Publié le 8 Octobre 2020

Une de mes amies qui sait que j'aime la poésie m'a montré son superbe recueil des poèmes érotiques de Verlaine dont certains sont très crus, chacun illustré d'un dessin. C'est un bijou qu'elle détient.

Je vous fais partager ici, pour ce jeudi en poésie du défi 240 des croqueurs de mots que j'anime, un de ces poèmes qui n'est pas choquant

Tu crois au marc de café
Tu crois au marc de café
Tu crois au marc de café

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Rédigé par Martine.

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Publié le 7 Octobre 2020

ROMARIC bourrique hystérique

A Étretat, Romaric,

Une bien vieille bourrique,

Quelque peu excentrique,

Rit de façon hystérique

Ce qui l'a rend sympathique

Même si elle est colérique

et n'avance qu'à coups de trique.

Elle préfère à l'école publique

Les paysages bucoliques

Martine Martin / Septembre 2020  pour les prénoms du mercredi de Jill BIll (aujourd'hui Romaric)

 

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi, #Poèmes

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Publié le 6 Octobre 2020

Ci-dessous les liens avec vos participations à "Mon mois émoi" pour le mois de Septembre 2020 (suite -de détesté aimé qui était animé par Renée) :

Si parfois, vous avez participé et que je vous ai oublié, merci de me l'écrire au commentaire pour que je rajoute votre participation.

Vos participations du mois d'Octobre 2020 doivent être publiées avant le 5 Novembre pour pouvoir figurer dans le récapitulatif. Merci de me mettre les liens avec vos articles en commentaires de cet article.

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Rédigé par Martine.

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Publié le 6 Octobre 2020

Pour scène de rue chez Covix : Le cheval du gardian sur l'étang de Thau (de Maye)

Scène de rue : le cheval du gardian

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Scène de rue

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Publié le 5 Octobre 2020

Voici venu mon tour de prendre le quart sur la goélette des croqueurs de mots pour ce défi N° 240.

Qui ne s'est pas un jour demandé et si j'étais du sexe opposé comment réagirais-je, que ferais-je ? Certains d'entre vous même ont peut être souhaité changer de sexe "ah si j'étais un homme" comme chante si bien Diane Tell ou comme Stéphane Rousseau qui la parodie dans "moi si j'étais une femme" (vidéo ci-dessous")

Pour le défi du lundi 12 octobre : imaginez vous 24 heures dans la peau d'une personne du sexe opposé, racontez moi votre journée et votre nuit.

Je pense que je vais bien m'amuser en vous lisant et, en ces temps perturbés, qu'il est bon de rire.

Même si beaucoup de choses opposent femmes et hommes, l'amour nous réchauffe le cœur. Comme chante Guy Béart  "Qu'on est bien dans les bras d'une personne du sexe opposé"

Alors pour les jeudis en poésie, je vous propose d'écrire ou partager :

le 8 octobre : un poème ou chanson d'amour d'un homme à une femme

le 15 octobre : un poème ou chanson d'amour d'une femme à un homme

Les poèmes et chansons d'amour ne manquent pas mais vous pouvez aussi partager un poème sur tout autre thème.

Et comme nous sommes aujourd'hui le 5 octobre, jour des 70 ans de mon Jeff, je lui dédie mes quelques vers pour lui souhaiter un joyeux anniversaire :

 

Jeff, Mon tendre chéri

Tu célèbres aujourd'hui

Soixante dix années de vie

Presque cinquante avec moi

Beaucoup de joies et d'émois

Hélas aussi quelques peines

C'est la destinée humaine

Mais sache combien je t'aime

Il nous reste encore à vivre

Quelques années de joie

Délicieuse perspective

Si tout était à refaire

oui ce serait avec toi

Merveilleux anniversaire

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Rédigé par Martine.

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Publié le 2 Octobre 2020

Ma première joie du mois de septembre a été le le mail d'un lecteur, le premier à qui j'ai dédicacé mon livre "Je dis ça mais je ne dis rien" avec en pièce jointe la photo de ma première dédicace que je n'avais même pas pensé à prendre en photo.

