu viens m’apaiser

Je te chéris Lucette, d’amour je suis béate

Amis venez chez moi, j’habite chez ma chatte

Martine Martin / Mars 2021 Pour les prénoms du mercredi de Jill Bill, aujourd’hui Mariette

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Poèmes

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Publié le 30 Mars 2021

Pour scène de rue ches Covix : lever de soleil aux Sables d'Olonne

Scène de rue : Lever de soleil aux Sables d'Olonne

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Scène de rue

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Publié le 29 Mars 2021

Pour le défi des croqueurs de mots N° 248, Durgalola nous demande d'écrire un texte avec les dix mots que j'ai écrits en gras dans mon récit ci-dessous.

En toute honnêteté, j'avoue qu'écrire avec des mots imposés freine ma créativité. Je déteste, alors j'ai repris un texte que j'avais écrit en 2010 que j'avais envie de partager avec vous et j'y ai rajouté les mots imposés par mon amie Andrée

Je suis née en février 1953 à Paris dans un foyer d’employés d’un grand magasin de la rive gauche « Le bon marché » supposé faire « le bonheur des dames ». Pour mon père, j’étais un miracle, la lumière au bout du tunnel. La vie avait eu le dessus. Il chérit immédiatement sa petite fille très brune aux grands yeux noirs qui hurla dès qu’elle fut libérée du cocon maternel. Ce cri effaçait le silence insoutenable de la naissance de leur premier enfant mort-né et tarissait les larmes de douleur.

 

Avec Papa

Pour ma mère, ce premier cri prouvait que son bébé était bien vivant mais quand elle apprit qu'elle avait donné naissance à une fille,  elle me rejeta. Elle voulait un garçon pour faire le deuil de son petit Bernard silencieux et immobile à jamais. Elle décida de me confier quelque temps à ma grand-mère. Mon père  souffrit de cette décision, mais se tût. Dans sa famille, les femmes dirigent depuis plusieurs générations, les hommes pacifistes se taisent pour éviter les conflits : penser, intérioriser, surtout ne rien dire, laisser faire…

J’ai ainsi consacré une grande partie des premières années de ma vie chez Jeanne ma grand-mère paternelle qui me couvrit d’affection et de tendresse. Elle n’avait eu qu’un fils mon père et je la comblais de bonheur.

avec Mamie

avec Mamie

Jeanne, à 53 ans, s’ennuyait à Paris dans sa loge de concierge avec mon grand-père très effacé, silencieux et triste. Sa Bretagne natale lui manquait. En cirant à genoux les marches des six étages de l’escalier de l’immeuble, elle rêvait des côtes de granite que les vagues déchaînées viennent frotter

Mamie était née en 1900 à Quimper. Aînée d’une famille de 6 enfants,  elle s'occupat ensuite de ses frères et sœurs. Puis elle dût travailler jeune en tant que femme de chambre, puis gouvernante chez des notables. Particulièrement fière d’avoir travaillé pour le vice-amiral Exelmans petit-fils du Maréchal d’empire du même nom, elle me montra le certificat qu’il lui avait rédigé à son départ : « Intelligente et dévouée telle la jugeait Madame Exelmans et telle je la juge moi-même ».

Elle était tombée amoureuse de Jean mon grand-père, un beau facteur, s’était mariée et avait dû le suivre au fur et à mesure de ses mutations.

C’est au centre de la France, dans le département du Loir et Cher à Gièvres que mon père naquit en 1921. Ensuite, ils quittèrent cette campagne pour Paris et s’installèrent comme beaucoup de Bretons dans le quatorzième arrondissement à proximité de la Gare Montparnasse.

Mon père, malgré ses excellents résultats scolaires, leur donna beaucoup de soucis, car il était de santé fragile. Il attrapa la diphtérie ce qui l’obligea à renoncer à son désir d’être instituteur. Par idéal anti-communiste, il s’engagea dans la guerre d’Indochine. Trop sensible, il revint traumatisé par les atrocités de cette guerre qu’il me racontait d’une voix tremblante d’émotion.

Mon grand-père Jean portait de grosses lunettes d’écaille et gardait toujours sur sa tête un vieux béret noir de feutre râpé. Peu démonstratif, il n’embrassait pas, ne caressait pas, mais était d’une grande bonté. Il m’aimait à sa façon, en silence. Il m’emmenait parfois au Parc Montsouris. Assis à terre, Penché au-dessus du bassin, il faisait voguer un mini voilier sur l’eau en me chantant doucement « Maman les petits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ».