Ci-dessous : la photo de ma dédicace et le contenu du mail de William

 
Mon mois émoi : Septembre 2020
Bonjour Madame,
Venant de finir la lecture de votre premier roman, je tenais à vous remercier.
J'ai passé un bon moment à vous lire en essayant de trouver qui était le corbeau de ce village proche du Layon.
Habitant Angers, mais depuis un an ayant acquis une maison au Château d'Olonne, je vous avais rencontré à la maison de la presse de la Pironnière.
Je vous joins votre dédicace en étant fier d'avoir été le premier destinataire...🙂
Continuez à écrire et à nous faire sourire et rêver...
Cordialement.
William
J'avais envoyé en cadeau à mon amie blogueuse québécoise Cléo Robin le PDF de mon premier roman "Je dis ça mais je ne dis rien" car il n'est pas vendu dans son pays. Quelle émotion de recevoir de sa part une jolie carte et un étui à lunettes crocheté aux très jolies couleurs (cliquez sur les photos pour les voir en entier). Merci beaucoup Cléo, il sera parfait pour mettre mes lunettes de vue quand je vais à la piscine ou mes lunettes de soleil.
Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020

Début Septembre, j'ai enfin terminé les relectures de mon second roman "Souviens-toi du bus 96" et j'ai été très heureuse de recevoir les critiques des différents bêta-lecteurs que j'avais sollicités qui sont pour la plupart enthousiastes et m'encouragent à l'envoyer au éditeurs à compte d'éditeurs ce que j'ai fait aussitôt. Je suis très satisfaite des services d'ANOVI, l'éditeur de mon premier roman, mais comme il est à compte d'auteur, je le paye. Même s'il fait partie des meilleurs rapports qualité / prix du marché de l'édition à compte d'auteur, non seulement je ne gagne rien mais cela me coûte. J'estime que vu les heures que je passe sur un roman, surtout sur ce second, si je peux éviter de payer c'est mieux ! J'espère y parvenir. En tous cas je n'aurais pas la frustration, comme je l'ai eu pour mon précédent roman, de n'avoir pas attendu la réponse des éditeurs à compte d'éditeurs.

reliure et mise sous enveloppe du manuscrit avec l'aide de mon Jeff

reliure et mise sous enveloppe du manuscrit avec l'aide de mon Jeff

Tout ce travail important ne m'a pas empêchée de continuer mes promenades et courses à l'aube et profiter des levers de soleil magnifiques sur la baie des Sables d'Olonne

Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020

Nous avons aussi profité des joies de la lecture sur la plage et des baignades dans l'océan avec le temps estival que nous avons eu en ce mois de septembre

Mon mois émoi : Septembre 2020Mon mois émoi : Septembre 2020

J'ai pris beaucoup de plaisir aussi à pâtisser des tartes avec les dernières fraises vendéennes excellentes, et des brioches pour le petit déjeuner.

Mon mois émoi : Septembre 2020

Nous avons enfin pu passer un week-end chez notre fille à Paris pour fêter l'anniversaire de Pauline l'aînée de notre petite filles.  Nous les avons gâtées toutes les trois et étions très heureux de les revoir.

Mon mois émoi : Septembre 2020Mon mois émoi : Septembre 2020Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020

Quel bonheur de visiter la BNF (Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand). Une visite au pas de charge pour raison de COVID mais néanmoins très intéressante. J'ai beaucoup aimé voir les anciens livres illustrés pour enfants et manuels scolaires

Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020Mon mois émoi : Septembre 2020

Mon premier roman est dans cette bibliothèque parmi 15 millions d'autres, modeste contribution dont je suis fière néanmoins.

Mon mois émoi : Septembre 2020

Nous nous sommes promenés sur les berges de Seine de Bercy à Notre Dame. Il faisait beau, il y avait beaucoup de monde, d'orchestres et même des danseurs. C'était très agréable.

Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020Mon mois émoi : Septembre 2020

En passant devant le parvis de Notre Dame, nous avons assisté (dans le cadre des animations patrimoine) à une démonstration sur maquettes des charpentiers qui refont les charpentes de Notre Dame et, pour moi, qui adore voir les artisans au travail, ce fut un vrai bonheur

Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020

Nous sommes allés déjeuner sur une amie qui habite un appartement avec une magnifique vue sur la baie des Sables d'Olonne. Au delà du bonheur de passer quelques moments avec elles, c'est aussi une joie pour nous de pouvoir admirer la baie des Sables d'Olonne que nous aimons tant et l'océan de si haut.

Mon mois émoi : Septembre 2020
Mon mois émoi : Septembre 2020

Et pour finir mes petites joies du mois, je n'oublie pas mon OOPS qui nous comble de bonheur chaque jour :

Mon mois émoi : Septembre 2020

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Rédigé par Martine.

Publié dans #mon mois émoi, #aimé détesté

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Publié le 1 Octobre 2020

Blanches ailes de fée électricité

Dans l’azur figé

Oiseaux de plume et de fer

Juste un courant d’air

En action les blanches ailes

De fée électricité

 

Martine / Septembre 2020 pour les jeudis en poésie du Défi 239 des croqueurs de mots animé par Jeanne Fadosi (Thème : l'électricité)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #TANKAS

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Publié le 30 Septembre 2020

Photo Pixabay

Photo Pixabay

Je suis une petite chatte angora rousse et blanche. J’aurais pu m’appeler Roussette mais ma maîtresse a préféré me surnommer Georgina parce que son précédent chat, un gros matou noir qui est en photo sur le buffet, s’appelait Georges.

Autrefois je prenais beaucoup de plaisir à entrer dans la salle de bain quand elle était dans la baignoire et à sauter dans l’eau délicieusement chaude. Depuis que je lui ai fait très peur un jour en la rejoignant dans son bain un mulot dans la gueule, elle verrouille la porte quand elle se baigne. Fini le plaisir du plongeon et du bain.

Dans le jardin, il y a un grand bassin avec des poissons rouges, jaunes, noirs d’une grande vivacité. J’aime m’en approcher et les regarder évoluer. J’aurais aimé être un poisson. Je serai Georgina une femelle piranha et je dévorerai les autres poissons. Maintenant que la baignoire m’est interdite j’ai très envie de sauter dans ce bassin pour m’y baigner et croquer au passage quelques poissons. C’est certainement dangereux. Je pourrais m’y noyer ou pire être gobé par une des très grosses carpes qui se ferait un plaisir d’avoir un chat dans la gorge. Une Georgina dans la gorge : il y aurait de quoi faire une gorge chaude. Malheureusement je ne puis. J’ai bien essayé de mordiller le filet dont ma maîtresse a recouvert le bassin mais il est en plastique très solide et je n’y suis pas encore parvenu.

Il ne me reste plus que l’aquarium et là c’est possible. L’eau doit être froide et il est connu que «chat échaudé craint l’eau froide» mais comme je n’ai jamais été échaudé, l’eau froide non seulement ne me fait pas peur mais m’attire. Nemo, le poisson rouge, tes jours sont comptés, je vais te dévorer ! Le moment est venu. Quand les maîtres ne sont pas là les chats dansent enfin en ce qui me concerne plongent. Je monte sur l’étagère au-dessus de l’aquarium et je saute. Ce que je n’avais pas imaginé, c’est que Nemo allait sauter et s’échapper et que je resterai coincé au fond du bocal.

Photo Pixabay

Photo Pixabay

Je vais me noyer sous le regard narquois de deux petites souris qui sont remontées de la cave pour assister au spectacle. Elles me regardent en riant et en dansant. Quand le chat n’est pas là les souris dansent. Et qu’est-ce qu’elles dansent d’après vous ? Le cha-cha-cha bien sûr. Une danse n’est pas un chat, il faut appeler un chat un chat, mesdemoiselles les souris, et vous ne perdez rien pour attendre, si par bonheur j’arrive à échapper à la noyade, foi de Georgina.

Soudain j’entends la sonnerie stridente du téléphone et j’émerge bien installée dans mon panier moelleux. J’ai encore rêvé. Qu’est-ce que vous croyez vous les humains ? Les chats rêvent aussi.

Martine / Mai 2020 pour les prénoms du mercredi de Jill-Bill (aujourd'hui Georgina)

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Prénoms du Mercredi

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Publié le 29 Septembre 2020

Pour Scène de rue chez Covix : Fresque sans nom de Seth. Chacun y voit ce qu'il veut. J'ai décidé de la nommer L'enfant et l'arc en ciel (Paris 13ème, rue Jeanne d'Arc)

Scène de rue chez Covix : L'enfant et  l'arc en ciel

Et chantons en choeur "Arc en ciel d'où viens tu quand je te vois, arc en ciel où vas tu quand tu t'en vas"

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Rédigé par Martine.