Avec Papi

Avec Papi

Mamie m’emmenait souvent à la Samaritaine. Nous y allions en bus. J’aimais rester sur la plate-forme arrière. Les rues défilaient sous mon regard émerveillé. J’observais les passants pressés, les automobiles. La traversée de la Seine au Pont Neuf me plaisait particulièrement. Je dominais les bateaux-mouches et les péniches qui voguaient.  Ce grand magasin  imposant  au  toit en coupoles me fascinait. Nous prenions les escaliers mécaniques et nous arpentions les rayons aux vieux planchers de bois. Y parcourir ceux des vêtements pour enfants était source de joie. Ma grand-mère, avec les bons de la Semeuse, m’achetait robes, jupes, pulls, manteaux et parfois même des jouets.

Le soir, au sein de l’unique petite pièce, bien au chaud dans mon lit placé sous la cheminée, J’étais à l’écoute de ma grand-mère. Les contes d’Andersen et de Perrault qu’elle me lisait peuplaient mes rêves de princes charmants, de princesses et de châteaux.

Je garde de cette période un souvenir présent mais très estompé, mes parents me reprirent dans leur studio de la rue Saint-Sébastien du 11ème arrondissement.  Pendant la journée, ils travaillaient et me confièrent à des voisines. Je me souviens toujours de l’une d’entre elles, Hélène, que j’aimais beaucoup. Elle était Israélienne avait un garçon plus grand que moi qui me chérissait comme une petite sœur. Tata Hélène, c’est ainsi que je l’appelais, me couvrit d’affection. Puis dès que j’ai eu l’âge d’aller à l’école, je revins chez ma grand-mère.

Je passais tous mes étés avec ma tante Germaine à La Rochelle et son amie de toujours que j'appelais Tatie Jo. Elles me gâtaient beaucoup. J’ai gardé de ces étés un souvenir encore aujourd'hui très présent et un attachementa fort à cette ville. Mon père et ma grand-mère m'y rejoignaient parfois. Nous allions à la plage tous les après-midi.

Avec Tatie Joe et sa maman dans le parc de La Rochelle sur le chemin de la plage

Avec Tatie Joe et sa maman dans le parc de La Rochelle sur le chemin de la plage

À quatre ans, je rentrais à l’école privée Sainte-Elizabeth dans le 14ème arrondissement. Je me souviens encore de la cour carrée avec le vaste préau à l’ancienne. J’étais une petite fille timide, polie et calme.  J'obtenais souvent la croix de mérite que j’arborais avec fierté avec son joli ruban sur mon tablier d’écolière.  Une fois même, j’eus la croix d’honneur. Pour me récompenser ma grand-mère m’offrit une maginifique poupée Bella à qui j'attribuais le prénom de Laurence.

Ecole Ste Elisabeth / Paris 14ème  (Avril 1959) Je suis la 3ème en haut à partir de la gauche.

Ecole Ste Elisabeth / Paris 14ème (Avril 1959) Je suis la 3ème en haut à partir de la gauche.

Mamie m’avait enseigné la lecture et l’écriture et, à cinq ans, je savais déjà lire. À six ans, je rentrais directement au cours élémentaire en sautant le cours préparatoire. Mon père me rendait visite le weekend. Je l'attendais avec impatience. Parfois, je rentrais chez mes parents, mais pas  souvent, car c’était loin. Ils avaient quitté Paris pour emménager dans un appartement deux pièces en banlieue à Rueil-Malmaison parce que ma mère attendait un enfant. J'eus ainsi une petite sœur, Christine, en mars 1959. J’étais pleine de compassion pour ma pauvre maman : encore une fille alors qu’elle souhaitait désespérément un fils. J’ignorais que j’allais bientôt les rejoindre. Ce serait la fin de ce que j’appelle les années bonheur de mon enfance, celle d’une petite fille qui ne possédait qu’un unique défaut celui de ne pas être un garçon.

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Vécu

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Publié le 26 Mars 2021

Aujourd’hui, dans ma rubrique livres, je vais vous parler du roman « Et l’héritage de Monsieur Dominique » d’Églantine Nalge, une amie de blog »

Rose vient d’intégrer une étude notariale en qualité de Clerc de Notaire. Parmi les nombreux dossiers d’héritage à traiter, une demande de régularisation de succession de Dominique G. Ce berger corse aurait quitté l’île de beauté pour une vie meilleure sur le Continent et surtout pour s’éloigner de son frère aîné, Charles, autoritaire qui s’intéressait d’un peu trop près à son épouse. Après avoir vécu à Marseille, il se serait installé à Paris. Au décès de ce Monsieur Dominique, Charles, en raison d’un testament en sa faveur qui est a priori introuvable, prétend être le seul bénéficiaire de l’héritage.