Publié dans #Scène de rue

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Publié le 28 Septembre 2020

Image par PIRO4D de Pixabay

Image par PIRO4D de Pixabay

Extrait du journal de bord de Yves Le Goff / dernier gardien du phare de fin de terre

Le 4 avril 1998

Mon père était marin pêcheur. Par une nuit de tempête dans le rail d’Ouessant, il a sombré en mer avec son bateau. Jamais on ne l’a retrouvé. Aujourd’hui encore chaque nuit de veille, il est la présent en moi, en dessous de moi dans ses flots que je domine et qui ne m’engloutiront pas comme lui. Il me parle, il est fier de ce que je fais aujourd’hui. Il comprend que je n’ai jamais pu être pêcheur comme lui-même même si j’en rêvais quand j’étais petit. Je sais qu’il aurait aimé que je le sois.

Mais comme lui je vis au cœur de l’océan de longues journées et de longues nuits bien à l’abri en haut de ma tour de pierres et de verre, fouettée par les vents et sur laquelle se brisent les flots déchaînés.

Que la lumière fût, que la lumière ne s’éteigne jamais, c’est ma raison de vivre. Je suis gardien de lumière : éclairer la nuit des marins, leur redonner l’espoir au cœur de l'obscurité, les guider. Je me sens à la fois puissant de donner la lumière de vie mais impuissant de vivre en ermite et de me complaire de cette vie monotone bien protégé des furies de l’océan.

Je ne suis pas fier de moi mais pourtant j’aime cette vie solitaire dans la pénombre dans mon phare du bout du monde. Je rêve de voyages lointains, d’autres horizons. 

Je pense à ma femme Jeanne et à mon fils Pierrick à terre que j’aime tant qui me manquent. Je me réjouis de les retrouver après quelques jours et nuits passées dans le phare.

Je pense aux marins qui ont lancé leurs chaluts et les remontent avec angoisse : la pêche sera-t-elle bonne, leur permettra-t-elle de faire vivre leur familles. Ils doivent demander souvent ce qu’ils font là dans ses flots en colère au cœur de la nuit pour juste gagner au mieux de quoi subsister « Oh combien de marins, combien de capitaines qui sont partis joyeux pour des courses lointaines dans ce morne horizon se sont évanouis ». L’image de mon père est à jamais gravée en moi. J’en parle à mon fils souvent pour perpétuer le souvenir et qu’il soit fier de ses racines.

Je passe des nuits à écrire mes mémoires pour témoigner de la vie des gardiens de phare quand l’automatisation les aura tous fait disparaître.

La nuit cède le pas au jour petit à petit. Certains matins L’aurore enflamme d'ambre le ciel et la mer. J’observe ces levers de soleil toujours avec une grande émotion même si ils marquent la fin de mon travail. Je vais pouvoir bientôt m’endormir content du travail accompli.

Demain sera un autre jour à bord de mon bateau phare, un jour très particulier, le dernier que je passerai sur ce phare après 35 ans de service. Je serai à la retraite et je ne sais pas si je vais pouvoir vivre en dehors du phare, le quitter à jamais. Je conserverai à la fois la fierté et la peine d’avoir été le dernier gardien de ce phare qui sera maintenant automatisé. J’aurais tellement souhaité que Pierrick mon fils puisse transmettre la lumière dans ce phare.

Photo Pixabay

Photo Pixabay

Blog de Pierrick le Goff / le 21 octobre 2012

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de la mort de mon père qui a été le dernier gardien du phare de fin de terre. Il a pris sa retraite et il n’a pas été remplacé, le phare ayant été automatisé.

Quand j’étais gamin, je rêvais je souffrais de l’absence de mon père mais en même temps j'imaginais faire le même métier qui pour moi était le plus beau métier du monde : donner la lumière et la garder au cœur de la nuit, donner l’espoir à ceux qui sont perdus au cœur de l’océan et, en même temps, profiter de la solitude pour rêver, écrire.

Hélas avec l’automatisation des phares, je ne pouvais plus être gardien comme papa. Je sais qu'il en rêvait et même si ce n’est pas de ma faute, je m’en veux de n’avoir pas pu lui donner ce plaisir avant sa mort.