Rose va se déplacer en Corse et entreprendre une recherche d’héritiers. Elle sera amenée à rencontrer l’un d’entre eux Mathieu et ne sera pas insensible à son charme. Trouvera-t-elle le testament ?

 

Mon avis

Au-delà de la recherche d’héritiers, c’est la vie d’une famille d’un village de montagne corse du début du vingtième siècle à aujourd’hui qui nous est contée dans ce roman. On apprend sur les modes de vie, les coutumes, les légendes corses. Une histoire d’amour vient accentuer le côté romanesque de ce livre. Même si je me suis demandée ce que les réflexions d’Honorine et Honoré venaient faire dans ce roman, j’ai été heureuse de retrouver ces personnages chers à l’auteur dont les gentilles chicaneries me font tant sourire.

Merci beaucoup Églantine pour ce moment agréable passé à te lire.

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Rédigé par Martine.

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Publié le 25 Mars 2021

Pour les jeudis en poésie du défi des croqueurs de mots N° 248 animé par Durgalola (thème : le désir), m'étant très souvent exprimée sur ce sujet sur ce blog, je partage aujourd'hui avec vous deux anciennes publications :

Désir
Désir

Dans les bras d’un ange soudain elle se pâme

Tous leurs sens en émoi ardemment s’affament

Dans un élan fougueux,  il s’exclame

« Être muse d’amour vous plaît-il Madame ? »

Avec un brin d’humour,  d’un rire elle le blâme

« Juste muse d’un jour, d’un poète à femme ! "

Un  long baiser fougueux,  leurs deux cœurs  enflamme

Désir devient plaisir,  quel fol amalgame

Ils se sépareront  sans perdre leur  âme

Pour l’amour interdit, Dieu les amants damne

Elle ne voudrait point,  prier Notre-Dame

 

Martine Martin-Cosquer / Novembre 2012

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Poèmes, #Citations

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Publié le 24 Mars 2021

À la saint Calixte

Alors qu'il avance d'un pas décidé dans le couloir de la station Les Sablons à Neuilly, Calixte entend le métro approcher. Pressé, il a un rendez-vous important et n’est pas en avance. Il accélère sa marche. Quand il arrive sur le quai, la sonnerie stridente de fermeture des portes retentit. Il se met à courir, mais les portes se referment devant lui. Il devra attendre la prochaine rame. C’est stupide, S’il avait couru dans le couloir comme l’envie lui est venue, il n’aurait pas maintenant à patienter désœuvré sur ce quai bondé. Un rendez-vous capital dont il se souviendra toute sa vie l’attend. Il l’a tant espéré comptant les jours qui l’en séparaient. Une pensée soudaine l’envahit. Y Tient-il vraiment ? Depuis ce matin, on dirait que tous les obstacles se mettent sur son chemin pour l’empêcher de l’honorer. Si c’était lui qui, inconsciemment, dans sa tête, freinait, avançait à reculons vers son avenir. Une annonce RATP le sort de ses réflexions : « Le Trafic est interrompu sur la ligne 1 en raison d’un incident technique ». Non ce n’est pas lui qui freine pense-t-il, peut être son ange-gardien qui fait tout pour réduire à néant son envie de changement, de dévier la route que, depuis sa naissance, le destin lui a tracée.

Sur le quai, il est surpris par le regard d’une jeune femme aux cheveux très courts aux traits du visage si fins qui contrastent avec son allure masculine et son corps très musclé. Ému, il la regarde et lui sourit. Son visage gracieux s’éclaire soudain d’un soupçon d’amusement comme si elle éclatait de rire au plus profond d’elle-même tout en essayant de le masquer.

Pour résister au trouble qui l’envahit dans cette confrontation silencieuse, il prononce les premiers mots qui lui viennent spontanément :

  •  « Je m’appelle Calixte et toi ? ».

Il s’en veut aussitôt. C’est stupide comme début d’une histoire, mais que pouvait-il lui dire ? Elle n’a pas l’air de lui en vouloir au contraire et l’ironie de son premier sourire fait place à une grande douceur :

  • Bonne fête Calixte. "À la saint Calixte, il n’y a plus de fleurs à calice, mais je suis encore là, je m’appelle Anémone et je suis jardinière. Quel est ton métier ?
  • Un artiste qui a perdu le sens des réalités à force de rêver. Je suis coiffeur.
  • Coiffeur, est-ce pour cela que tu as un cheveu sur la langue ?

Calixte rougit, Anémone a remarqué son léger bégaiement qui s’accentue quand il est ému :

  • Tu as de l’humour, oui, je zozote un peu parfois quand je suis stressé. Tu es jardinière, tu crées des paysages.
  • Non, j’aimerais bien imaginer et réaliser un nombre infini de jardins, j’ai appris et cela m’enthousiasmerait, mais, pour le moment, je suis élagueuse pour la ville de Paris. Je n’ai rien trouvé d’autre dans mon domaine de compétences. Sportive, j’aime me dépenser physiquement et aussi parler aux arbres quand je leur fais une beauté ou quand, hélas, je suis obligée de les abattre.
  • Enchantée de te connaître Anémone l’élagueuse. Ce n’est pas trop difficile comme métier pour une femme ?
  • Non, en fin de compte, nous faisons le même métier : je taille les arbres comme tu tailles les cheveux. Et toi, ce n’est pas trop difficile pour un homme de côtoyer toutes ces femmes que tu coiffes et de recevoir leurs confidences ?

Calixte rougit encore plus de la stupidité machiste de sa question, mais cette jolie jeune femme à la force douce et si vive d’esprit lui fait perdre tous ses moyens. Étant attiré par les hommes, c’est la première fois que cela lui arrive de ressentir un tel attrait pour une femme et cela le trouble d’autant plus.

La voix d’une hôtesse RATP interrompt, quelques instants, leur dialogue « le trafic est interrompu sur la ligne 1 entre Charles de Gaulle étoile et la Défense pour une durée d’au moins une heure. Merci de sortir du métro pour prendre le bus 73 afin de rejoindre Étoile ou La Défense »

Anémone semble contrariée un moment puis sourit en se tournant vers Calixte :

  • Au revoir Calixte ! J’avais envie, en ce samedi ensoleillé, de faire du shopping sur les Champs Élysées. J’y renonce et rentre chez moi. Merci la RATP, je vais faire des économies aujourd’hui.
  • Je vais regagner mon domicile également. Mon rendez-vous n’a plus d’importance, je n’avais pas vraiment envie d’y aller. Mais avant puis-je t’offrir un verre au Sequoia café ? Nous pourrions mieux nous connaître.
  • D'accord Calixte, mais s’il te plaît ne me drague pas, je déteste cela.
  • Tu me fais rire Anémone, tu ne risques rien, je suis gay.
  • Merci pour ta confidence Calixte, Bienvenue au club, je suis lesbienne !

Ils continuèrent leur conversation en se dirigeant vers la sortie du métro :

  • Tu avais rendez-vous avec ton compagnon Calixte !
  • Non pas du tout, je n’en ai pas en ce moment. Je suis dans une période de remise en question.
  • Excuse ma curiosité. Est-ce que ce rendez-vous avait un rapport avec ton état actuel ?
  • Oui. J’ai l’impression d’être sur une balançoire qui ne s’arrête plus et qui oscille entre « je vais le faire » et « non je ne peux pas »
  • Tu allais chez un psy.
  • Non mais tu brûles.
  • Chez un médecin ?
  • Oui.
  • Ton généraliste ?
  • Non, un spécialiste à l’hôpital Saint-Louis qui ne soigne pas, mais change ton image.
  • Un chirurgien esthétique ?
  • En quelque sorte !
  • Je ne devine pas dis-moi.
  • Normal, c’est impossible à trouver, et même si tu le trouvais oserais-tu me l’avouer ?
  • Allez parle Calixte !
  • Si je te le dis, tu ne viendras plus jamais boire un verre avec moi.
  • Mais si je te le promets.
  • J’allais voir un chirurgien qui allait me transformer en femme ? Je suis coiffeur pour transsexuels. À force de les côtoyer j’avais envie de changer de sexe. Finalement, je crois ne plus le souhaiter réellement. Je me réjouis que cette panne m’ait empêché d’y aller. Je crois aux signes du destin. En plus, c’est la saint Calixte, un jour sans calice, mais il me reste une fleur à calice, toi Anémone. Néanmoins, si tu reviens sur ta promesse et que tu prends tes jambes à ton cou, je comprendrais, les gens bien ne peuvent admettre une telle métamorphose.
  • Sauve qui peut ! Non, je plaisante. Te rencontrer Calixte m’a comblée de joie et je me réjouis de cette panne dans le métro qui m’a permis de faire ta connaissance. Je crois qu’une belle amitié est née.

Sur ce, Anémone lui fait un petit baiser furtif sur la joue, le prend par le bras et ils sortent ensemble sur l’avenue Charles de Gaulle. Elle le regarde en souriant et lui chuchote :

  • Tu sais Calixte Je n’aime pas les gens biens et comme écrit Emile ZOLA dont j’ai lu tous les livres et que j’adore « quels gredins les honnêtes gens »

 

Martine Martin / Mars 2021 Pour les prénoms du mercredi de Jill Bill, aujourd’hui Calixte

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Nouvelles

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