Mon rêve d’enfant était brisé mais il fallait bien que je choisisse un métier pour vivre, pouvoir me marier avoir des enfants un métier qui me plairait. Je ne savais pas quoi faire. J’aime le cinéma et adolescent je suis allé voir Cinéma Paradisio en 1988 et j’ai eu une révélation en voyant l’histoire d’Alfredo le projectionniste qui passe sa passion de son métier à Salvatore (toto). Alfredo c’était papa dans son phare qui donnait la lumière  dans l’obscurité de la nuit, qui donnait l’espoir d’une vie meilleure. Papa vivait dans la solitude de son phare comme Alfredo vivait dans la solitude de sa cabine de projection au-dessus de la vague des spectateurs. Il éclairait et enjolivait leur nuit. Sa lanterne se transformait en projecteur, appareil à la puissante lampe, il n’avait qu'à veiller, comme mon père, que tout se passe bien et pendant ce temps , il pouvait bien sûr voir de nombreux films mais aussi rêver, écrire.

C’était un ermite, un solitaire papa et je suis comme lui. En sortant de la salle de cinéma après ce film j’avais trouvé mon métier « je serai projectionniste » et comme papa,  je serai le gardien de la lumière au cœur de l’obscurité, je serai le faiseur de rêves et je pourrai, pendant les projections, continuer à rêver.

Aujourd’hui je suis projectionniste dans un multiplexe, j’aurais préféré l’être dans un cinéma d’art et essai mais je n’ai pas trouvé, ils sont de plus en plus rares. Avant la projection, je prépare mes bobines en assemblant les différentes parties du film que je reçois, je mets le projecteur en marche et je regarde le film tout en surveillant. Parfois le film peut se casser et il faut que j’intervienne très vite. Mais le plus souvent tout fonctionne bien et après avoir vu le film une fois, je peux rêver, écrire, prendre du recul dans le noir et l’obscurité et ma solitude sont propices à ma créativité. Comme dit notre DRH, je ne travaille que vingt minutes toutes les deux heures. Tu vois papa je fais en fin de compte le même métier que toi et j’espère que tu t’en réjouis la haut.

Aujourd’hui je suis particulièrement ému à cause de l’anniversaire de ta mort mais aussi parce que j’ai appuyé sur la touche du clavier de l’ordinateur, le film est parti tout seul. C’est le dernier film que je projette. Avec le numérique n’importe qui peut maintenant d’un poste de commande central commander la projection des films dans plusieurs salles et même à distance. Je suis devenu inutile et on n’a pas attendu que je prenne ma retraite.

Je peux m’estimer heureux ma société ne m’a pas licencié, elle m’a proposé un poste dans le hall d’accueil du multiplexe. Mon prochain travail va consister à vendre des billets, les contrôler à l’entrée des salles, faire des pop-corn dont l’odeur m’écœure et les vendre.

On m’a garanti qu'en contrepartie quand il y aura des problèmes techniques avec le numérique qui Bogue parfois, mais de moins en moins, je serai en priorité appelé. J’ai accepté ce poste polyvalent, il faut bien que je vive et surtout que je fasse vivre ma femme et ma fille. La DRH a semblé ravie de mon acceptation, beaucoup ont refusé et m’a dit comme pour me consoler, vous allez moins vous ennuyer maintenant. Je sais qu'elle voulait dire sans l'oser "vous allez enfin travailler".

Je suis courageux, J’ai le sens des responsabilités, imagine toi papa, après avoir vécu dans l’obscurité et la solitude, quelle agression de me retrouver soudain face aux clients nombreux excités, pressés, ce n’est pas pour moi le solitaire. Je suis comme toi victime du progrès technique. Faute de pouvoir de nouveau donner et garder la lumière, je vais conserver bien au fond de mon cœur cette lumière que tu as gardée et que tu m’as transmise. Tu seras toujours mon phare papa. Il ne s’éteindra jamais car je le transmettrai à Anne ta petite fille pour qu’elle garde toujours ta lumière au fond de son cœur même au milieu des tempêtes de sa vie.

Martine Martin / Septembre 2020 pour le Défi 239 des croqueurs de mots animé par Jeanne Fadosi (Thème : l'électricité et son côté ludique). Les mots en gras sont les mots imposés.

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Rédigé par Martine.

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